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Nouvelles : Renaissance, Chapitre 8
Publié par AntoneR le 21-07-2012 10:20:00 ( 919 lectures ) Articles du même auteur



Bonjour à tous ! Voilà le dernier chapitre de Renaissance que je publierai pour vous, ce qui va me permettre de faire d'autres choses dans ce forum.

Ce livre est officiellement publié, j'ai reçu hier mes tout premiers exemplaires imprimés et il est enfin référencé sur Amazon.

Voici les liens :
http://www.amazon.fr/gp/product/23520 ... 6&creativeASIN=2352095727

http://www.ilv-edition.com/librairie/renaissance.html

Merci à vous tous, pour avoir pris le temps de me lire, et surtout à Loriane, pour m'avoir autorisé à partager ces liens avec vous !!

La décision avait été difficile à prendre, mais Athéa n'avait plus le choix : avant de partir, elle devait parler à Andy ! Sur le trajet de son appartement, elle s'était demandé comment lui faire comprendre les raisons de son comportement, ces dernières années.
Aucune idée lumineuse ne lui était venue et la frustration se révéla d'autant plus grande que la menace prononcée par son ami, avant de la quitter, près de deux semaines avant, résonnait encore dans la tête de la jeune femme comme une sentence.
Il n'était pas violent de nature, mais les cours d'arts martiaux qu'il avait pris auprès des membres de l'Ordre de Salem le rendaient redoutable.
À l'époque où la Prêtresse l'avait poussé à apprendre à se battre, il s'était très sérieusement investi dans ce projet, Athéa s'étant probablement montrée assez inquiète pour être crédible. Elle avait prétexté ne pas être rassurée de le savoir sans armes, dans un monde où les hommes n'hésitaient pas à tuer un promeneur, pour lui voler ses vêtements.
L'excuse n'était pas glorieuse ni très probante, mais elle avait le mérite de porter ses fruits. Il avait tout juste treize ans quand il s'était attelé à sa formation au combat, et avait appris très vite à contrôler son corps, en faisant, au fil du temps, une arme des plus meurtrières.
Deux ans plus tard, il avait obtenu ses galons et jusqu'à présent, il s’entraînait encore deux fois par semaine.
Cette formation faisait partie de la mission de la jeune femme, qui s'était vu attribuer une liste très brève, mais apparemment importante, de choses à enseigner au jeune Empathe. La maîtrise de son don, la pratique du combat et le savoir nécessaire sur les différentes dimensions et leurs populations
Si la Prêtresse avait fait son devoir pour forger le corps et les émotions de son protégé, elle avait en revanche échoué dans l'éducation de son esprit à la mission sacré qui devait lui être confiée. Elle avait sciemment choisi de ne pas lui révéler tout ceci, espérant inconsciemment, depuis sa rencontre avec Andy, qu'il n'aurait jamais à vivre ce que d'autres avaient décidé de lui imposer.
En voulant le protéger, hélas, elle l'avait perdu et son cœur saignait d'avoir été aussi égoïste et candide.
Devant la porte de son ami, elle resta longtemps plantée devant, ne bougeant pas d'un pouce de peur d'alerter le jeune homme sur sa présence. Il était là, elle n'en doutait pas...
