| A + A -
Connexion     
 + Créer un compte ?
Rejoignez notre cercle de poetes et d'auteurs anonymes. Lisez ou publiez en ligne
Accueil >> xnews >> Le repas - Nouvelles confirmées - Textes
Nouvelles confirmées : Le repas
Publié par couscous le 16-07-2016 13:15:08 ( 142 lectures ) Articles du même auteur



Réponse au défi d'Arielleffe

http://www.loree-des-reves.com/module ... t_id=11209#forumpost11209


Marianne se donne un dernier coup de brosse dans les cheveux et termine son maquillage. Elle jette un œil à sa silhouette fine soulignée par une robe moulante, prend une grande inspiration et murmure un « C’est parti ! » devant son miroir pour se donner du courage. Quelques minutes plus tard, la sonnette de l’appartement résonne. Gérard ouvre la porte à ses parents, Joséphine et Albert, qui lui crient un retentissant : « Joyeux anniversaire gamin ! ». Sa mère lui remet un emballage arborant la forme d’une bouteille en lui posant un baiser bruyant sur la joue, avant de se diriger vers la salle à manger où Marianne termine de mettre les couverts. Des « bonjour » plutôt froids sont échangés. Gérard ajuste la position des couteaux et des verres pendant que sa mère refait le pliage des serviettes, ce qui agace visiblement la maîtresse de maison qui part s’engouffrer dans la cuisine.
L’apéritif est pris autour de quelques chips et zakouskis qui sont dévorés par Gérard, sous l’œil admiratif de sa maman.
– Tu as toujours adoré les biscuits salés et les chips. Tu te souviens au mariage de Tante Martine…
Et c’est parti pour vingt minutes d’anecdotes surannées, ressassées chaque année et qui ne fait plus rire Marianne depuis bien longtemps.
Le plat est le traditionnel cassoulet. La cuisinière a droit aux reproches habituels : « Tu mets de trop gros morceaux de viande, il n’y pas assez d’haricots, ton lard n’est pas assez gras, c’est fade, etc.» Albert se sert pourtant avec bon appétit et en profite pour vider la bouteille de vin. Il termine le repas en somnolant sur sa chaise et en émettant de légers ronflements.
Marianne ne traîne pas à enchaîner avec le dessert : un magnifique gâteau au chocolat. Elle coupe de belles parts qu’elle sert à ses invités. Le cliquetis de la petite cuillère déposée sur l’assiette sort beau-papa de ses rêves.

– Tu n’en manges pas ? remarque belle-maman.
– Non, je n’ai plus faim et je fais attention à ma ligne.
– Oh, tu sais, à ton âge, ce n’est plus important ! Mon Albert aime bien que j’ai des formes. Ce n’est pas très joli de ressembler à une planche à repasser.
– Personnellement je préfère ressembler à une sole qu’à une baleine !

Les assiettes vides et les verres de mousseux terminés, Marianne se lève d’un bond et prend la parole de manière solennelle. Des yeux ronds se lèvent vers elle.

– Bon, il faut que je vous livre mon discours. Gérard, comme c’est ta fête, j’en profite.Je dois t’avouer ne plus te supporter. J’en ai marre de tes tics, tes tocs et tes ronflements. Tu as de qui tenir évidemment ! Je ne t’aime plus et vous, beaux-parents, je ne vous ai jamais aimés. Ce plat que vous adorez tant vous ressemble : il est vulgaire et gras. Je pars avec mon prof de mandarin. Même avec ses petits yeux bridés et son strabisme, il a remarqué mes efforts pour rester svelte et il me complimente, ce dont tu es devenu incapable depuis plusieurs années. Les enfants ont quitté le nid, je ne suis donc plus obligée de faire bonne figure. Ton cadeau est mon départ, tu pourras ainsi tout agencer à ta guise. Je prends mes clics et mes clacs. Adieu les maniaques !

La future ex-maîtresse de maison sort de la pièce mais revient aussitôt en ajoutant :

– Ah oui, j’ai oublié un détail : comme vous m’avez fait chier toutes ces années, j’ai mis un puissant laxatif dans le gâteau. Ainsi, nous sommes quittes.

Enfin libre, Marianne prend ses valises cachées dans le placard de l’entrée et sort de l’appartement en claquant bruyamment la porte.

Les convives se regardent, médusés, lorsque des gargouillis intestinaux rompent le silence pesant. Se pose alors une question cruciale, voire vitale : qui sera le premier à atteindre la seule et unique toilette ?

Article précédent Article suivant Imprimer Transmettre cet article à un(e) ami(e) Générer un PDF à partir de cet article
Les commentaires appartiennent à leurs auteurs. Nous ne sommes pas responsables de leur contenu.

Auteur Commentaire en débat
Istenozot
Posté le: 17-07-2016 13:56  Mis à jour: 17-07-2016 13:56
Plume d'Or
Inscrit le: 18-02-2015
De: Dijon
Contributions: 1732
 Re: Le repas
Chère Delphine,

Je me disais en lisant ta nouvelle, qu'après avoir laissé le cassoulet que je n'aime pas beaucoup, j'allais saliver sur le gâteau au chocolat qui est sans doute mon dessert favori. Mais nenni, car je comprends en lisant la fin qu'il ne vaut mieux pas y compter.
Eh bien dis-moi, quel repas d'adieux! La chute de ta nouvelle est autant laxative que le dessert. C'est imaginaire bien sûr. Ah, me voilà rassuré!

Au prochain gâteau au chocolat qui ne devrait pas tarder, je vais penser à toi et naturellement rire.

Merci pour ce moment délicieux, pas pour les plats!

Bises.
Amitiés de Dijon.

Jacques

Répons(s) Auteur Posté le
 Re: Le repas couscous 18-07-2016 06:28

Auteur Commentaire en débat
Donaldo75
Posté le: 22-07-2016 17:39  Mis à jour: 22-07-2016 17:39
Plume d'Or
Inscrit le: 14-03-2014
De: Paris
Contributions: 965
 Re: Le repas
Sacrée Delphine,

Tu vas finir par mériter le titre de Don Quichotte des ménages. Marianne ne fait pas dans le détail, mais vue sa famille, je la trouve encore trop gentille. Quoique, passer la journée dans les toilettes, en entendant les autres chieurs taper à la porte, c'est quand même bien cruel.

Bon, je te laisse, j'ai un gâteau néerlandais à terminer.

Bises

Donald

Répons(s) Auteur Posté le
 Re: Le repas couscous 22-07-2016 18:58

Auteur Commentaire en débat
arielleffe
Posté le: 23-07-2016 16:23  Mis à jour: 23-07-2016 16:23
Plume d'Or
Inscrit le: 06-08-2013
De: Le Havre
Contributions: 799
 Re: Le repas
J aime la vengeance de Marianne, belle fin de repas pour ces emmerdeurs
Mes préférences



Par une aquarelle de Tchano

Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
.

Connexion
Identifiant :

Mot de passe :

Se souvenir de moi



Mot de passe perdu ?

Inscrivez-vous !
Partenaires
Sont en ligne
10 Personne(s) en ligne (2 Personne(s) connectée(s) sur Textes)

Utilisateur(s): 0
Invité(s): 10

Plus ...