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Nouvelles confirmées : Petites pièces burlesques II
Publié par dumont011 le 03-06-2015 14:00:00 ( 557 lectures ) Articles du même auteur



2ème pièce


(Terrasse de café. Chaise et petite table ronde. Urbus, le serveur est debout dans un coin, presque invisible. Entre Nomados.)
Nomados (regardant le public) – Ah ! Que de monde ! Toujours bondé ce café ! Pas une table de vacante. (Fait mine de chercher) les gens passent leur temps dans les cafés ; on dirait qu’ils n’ont que ça à faire! (Temps) non, mais, quel monde ! (Temps) Tiens ! Une chaise ! (S’y précipite et s’attable)
Urbus (à part) – Ah ! Enfin un client ! (va à côté de la table, à Nomados) monsieur !
Nomados – Bonjour monsieur. (Ne passe aucune commande)
Urbus (Attend patiemment)

Nomados - Vous désirez ?
Urbus – Ah ça c’est vert ! Le monde à lent fort ! (dignement) que puis –je vous servir ?
Nomados – Un café.
Urbus – Tout de suite.
Nomados – Attendez s’il vous plaît !
Urbus – oui ?
Nomados – En fait, c’est un mazagran que je voudrais !
Urbus - Plaît-il ?
Nomados - Un mazagran. Dans le sens vieilli.
Urbus – Le boss n’aimerait pas cela !
Nomados – Ah bon ? Pourtant, c’est bon, un café dans un verre et dilué avec de l’alcool ou de l’eau !
Urbus (ne pipe mot)
Nomados – Moi, je m’astreins à l’eau, vous comprenez, ma religion prohibe le vin !
Urbus – Nous ne servons pas pareilles saloperies ! Le proprio l’a interdit.
Nomados – Comme c’est dommage ! C’est que, voyez-vous, le docteur m’a prescrit un traitement à base de mazagran ; un le matin et un autre en début d’après-midi ; à siroter en lieu public ! Bon pour le cafard, attendu que j’ai le mal du pays…
Urbus – Je ne vous ai pas demandé de me narrer votre vie.
Nomados (sans paraître froissé) – Alors pour pas que vous ayez des problèmes avec votre patron, apportez-moi un café et un ballon de rouge. (À part) le verre servira à des fins que je suis seul à connaître !
Urbus (revient avec la commande) – Voilà monsieur ! Votre ballon de rouge ! Et (contourne la table) votre café. (Va se mettre respectueusement en face de Nomados) Vous ne voulez pas (avec emphase) un verre d’eau ?
Nomados – Monsieur, que voulez-vous que je fasse avec un verre d’eau ?
Urbus – à votre guise. (S’éloigne)
(Nomados passe un petit moment à observer le verre, puis, après hésitation, il tend la main et en caresse tendrement le bord avec l’index. Son mouvement devient alors sûr ; à plein-main, il masse sensuellement le ballon du haut vers le bas et du bas vers le haut. Urbus s’approche et regarde faire le client d’un air incrédule. Nomados cesse son mouvement. Urbus retourne au fond de la terrasse.)
Nomados – Ô seigneur ! Vous qui savez tout ! Aussi bien les secrets des cieux où vous trônez que ceux des profondeurs de la terre ! Pas un événement ne pourrait échapper à votre savoir ! Pas un balbutiement, pas une palpitation ni un battement dans cet univers démesuré ne sauraient se faire à votre insu ! Aucune pensée, noble ou vile ; aucun acte, spontané ou intentionnel, ne puissent s’élaborer sans que vous en saisissiez l’essence ! Que votre infinie bienveillance tienne non pour égarement, mais pour corvée à laquelle m’oblige cette cure, le verre que je vais ingurgiter ! (boit son verre d’un trait. Grimace) Palsambleu !
Urbus – Tout de suite, monsieur ! (apporte un autre verre) voilà, jeune homme.
Nomados – Merci monsieur. (Regarde le serveur puis le verre plusieurs fois. Pensif) On ne peut pas nier qu’il a de la suite dans les idées.
Urbus – c’est une marque de primauté (temps. A Nomados, avec insistance) Vous êtes sûr que vous ne voulez pas de verre d’eau ?
Nomados (outré) – C’est une idée fixe, ce verre d’eau, ou quoi ?
Urbus – Comme vous voulez. (S’éloigne)
Nomados (caresse le verre) – honoré ensuite honni ; pourquoi ? (Arrête ses câlins. Temps) Dieu, vous savez que c’est pour ma guérison ! (attrape le verre et l’avale) Le premier est fort le deuxième semble plus doux au palais !
Urbus – vieux château !
(Nomados se lève et va doucement au milieu de la scène puis s’immobilise face au public, une petite lumière blafarde enveloppe le lieu. Le client lève les bras dans l’attitude d’un crucifié. Le cafetier vient vers lui.)
Urbus – Veuillez regagner votre table !
Nomados (comme sortant d’un songe) – Excusez-moi ; le vin. (Va s’asseoir d’une allure indolente. Temps) Siuoplé !
Urbus – Oui ? (s’approche)
Nomados – Est-ce qu’il y a une église dans les environs ?
Urbus – C’est pour un attentat ?
Nomados – Toujours le mot pour rire ?
Urbus – On n’a pas gardé les cochons ensemble !
Nomados – Je viens pourtant ici tous les jours. (Temps) j’ai péché et j’ai comme un urgent besoin de me confesser !
Urbus – Je m’en fous !
(Temps)
Nomados – Combien je vous dois ?
Urbus – Rien. C’est la maison qui régale !
Nomados – Ah ! (temps) eh bien au revoir et merci. (Sort en claudiquant)
Urbus – votre café !
Nomados (s’arrête et se retourne) – Gardez la monnaie ! (sort)
Urbus (hausse les épaules et se met à débarrasser) – Tiens ! C’est vrai que son café a refroidi !
(Rideau)

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Auteur Commentaire en débat
emma
Posté le: 06-06-2015 11:29  Mis à jour: 06-06-2015 11:29
Modérateur
Inscrit le: 02-02-2012
De: Paris
Contributions: 1495
 Re: Petites pièces burlesques
ce personnage qui masse sensuellement le ballon, je trouve ça trop trop rigolo !
Cela rendrait superbement sur une scène de théatre.

Biz!
Mes préférences



Par une aquarelle de Tchano

Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
.

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