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Marcel Pagnol
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Le 28 février 1895 naît Marcel Pagnol

à Aubagne Bouches-du-Rhône, écrivain, dramaturge, cinéaste et producteur français, mort à Paris le 18 avril 1974 à 79 ans.
Membre de l'Académie française. Auteur de langue français. Ses Œuvres principales sont Marius, Jean de Florette, Manon des sources, La Gloire de mon père, Le Château de ma mère
Il devient célèbre avec Marius, pièce représentée au théâtre en mars 1929. Il fonde à Marseille en 1934 sa propre société de production et ses studios de cinéma, et réalise de nombreux films avec les grands acteurs de la période en particulier Raimu, Fernandel et Pierre Fresnay : Angèle 1934, Regain 1937, La Femme du boulanger 1938…
En 1946, il est élu à l'Académie française. Après 1956, il s'éloigne du cinéma et du théâtre, et entreprend la rédaction de ses Souvenirs d'enfance avec notamment La Gloire de mon père et Le Château de ma mère. Il publie enfin, en 1962, L'Eau des collines, roman en deux tomes : Jean de Florette et Manon des Sources, inspiré de son film Manon des sources, réalisé dix ans auparavant et interprété par son épouse Jacqueline Pagnol.

En bref

Représentant un cas tout à fait particulier dans le panorama littéraire du XXe siècle, Marcel Pagnol est d'abord le prototype de l'auteur dramatique moderne, auquel le cinématographe a donné un nouveau moyen d'expression : ses œuvres ont ainsi connu un retentissement très vaste et très rapide, que le seul exercice du théâtre ne lui aurait pas offert. Il fait ensuite partie de ces artistes dont le sens aigu des affaires leur a permis de se libérer de la tutelle des industriels et des financiers. Devenu très vite son propre producteur de films, et, beaucoup plus tard, son propre éditeur, Marcel Pagnol a pu réaliser une œuvre cinématographique personnelle en toute liberté.
Cet aspect de son personnage l'a souvent desservi. Propriétaire de studios de prises de vues à Marseille, puis d'une maison d'édition à Monaco, Marcel Pagnol s'est vu dédaigné par une critique chagrine qui n'admet pas qu'un artiste puisse s'intéresser au destin économique de son œuvre, et pour qui l'homme d'affaires oblitère fatalement le poète.
Les années 1960 devaient pourtant faire apparaître, dans le domaine du cinéma tout au moins, Marcel Pagnol comme un novateur : nombreux sont aujourd'hui les cinéastes qui participent à la production de leurs œuvres, quand ils ne l'assurent pas entièrement. Mais ne nous y trompons pas : quelles que soient les raisons de sa réussite sociale, Marcel Pagnol reste, avant tout, un écrivain et un auteur dramatique de premier plan.
De Marseille à Paris. Il est né, le 28 février 1895, à Aubagne, où son père était instituteur public. Mais c'est à Marseille qu'il passe son enfance et qu'il commence des études de lettres. La famille a cependant gardé des attaches dans la région d'Aubagne, et il passe toutes ses vacances dans les collines qui dominent le hameau de La Treille. Il a conservé, de ce temps et de ces lieux, un souvenir ébloui, qu'il fixera plus tard dans plusieurs volumes, et aussi un attachement profond pour les paysages et les gens de Provence.
Les études de Marcel Pagnol s'achèvent à Montpellier avec une licence d'anglais. Il enseigne pendant quelques années, au cours desquelles il traduit Les Bucoliques de Virgile, et Hamlet. Au même moment, il écrit son premier roman, Pirouettes, qui ne paraîtra que quelques années plus tard. Ce petit livre, dont l'action se situe à Marseille, dans le quartier de la Plaine, et qui met en scène un personnage singulier, haut en couleur, manifeste un talent déjà sûr, plein de malice et de tendresse.
L'année 1924 voit à la fois les premières tentatives de Marcel Pagnol comme auteur dramatique et ses débuts dans la vie parisienne. Ses deux premières pièces représentées, Les Marchands de gloire (1925) et Jazz (1926), reflètent une certaine mode « mélo » et ne laissent pas prévoir la prochaine éclosion d'un nouveau talent. Deux ans plus tard, Topaze connaît un véritable triomphe, bientôt dépassé par celui de Marius (1929). Dès lors, le succès de Marcel Pagnol ne se démentira jamais.
En 1931, Fanny donne une suite à Marius. Mais le jeune auteur dramatique s'intéresse au cinéma. Il y fait ses débuts avec les adaptations de ses pièces en collaboration avec des réalisateurs professionnels. Après Marius (1931, Alexandre Korda) et Fanny (1933, Marc Allégret), il achève la trilogie par une œuvre directement écrite pour l'écran : César (1936), et il continue. Admirateur et ami de Jean Giono, il tourne Angèle (1934, d'après Un de Baumugnes) et Regain (1937). Puis, sur des scénarios de sa façon, La Femme du boulanger (1938) et La Fille du puisatier (1940).
Élu à l'Académie française en 1946, il tourne encore quelques films d'un intérêt moins soutenu, comme La Belle Meunière (1948), Manon des sources (1952) ou Les Lettres de mon moulin (1954, d'après Alphonse Daudet).
Pendant les vingt dernières années de sa vie, il revient à la plume, avec deux pièces de théâtre : Judas (1955) et Fabien (1956), et plusieurs volumes de souvenirs d'enfance, dont les deux premiers, La Gloire de mon père (1957) et Le Château de ma mère (1958), connaissent un immense succès.