L’immeuble d’Andy était situé dans une petite rue très discrète, épargnée par les ravages du temps et le manque d’entretien, autrefois directement imputé aux municipalités. Les habitants de ce quartier s’étaient fait un devoir de maintenir un certain climat accueillant, grâce à des façades régulièrement repeintes, des trottoirs nettoyés quotidiennement et l’affectation d’un gardien à chaque immeuble, en charge de l’entretien de son hall d’entrée et des cages d’escaliers.
Des initiatives totalement étrangères à l’Oméga et ses administrations, mais conduites par les âmes peuplant ces quelques pâtés de maisons.
Andy vivait dans un bâtiment propre, sécurisé et agréable, dans tout les sens du terme. Ses habitants étaient courtois, souriants et ne manquaient jamais de saluer leurs voisins ou leurs visiteurs, en dépit d’une certaine méfiance compréhensible. Les murs, repeints depuis peu, étaient propres et les marches de bétons, balayées régulièrement, semblaient résister au passage du temps, à l’instar de la rampe de bois et de fer forgé, offrant son assistance aux personnes âgées.
Sur les cinq paliers de l’immeuble, trois portes, toutes similaires, étaient disposées face aux marches et de grandes fenêtres éclairaient la cage d’escalier. Le soir, des petites appliques murales prenaient le relais, projetant une lumière faible, mais suffisante pour ne pas se retrouver dans l’obscurité.
Athéa trouva enfin le courage d’appuyer sur la sonnette et l'attente lui parut durer une petite éternité.
Il ouvrit la porte, se dévoilant dans la pénombre, vêtu d'un simple boxer, le corps luisant de sueur. Le sourire qu'il affichait disparut en une fraction de seconde et son regard se remplit d'une haine à peine dissimulée.
— Je pensais avoir été clair ! cracha-t-il d'un air mauvais.
Il tenta de claquer la porte, mais Athéa avait longuement retourné la situation dans son esprit et il était hors de question pour elle de renoncer ! D'une simple pensée, elle repoussa le battant de la porte vers l'intérieur, l'appel d'air faisant voler ses cheveux et sa longue robe noire — qu'elle n'aurait d'ailleurs pas dû porter, considérant le temps qu'il faisait.
— Penses-tu que tes menaces m'impressionnent vraiment ? dit-elle d'un ton égal, qu'elle espéra être assez convaincant, en entrant dans le salon, au fond duquel il s’était réfugié.
— Peut-être devraient-elles te faire réfléchir, en effet ! assura-t-il. Maintenant, sors et oublie-moi !
— Serait-ce trop te demander de m'écouter et de me laisser m'expliquer ? demanda Athéa, tout en essayant de maîtriser sa voix.
Il se retourna et la fixa un très long moment. Dans son regard, elle lut quelque chose qui la rassura. Il avait cessé de « mourir »... Mais elle y lut également une foule de sentiments moins encourageants pour elle, allant de la haine au mépris en passant par le dégoût le plus profond.
Son regard brillait comme un feu violent, accentué par les reflets des lampes, seule source de lumière. Le plafonnier était éteint et les volets clos. Andy s’était enfermé, cloîtré dans la solitude, ruminant sans doute les évènements de la place du Pape et les révélations de la jeune femme.
D’ordinaire chaleureux et accueillant, ce salon s’était transformé en cellule, dans laquelle Andy s’était jeté.
— Tu essayes de me voler ma vie, et tu prétends vouloir t'en défendre, lâcha-t-il sur le même ton de défi qu'elle lui avait connu des centaines de fois.
