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Accueil >> newbb >> Jérome Tharaud [Les Forums - Histoire de la Littérature]

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Jérome Tharaud
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Le 18 mai 1874 à Saint-Junien Haute-Vienne naît Jérôme Tharaud

de son vrai nom Ernest Tharaud, écrivain français, élu à l'académie française. mort le 23 janvier 1953 à Paris..

L'oeuvre

Ces deux fils d'un notaire de campagne voyagent à travers l'Europe, participent à la guerre de 1914-1918 et suivent Lyautey au Maroc. Cette expérience vécue sera la matière de tous leurs livres. Ils commencent par publier des reportages dans les Cahiers de Péguy, des récits modestes et simples où ils prétendent seulement peindre, sans ambition d'analyse historique ou politique, pour l'agrément du lecteur, des scènes d'exotisme. Le succès leur vient en 1902 avec Dingley, l'illustre écrivain, une sorte de roman d'actualité où ils retracent la guerre des Boers. Leur héros représente Rudyard Kipling. Puis leurs livres s'organisent en deux séries : l'une sur Budapest, où Jérôme fut lecteur à l'université, et les milieux juifs de l'Europe de l'Est, l'autre sur les pays musulmans et la colonisation française. À l'ombre de la Croix 1917 et L'An prochain à Jérusalem 1924 rendent compte de cette âme israélite qui se transforme en esprit national. La Fête arabe 1912 dit avec beaucoup de justesse l'impossibilité d'un accord franco-arabe harmonieux : la fête serait le rêve de la communion, conservation de l'exotisme et progrès de la civilisation. Leurs récits contribuent ainsi à faire connaître nombre de problèmes mondiaux et sensibilisent l'opinion ; ce sont avant tout des documentaires très sobres où un léger romanesque préserve le plaisir. Ils écrivent un seul vrai roman, La Maîtresse servante 1911 ; leur talent de conteur se met cette fois au service d'une étude sociale, celle de la ruine d'une grande famille du Limousin : un homme ramène chez sa mère, dans une propriété de province, son amante, une ouvrière de Paris. Leur analyse psychologique de cette femme qui devient prisonnière d'un milieu auquel elle n'appartient pas séduit par sa mesure. Ils écrivent encore un émouvant essai sur Péguy, Notre Cher Péguy 1927 ; ce sont leurs souvenirs de longues années d'amitié.
Ils ont atteint une manière de perfection dans le genre où ils s'étaient fixés, un réalisme stylisé, pittoresque et humain, le modèle du récit de voyage ou du documentaire littéraire. Leur collaboration fut sans défaut, puisant en l'expérience de l'un ou de l'autre ; et l'on dit que, quand l'un rédigeait, faisait œuvre d'imagination, l'autre, comme un premier lecteur, corrigeait.


Sa Vie

Jérôme 1874-1953 et Jean Tharaud 1877-1952, son frère, sont nés à Saint-Junien en Haute-Vienne dans ce Limousin que toute leur vie ils chériront.
Leurs prénoms de baptême sont Ernest et Charles, et c’est Charles Péguy qui leur donnera plus tard les prénoms de Jérôme et Jean, en référence au fondateur et à l’apôtre de l’Evangile, car celui-ci les voyait chacun dans ce rôle vis-à-vis de la société idéale à laquelle il rêvait. Ernest et Charles, ou Jérôme et Jean, quittent Saint-Junien à la mort de leur père en 1880; leur mère, jeune veuve, retourne vivre chez son père, alors proviseur du lycée d’Angoulême et ami de Victor Duruy. Tous deux font leurs études à Angoulême, puis à Paris. Jérôme est élève à l'École normale supérieure. Le Limousin et Saint-Junien en particulier ont profondément marqué les deux frères.
En 1939, quand Jérôme sera élu à l’Académie française, il émettra le vœu que le clocher de la vénérable collégiale de Saint-Junien figure sur l’une des faces de la poignée de son épée d’académicien. Il faut dire que les deux frères ont mobilisé toute leur ardeur, en 1922, quand le clocher central de la collégiale de Saint-Junien s’est effondré par manque d’entretien. Un érudit local, Jean Teilliet, artiste peintre, avait fait appel à eux et à leur notoriété pour recueillir des fonds destinés à la reconstruction. L’église fut reconstruite dans les années qui suivirent et les frères Tharaud furent fiers d’avoir contribué au sauvetage de l’église où ils avaient été baptisés.
En 1901, Jean devint le secrétaire de Maurice Barrès, poste qu’il occupa jusqu’à la Première Guerre mondiale. Il signa ensuite de nombreux articles pour le Figaro, dont l'un, paru après la Seconde Guerre, porte sur la révélation des camps de concentration des tziganes en France.
Jérôme et Jean Tharaud vont pendant cinquante ans composer une œuvre à quatre mains, signant toujours de leurs deux prénoms. Le cadet se chargeait du premier jet, tandis que l’aîné, Jérôme, s'occupait de la mise au point du texte. Ils voyagent dans de nombreux pays, la Palestine, l’Iran, le Maroc, la Roumanie, et ramènent de leurs voyages la matière à reportages et à livres.
En 1919, de retour d’un voyage au Maroc, ils sont séduits par le charme de la vallée de la Rance et acquièrent le manoir des Auffenais en Le Minihic-sur-Rance. Ils y vécurent jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, période pendant laquelle cette demeure fut occupée par l’armée allemande. En conséquence et probablement pour des raisons pécuniaires, ils la vendirent en 19451. Leur œuvre, est notamment marquée par un esprit de conformisme aux valeurs du temps et par le racisme de l'époque qui n'exclut pas l'antisémitisme, le chapitre "un ghetto marocain" dans leur ouvrage de 1920 encore réédité en 1939 "Marrakech" et la célébration du colonialisme. Le 1er décembre 1938, Jérôme Tharaud est élu au 31e fauteuil de l’Académie française en remplacement de Joseph Bédier. La candidature de Jérôme Tharaud a posé aux académiciens un cas de conscience : l’écrivain, en effet, n’était que la moitié d’un couple d’auteurs et ils ne pouvaient pas élire simultanément les deux. Jean Tharaud y sera élu en 1946 et c'est Jean Cocteau qui lui succédera.