Sa vie

Marcel Pagnol est le fils de Joseph Pagnol, instituteur à Aubagne depuis 1889, laïc et républicain, et d'Augustine Pauline Henriette Lansot, couturière à la santé fragile. Il est l'aîné de trois autres enfants : Paul, né en 1898, Germaine, née en 1902 et René, né en 1909. Un frère aîné, Maurice, né le 2 avril 1894 et mort le 18 août de la même année, ne sera jamais mentionné dans l'histoire familiale
Marcel Pagnol écrira en incipit de La Gloire de mon père Je suis né dans la ville d'Aubagne, sous le Garlaban couronné de chèvres, au temps des derniers chevriers ; il naît dans un appartement du troisième étage d'un immeuble bourgeois dont ses parents étaient locataires, au 162 cours Barthélémy.
Sa famille paternelle est originaire de Romanos, ses ancêtres ayant quitté l'Espagne au XVe siècle pour s'installer dans le Midi de la France. Ses aïeuls se spécialisent dans le métier d'armurier et d'artificier avant que son grand-père ne devienne tailleur de pierre, compagnon du Tour de France.

Une école précoce et buissonnière

En 1897, le jeune ménage s'établit dans le logement de fonction de l'école de Saint-Loup, à Marseille. Lorsqu'elle allait au marché, sa mère le laissait dans la classe de son père, qui eut un jour la surprise de le voir lire couramment, alors qu'il avait trois ans sa mère l’empêcha aussitôt de retourner à l'école avant l'âge requis.
Puis, à la rentrée 1900, Joseph étant nommé instituteur titulaire à l'école du Chemin des Chartreux, la plus grande école communale de Marseille, la famille emménage au54 de l'avenue des Chartreux. En 1902, les Pagnol emménagent rue du Jardin des Plantes, puis rue Terrusse, dans ce grand rez-de-chaussée, que complétait un sous-sol, éclairé, sur le derrière, par un petit jardin, où Marcel passera une grande partie de son enfance.
À partir de 1904, soucieux de la santé fragile d'Augustine, Joseph décide de louer pour les vacances une villa dans la colline, juste au bord d'un désert de garrigue qui va d'Aubagne jusqu'à Aix. Cette Bastide Neuve, située à la sortie du village de La Treille, à la périphérie de Marseille, et ses collines constitueront ce paradis de l'enfance heureuse où se déroulent les plus beaux épisodes de ses fameux Souvenirs d'enfance.
Reçu second à l'examen des bourses, il entre au lycée Thiers en 1905 où il poursuit de brillantes études, malgré une vie de demi-pensionnaire mouvementée, épopée savoureuse qu'il racontera dans les deux derniers tomes de Souvenirs Le Temps des secrets, Le Temps des amours. C'est là qu'il commence à écrire des poèmes qui paraîtront à partir de 1910 dans la revue Massilia. Il a pour condisciple l'élève Codert, treize ans, cancre d'avenir puisqu'il fera fortune dans l'industrie du matériel roulant qui le prend sous son aile, et Albert Cohen avec qui il se lie d'amitié.
Il n'a que 15 ans lorsqu'il perd sa mère, avec qui il entretenait une relation fusionnelle L'âge d'Augustine, c'était le mien, parce que ma mère, c'était moi, et je pensais, dans mon enfance, que nous étions nés le même jour. Un coup de froid ayant aggravé sa fragilité pulmonaire, Augustine meurt des suites d'une congestion le 16 juin 1910, à l'âge de 36 ans. Elle sera inhumée au cimetière marseillais de Saint-Pierre, puis à La Treille. Joseph s'installe alors avec ses enfants au quatrième étage du 117 cours Lieutaud. Il se remarie le 30 juillet 1912 avec Madeleine Julien, veuve qu'il avait engagée pour s'occuper du ménage et qui n'a que huit ans de plus que Marcel. Ce dernier l'accepte très mal, au point de se brouiller avec son père.