Il se remettait à parler comme un livre, ce n'était pas bon signe...
— Je n'ai pas non plus tenté de te tuer, mon grand ! Cesse de jouer les dramaturges, tu deviens pathétique en plus d'être déjà affreusement puéril ! se força-t-elle à dire pour essayer de gagner du terrain. Je suis venue t'expliquer certaines choses et je te demande de m'écouter !
— Pardonne l'enfant gâté qui sommeille en moi, mon amie, fit-il, non sans ironie, mais le côté dramaturgique de la situation ne saurait t'échapper, puisque tu en es l'instigatrice ! Tu viens me parler de missions diverses et variées, l'une consistant à me formater selon le bon vouloir de quelques mystiques invisibles et l'autre, censée me pousser à accomplir je ne sais quels desseins !
« Je ne te parle pas de me prendre ma vie au sens littéral du terme, mais simplement de me la voler, de la bouleverser du tout au tout, pour quelque raison occulte que tu as, comme tu l'as dit, volontairement choisi de ne pas m'expliquer !
« À qui crois-tu t'adresser, Prêtresse ? Penses-tu que je sois né de la dernière pluie ou à ce point malléable, qu'il te suffise de palabrer devant moi pour que je comprenne tes hypothétiques raisons de n'avoir jamais pris le temps d'être honnête avec moi ?
Il finit par se taire, le silence devint oppressant et Athéa n'eut plus la force de retenir ses larmes. Chacune de ses paroles, chacun de ses traits d'ironies et chaque accusation, elle le savait, étaient vrais et justifiés. Elle ne s'attendait pourtant pas à une telle envolée de colère et de froideur. Une froideur étrange et paradoxale, à en juger par l’ambiance moite et oppressante de la pièce. Son corps, toujours brillant d’une sueur anormale, dégageait une chaleur suspecte.
— Réponds ! hurla-t-il, insensible aux larmes de la jeune femme, aux vues de son emportement.
— Je n'ai absolument aucune raison valable pour t'avoir poussé à me détester, avoua-t-elle une fois ses sanglots maîtrisés, mais sache que si j'ai choisi de ne pas te parler de tout ceci, c'était dans l'espoir que tu ne sois jamais contraint de l'apprendre, parce que je me détestais au plus haut point pour devoir mettre ta vie en danger, sans être capable de l'empêcher, si ça venait à arriver.
« Il ne s'est pas passé un jour, depuis notre rencontre, sans que je ne me demande ce qui était le mieux pour toi et pour ta sécurité. Au-delà du désir profond de te protéger, je n'ai jamais eu l'intention de te contrôler !
« J'étais en désaccord avec les ordres qui m'ont été donnés et j'ai refusé de tout te dire, et te donner la chance de ne pas t'en préoccuper, au risque de te perdre, si tu venais à l'apprendre. Il faut croire que je me suis trompée.
« J'aurais du me contenter d'accomplir ma mission, peut être m'en remercierais-tu aujourd'hui, mais l'idée de te « formater », justement, me répugnait !
Athéa marqua une pause, pour souligner ses propos, et Andy en profita pour intervenir.
— Combien de temps t'a-t-il fallu pour préparer ce si beau discours ? ironisa-t-il.
— Très bien, je constate que tu es hermétique à toute discussion. Je te connais assez pour savoir que tu te poses beaucoup de questions et je vais t'aider à trouver les réponses.
« Il y a, dans la région d'Hellena, un ancien temple que les membres de l'Ordre de Salem ont protégé pendant des décennies. Tu devrais y faire un tour !
