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Simone Weil
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Le 24 août 1943, meurt, à 34 ans, Simone Adolphine Weil

à Ashford en Angleterre, philosophe française qui appartient à l'école/tradition Philosophie chrétienne, Existentialisme chrétien, Gnosticisme, Néoplatonisme, ses principaux intérêts sont : métaphysique, exploitation sociale, Littérature, Éthique et Politique, ses Œuvres principales sont "La Condition ouvrière", "Réflexions sur les causes de la liberté et de l'oppression sociale", "La Pesanteur et la Grâce", L'Enracinement, Attente de Dieu, ses écrits sont influencés par Platon, Karl Marx, Alain, Homère, Nouveau Testament, François d'Assise, elle était née à Paris le 3 février 1909
Attention, ne pas la confondre avec son homonyme homophone, Mme Simone Veil, femme politique française.
On ne séparera pas chez Simone Weil l'action et la pensée, le témoignage vécu et la doctrine vivante. Sa passion de militante de La Révolution prolétarienne à la France libre du général de Gaulle naît des exigences de sa réflexion, et sa réflexion se fait péremptoire pour nous enjoindre d'obéir sans réserve à l'exigence du réel. Au cœur du réel, il y a l'ordre divin, l'harmonie souveraine descendue jusqu'à nous, qui nous crucifie et nous sauve. Simone Weil le démontre mais surtout l'affirme. Ainsi, elle nous touche avant même de nous éclairer, et nous subjugue.
Agrégée de philosophie, elle travailla en usine, participa à la guerre d'Espagne aux côtés des républicains, découvrit la foi chrétienne sans se convertir et rejoignit les gaullistes à Londres. Elle est l'auteur d'une philosophie spiritualiste fondée sur une dialectique du renoncement aux croyances qui dépossèdent l'homme de lui-même et l'aliènent à des idéologies et des pratiques qui excluent le respect de la personne : la Pesanteur et la Grâce, 1947 ; la Connaissance surnaturelle, 1949 ; la Condition ouvrière, 1951.

Sa vie

Simone Weil est née en 1909 à Paris, dans une famille d'origine alsacienne, installée à Paris depuis plusieurs générations et juive. Sa famille habite alors au 19, boulevard de Strasbourg. Elle a trois ans de moins que son frère, le mathématicien André Weil. La famille Weil habite à Laval d'octobre 1917 à janvier 1919, où son père chirurgien-militaire avait été muté. En 1924-1925, elle suit les cours du philosophe René Le Senne au lycée Victor-Duruy, à Paris, et obtient, au mois de juin 1925, le baccalauréat de philosophie selon la dénomination en vigueur à cette époque-là. Elle a alors seize ans.
Née, dans une famille d'israélites cultivés, Simone Weil, élève d'Alain, dont elle retient le rationalisme volontaire, devient agrégée, professeur de philosophie, et déjà milite dans le mouvement anarchiste.
En octobre 1925, elle entre au lycée Henri-IV, où elle passe trois ans. Elle a pour professeur de philosophie le philosophe Alain, qui demeure son maître. Simone de Beauvoir, d'un an son aînée, qui croise son chemin en 1926 dans la cour de la Sorbonne, accompagnée d'une « bande d'anciens élèves d'Alain », avec dans la poche de sa vareuse un numéro des Libres propos et L'Humanité, témoigne de la petite notoriété dont elle bénéficiait déjà :
"Elle m'intriguait, à cause de sa réputation d'intelligence et de son accoutrement bizarre... Une grande famine venait de dévaster la Chine, et l'on m'avait raconté qu'en apprenant cette nouvelle, elle avait sangloté : ces larmes forcèrent mon respect plus encore que ses dons philosophiques."
Elle décide, en 1934 et 1935, de travailler en usine comme manœuvre sur machines à l'entreprise Alsthom, puis chez Renault. Elle s'engage, en 1936, aux côtés des républicains dans la guerre d'Espagne.

Elle professe cependant face à la montée du nazisme un pacifisme résolu, qui se mue, après l'entrée des Allemands à Prague en 1938, en appel à la lutte armée contre Hitler. L'occupation de Paris, en juin 1940, lui fait gagner Marseille, puis l'Ardèche, où elle travaille comme ouvrière agricole. Sa découverte du Christ, qui s'approfondit, a alors pour interlocuteurs à Marseille le père Perrin, à Saint-Marcel-d'Ardèche Gustave Thibon. Puis, par le Maroc et les États-Unis, où sa famille a fui la persécution, elle gagne Londres où elle travaille dans les bureaux de la France libre, et demande à rejoindre le combat de la résistance sur le sol national. Malade, elle se laisse peu à peu mourir de faim à Ashford Kent.