En 1913, à 18 ans, il obtient son baccalauréat de philosophie avec mention Assez bien, et commence ses études de lettres à l'Université d'Aix-en-Provence. Le 10 février 1914, il fonde, avec quelques copains de khâgne, la revue littéraire Fortunio qui deviendra ensuite Les Cahiers du Sud, dans laquelle il publie quelques poèmes et son premier roman, Le Mariage de Peluque. Puis, la Première Guerre mondiale éclatant, il est mobilisé au 163e régiment d'infanterie de Nice en même temps que son ami Lili des Bellons de son vrai nom, David Magnan. Il est réformé en janvier 1915 pour faiblesse de constitution.
Le 2 mars 1916, il épouse Simone Collin. En novembre de la même année, il obtient sa licence de lettres et littératures vivantes anglais. Nommé répétiteur d'anglais, il enseignera successivement aux collèges de Digne, Tarascon, Pamiers sur Ariège et Aix-en-Provence, avant d'être promu professeur adjoint au lycée Saint-Charles à Marseille de 1920 à 1922. Durant cette dernière année, il écrit deux drames en vers : Catulle puis, en collaboration avec Arno-Charles Brun, Ulysse chez les Phéaciens.

Paris : un professeur au théâtre

Nommé surveillant d'externat puis professeur adjoint au lycée Condorcet de Paris, il y enseigne l'anglais jusqu'en 1927, et il décide de prendre congé de l'Éducation nationale pour cause de littérature. Dès son arrivée dans la capitale en 1922, Pagnol a la chance d'y retrouver Paul Nivoix, ancien directeur de l'hebdomadaire marseillais Spectator devenu rédacteur à Comœdia, seul quotidien français des Lettres et des Arts. Grâce à son amitié, Pagnol pénètre le milieu des jeunes écrivains et du théâtre moderne, commence à douter de l'intérêt de ses tragédies grecques et romaines, se risque à signer en 1924, sous le pseudonyme de Castro, un vaudeville composé avec Nivoix, Tonton ou Joseph veut rester pur, qui à son grand étonnement remporte un petit succès au théâtre des Variétés, ce qui encourage les deux novices à persister et écrire leur première pièce de théâtre, Les Marchands de gloire. Représentée en 1925 au théâtre de la Madeleine, cette brillante satire du patriotisme est cependant boudée par le public, de même que sa deuxième pièce, Jazz, donnée en 1926 au théâtre des Arts. Mais Topaze, satire de l'arrivisme jouée au théâtre des Variétés en 1928, connaît un grand succès plus de huit cents représentations à Paris.
Lettre manuscrite de Marcel Pagnol au proviseur du Lycée Condorcet pour lui demander de s’absenter pour surveiller les répétitions de sa dernière pièce de théâtre. Archives nationales
La nostalgie de Marseille qu'il éprouve à Paris l'incite à écrire une pièce marseillaise, son entourage l'en dissuade aussitôt. Mais en 1926, ayant vu jouer à Bruxelles Le Mariage de mademoiselle Beulemans, il comprend qu'une œuvre locale, mais profondément sincère et authentique peut parfois prendre place dans le patrimoine littéraire d'un pays et plaire dans le monde entier. Et c'est ainsi que le 9 mars 1929, Marius, pièce en quatre actes et six tableaux, est créée au théâtre de Paris avec Raimu dans le rôle de César. C'est le triomphe universel pour les deux provençaux exilés qui, tout en s'apportant mutuellement la gloire et la célébrité, se lieront à vie d'une amitié aussi orageuse que sincère.
Séparé de Simone Collin depuis 1926, il rencontre la jeune danseuse anglaise Kitty Murphy. De leur union naîtra Jacques Pagnol en 1930, qui deviendra son assistant après la guerre, puis caméraman pour France 3 Marseille.