— L’Ordre de Salem ? C'est à dire ? interrogea le jeune homme, sceptique.
Il avait baissé le ton, c'était déjà ça. Une petite victoire en somme : elle venait de susciter son intérêt. Mais comment lui expliquer des choses qui, pour elle, étaient communes ? L'histoire du monde, celle qu'elle avait toujours connue, était totalement étrangère au jeune homme. Cela revenait à refaire son éducation intellectuelle au complet.
Un soupçon de regret se profila dans son esprit. Elle réalisa que, si elle avait accompli sa mission, à l'époque, elle n'aurait aujourd'hui rien eu à lui apprendre.
— C'est un groupe d'ésotéristes, pour simplifier, à l'origine du mouvement révolutionnaire. Certains d'entre eux sont Anandres, mais beaucoup n'ont aucun pouvoir, se contentant de suivre les préceptes que les miens leur enseignent, résuma la Prêtresse
« L'homme qui est à leur tête, en revanche, est un Anandre très puissant.
— Et pourquoi devrais-je me rendre dans ce temple, demanda Andy, de plus en plus calme. Qu'est-ce qui te fait dire que j'y trouverai des réponses ?
— C'est un temple important, aux yeux de Salem et un gardien y réside en permanence. Tu refuses de m'écouter, mais je te dois des réponses, alors va les chercher, si cela a tant d’importance pour toi, expliqua-t-elle sans parvenir à lever les yeux sur Andy.
— Très bien, je déciderai si obtenir des réponses est oui ou non important.... Tu as fini ?
— Il faut croire que oui... souffla la jeune femme, désespérée par le ton de son ami, calme, mais cruellement détaché.
— Laisse-moi maintenant ! exigea-t-il, sans autre forme de procès.
Elle trouva enfin le courage de le regarder. Ébahie, Athéa le découvrit en larmes. Sans retenue, elles ruisselaient sur ses joues, son regard humide rivé sur le visage de la jeune femme.
— Andy, je...
— Va-t-en, s'il te plaît ! coupa-t-il, plus émue encore qu'il ne le laissait paraître.
— Très bien... dit-elle en se dirigeant vers la porte d'entrée. Mais avant de partir, je veux que tu saches que je t'ai toujours aimé très sincèrement. Je n'ai jamais voulu te trahir ! J'ai seulement essayé de te protéger, quoi que tu en penses !
Posant une main sur le loquet, elle jeta un regard par dessus son épaule et le trouva tourné dans sa direction, les yeux toujours braqués sur elle, immobile, pendant que la jeune femme ouvrait la porte. Sortant dans le couloir et refermant derrière elle, elle s'immobilisa un instant.
L'avait-elle perdu ? Elle se sentait émue, perturbée et totalement désarçonnée face aux larmes d'Andy qui, pourtant, n'avait pas exprimé la plus petite intention de revenir sur ses paroles. Descendant les marches rapidement et déboulant dans la rue comme une furie, Athéa était toutefois heureuse d'avoir pu exprimer ce qu'elle ressentait et les raisons de son comportement.
Ceci étant fait, il lui fallait maintenant se concentrer sur la nouvelle épreuve qui l'attendait.
Les personnes qu'elle s'apprêtait à revoir étaient d'un tout autre acabit et à côté de ces lionnes acharnées, Andy était un chaton attendrissant. Ce qu'elle allait subir face à eux n'avait rien de comparable.
Mais Athéa ne serait en rien réduite au silence. Elles aussi allaient devoir affronter son jugement !