Cette vie, cette mort sont déjà sa doctrine, qu'on manquerait à ne chercher que dans ses écrits proprement spirituels, qui datent presque tous des années 1940-1943. Avant même d'ouvrir ses ouvrages posthumes, on peut retenir trois leçons. La première est celle de l'analyse politique. Elle a démonté les ressorts de la redoutable frénésie du nazisme, et cela dès 1932. Le nazisme n'est pas la création d'Adolf Hitler : c'est une maladie de l'âme moderne, qui a livré celle-ci au premier chef de bande. Dans l'Allemagne de 1932, Simone Weil voit la tragédie se nouer, autant par la démission des élites bourgeoises que par la division entre les partis populaires. Hitler encourage les ouvriers en grève, les communistes allemands les désavouent, Hitler enfin les mate. Qu'on accepte ou non les positions personnelles de Simone Weil, l'acuité des Écrits historiques et politiques est incomparable. La deuxième leçon concerne la condition ouvrière : « L'ignorance totale de ce à quoi on travaille est excessivement démoralisante ... On n'a pas le sentiment, non plus, du rapport entre le travail et le salaire. L'activité semble arbitrairement rétribuée. On a l'impression d'être un peu comme des gosses à qui la mère, pour les faire tenir tranquilles, donne des perles à enfiler en leur promettant des bonbons. » La troisième leçon est apportée par le témoignage de Simone Weil sur sa découverte de Dieu, notamment dans les lettres au père Perrin. Elle s'adresse au prêtre, elle fait état de sa rencontre du christianisme à travers le comportement de certains pratiquants et la liturgie catholique, puis de sa rencontre du Christ dans le seul à seul de l'expérience mystique. Mais, en même temps, elle refuse l'adhésion par le baptême à aucune Église visible. Elle désire bien plutôt voir l'Église romaine renoncer à ses anathèmes et accorder la communion eucharistique sans exiger la confession du dogme, que l'Église définit, pense-t-elle, par des mots et des notions, en termes purement intellectuels. Elle demeure donc « sur le seuil » et, cependant, elle s'est avancée bien au-delà, car elle a foi en la présence du Christ en l'hostie. La profondeur et la beauté de sa conception du surnaturel, la sincérité de son cri rendent émouvant son appétit d'absolu, toujours inapaisé. Mais le témoignage ici est aussi un enseignement. Cette sagesse qu'elle dit recevoir comme un don, et, dans la plus totale désappropriation, elle entend nous l'apprendre.

