Voyage, voyage

Date 15-10-2015 18:47:16 | Catégorie : Nouvelles confirmées



L’hiver est arrivé, et avec le temps froid, les rhumes et les grippes. Je me traîne jusqu’à mon lit, avec la ferme intention d’y rester tout le weekend, mes vieilles douleurs m’épuisent. Je me glisse dans les draps chauds, je m’installe dans les oreillers moelleux, et je m’endors.

Mes rêves sont agités. Mon corps est balloté dans tous les sens, j’ai la sensation de me trouver dans un train, je sens les vibrations de la machine, j’entends le bruit régulier des rails sous mon lit. Finalement non, c’est le bruit des pneus sur l’asphalte et les changements de vitesse qui me bercent. A moins que ce ne soit le bruit des réacteurs d’un avion. Peut-être pas. J’entends maintenant le bruit de l’eau sur la coque d’un navire. Je pars loin, très loin. Je ne suis pas inquiète, je sens des bras qui m’enlacent, la chaleur d’un autre corps emporté, comme moi. Son odeur est apaisante, je suis tranquille, je me laisse bercer, nous flottons, tranquillement.

Le mouvement s’est arrêté, je suis debout dans un grand tube. Il n’y a aucune présence humaine. Je suis complètement impuissante, je ne semble pas pouvoir bouger. Je sens une chaleur agréable sur mes pieds, je les sens se détendre. Je perds l’équilibre mais je suis retenue par les parois du cylindre. Que se passe-t-il ? Ça ne me fait pas mal, au contraire, mes jambes se redressent, mon bassin se stabilise. Mon ventre gargouille, ma colonne vertébrale se redresse et tous mes organes semblent se remettre en place. A l’intérieur de ma bouche, des fourmillements. Mes dents deviennent plus grosses, plus lisses. Je me sens plus forte.

Je me réveille doucement. Les draps sont doux, très doux, on dirait de la fourrure. Je sens toujours cette présence rassurante près de moi. Je reste un peu dans ce cocon douillet, mais je finis tout de même par me réveiller. J’ouvre les yeux sur une pièce complètement inconnue, tout est blanc et apaisant. Il y a bien un bras qui me retient, je le pousse délicatement. Il appartient à un parfait inconnu. Je me rends compte soudain que je suis complètement nue, dans un lit, avec un homme dans le plus simple appareil. Je me lève d’un bond. Qu’est-ce que je fais là ? Je cherche des vêtements pour me couvrir et trouve une sorte de couvre lit. Je pars à la découverte de ce lieu dans lequel j’ai dormi. Combien de temps ? Aucune idée. Je me sens extrêmement bien, j’ai dû vraiment bien dormir. Mais comment suis-je arrivée ici ?
Il y a une grande pièce qui ouvre sur une terrasse en bois. Le jardin est magnifique. La végétation est tropicale. Sur la droite, il y a un ponton et je découvre que je suis au bord de l’eau. C’est magnifique. Il fait beau, le ciel est étonnamment bleu, et il fait chaud, mais pas trop. Je retourne à l’intérieur, il y a une jolie cuisine, une grande salle de bain. J’ai l’impression d’être dans un hôtel quatre étoiles à Bali.

Je décide d’aller réveiller l’homme qui est encore endormi. Je suis obligée de le secouer. Malgré son jeune âge il n’a pas l’air très dynamique.

- Ouh, ouh, debout là-dedans, il faut se réveiller maintenant.

Il me répond par des grognements et ouvre un œil, et se redresse d’un coup.

- Qui êtes-vous ?

- Je m’appelle Zoé et vous ?



- Vivien. On est où ?

- Aucune idée. Je pensais que vous le saviez. On peut peut-être se tutoyer on a passé la nuit ensemble.

- Ah bon ?

Je vois dans ses yeux qu’il réalise qu’il est nu comme un ver. Le premier moment de surprise passée, il se lève et décide d’aller visiter la maison.

- Il y a d’autres personnes ici ?

- Je n’ai vu personne.


Je n’ai même pas eu la présence d’esprit d’appeler qui que ce soit.
Vivien se promène d’une pièce à l’autre sans complexe.

- Dis donc c’est sympa ici ! Tu es là depuis longtemps ? Tes parents sont au courant ?

- Mes parents sont morts depuis longtemps, et les tiens ?

- Ah c’est triste. Mon père est mort, mais ma mère est toujours là. A soixante ans c’est bien d’avoir toujours ses parents.

- Soixante ans ?

- Oui, j’ai soixante ans.

Je me mets à rire, le garçon qui est devant moi n’a pas plus de vingt-cinq ans.

- Tu fais drôlement jeune alors !

Il se redresse, tout fier, mais un peu surpris.

- Merci. Et toi tu as quel âge ? J’espère que je ne vais pas me faire arrêter pour détournement de mineure.
Il est vraiment drôle.

- Aucun risque, à cinquante ans on ne risque plus rien.

- Excuse-moi. Tu as dit cinquante ans ?

Il m’entraîne avec lui vers un miroir qu’il vient de repérer dans un placard de la chambre. J’y vois deux jeunes gens. Nous avons rajeuni d’une trentaine d’années…
- Voilà pourquoi je me sens si bien. Plus de douleurs, j’y vois parfaitement, tout est net, aucune trace de ma myopie légendaire !

En revenant vers la cuisine, nous remarquons que la table est mise et qu’un petit déjeuner très sain et diététique a été préparé. Dans un coin de la pièce une caméra nous observe, puis une voix synthétique semble sortir de partout à la fois.

- Bonjour, nous ne vous voulons aucun mal, nous voulons vous étudier dans votre milieu naturel. Vous serez bien nourris, nous veillerons à ce que vous ayez une activité physique régulière et adaptée. Vous serez éduqué pour que nous puissions examiner votre activité cérébrale. Profitez de tout, relaxez-vous. S’il vous manque quelque chose, demandez-le, nous sommes à votre service.

Quelle drôle de fin d’année, les souvenirs de notre vie passée reviennent petit à petit. Faut-il abandonner tout ce que l’on a connu avant ? Etre pris en charge pendant quelques temps ne me paraissait pas une si mauvaise idée. Vivien semblait partager mon idée.

- Tu viens te baigner ?

Donald m’avait prévenue que des extra-terrestres de la planète X nous observaient. D’ailleurs, Couscous avait mis l’inspecteur La Boulette sur le coup. Un fin limier belge, spécialisé dans les OVNIS en tous genres. Mais il passait son temps au café avec Istenozot et Kijtiti, impossible pour ces trois fêtards de terminer une enquête. Ce n’était que repas arrosés au bon vin de Touraine et autre Bourgogne rouge ou blanc. Athéna du haut de l’Olympe avait demandé de l’aide à son émissaire la gentille Loriane, elle avait surveillé les nouveaux arrivants de l’Orée, mais ces derniers temps, j’avais remarqué sur des nouvelles confirmées ou pas, écrites par des individus bizarres affublés de patronymes étranges, tel Grenouille. On avait dû être espionnés. Maintenant, on se la coulait douce, peut-être nos amis allaient-ils aussi faire partie de l’Expérience ? A oui, j’avais oublié de vous dire que c’est comme cela que cela s’appelle, nous faisons partie de l’Expérience. Je vais leur suggérer de faire venir les amis, et on va se faire des petits gueuletons, il faudra apprendre à ces aliens la diététique Oréenne.




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