Œuvre cinématographique

L'année 1929 est décisive pour sa carrière : il assiste à Londres à la projection d'un des premiers films parlants, Broadway Melody et en est si bouleversé qu'il décide de se consacrer au cinéma parlant. Plus tard, devenu réalisateur, il aimera rappeler que c'est en 1895, l'année de sa naissance, qu'Auguste et Louis Lumière avaient projeté pour la première fois en public à quelques kilomètres d'Aubagne des photos animées sur un écran : l'Arrivée d'un train en gare de La Ciotat.
Pagnol fait la connaissance du directeur de la succursale française de la firme Paramount, Bob Kane, qui lui propose d'acheter les droits de sa pièce Marius cinq cent mille francs. Pagnol refuse, mais accepte de se contenter d'un simple pourcentage sur les recettes à condition que le film soit tourné avec tous les comédiens de la troupe théâtrale Raimu bien-sûr mais aussi Pierre Fresnay dans le rôle de Marius, Fernand Charpin dans celui de Panisse et tous les autres et sous sa direction. Kane, qui voulait imposer les vedettes en contrat avec sa firme, finit par accepter au début de 1931 mais exige un réalisateur américain. Ce sera Alexander Korda, hongrois émigré aux États-Unis où il a conquis Hollywood il se fixera ensuite en Angleterre où, naturalisé, il fera une brillante carrière . Sorti le 10 octobre 1931, Marius est l'un des premiers films à succès du cinéma parlant français. Les recettes sont colossales, y compris à l'étranger. Pressé par le public d'en écrire la suite, Fanny, pièce en trois actes et quatre tableaux, est créée sur scène en décembre 1931 au théâtre de Paris. C'est le deuxième volet de ce qui deviendra la célèbre trilogie marseillaise, dont l'action se passe dans l'ambiance légendaire du Bar de la Marine, sur le vieux port de Marseille. L'adaptation cinématographique, réalisée par Marc Allégret, sort le 2 novembre 1932.
Le 28 juillet 1932, son frère Paul, le dernier chevrier des collines d'Allauch, qu'il va souvent visiter dans les collines où ils ont passé leur enfance, meurt à l'âge de 34 ans. Souffrant du haut mal grand mal épileptique, il s'éteint à l'hôpital de Courtrai Belgique après une opération de la dernière chance effectuée par le professeur Émile Eugène Lauwers. Il est inhumé dans le caveau de la famille Pagnol au petit cimetière de La Treille.
Devant le succès de Marius, la Paramount a fait l'acquisition début 1932, sans son accord, des droits d'adaptation de sa pièce Topaze, confiés au réalisateur Louis Gasnier avec comme interprète Louis Jouvet. Pagnol réussit à participer au tournage mais s'estime dépossédé de son œuvre il tournera plus tard lui-même deux autres versions de Topaze en 1936 avec Alexandre Arnaudy et en 1950 avec Fernandel. Désormais devenu très riche, il décide de devenir producteur et fonde au printemps 1932 à Paris sa propre société de production. Il installe ses studios à Boulogne-Billancourt au bord de la Seine et à Marseille en plein cœur du célèbre quartier du Prado.
En 1934, il achète, dans les collines au-dessus du village de La Treille où, enfant, il passait ses vacances, un domaine de vingt-quatre hectares plus tard agrandi à quarante, dans l'idée d'en faire son « Hollywood provençal. Il y tourne désormais lui-même ses films. Son premier film en tant que réalisateur est Le Gendre de Monsieur Poirier en 1933, suivi de Jofroi en 1933, d’Angèle en 1934, de Merlusse et de Cigalon en 1935, de César en 1936, de Regain en 1937, de La Femme du boulanger en 1938, etc. En 1932, il rencontre aussi Jean Giono qu'il incite à s'intéresser au cinéma, et dont il adaptera quatre œuvres, pour Jofroi d'après Jofroi de la Maussan, Angèle d'après Un de Baumugnes, Regain, La Femme du boulanger d'après un passage de Jean le Bleu. Il fait jouer les plus grands acteurs français de l'époque Raimu, Pierre Fresnay, Fernandel, amis avec qui il joue à la pétanque entre deux scènes.