[size=SIZE]Les chemins de la sagesse
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La clé de la méthode, c'est l'attention, qui, si elle se rend pure, est comme un holocauste de la conscience : le moi s'oublie, apparaît alors la réalité. C'est toujours l'attention qui la trouve, que ce soit à travers la beauté, la souffrance, l'amour. Et elle la trouve en découvrant la relation entre l'humain et le divin, qui s'appelle l' analogie. Au sens fort, le Logos unique fait la vie de Dieu et la consistance de l'Univers : il est l'Âme de l'Univers et l'Univers est son Œuvre. L'amitié est une égalité faite d'harmonie, redit-elle après Philolaos. Cette harmonie invisible, fin et loi de construction de toutes choses, est en même temps une personne. La médiation est le Médiateur, et s'appelle le Christ. Simone Weil ne voit rien qui sépare le christianisme authentique et la source grecque, saint Jean et Héraclite. Elle déchiffre toujours le Nouveau Testament dans le texte grec et récuse le Dieu de crainte selon la loi juive, comme aussi le Dieu des Églises ivres de puissance sur les corps et sur les esprits.
C'est dire la place véritablement focale de l'analogie, qui la guide jusqu'en mathématiques. Car la théorie des proportions symbolise l'ordre universel, l'ordre divin. La proportion transparaît visiblement dans la beauté du monde, qui est « la coopération de la Sagesse divine à la création ». La beauté naturelle, signe actif de la présence divine, est quelque chose comme un sacrement.
La voie positive de la Beauté demande une âme pure. Mais l'âme se replie sur le moi dont elle fait son dieu, et devient aveugle. Elle est encombrée de sa « pesanteur », encombrée de soi et de son néant. Elle ne peut guère en être libérée que par le malheur. Certes, la pensée spontanément fuit le malheur aussi irrésistiblement qu'un animal fuit la mort . C'est pourquoi persévérer dans l'amour alors qu'on souffre le malheur, c'est laisser Dieu « descendre » en nous : Chaque fois que nous subissons une douleur ..., c'est l'univers, l'ordre du monde, la beauté du monde, l'obéissance de la création à Dieu qui nous entrent dans le corps Attente de Dieu.
L'attention découvre l'analogie. L'analogie, qui est mentale, exprime l'ordre, qui est réel. L'Enracinement montre comment cette réalité essentielle qu'est l'ordre relie au surnaturel les tâches humaines de la politique et de la culture. L'ordonnance divine prescrit à la matière la pesanteur, qui est sa loi ; elle s'exprime entre les hommes par leurs véritables besoins, et l'ordre politique est le besoin primordial. Seule la connaissance surnaturelle peut nous détourner de l'illusion – car les racines de l'homme sont divines –, nous ouvrir au réel et nous apprendre nos vrais besoins. L'Enracinement, dont la critique de la pseudo-démocratie et de la pseudo-culture semble anticiper des contestations plus récentes, établit pour l'après-guerre un programme de réforme politique et morale appuyé sur cette perception des vrais besoins de l'homme.
Plus souvent, comme dans les trois tomes des Cahiers, Simone Weil développe librement sa doctrine spirituelle, d'autant plus librement que ses notes n'étaient pas destinées telles quelles à la publication. Ce sont maintes observations cruelles et pénétrantes, car elle nous demande sans attendrissement de détruire en nous tout ce qui n'est pas le désir de Dieu. Nous sacrifier n'est pas suffisant, nous devons nous « décréer ». Cette cruauté presque inhumaine s'éclaire par contraste aux rares moments d'abandon et de pure joie. Ce n'est plus elle alors qui veut parler, mais une présence plus forte. Le Dieu de Simone Weil ne s'enferme pas dans un concept et ne se démontre pas. Il est Père, Fils, Esprit, mais, en même temps, il est impersonnel comme la nécessité dans la Nature. Le Fils, ou Verbe, s'il s'est singulièrement incarné en Jésus, s'est « peut-être » rendu présent aussi dans le culte d'Osiris ou les rites sacrificiels de l'Inde. Et l'Esprit souffle où il veut.
Ce dernier point, du moins, les Églises visibles l'admettent, lorsqu'elles proclament que les enveloppe et, en un sens, les déborde l'Église invisible des saints. L'assurance prophétique de Simone Weil fait cependant difficulté non pas au théologien seulement, mais au philosophe. Si elle parle de Dieu, selon l'expérience et la raison, elle ne peut parler pour Lui ; la raison et l'expérience conduisent à une idée de Dieu qui n'est pas parole de Dieu. Mais, si la « connaissance surnaturelle » déborde l'expérience sensible et la raison, tout le poids de l'affirmation repose sur une expérience ou connaissance mystique dont la raison ne peut vérifier l'aloi. De fait, beaucoup de philosophes se refusent à entrer dans les convictions de Simone Weil, et beaucoup de croyants hésitent à y reconnaître le Dieu de leur foi.
Simone Weil refuse ces distinctions : elle ne peut séparer ce qu'elle pense et ce qu'elle croit, car elle croit au Logos universel qui la fait penser et vivre et meut tout l'Univers. Et, ce qu'elle pense, c'est Lui encore. Ainsi doit-on parler non pas d'une religion de Simone Weil, mais d'une sagesse qui absorbe l'engagement personnel dans un acquiescement philosophique. Elle entend que son témoignage non point plaide pour sa doctrine, mais soit interprété selon sa doctrine. Notre raison ne peut s'y trouver comblée que si elle consent d'abord à s'être humiliée. Si nous n'y parvenons pas, nous garderons du moins le bénéfice d'une des enquêtes sur l'homme les plus fortes et les plus aiguës qu'on ait jamais menées, depuis Pascal et Nietzsche.

