Un temps...

Date 14-03-2026 12:40:00 | Catégorie : Poèmes


File, le Temps, ce souffle invisible,
Qui glisse dans l’éternité comme une ombre silencieuse,
Une brise d’oubli, un murmure d’infini,
Une étoile filante traversant la nuit sans fin.
File, vers l’horizon où tout se dissout,
Tandis que les bourgeons se déploient, fragiles,
Dans le refuge secret de ton for(t) intérieur,
Là où naissent les rêves oubliés, les silences sacrés.
File, et dans ton regard, l’univers se perd,
Perdu dans la course infinie du devenir,
Nos âmes suspendues entre l’éphémère et l’éternel,
Cherchant la trace de l’étoile qui s’efface dans le vent.
La vie, cette mère mystérieuse, nous serre,
Ce que nous croyions éternel s’évapore dans un soupir,
Et la fugacité, amante insaisissable,
Nous touche au cœur, comme un frisson dans l’aurore.
File, plus vite que la lumière, emporté par l’écho du destin,
Construis ton temple de moments discrets,
Mais souviens-toi que le vent ne t’attendra pas,
Car il est l’éternel voyageur, libre et sans mémoire.
File, lui, qui ne vieillit pas, qui ne s’éteint jamais,
Tel un bolide sacré, poursuivant sa course sans fin,
Inébranlable dans la danse silencieuse du temps.
Prends-le, tiens-le dans le sanctuaire de ton âme,
Car il est une lumière fragile dans l’obscur,
Une clé vers l’éternité, un secret enfoui,
Chaque seconde qui s’envole t’emmène plus près du grand au-delà.
File, avec la conscience de l’instant sacré,
Aime, vis, ris, pleure, tombe, relève-toi, crée, cherche, trouve —
Suis la voie invisible, ton chant intérieur,
Ne laisse rien au hasard, pas une miette, pas une seconde.
Sinon, tu perds le fil d’or qui relie ton être à l’éternel,
Et tout se dissout dans le néant, dans l’oubli sans retour.
Les choses se tissent dans le souffle du temps,
Se déchirent et se recomposent dans la danse de l’invisible,
Que tu le veuilles ou non.
File, avant que le dernier souffle ne t’emporte dans le silence sans fin,
Avant que tes yeux ne se ferment dans la nuit de l’éternité.
File, même dans la douleur, même seul face à l’inconnu,
Ne te berce pas d’illusions : il n’y aura ni récompense, ni miracle, ni promesse,
Seule la danse infinie du temps, impassible et éternelle.
File, sans relâche, car ton âme est faite pour cela :
Grandir, s’élever, évoluer dans le mystère,
C’est ton devoir sacré, ton chemin d’ombre et de lumière.
File, ne le perds pas, car lui, qui ne faillit jamais,
Ne perd jamais, dans l’éternel mouvement.
Sinon, dans le silence infini,
Tu verras que, toi aussi, il a filé…
Le Temps, le voyageur sans retour, porteur de tout ce qui fut, tout ce qui sera.

Christine Gordolon



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