Œuvres

Les frères Tharaud en 1932
Ouvrages cosignés avec son frère Jean
Le Coltineur débile (1898)
La Lumière (1900)
Dingley, l'illustre écrivain (1902, prix Goncourt en 1906)
Les Hobereaux (1904)
L’Ami de l’ordre (1905)
Les Frères ennemis (1906)
Bar-Cochebas (1907)
Déroulède (1909)
La Maîtresse servante (1911)
La Fête arabe (1912)
La Tragédie de Ravaillac (1913)
La Mort de Déroulède (1914)
L’Ombre de la croix (1917), Plon 1920
Rabat, ou les heures marocaines (1918)
Marrakech ou les seigneurs de l’Atlas (1920)
Quand Israël est roi (1921)
L’invitation au voyage (1922)
La randonnée de Samba Diouf (1922)
La Maison des Mirabeau (1923)
Le Chemin de Damas (1923)
L’An prochain à Jérusalem (1924)
Rendez-vous espagnols (1925)
Un royaume de Dieu (1925)
Causerie sur Israël (1926)
Notre cher Péguy (1926)
La Semaine sainte à Séville (1927)
Petite histoire des Juifs (1927)
En Bretagne (1927)
Mes années chez Barrès (1928)
La Reine de Palmyre (1928)
La Chronique des frères ennemis (1929)
Fès ou les bourgeois de l’Islam (1930)
L’Empereur, le philosophe et l’évêque (1930)
L’Oiseau d’or (1931)
Paris-Saïgon dans l’azur (1932)
La Fin des Habsbourg (1933)
La Jument errante (1933)
Quand Israël n’est plus roi, Plon 1933
Versailles (1934)
Les Mille et un jours de l’Islam I : Les cavaliers d’Allah (1935)
Les Mille et un jours de l’Islam II : Les grains de la grenade (1938)
Le Passant d’Éthiopie (1936)
Cruelle Espagne (1937)
Alerte en Syrie (1937)
L’Envoyé de l’Archange (1939)
Les Mille et un jours de l’Islam III : Le rayon vert (1941)
Le Miracle de Théophile (1945)
Fumées de Paris et d’ailleurs (1946)
Vieille Perse et jeune Iran (1947)
Les Enfants perdus (1948)
Les Mille et un jours de l’Islam IV : La chaîne d'or (1950)
La Double confidence (1951)
Références à compléter
Petite histoire des Juifs (1927)
Vienne la rouge (1933)
La bataille de Scutarie d’Albanie (1913)
Le chemin de Damas
Les contes de la Vierge (1940)
Trois ouvrages sont présentés comme antisémites par Laurent Joly dans Vichy et la solution finale, Grasset 2006.

L’Ombre de la Croix, Plon 1920
Quand Israël est roi, Plon 1921
Quand Israël n’est plus roi, Plon 1933


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Posté le : 18/05/2014 21:30

Edité par Loriane sur 19-05-2014 15:07:38
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Par une aquarelle de Tchano

Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
.

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