Une pensée en action

La célébration du centenaire de la naissance de Simone Weil a donné lieu à une profusion de publications consacrées à sa vie et à son œuvre. Une œuvre intégralement posthume, à l'exception de quelques articles publiés de son vivant dans des journaux et des revues. De sa vie courte – trente-quatre années – mais si intense, dont son amie Simone Pétrement fut la première à rendre compte, que retenir ?
Avec Sylvie Weil Chez les Weil : André et Simone, nièce de la philosophe, nous pénétrons dans l'intimité de la famille Weil tout entière. S'intéressant à vrai dire davantage à l'aîné de la géniale fratrie, André Weil, le célèbre mathématicien cofondateur du groupe Bourbaki, qu'à cette tante plutôt « encombrante » qui mourut quelques mois seulement après sa naissance, l'auteur rétablit quelques vérités biographiques jusque-là méconnues concernant la branche maternelle de la famille et ses ascendances juives, du côté de la Galicie. Des racines que paradoxalement la philosophe, née dans une famille bourgeoise très assimilée, n'ayant reçu aucune éducation religieuse et rattrapée par le régime de Vichy, rejeta avec véhémence, elle qui avait pourtant diagnostiqué que l'Europe souffrait précisément de la maladie du déracinement.
La biographie de Laure Adler L'Insoumise, Simone Weil, qui choisit délibérément d'aborder cette vie sous l'angle de sa fin tragique pour remonter ensuite à rebours le cours du temps – tuberculeuse, Simone Weil se laissa en effet mourir en refusant de s'alimenter dans un sanatorium d'Angleterre où elle était parvenue à se faire rapatrier de son exil à New York en 1943 dans les services de la Résistance –, place la philosophe sous le signe de l' insoumission. Dès l'adolescence, en effet, son mépris des conventions propres à son milieu d'origine, la bourgeoisie cultivée, son dédain des apparences, ses convictions aussi indisposent. On la surnomme la Martienne, monstrum horrendum, la Vierge rouge, et pour son frère elle est tout simplement un champignon sur l'humus. Lors de sa brève carrière de professeur octobre 1931-décembre 1934), ses rapports avec sa hiérarchie sont houleux, en raison de la sympathie qu'elle montre pour les ouvriers – se nourrissant à peine, ne se chauffant pas, dormant à même le sol, elle verse la moitié de son salaire à la caisse des chômeurs, apprend à faire une soudure, descend dans la mine – et des engagements syndicaux qu'elle affiche ouvertement : on la verra ainsi en tête des manifestations de mineurs au chômage, arborant le drapeau rouge, parlant au public contre le fascisme à la Bourse du Travail où elle dispense des cours du soir. Elle publiera des articles dans La Révolution prolétarienne.
Christiane Rancé, Simone Weil. Le Courage de l'impossible met quant à elle en évidence le courage de celle qui désira toujours se porter aux avant-postes : ainsi de son expérience dans la colonne de miliciens espagnols qu'elle rejoignit au bord de l'Èbre en août 1936, et qui fut rapidement interrompue par un malencontreux accident – très myope, Simone Weil mit malencontreusement le pied dans une bassine d'huile bouillante –, de son projet d'infirmières de première ligne dispensant les premiers soins aux blessés et les réconfortant qu'elle élabora en 1941, ou encore de ses activités de résistante lors de son exode à Marseille où elle distribua le trois premiers numéros de Témoignage chrétien. Courage de celle qui, trop bien née, se confronta au monde réel en endurant dans sa propre chair la souffrance des ouvriers dans les trois usines successives où elle se fit embaucher, vérifiant sur le terrain un certain nombre d'idées théoriques exposées dans ce qu'elle nomme son premier grand œuvre, ou encore son Testament, ses Réflexions sur les causes de la liberté et de l'oppression sociale qu'elle achève le 4 décembre 1934, quelques jours avant son entrée en usine. Une expérience de huit mois au terme desquels, ayant partagé l'aliénation, l'esclavage, l'exil de la pensée auxquels l'inhumanité du travail parcellaire, la cadence, la crainte des ordres, l'organisation bureaucratique confrontent les ouvriers, elle ressort « l'âme et le cœur en morceaux », mais néanmoins « moralement endurcie .
"On est ce qu'on vit" écrivit un jour Hannah Arendt. Nulle n'illustra ce propos mieux que Simone Weil, dont la vie et l'œuvre, étroitement imbriquées, sont traversées par la notion de valeur, une notion qui est au centre de la philosophie, comme le montre de façon argumentée l'ouvrage de Julien Mollard (Les Valeurs chez Simone Weil). Valeurs cardinales du Beau – incarnation de Dieu dans le monde – et du Bien, du Vrai – j'aimais mieux mourir que vivre sans la vérité –, de la Justice, érigée en valeur suprême de l'action. Cette agrégée de philosophie avait aussi compris que ceux qui n'ont pas accès à la culture sont privés de mots pour dire leur condition. Elle dispense ainsi bénévolement des cours aux cheminots dans un Groupe d'éducation sociale et épouse la cause de tous les déshérités de la terre : ouvriers, paysans, chômeurs, peuples colonisés. Nombreux seront ceux qui, à la suite de Raymond Aron, verront en elle une sainte, épithète qu'elle récusera. Simone Weil met également en avant la valeur spirituelle du Travail que, contrairement aux Grecs – les Grecs connaissaient l'art, le sport, mais non pas le travail – ou à la source chrétienne – Tu travailleras à la sueur de ton front –, elle sanctifie. Le travail en effet révèle la dignité de l'homme dès lors qu'ont été mises en place ses conditions de possibilité non serviles et que le monde de la production a été réorganisé en sorte que les ouvriers s'y sentent chez eux et non plus des étrangers .
C'est précisément à cette tâche que s'attela la philosophe dans son second grand œuvre, rédigé en 1943 à Londres, et que la mort l'empêcha d'achever, L'Enracinement. Prélude à une déclaration des devoirs envers l'être humain, dont nombre de propositions demeurent d'actualité, lorsqu'elles ne sont pas déjà passées dans les mœurs.
Pour Simone Weil, en effet, il importe de souligner que le besoin le plus important et le plus méconnu reste celui d'enracinement dans divers milieux naturels – une patrie, une langue, une culture, un passé historique commun, une profession, un lieu. Le travail, l'affrontement à la nécessité, la domination de la matière par la volonté humaine faisant partie intégrante de l'essence de l'homme, la prédiction de Marx concernant l'abolition du travail humain qui devrait accompagner la réalisation du communisme ne saurait se réaliser. L'idée que la technique moderne se développe suffisamment pour assurer assez de bien-être à l'individu apparaît tout aussi utopique à Simone Weil, d'autant que, dans son optique, une société de loisirs laisserait libre cours à l'unique passion des hommes : la domination. Édifier une civilisation orientée vers la dignité de l'homme dans le travail, ce qui est une valeur spirituelle, autrement dit imaginer les conditions de possibilité d'un travail non servile d'où la pensée ne serait pas exclue, telle est la tâche à laquelle s'attelle Simone Weil. Abolir ces bagnes que sont les grandes usines, grâce au travail à domicile, voire dans de petits ateliers répartis à travers la campagne et organisés sur le mode coopératif ; accéder à la propriété – de son habitat, de son lopin de terre, voire de ses machines –, laquelle retournerait, à la mort de l'ouvrier, à l'État ; favoriser l'initiative et la participation à l'entreprise ; assurer une formation en alternance, une université ouvrière se trouvant à proximité de chaque atelier de montage ; réduire la fracture entre la masse et l'élite cultivée, non pas en vulgarisant les connaissances mais en l'adaptant à la sensibilité ouvrière : voici quelques-unes des mesures qu'elle préconise, même si elle ne se fait aucune illusion sur les chances de réalisation de sa nouvelle conception sociale, ce « dépôt d'or pur » dont elle se sait détentrice.
Enfin, il faut souligner l'importance de l'attention, un concept central dans l'œuvre de celle qui, en dépit de ses propres dons, éprouva à l'adolescence un profond sentiment d'infériorité par rapport à son génial frère, au point de vouloir en mourir. Elle se ressaisit néanmoins après avoir découvert que tout individu, si médiocres que soient ses capacités naturelles, peut néanmoins parvenir au royaume transcendant de la vérité à force d'attention, véritable moteur du progrès.ghhhh
Ne prendre en compte que cet aspect-là du réel serait toutefois réduire la pensée de Simone Weil. Car 'attention absolument sans mélange est prière , comme le montrent respectivement les essais de Robert Chenavier Simone Weil. L'attention au réel, Sylvie Courtine-Denamy Simone Weil. La quête des racines célestes et Martin Steffens Prier 15 jours avec Simone Weil. Entre 1935 et 1938, au sortir de l'expérience d'usine, la philosophe, élevée dans une famille juive agnostique et qui n'avait en outre jamais lu de mystiques, rencontra en effet le christianisme, cette « religion des esclaves » à l'occasion de trois contacts réels, de personne à personne La révolution en laquelle elle croit sera désormais toute spirituelle, le salut ne pouvant venir des hommes politiques sourds à la souffrance des « malheureux ». Toutefois, l'Église catholique ne faisant droit ni à la révélation égyptienne, ni aux Grecs, ni au taoïsme et à l'hindouisme – n'était pas assez « universelle » pour Simone Weil qui condamnait en outre la filiation entre le Nouveau Testament et l'Ancien, un tissu d'horreurs à ses yeux. Elle ne se convertit pas mais demeura sur le seuil de l'Église – à la fois dedans et dehors –, en attente, appelant de ses vœux une élite spirituelle animée de l'« esprit de pauvreté », susceptible d'insuffler l'inspiration chrétienne d'où pourrait jaillir une civilisation nouvelle.

