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Nouvelles confirmées : Chroniques d'un Enfant des Ages Obscurs, Chapitre Un a Cinq, Pages 8 à 12
Publié par dominic913 le 13-05-2014 11:11:04 ( 414 lectures ) Articles du même auteur
Nouvelles confirmées



Je ne souhaite renouveler l’expérience vécue cette nuit si particulière pour rien au monde. C’est pour cette raison que, peu après que je me suis installé au 42 rue des Anciennes Loges ; là où je vis actuellement. C’est également pour cette raison que j’ai engagé Elisandre. Car, s’il y a une chose que je crains – moins à l’heure actuelle qu’à l’époque, il est vrai -, c’est que les membres du réseau d’influence dont je servais les intérêts à ce moment là, s’en prennent à moi. Je les ai laissés à leurs querelles intestines sans m’expliquer auprès d’eux de ma décision de partir du Sanctuaire. Je n’en n’ai pas informé Elias, le chef de file de leur courant de pensée. Et je suppose que celui-ci a dû être très mécontent de la manière dont j’ai agi. Je ne me souviens d’ailleurs pas que l’un des membres de la Fraternité ai fui le centre névralgique de notre Ordre ainsi par le passé. D’autres que moi, bien entendu, s’en sont éloigné tout le long de ses 160 années d’existence. Mais ils l’ont toujours fait avec l’autorisation de la totalité de nos Hauts Conseillers et de notre Guide. Que je n’aie pas été convoqué par ces derniers avant de partir est une première. Et Delmocène et ses Hauts Conseillers n’ont certainement pas apprécié d’avoir été mis devant le fait accompli.
En y repensant, je me demande pourquoi je n’ai pas été l’objet de représailles par la suite. Bien que je n’en sois pas certain, les cauchemars dont j’ai été la proie la nuit précédant ma fuite du Sanctuaire ont certainement leur origine chez Elias. Je ne sais pas où et comment… Je ne le saurai peut-être jamais. D’ailleurs, je ne préfère pas être au courant de la manière dont lui ou l’un de ses affidés aurait pu utiliser ses Connaissances pour attenter à mon intégrité physique. En tout état de cause, leur tentative a échoué.
Malgré tout, je ne comprends pas pour quelle raison ils n’ont pas réessayé envoyé de « Messager » à ma poursuite. Je ne suis pas versé dans leur façon de se servir de l’Art. Quand je me suis mis à les fréquenter, ce n’est pas cela qui m’a intéressé chez eux. Je désirais alors surtout avoir accès aux Hauts Conseillers de la Fraternité. Pour des raisons sur lesquelles je reviendrai plus tard – si j’ose aller jusqu’au terme de cette Chronique -, c’est surtout Delmocène que je voulais approcher. De fait, que je ne participe plus à leurs manœuvres à l’encontre de ce dernier n’était pas dans leurs projets. Ils comptaient sur moi, et je les ai abandonnés. Comment ont t’ils pu ne pas m’en faire subir les conséquences en lançant à mes trousses des Messagers ? Qu’a-t-il bien pu se passer au Sanctuaire pour qu’Elias ne me punisse pas ? Lui, si prompt à riposter lorsque ses plans sont contrecarrés par un élément extérieur, ce n’est pas dans ses habitudes. A-t-il subi des pressions de la part d’Yrgael, d’Urien, de Quiloth ou de quelqu’un qui d’autre ? Delmocène est t’il intervenu pour qu’il me laisse tranquille ? Ce sont des questions que je me pose depuis une vingtaine d’années, et auxquelles je n’ai pas encore trouvé de réponse.
Aujourd’hui, c’est Aeüs qui est à la tète de notre Ordre. Delmocène est mort depuis une quinzaine d’années ; mes Frères et mes Sœurs n’en n’entendront pas de nouveau parler avant plusieurs décennies dans le meilleur des cas. Elias, d’après les informations communiquées sur le site Internet de la Fraternité, n’en n’a plus pour très longtemps à vivre. Urien et les membres du Conclave les plus importants de notre Communauté à l’époque, ont laissé place à une nouvelle génération de Hauts Conseillers. Donc, ce ne sont pas eux qui vont s’en prendre à moi. Après tout, il s’agit de faits anciens, et ils ont actuellement d’autres préoccupations, pour réveiller de vieilles animosités.
