Notre destin éphémère

Date 22-03-2015 15:20:00 | Catégorie : Nouvelles confirmées


réponse au défi de Donald :

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L’atmosphère de la discothèque est enfumée. Portées au-dessus du brouhaha ambiant, nous nous approchons de notre destinataire, une jolie rouquine à l’air mutin et au sourire chaleureux. Nous commençons à la caresser, l’entourer peu à peu d’une douceur chaude. Le rouge lui monte aux joues pendant qu’elle nous boit. Nous continuons, enjôleuses, enivrantes et mielleuses. Notre but semble atteint et notre maître s’applique à conserver cette osmose avec elle. Nous coulons à flot pendant plusieurs heures avant qu’un silence nous soit finalement imposé. Le lieu a changé ; il est confiné, sombre, personnel. Seuls des cris et des gémissements résonnent maintenant dans la chambre à coucher. Nous sommes remplacées par des gestes et tout ce que nous avons promis se concrétise.

Nous voici quelques mois plus tard et notre acquiescement se mêle à celui de la rouquine, générant une salve d’applaudissements dans l’assemblée. Nous restons douces et aimantes mais plus uniquement à l’égard de celle qui nous reconnaît même si nous ne sommes que susurrées. Désormais, un jeune enfant nous attend pour le calmer, le rassurer, lui chanter une berceuse ou encore lui raconter son histoire du soir. Nous nous faisons parfois plus fermes face au danger ou à l’interdit.

Peu à peu, nous sommes devenues suaves pour une autre, une petite blonde, et restons silencieuses face à la rousse. Mais ceci ne dure qu’un temps car des interrogations fusent et nous voilà alors fuyantes, mensongères, bégayantes dans la bouche de notre maître.

Un jour, nous redevenons empreintes de vérité, celle qui blesse. Nous sommes désormais acerbes, vives. Fini la fausseté, les caresses et l’encens, nous évoluons en fumée toxique qui agresse notre victime dont les cheveux de feu et les yeux ont perdu tout éclat. Notre adieu vibre dans l’air avant que notre maître quitte la pièce. Nous restons encore dans l’esprit de la femme où nous tournoyons longtemps, devenant obsédantes. Elle nous ressasse, nous rumine alors qu’il faudrait qu’elle nous laisse nous envoler car nous ne sommes, par nature, qu’éphémères et libres. Quelques jours plus tard, elle nous livre à ce professionnel assis derrière le canapé sur lequel elle est allongée. Ce dernier nous écoute et nous libère du fardeau dont notre maître nous avait chargées.

Alors, chers lecteurs, méfiez-vous lorsque vous nous entendez. Nous pouvons revêtir plusieurs apparences. Ne nous buvez pas sans connaître celui qui nous déverse, ne vous laissez pas endormir par notre écoute. Sachez nous utiliser à bon escient pour consoler, réconforter car notre force est reconnue. Lorsque vous nous donnez, ne le faites pas à la légère car nous reprendre est trahison. Souvenez-vous que, si le silence est d’or, nous sommes d’argent et que si les écrits restent, nous préférons nous envoler !





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