Les systèmes totalitaires dont le XXe siècle a fait la terrible expérience et auxquels tant d'âmes en désarroi ont donné massivement leur adhésion, ne sauraient en effet prétendre au titre de « religions », pas même politiques, ou séculières. Se détacher de cette fausse réalité réalité ersatz qu'est celle du monde extérieur, car il ne s'agit en fait que de la réalité de notre moi que nous transposons dans les choses, se décentrer pour accéder à l'éternel, à la « réalité étrangère à ce monde en faisant taire en nous tous les mobiles et réactions pour émettre la totalité de l'énergie vers Dieu , tel est dès lors l'objectif de la philosophe. Atteindre à l indifférence au sens élevé, détruire en nous l'instinct vital, consentir à sa propre mort, en un mot se dé-créer afin de parachever la création de Dieu qui a lui-même abdiqué sa Toute-puissance, qui s'est vidé et dont la présence ne se manifeste plus que sur le mode de l'absence afin que nous puissions être : c'est cela être à l'image de Dieu . Devenir en vide égaux à Dieu – le vide est la plénitude suprême – équivaut pour Simone Weil, qui reprend ici l'image platonicienne du Timée comparant l'homme à un plante dont la racine plonge dans le ciel, à « couper les racines que nous créons selon notre mesure . Car les racines se nourrissent non pas des profondeurs de la terre mais aspirent leur sève dans l'ordre surnaturel : Seule la lumière qui tombe continuellement du ciel fournit à un arbre l'énergie qui enfonce profondément dans la terre les puissantes racines.

Deux recueils d'articles viennent compléter cet hommage à la philosophe. Le premier, aboutissement d'un colloque qui s'est tenu à l'Université fédérale de Rio de Janeiro en 1993, rassemble des contributions d'universitaires européens et latino-américains, et confirme dès son titre – Action et contemplation – que théorie et pratique représentent chez Simone Weil les deux aspects inséparables d'une même démarche. Le second (Sagesse et grâce violente) rassemble des articles qui prennent en considération les différents aspects de la pensée weilienne et présente une lettre inédite de la philosophe adressée à un jeune étudiant anglais, Charles Bell, rencontré lors de la Semaine sainte à l'abbaye de Solesmes en 1938, et concernant l'interprétation du Roi Lear.

