| A + A -
Connexion     
 + Créer un compte ?
Rejoignez notre cercle de poetes et d'auteurs anonymes. Lisez ou publiez en ligne
Afficher/Cacher la colonne
Accueil >> xnews >> Mémoires d'un Enfant des Ages Obscurs, suite 13 : - Nouvelles confirmées - Textes
Nouvelles confirmées : Mémoires d'un Enfant des Ages Obscurs, suite 13 :
Publié par dominic913 le 10-05-2015 14:11:02 ( 505 lectures ) Articles du même auteur
Nouvelles confirmées



- Je ne vous... ». Mais Maître Anthelme avait de nouveau vertement entravé ma mère. « Comment les oublier ? », avait-il vivement proféré. « D'un côté se repère la Grande Barrière de l'Est. Derrière elle se trouve l’hôpital Guÿldmond. Ou « mouroir Guÿldmond », comme il est en général baptisé. C'est là que sont séquestrés tous les aliénés et tous les handicapés de la région. Ils y sont livrés à eux mêmes, sans soins médicaux, sales et nus le plus souvent. C'est le grand-père du Sieur Sÿxte d'Aquitaine qui a fondé cette structure insalubre. Il y a enfermé tous ceux qu'il jugeait arriérés ou asociaux afin qu'ils ne contagionnent le reste de ses sujets. Et ses successeurs en ont fait de même.
De l'autre côté émergent les Tours. Au nombre de six, elles surplombent démesurément la nuée d'édifices hétéroclites qui longent les principaux boulevards de la cité. Et elles dominent ses plus notables ouvrages d'art : la Basilique Saint-Seurin, les églises Saint-Eloi ou Saint-Michel, le Palais Rohan, le Grand-Hôtel, ou les Portes Cailhau ou de la Monnaie, par exemple. Construites par Sieur Colÿn le Bâtisseur, elles culminent à plus de huit-cents mètres ; elles comptent près de trois-cents-cinquante étages. Leurs sommets de métal, de verre, et de béton se perdent constamment au milieu des nuages souillés de molécules irradiées. Leurs niveaux les moins inhospitaliers – à peu près jusqu'au deux-cents-quatre-vingtième – sont surchargés de studios ou de trois-pièces. Les corridors qui les séparent sont étroits. Les conduits d'aération y sont pratiquement inexistants. Les fenêtres y sont usées et fendues. Les grillages qui les couvrent ne résistent pas aux assauts des vandales les écumant. Les locaux électriques et d'assainissement ont leurs murs noircis ; si un jour, un départ de feu – volontaire ou involontaire – ne s'y déclare pas, c'est qu'un événement exceptionnel a lieu. Certainement parce que les meutes qui infestent incessamment leurs parages sont devant leurs téléviseurs, hypnotisés par la diffusion d'un match de rugball entre les « Barbarians » de Nîmes et les Elfÿens de la Nouvelle-Amsterdam. Sinon, elles s'y y édictent leurs lois ou y taxent leurs résidents.
- Qu'est-ce que vous... », avait, une fois encore osé dire ma mère. Seulement, Maître Anthelme, de son timbre puissant, l'avait stoppée dans son élan. « Quant aux étages allant approximativement du deux-cents-quatre-vingtième niveau au trois-cents-cinquantième, contrairement à ceux établis plus bas, ils n'ont jamais été aménagés. Leurs ascenseurs ne les desservent pas. Il n'y a que des escaliers en ciment et sans rambardes qui y débouchent. Et ce ne sont que les plus mal rémunérés des fabriques d'aéromobiles qui y vivent.
Voilà, en gros, ce que sont les Chartrons ! », avait conclu Maître Anthelme avec une telle férocité que ma mère avait somme toute renoncé à lui couper la parole. Elle avait compris qu'emporté par sa plaidoirie, il lacérerait tous ses efforts pour reprendre la main. « Et c'est là que, pour vous, l'avenir de Nathanÿel se trouve ? C'est aux Tours que vous l'imaginez se fixer ? C'est aux serveurs robotisés des usines d'aéromobiles que vous lui proposez d’être employé ? Ou ambitionnez-vous qu'il ne réussisse pas à s'y procurer un métier qualifié ?
Peut-être, qu'à force d’être exposé à ce ramassis de gredins, vous figurez-vous qu'il va se métamorphoser ? Qu'il va se changer en accroc au Mirage bleu ? Peut-être vous attendez-vous qu'il soit, un jour, la proie de fantasmes suicidaires ou meurtriers ? Que, frissonnant, agité, perdu au milieu de visions qui n'ont rien de comparable avec le Don, il se jette du toit d'un immeuble ou sous les roues d'un train ?
Notre échange se prolonge depuis près de deux heures maintenant ! », avait enchaîné Maître Anthelme. « Et plus je discute avec vous, plus je me questionne : pourquoi haïssez-vous Nathanÿel au point de lui souhaiter un tel destin ? Pourquoi son Don vous fait-il autant peur ? Et, par-dessus tout pourquoi refusez-vous qu'il intègre la Citadelle Tellurique de Bordeaux ? Je subodore que sa différence physique et que votre âme corrompue par son Don ne sont pas les seuls en cause ? Je sens que vous me dissimulez autre chose concernant Nathanÿel ! Je me trompe ? », avait appuyé Maître Anthelme d'une voix à la fois mielleuse et menaçante.

Article précédent Article suivant Imprimer Transmettre cet article à un(e) ami(e) Générer un PDF à partir de cet article
Les commentaires appartiennent à leurs auteurs. Nous ne sommes pas responsables de leur contenu.
Auteur Commentaire en débat
Mes préférences



Par une aquarelle de Tchano

Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
.

Connexion
Identifiant :

Mot de passe :

Se souvenir de moi



Mot de passe perdu ?

Inscrivez-vous !
Partenaires
Sont en ligne
48 Personne(s) en ligne (17 Personne(s) connectée(s) sur Textes)

Utilisateur(s): 0
Invité(s): 48

Plus ...