Les yeux toujours humides du jeune homme refusaient obstinément de se détourner du battant de la porte qu'Athéa venait de fermer. Longtemps, Andy demeura figé, au milieu de son salon, sans comprendre ce qui, dans le discours de son amie, avait pu à ce point le frapper pour le pousser à pleurer.
Il n'était pas parvenu à retenir ses larmes. Tout, dans son cœur, s'était passé très vite. Depuis, il essayait de mettre le doigt sur ce détail assez fort pour créer une brèche dans sa carapace.
Puis il comprit enfin que l'abnégation dont la jeune femme faisait preuve le touchait plus qu'il n'aurait pu le croire possible !
Loin de vouloir le laisser dans l'ignorance, elle acceptait, malgré le mal que cela pouvait lui faire, de lui donner des réponses, même s'il ne les obtenait pas d'elle, la reléguant ainsi au second plan. Elle le guidait encore, en dépit de sa cruauté et dans sa peine, elle trouvait encore la force d'être pour lui plus qu'une amie...
... Une sœur.
Elle en avait d’ailleurs l’aspect.
Andy avait lu des descriptions de femmes, vêtues de robes noires, dévouées à l’adoration d’une divinité prétendument omnipotente.
Si ces femmes autrefois nommées des « sœurs », étaient couvertes de la tête aux pieds, il n’en était rien pour Athéa.
Sa tenue n’avait rien de particulièrement ostentatoire, mais rappelait à Andy ses lectures passées. Il s’agissait d’une robe noire très sobre, aux lignes épurées, épousant parfaitement les courbes d’Athéa. Très longues, frôlant presque le sol. Les manches recouvraient le dessus de ses mains, maintenues en place par un lien passé autour du majeur. Le col pointu s’arrêtait à la naissance de la poitrine et dessinait une ligne parfaitement droite jusqu’aux épaules d’où partaient les manches. Une ceinture fine – une simple cordelette noire tressée, venait marquer les hanches d’Athéa et casse les lignes trop sages de ce vêtement, rendant à la jeune femme toute sa féminité.
Il était temps pour Andy de cesser d'être puéril. Son amie méritait qu'il lui accorde le bénéfice du doute.
Le moment était venu pour lui de prendre une des décisions les plus importantes de sa vie. Il n'était plus question de mission, ni de devoir, mais de compréhension.
Avoir en main les bonnes cartes l'aiderait certainement à atteindre l'objectif qu'il s'était fixé et vers lequel Jas l'avait poussé. Comme l'avait dit la jeune femme, il se posait beaucoup de questions et elles étaient de plus en plus obscures et préoccupantes. Obtenir des réponses devenait essentiel, sinon vital !
Partir ne l'enchantait guère, mais c'était envisageable. De plus, Hellena se trouvait à peine à cinq heures de route s'il décidait de prendre le Rail — un train à très grande vitesse que le premier Oméga avait financé et fait installer sur toute la planète, facilitant le déplacement des populations et les transports commerciaux.
Il devrait également s'expliquer face à Jas. Andy ne savait pas combien de temps il lui faudrait pour trouver ce fameux temple, ni même pour obtenir les réponses de la part de la personne censée s’y trouver. Son amant ne comprendrait peut-être pas...
Et bien tant pis, après tout ! C'était sa vie et il devait en reprendre le contrôle ! Jas aurait été bien en peine de lui reprocher de ne pas saisir une telle occasion ! Andy avait cependant une idée pour prouver à Jas l'ampleur de sa reconnaissance. Cette pensée se précisa encore quand il aperçut Misty dans l'embrasure de la porte de sa chambre.
— Et bien, ma belle, tu sors de ton trou ? demanda-t-il quand la petite féline se dirigea vers lui en miaulant.
Elle se frotta à ses jambes, ronronnant allègrement au contact de son maître. Il lui arrivait parfois de disparaître pendant des semaines, mais cette chipie revenait toujours et Andy la soupçonnait de ne se montrer qu'en cas de mauvaise chasse.
Il ne lui en voulait pas, cela dit. Cette chatte était magnifique, très câline et avait souvent comblé les soirées de solitude du jeune homme, avec ses cabrioles, ses caprices de félins et ses miaulements affectueux.
Le contact de sa fourrure noire rappela au jeune homme à quel point il avait chaud !
Une sensation inexplicable, compte tenu du froid qu'il faisait dehors ! Et bien qu'avoir si chaud fût très inconfortable, le jeune Empathe ne se sentait pas pour autant affaibli et dut donc admettre qu'il n'était pas malade.
En regardant sa petite protégée réclamer de la nourriture, il se mit à rire en se demandant s'il n'était pas en chaleur... Une réflexion totalement absurde, bien entendu, mais qui détendit assez le jeune homme pour qu'il se décide à agir, mettant un terme à sa longue paralysie émotionnelle.
Athéa venait de l'aider de façon considérable, et même s'il n'avait pas envie de la pardonner, il dut admettre que le chemin, grâce à elle, s'était un peu éclairci. En regardant Misty continuer sa parade de séduction, il prit rapidement une décision qui allait changer le cours de sa vie.
Dans trois jours, il partirait pour Hellena !
Le temps de se préparer, de revoir Jas avant le départ...
Et lui confier une mission !