Non ! Ce qui m’alarme davantage, ce sont les révélations à venir de ce texte. C’est ce que j’ai découvert sur la Fraternité. C’est ce que j’ai appris sur ses membres, au cours de mes années d’exil. J’ai peur que cette fois, mes Frères et mes Sœurs ne soient pas aussi indulgents à mon encontre. Aeüs a beau être un homme très intelligent et plutôt tolérant – pour un Initié -, il n’acceptera pas que certains Secrets liés à l’Art soient mis au jour. Que des « inférieurs, selon son expression » aient l’opportunité de pénétrer les Mystères dont l’Ordre est le détenteur est, à ses yeux, intolérable. Le précédent de la fin du XIXème siècle a montré combien il était dangereux que ceux-ci ne tombent entre de mauvaises mains, même fragmentairement. Il n’oubliera pas a quel point l’Art a été dévoyé avant la fondation de celui-ci. Il ne commettra pas l’imprudence de faire peser sur lui la menace d’une disparition. Puisque c’est ce qui pourrait éventuellement advenir de la Fraternité si ses Arcanes les plus obscures étaient exposées à la vue de tous.
Elisandre est un Serviteur fidèle et dévoué. Il m’a toujours obéi. Il a su me protéger des perturbations de l’exterieur. Il a repoussé avec vigueur tout ce qui aurait pu nuire à mes intérêts. Comme je l’ai déjà spécifié au début de ce récit, il a toujours veillé à ce que je ne manque de rien. Il s’est toujours inquiété de mes investissements financiers. Il a toujours pris soin de faire fructifier mes liquidités disséminées aux quatre coins de la planète en rachetant des parts de multinationales ou de fonds de pension dans le besoin. De plus, c’est un individu à la gentillesse extrême. Dès que j’ai besoin de quoi que ce soit, il se précipite pour m’apporter immédiatement son aide. Il se met en quatre pour me faire plaisir. Il serait prêt à remuer ciel et terre pour que je ne sois perturbé dans mes recherches. Par exemple, si un ouvrage qu’il m’est nécessaire de consulter pour approfondir mes investigations livresques ne se trouve pas dans ma Bibliothèque personnelle, il se rendra dans toutes les librairies ou chez tous les bouquinistes de Paris pour me le procurer. Juste après mon installation 42 rue des Anciennes Loges, il a surveillé les allées et venues dans l’immeuble. Il a sans cesse craint que des personnes mal intentionnées ne me molestent. Je l’avais évidemment averti des menaces pesant sur moi depuis mon départ précipité du Sanctuaire. Il s’est même battu une ou deux fois avec des invités de mes voisins dans l’entrée du bâtiment, les soupçonnant d’être des agents d’Elias. Heureusement, la situation n’a pas dégénérée ; mais il s’en est fallu de peu pour que tout le monde – moi y compris – ne se retrouve embarqué au commissariat le plus proche.
Mais ce n’est pas Elisandre qui arrêterait les sbires d’Aeüs si ce dernier décidait de me les envoyer. Malgré son imposante carrure, sa musculature impressionnante, ses bras noueux et ses jambes solides, il ne les retiendrait pas longtemps. Ses yeux d’un gris acier les foudroieraient certainement. Sa mâchoire anguleuse et son nez cassé d’ancien boxeur se figeraient s’ils osaient franchir la porte d’entrée de l’appartement. Sa chevelure de feu striée de mèches grisâtre glissant en permanence le long de ses épaules se hérisserait. Pourtant, il n’hésiterait pas à se précipiter à leur rencontre et à les repousser vers le palier menant à l’escalier. Quitte à se prendre une multitude de coups, a être éventuellement blessé, il se lancerait à l’assaut des intrus, comme si sa propre vie en dépendait.
