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Nouvelles confirmées : Le cornet de papier
Publié par tchano le 01-05-2017 20:17:08 ( 55 lectures ) Articles du même auteur




Un mouvement de mains géométrise la feuille de papier. Du papier de tapisserie, souvent.
Un roulement synchrone et inversé des deux mains. Les mains lestes et précises d’une même personne.
Un mouvement comme les font encore les mains des marchands de rue, de pois chiche grillés ou de patates frites. Le mouvement qui produit aussi des becs d’oiseau ou des chapeaux de Pinocchio, dans les classes des petits.
Le mouvement, qui d’une feuille à plat fait un cône.

Les mains lestes et précises réalisent des cônes aussi grand que la forme qui fait jaillir les fleurs des bouquets romantiques. Ces mains doivent confectionner chaque jour un nombre précis et considérable de ces pochettes.

D’autres mains, mains menues, des menottes, déchirent la cocarde… la grosse pastille en papier rose ou bleu qui scelle la base du cône.
Même impatientes, excitées, pressées, elles mettent toujours plus de temps à décacheter la pochette et à en extirper le contenu, qu’il a fallu aux autres mains, les autres mains lestes et lasses, pour la confectionner.

Les menottes plongent dans le ventre de la pochette. Puis les menottes font un tri, elles séparent les boules de papier chiffonné qui donnent du volume et de la tenue à la pochette, des lots qu’elle porte en elle.
Le volume de ces bourres de papier est en moyenne quatre fois supérieur à celui des lots. Le plus souvent cette disproportion cause de la déception aux menottes.
Les menottes dédaignent les amas de papier froissé qui jonchent le sol et tout naturellement se consacrent, avec plus ou moins d’engouement et de plaisir, aux jouets miniatures contenus dans la pochette.

Cette fois ci, quatre petits lots: un sifflet à piston, un yo-yo, un nez de clown et une hélice fixée à un dispositif de propulsion, gisent délaissées sur le parquet.
Elles forment un petit archipel bigarré d’objets en matière plastique.
Cette fois ci, des menottes s’appliquent à défroisser les bouts de papiers… de banales pages de magazines et de journaux. Pour les déployer, les menottes tirent sur le bord des feuilles, puis elles les lissent longuement. Elles plient en deux celles qui sont plus grandes, disposent ensuite toutes ces feuilles les unes sur les autres.
Une fois les soins prodigués et le classement des feuilles opéré, ces menottes vont vers un autre coin du salon où elles déposent la petite pile de feuilles crêpées dans une auréole de lumière boisée.
La pointe d’un tout petit index épingle sur le parquet la liasse de papiers de presse. Alors, l’index tendu de l’autre main se déplace sous un rang de mots imprimés en décrivant une suite régulière de courtes vaguelettes… Une succession d’encoches valant une syllabe chacune.
Près de là, les parents observent la scène.
Pris d’une grande tendresse damassée de fierté, béatement ils savourent leur surprise de pochette.

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Par une aquarelle de Tchano

Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
.

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