Fin de vie

Juive, lucide sur ce qui se passe en Europe, elle est sans illusion sur ce qui les menace, elle et sa famille, dès le début de la guerre. Lorsque Paris est déclarée ville ouverte, le 13 juin 1940, sa famille et elle se réfugient à Marseille. C'est à cette époque qu'elle commence la rédaction de ses Cahiers. Les études qu'elle rédige sur la Grèce, sur la philosophie grecque, en particulier sur Platon, sont rassemblées après la guerre dans deux volumes : La Source grecque et les Intuitions pré-chrétiennes. Elle travaille également sur la physique contemporaine, et écrit sur la théorie des quanta. Elle entre en contact avec les Cahiers du Sud, la revue littéraire la plus importante de la France libre, et y collabore sous le pseudonyme d'Émile Novis, anagramme de Simone Veil. Elle participe à la Résistance en distribuant les Cahiers du Témoignage Chrétien, réseau de résistance organisé par les jésuites de Lyon. Au cours de l'été 1941, elle rencontre le philosophe et agriculteur Gustave Thibon qui propose de l'accueillir en Ardèche ; elle est embauchée comme ouvrière agricole et mène une vie volontairement privée de tout confort.
En 1942, elle emmène ses parents en sécurité aux États-Unis, mais, refusant le statut de citoyenne américaine qu’elle ressent comme trop confortable en ces temps de tempêtes, elle fait tout pour se rendre en Grande-Bretagne et travaille comme rédactrice dans les services de la France libre. Son intransigeance dérange. Elle démissionne de l'organisation du général de Gaulle en juillet 1943.
Soucieuse de partager les conditions de vie de la France occupée, malgré sa santé de plus en plus défaillante, elle souhaitait rejoindre les réseaux de résistance sur le territoire français ; elle est déçue par le refus de l'entourage de de Gaulle (Schumann, Cavaillès, André Philip) de la laisser rejoindre ces réseaux de la résistance intérieure. Elle y risquait en effet d'être rapidement capturée par la police française, identifiée comme juive et déportée. Atteinte de tuberculose, elle meurt au sanatorium d'Ashford, le 24 août 1943, à l'âge de 34 ans.
Selon le médecin légiste, la mort de Simone Weil serait en fait un suicide ; celle-ci se serait volontairement privée de nourriture, ce qui aurait accéléré sa mort. De ce constat du légiste qui l'a examinée s'est ensuivie une série de spéculations concernant les causes psychologiques ayant pu entraîner ce jeûne. Une hypothèse communément répandue à ce sujet est que Simone Weil souhaitait faire preuve de solidarité envers ses concitoyens en refusant de se nourrir plus que ce que permettaient alors les tickets de rationnement. Selon sa principale biographe, Simone Pétrement, des lettres du personnel du sanatorium dans lequel elle se trouvait lors de sa mort prouvent pourtant qu'elle a essayé à diverses reprises de manger durant son hospitalisation ; selon elle, le jeûne aurait en fait simplement été une conséquence de la détérioration de son état de santé8.

Tous les livres ayant paru sous son nom ont été publiés après sa mort, à l'exception des Réflexions sur les causes de la liberté et de l'oppression sociale.

Hommages

Simone Weil est mentionnée sur le socle de l'installation de l'artiste féministe Judy Chicago The Dinner Party.
Plusieurs établissements scolaires portent son nom : un lycée général situé à Saint-Priest-en-Jarez et desservi par l'arrêt homonyme de la ligne T1 du tramway de Saint-Étienne, un lycée général et technologique au Puy-en-Velay ainsi qu'un lycée polyvalent à Dijon. Une résidence universitaire située à Boulogne-Billancourt porte son nom.