Or, les séides de notre plus important dirigeant ne sont pas de ceux que l’on repousse à l’aide de méthodes, certes brutales, mais conventionnelles, il faut bien l’avouer. Ses « Messagers » sont Initiés aux méthodes de combat associées parfois à l’Art. Quand je fréquentais le Sanctuaire, j’en ai croisé quelques uns à plusieurs reprises. Ils servent généralement à Aeüs de « Gardiens » ; c'est-à-dire, soit de soldats, soit de coursiers. La plupart du temps, ce sont eux qui portent les plis devant être remis le plus discrètement possible à leurs destinataires. Ce sont des individus auxquels sont confiées les missions les plus délicates. Ils sont susceptibles de faire taire les Frères un peu trop volubiles au gout d’Aeüs. Ce qui serait mon cas, si par ce récit je dévoilais – même partiellement – les Secrets protégés par la Fraternité.

C’est pour me prémunir de tels dangers que j’ai choisi d’habiter 42 rue des Anciennes Loges. En effet, l’appartement que j’occupe est spacieux. Il est situé au cœur de l’un des quartiers les plus agréables de la capitale. Il est environné de tout ce qui m’est nécessaire – commerces de bouche, locaux administratifs, librairies, etc. – pour qu’Elisandre n’ait pas à s’en éloigner. Les raisons ne manquent donc pas pour que j’aie résolu de vivre à cette adresse.
Mais ce ne sont pas là les causes principales de mon emménagement ici. En fait, comme le nom de la rue l’indique explicitement, cette avenue a autrefois été le centre d’une intense activité Maçonnique. L’immeuble, en particulier, a été, au cours d’un fugace laps de temps, le lieu de réunion de Disciples du Grand Architecte de l’Univers. C’est dans une crypte aujourd’hui murée, située sous les fondations de l’édifice, que se sont rassemblés en 1792, en pleine « Terreur » et durant quelques semaines, des membres du Grand Orient de France et de la Grande Loge de France. D’après ce que j’en sais, le célèbre Cagliostro aurait participé à plusieurs de ses cénacles. Il ne faut pas oublier que celui-ci a été à l’origine de la résurgence de la Tradition Egyptienne au sein de la Franc-maçonnerie ; il a créé plusieurs loges s’y référant vers 1770. Et ce serait après son dernier passage que leur lieu de réunion aurait été déserté. C’est après sa dernière intervention que les souterrains y menant auraient été barricadés, que des sceaux destinés à mettre en garde les imprudents auraient été apposés sur ses parois.
Il est donc évident que cette Loge – unique en son genre – s’est éteinte dans des conditions plutôt mystérieuses. J’ai bien tenté d’en découvrir les raisons au moment de mon installation ici. J’ai poussé mes investigations assez loin dans le but de comprendre ce qui s’est jadis déroulé. Un jour, moins d’une semaine après mon arrivée, je suis descendu au sous-sol. Seul, relativement anxieux – mais la curiosité est l’un de mes plus grands défauts ; l’un de ceux que je parviens nullement à refreiner – et fébrile, j’ai longé ses corridors. J’ai palpé des heures durant ses murs de terre battue et de roches mal taillées. A l’aide d’une torche, je les ai attentivement sondé afin d’y déceler les espaces vides qu’ils étaient susceptibles de dissimuler. En vain. Il n’y a que dans l’un de leurs recoins les plus éloignés, contre une cloison suintante d’humidité partiellement recouverte de moisissures multicolores, que j’ai vaguement discerné quelque chose. Il s’agissait de graffitis très anciens. Ils dataient de bien avant la construction du bâtiment. Ressemblant à des formulations latines, ils partaient dans tous les sens. Certains s’étalaient sur un mètre de long, même si leur taille n’excédait pas trois ou quatre centimètres d’envergure. D’autres se chevauchaient pour se métamorphoser en phrasés indéchiffrables. D’autres encore – les plus intéressants à mon avis – étaient accolés de minuscules symboles spécifiques à la Franc-maçonnerie : l’œil d’Horus, le compas et l’équerre, le disque solaire. Hélas, ils étaient tous à moitié effacés ; non seulement du fait de leur emplacement et du mauvais état des lieux, mais aussi, parce que quelqu’un a tenté de les gratter dans le but de les faire disparaître. Il semble en outre que cette personne ne soit pas complètement parvenu à ses fins, puisque j’ai approximativement pu les entrapercevoir.