Jas revint comme convenu, trois jours après la visite d'Athéa.
Rien n'avait changé dans le regard du beau brun, ni même dans son attitude.
À peine était-il arrivé que, tels des animaux, ils se jetèrent l'un sur l'autre, s'arrachant leurs vêtements, allant jusqu'à les déchirer d'impatience.
Mais Andy devait entrer dans le vif du sujet, et ne pas perdre le peu de motivation qu'il avait.
— Je vais devoir partir quelque temps pour Hellena... dit-il lorsqu'il en eut trouvé le courage, après des heures passées à se prélasser dans les bras de Jas.
La réaction de son amant fut plus que surprenante. Loin d'accueillir la nouvelle avec intérêt ou déception, il fut surpris au point que ses yeux s'écarquillèrent comiquement. Une surprise que le jeune Empathe ne s'expliqua pas le moins du monde, allant jusqu'à susciter son intérêt.
— Tu connais la région ? demanda-t-il.
— Pas... Pas du tout, non... non, pour... Pourquoi ? bégaya Jas, soudain blême.
— Pourquoi es-tu si surpris ? s'enquit le jeune homme, toujours étonné par cette étrange réaction.
— Et bien... C'est assez lointain, comme région, voilà tout... Que vas-tu y faire ? interrogea-t-il, toujours embarrassé, à première vue.
— Comme je te l'ai dit, depuis quelque temps, ma vie est... et bien, compliquée est le mot juste, je pense ! fit Andy. J'ai besoin de réponses et on m'a laissé entendre que je peux en trouver certaines dans cette cité.
— Et pourquoi me le dis-tu ?
— Si ça ne t'intéresse pas, tu n'as qu'à partir, je pense que tu sais où est la sortie...
— Ne sois pas idiot, ce n'est pas ce que je voulais dire ! se rattrapa Jas, tout en rougissant. Je te le demande parce que nous avons un marché, toi et moi, et tu ne me dois rien, si tu t'en souviens !
— Bien sûr ! Je m'en souviens parfaitement, affirma le jeune Empathe, mais j'ai un service à te demander, si ça ne te gêne pas...
— Demande toujours... lança Jas, dans un mouvement presque imperceptible de recul...
— Et bien, tu n'as pas dû faire sa connaissance, mais j'ai une petite chatte qui se prénomme Misty et j'aurais besoin de quelqu'un pour la garder. Puis je n'aime pas laisser mon appartement vide si longtemps, et je ne sais pas quand je vais rentrer, expliqua Andy.
— Et tu voudrais que je reste ici pour garder ton appartement et ton chat, ou est-ce seulement une façon de me faire comprendre que tu ne me rejettes pas ? Que ce n'est pas une excuse minable pour me faire sortir de ta vie ?
Andy dut encore une fois rougir, son visage et ses oreilles s'échauffant soudainement.
— Il... Il faudrait vraiment que tu arrêtes de dire tout ce que tu penses sans arrêt ! Et surtout de lire en moi de cette façon ! marmonna le jeune homme, très mal à l'aise.
— Permets-moi d'en déduire que j'ai vu juste dans ce cas, dit-il, son splendide sourire accroché aux lèvres, en posant sa main sur la joue d'Andy.
— C'est peut-être vrai, mais mes raisons n'en sont pas moins vraies, Jas ! Je ne sais pas combien de temps durera ce voyage et je tiens à ce que tu le saches !
— Ne t'inquiète pas, je resterai très sagement ici en attendant ton retour et je m'occuperai de cette boule de poils ! certifia-t-il, très sérieusement.
« Pour quand le départ est-il prévu ?
— Demain matin, a cinq heures. Je suis désolé de te prévenir si tard, mais les choses sont allées si vite, et je n'avais aucun moyen de....
— Ce n'est rien, arrête de te justifier ! l'interrompit le beau brun. Nous n'avons pas de temps à perdre. Tes bagages sont-ils prêts ? demanda-t-il.
— Oui, je n'attendais plus que toi, avança Andy, se détendant légèrement.
— Tant mieux dans ce cas, je vais pouvoir profiter de toi avant que tu ne t'en ailles !
— Autant que tu veux ! minauda le jeune Empathe.
Le monde cessa à nouveau de tourner... Quelques heures durant, ils ne firent plus partie de rien sinon de l'autre !

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Auteur Commentaire en débat
Loriane
Posté le: 29-07-2012 22:20  Mis à jour: 29-07-2012 22:21
Administrateur
Inscrit le: 14-12-2011
De: Montpellier
Contributions: 9066
 Re: Renaissance, Chapitre 8
Je suis toujours aussi conquise et je suis très heureuse pour toi de cette publication.
Ton écriture est vraiment excellente et l’étude psychologique si fine, donne leur relief, leur crédibilité à tes personnages, cela donne une puissance au récit.
Je vais acheter ton livre.
Ilv est plus cher mais amazone est en rupture de stock.
Je te félicite très sincèrement
Merci

Répons(s) Auteur Posté le
 Re: Renaissance, Chapitre 8 AntoneR 31-07-2012 14:50
Mes préférences



Par une aquarelle de Tchano

Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
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