Œuvres de Simone Weil

Un recueil édité par Albert Camus.
1932-1942 Sur la science, Paris, Gallimard, 1966. Lire en ligne, université du Québec
1933 Réflexions sur la guerre, revue La Critique sociale, no. 10, Novembre 1933
1933-1934 Leçons de philosophie (lycée de Roanne 1933-1934), transcrites et présentées par Anne Reynaud-Guérithault, 1re éd. Paris, Plon, 1959 ; puis Paris UGE, coll. « 10/18 », 1970. Réédition en 1989 Lire en ligne, Les Classiques des sciences sociales.
1934 Un soulèvement prolétarien à Florence au xive siècle, revue La Critique sociale, no. 11, Mars 1934, sur la révolte des Ciompi
1933-1934 Carnet de bord ("en réalité le premier des Cahiers de Simone Weil, et le seul qui soit antérieur à la guerre, il contient essentiellement des esquisses préparatoires aux Réflexions..."). 1ère éd. Œuvres complètes, t. VI, Gallimard, 1994
1933-1943 Oppression et liberté Paris, Gallimard, coll. "Espoir", 1955, 275 p. Regroupe "Perspectives" (1933), "Réflexions sur les causes de la liberté et de l'oppression sociale" (1934), "Y a-t-il une doctrine marxiste ?" (1943), etc.
1934 Réflexions sur les causes de la liberté et de l'oppression sociale, revue "La révolution prolétarienne" ; Œuvres complètes,Premier livre ou grand article de S. W.
1936-1942 La Source grecque, 1re éd. Paris, Gallimard, coll. "Espoir", 1953. Extraits dus à M. et Mme Weil, ses parents.
1937 La Condition ouvrière ; 1re éd. avec avant-propos d'Albertine Thévenon, Paris, Gallimard, 1951, coll. « Espoir », 276 p. ; rééd. Gallimard, coll. « Folio », 2002, 528 p. en ligne, université du Québec. Deuxième livre (ou grand article) de S. W.
1939 L'Iliade ou le poème de la force sous le pseudonyme Émile Novis, revue "Les Cahiers du Sud", Marseille, déc. 1940-janv. 1941. Troisième livre de S. W.
1940 Note sur la suppression générale des partis politiques, 1re éd. 1950 ; Paris, Climats, 2006.
1940-1942 Cahiers. I (dès oct. 1940, à Marseille), 1re éd. (par Simone Pétrement) Paris, Plon, coll.L'Épi, 1951 ; nouvelle éd. revue et augmentée, Gallimard, 1970.
1940-1942 Cahiers. II, 1re éd. Paris, Plon, 1953, coll. « L'Épi » ; nouvelle éd. revue et augmentée, 1972.
1940-1942 La Pesanteur et la Grâce (extraits des 11 Cahiers écrits à Marseille entre oct. 1940 et avril 1942, confiés à Gustave Thibon en avril 1942), préface de Gustave Thibon, Paris, Plon, 1947, 208 p. Premiers extraits, dus à Gustave Thibon.
1940-1943 Pensées sans ordre concernant l'amour de Dieu, Paris, Gallimard, 1962.
1941-1942 Intuitions pré-chrétiennes, Paris, La Colombe, 1951, Éd. du Vieux-Colombier. Extraits, dus au Père Perrin.
1942 Lettre à un religieux, Paris, Gallimard, coll. « Espoir », 1951 ; nouvelle éd. Paris, Seuil, coll. « Livre de Vie », 1974.
1942 Attente de Dieu (lettres de janv. à mai 1942 au Père J.-M. Perrin), introduction de Joseph-Marie Perrin, O. P., 1ère éd. Paris, La Colombe, Éd. du Vieux Colombier, 1950, 344 p. ; rééd. Paris, Fayard, 1966. Extraits dus au Père Perrin Lire en ligne, université du Québec
1942-1943 La connaissance surnaturelle, 1re éd. (par Albert Camus) Paris Gallimard coll. "Espoir", 1950, 337 p. ; rééd. Oeuvres complètes, t. VI, vol. 4, 2006, 656 p. : Cahiers, juillet 1942-juillet 1943, La connaissance surnaturelle (Cahiers de New York et de Londres)
1943 « L'agonie d'une civilisation vue à travers un poème épique » et « En quoi consiste l'inspiration occitanienne » dans le numéro spécial des Cahiers du Sud consacré au Génie d'Oc et au monde méditerranéen sous le pseudonyme Émile Novis
1943 L'Enracinement, Prélude à une déclaration des devoirs envers l'être humain, 1ère éd. (due à Albert Camus Paris, Gallimard, coll. Espoir, 1949, 381 p. ; rééd. Gallimard, coll. "Folio essais", 1990, 384 p. Lire en ligne, université du Québec Cet ouvrage a été traduit en arabe par le traducteur syrien Mohamed Ali Abdel Jalil et publié à Beyrouth, Liban.
1940 Venise sauvée, 1re éd. Gallimard, coll. Espoir, 1955.
1940-1942 Cahiers. III, 1re éd. Paris, Plon, 1956, coll. « L'Épi » ; nouvelle éd. revue et augmentée, 1974.
1943 Écrits de Londres et dernières lettres, Paris, Gallimard, 1957, coll. « Espoir », 416 p.
Écrits historiques et politiques, Lire en ligne, université du Québec, Paris, Gallimard, coll. « Espoir », 1960.

Éditions

Œuvres complètes, sous la dir. d'André A. Devaux et Florence de Lussy, Paris, Gallimard, 1988 - ... . Sur les 17 volumes prévus, 10 sont parus.
t. I : Premiers écrits philosophiques, 1988, 456 p.
t. II, vol. 1 : Écrits historiques et politiques : L'engagement syndical (1927-juillet 1934), 424 p.
t. II, vol. 2 : Écrits historiques et politiques : L'expérience ouvrière et l'adieu à la révolution (juillet 1934 - juin 1937), 1991, 648 p.
t. II, vol. 3 : Écrits historiques et politiques : Vers la guerre (1937-1940), 1989, 352 p.
t. IV, vol. 1 : Écrits de Marseille (1940-1942) : Philosophie, science, religion, questions politiques et sociales, 2008, 608 p.
t. IV, vol. 2 : Écrits de Marseille (1941-1942) : Grèce - Inde - Occitanie,
t. VI, vol. 1 : Cahiers (1933-septembre 1941), 1994, 576 p. Pré-Cahier de 1933-1934 concernant les Réflexions sur l'oppression et la liberté.
t. VI, vol. 2 : Cahiers (septembre 1941-février 1942), 744 p.
t. VI, vol. 3 : Cahiers (février 1942-juin 1942). La porte du transcendant, 2002, 688 p.
t. VI, vol. 4 : Cahiers (juillet 1942-juillet 1943) : La connaissance surnaturelle, Cahiers de New York et Londres, 2006, 656 p.
Œuvres, Gallimard, collection Quarto, 1999, 1288 p.