Je ne me suis pas attardé. Je suis remonté chez moi. Depuis lors, comme je l’ai déjà spécifié, je ne me suis ensuite plus jamais hasardé dehors. Donc, je n’ai pas eu l’occasion de les examiner de nouveau. J’ai malgré tout une excellente mémoire. Et, appréhendant depuis peu les effets dévastateurs de ce texte s’il avait le malheur d’être lu par des non-Initiés, je me suis souvenu de cet épisode. De fil en aiguille, des pans entiers de mon passé se sont mêlés à d’autres images éparses beaucoup plus anciennes. Je me suis réapproprié cet instant au cours duquel j’ai scruté ces relevés Esotériques. Je me suis tout à coup demandé pourquoi nos Frères Maçons les y ont tracés à cet endroit précis. Il y a environ un mois de cela, j’ai commencé à me renseigner à leur sujet. Grace au site destiné aux Frères et aux Sœurs de la Fraternité, j’ai compulsé des centaines de documents se référant aux liens étroits que nous entretenons avec les Francs-maçons. Car, les statuts de notre Organisation, ce que le Sanctuaire représente à nos yeux est, à bien des égards, calqués sur une symbolique commune Par ailleurs, depuis 1853 et la naissance de notre Communauté, nos Hauts Conseillers, ainsi que nombre de nos Frères et de nos Sœurs les plus influents – ou non – les ont fréquentés. J’en veux pour preuve qu’en 1868, peu avant l’effondrement du Second Empire, Judicaël, en plus d’être le Guide d’alors de notre Ordre, a à la fois été Franc-maçon et Rosicrucien. Des rumeurs font état qu’il aurait également été membre de la Société Théosophique de Madame Blatavsky. D’autres on-dit prétendent que, dans les dernières années de sa vie – et avant qu’il ne réapparaisse au Sanctuaire en 1931 sous le nom de Théodus -, il aurait été en relation avec la Golden Dawn, le Groupe Thulé, ou la Sainte Vehme ; de sinistre mémoire pour notre Communauté comme pour le reste du monde.
En tout état de cause, durant plusieurs semaines, je n’ai mis au jour que des éléments épars et sans aucun rapport avec la crypte ayant existé au cours de la Terreur. J’ai lu et relu des centaines de pages rappelant notre passé commun. Par l’intermédiaire de notre site Internet, j’ai ressorti de nos archives des textes que personne n’a dû dépouiller depuis au moins une cinquantaine d’années. J’ai suivi le parcours de Frères et de Sœurs du même acabit que Judicaël. Mais ceux-ci ne m’ont mené nulle part. Ils ont uniquement ravivé le souvenir de mes années d’études, à l’époque où je n’étais qu’un « Novice », et où j’étudiais à la Bibliothèque du Sanctuaire l’Histoire de la Fraternité.
Je dois admettre toutefois que je n’ai pas mené mes investigations très loin. Si j’ai choisi cette adresse, c’est parce que j’ai su dès avant mon emménagement, que des Disciples du Grand Architecte de l’Univers y ont trouvé asile. Bénéficiant de cette information qui m’a, à l’époque, donné un avantage considérable sur Elias et ses affidés, je ne souhaite aujourd’hui pas que, par maladresse, je me rappelle au bon souvenir d’Aeüs.
Le peu que j’ai récemment appris m’a pourtant grandement impressionné. Pour moi, il s’agit d’un atout dont je peux me servir pour repousser les assauts d’éventuels Messagers du Sanctuaire. Ceux-ci auraient des scrupules à investir les lieux de force, je le sais. Le prestige de la Franc-maçonnerie est quelque chose qu’Aeüs ne considère pas à la légère. Il ne désire pas être le responsable d’un incident où les secrets d’une Loge disparue il y a plus de deux-cents ans risqueraient d’être révélés.

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Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
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Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
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