Études sur Simone Weil

Cahiers Simone Weil, revue trimestrielle publiée par l'Association pour l'étude de la pensée de Simone Weil9.
Nadia Taibi, La philosophie au travail. L'expérience ouvrière de Simone Weil, L'Harmattan, 2009.
Sylvie Weil, Chez les Weil, Buchet-Chastel, Paris, 2009.
Christiane Rancé, Simone Weil. Le Courage de l'Impossible, Paris, Le Seuil, 2009.
Martin Steffens, Prier 15 jours avec Simone Weil, Nouvelle cité, 2009.
Stéphane Barsacq, Simone Weil, Le ravissement de la raison, Le Seuil, 2009.
Louisette Badie, Hélène Serre, Simone Weil, philosophe de l'absolu, Éditions Nouvelle Acropole, 2009.
Robert Chenavier, Pascal David, André A. Devaux et Emmanuel Gabellieri, Simone Weil, Paris, Éditions du Cerf, 2009.
Florence de Lussy (dir.), Simone Weil : sagesse et grâce violente, Montrouge, Bayard, 2009.
Dominique Carliez, Pensez la politique avec Simone Weil, Éditions de l'Atelier, 2009.
Robert Chenavier, Simone Weil. L'attention au réel, Paris, Éditions Michalon, coll. Le bien commun, 2009.
Jean-Marc Ghitti, Présence au Puy de Simone Weil, PPP Présence philosophique au Puy, 2009.
Pascal David, Simone Weil, vivre pour la vérité, in Esprit & Vie, Paris, Éditions du Cerf, n° 195, juin 2008.
Laure Adler, L'insoumise, Simone Weil, Actes Sud, 2008.
Martin Steffens, Simone Weil : Les Besoins de l'âme, reprise de l'intégralité du premier chapitre de L'Enracinement, accompagnée d'un dossier établi par Martin Steffens, Paris, Gallimard, coll. Folio plus philosophie, 2007.
François L'Yvonnet (dir.), Simone Weil, le grand passage, Paris, Albin Michel, 2006.
Emmanuel Gabellieri, Être et don. Simone Weil et la philosophie, Louvain-Paris, Éditions Peeters, 2003.
Robert Chenavier, Simone Weil. Une philosophie du travail, coll. La nuit surveillée, Paris, Éditions du Cerf, 2001.
François L'Yvonnet, Simone Weil, Porfolio, ADPF, Ministère des Affaires étrangères, Paris, 2000.
Philippe de Saint Robert, La Vision tragique de Simone Weil, Paris, Éditions François-Xavier de Guibert, 1999.
Charles Jacquier (sous la direction de), Simone Weil, l’expérience de la vie et le travail de la pensée, Arles, Éditions Sulliver, 1998, extraits en ligne.
Miklos Vetö, La Métaphysique religieuse de Simone Weil, Paris, L'Harmattan, 1997.
Jean-Marie Muller, Simone Weil : l'exigence de non-violence, Desclée de Brouwer, 1995.
Simone Pétrement, La Vie de Simone Weil, Paris, Fayard, 1973, seconde édition 1997.
Bertrand Saint-Sernin, L'action politique selon Simone Weil, Paris, Le Cerf, 1988.
Gaston Kempfner, La philosophie mystique de Simone Weil, Éditions La Colombe, 1960.
Marie-Magdeleine Davy, Simone Weil, Paris, Éditions universitaires, 1956.
(de) Karl Epting, Der geistliche Weg der Simone Weil, Friedrich Vorwerk Verlag Stuttgart, 1955.
Marie-Magdeleine Davy, Introduction au message de Simone Weil, Paris, Éditions universitaires, 1954.
Valérie Gérard (dir.), Simone Weil, lectures politiques, Paris, Éditions rue d'Ulm, 2011.
Emmanuel Gabellieri et François L'Yvonnet (dir.), Cahier Simone Weil, Paris, L'Herne, 2014.

Liens

http://youtu.be/jtR4A3TsZos Le ravissement de la raison
http://youtu.be/pckzQHnopM0 Des idées des hommes des oeuvres
http://youtu.be/z3b_Tt9U2oQ La femme révoltée
http://youtu.be/Ez4s5sUoEyU Simone Weil


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Posté le : 23/08/2014 14:38

Edité par Loriane sur 24-08-2014 16:59:37
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Par une aquarelle de Tchano

Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
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