Il vit désormais avec Orane Demazis, qui incarnait tous les soirs le personnage de Fanny dans Marius et Fanny, et ils ont un fils en 1933, Jean-Pierre Burgart, car Pagnol ne le reconnaîtra pas. Puis, en 1936, Yvonne Pouperon, sa nouvelle collaboratrice des bureaux de la rue Fortuny à Paris, met au monde une fille, Francine Pagnol. C'est l'année où il fonde la revue Les Cahiers du film, avant de diriger sa propre maison d'édition en 1937.
En 1941, pour réaliser son « ambition de construire, sous le ciel de Provence, la Cité du Cinéma », il fait, sans l'avoir vu, l'acquisition du château de la Buzine avec quelques hectares de prairies au bord du canal. C'est en visitant son domaine huit jours plus tard, qu'il reconnaît « l'affreux château, celui de la peur de ma mère » (Le Château de ma mère) : sa mère s’était évanouie lorsque la famille traversait clandestinement la propriété pour rejoindre la Bastide neuve, un garde les avait surpris et leur avait fait faire demi-tour. Mais la Seconde Guerre mondiale fait rage ; Pagnol doit interrompre ses tournages et vendre ses studios à la Gaumont, tout en restant directeur de production. Ceci lui permet de se dérober aux pressions d'Alfred Greven, président de la Continentale société de production française à capitaux allemands, qui veut lui faire réaliser du cinéma de propagande nazie. C'est donc en tant que directeur de production des Films Marcel Pagnol qu'il produit, en novembre-décembre 1941, le documentaire Français, vous avez la mémoire courte !, réquisitoire contre le communisme et apologie du maréchal Pétain, commandé par le Secrétariat général à l'Information et à la Propagande du régime de Vichy. Son dernier film tourné pendant la guerre, La Prière aux étoiles, reste inachevé et, pour garder la maîtrise de son œuvre, Pagnol détruit la pellicule du film.
Le divorce d'avec Simone Collin à peine prononcé, Marcel vit avec l'actrice Josette Day, rencontrée en janvier 1939. Leur liaison ne dure que le temps de leur refuge en zone libre, jusqu'à la fin de la guerre. Bien que très lié à Orane Demazis puis à Josette Day, Pagnol n'a été marié ni à l'une ni à l'autre et trois enfants lui sont nés hors mariage Jacques, Jean-Pierre et Francine. Sa propre mère, Augustine, a accouché d'un premier enfant moins de quatre mois après son mariage. Cela explique que le thème de l'enfant naturel soit une constante de son œuvre.
Il acquiert en 1942 le Domaine de l'Étoile à La Gaude, où il réemploie le personnel de ses studios comme ouvriers horticoles pour la culture d'œillets, afin de leur éviter le Service du travail obligatoire en Allemagne. Cette reconversion spectaculaire inspira à Raimu la boutade suivante : Si Marcel devient fleuriste, alors moi, je n'ai plus qu'à aller vendre des rascasses ! .

De la Comédie à l'Académie

En 1944, Pagnol est élu président de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques. Chargé de constituer une commission d'épuration, il s'emploie à défendre les nombreux auteurs et artistes ayant continué à travailler pendant l'Occupation sans avoir pris de position ouvertement collaborationniste.
En 1945, il épouse l'actrice Jacqueline Bouvier, rencontrée en août 1938, qui sera jusqu'à sa mort son brin de poésie et de tendresse. Elle tournera dans cinq de ses films et lui donnera deux enfants, Frédéric en 1946 et Estelle en 1951 ; Estelle mourut en 1954 à l'âge de trois ans.
Âgé de 51 ans, il est, avec Paul Claudel, Maurice Garçon, Charles de Chambrun, Jules Romains et Henri Mondor, l’une des six personnes élues le 4 avril 1946 à l'Académie française lors de la deuxième élection groupée de cette année visant à combler les très nombreuses places vacantes laissées par la période de l'Occupation. Il y remplace Maurice Donnay au 25e fauteuil. Il est reçu le 27 mars 1947 par Jérôme Tharaud à ce fauteuil qu'occupa jadis Prosper Mérimée.
La brutale disparition en septembre 1946 de son ami Raimu est pour lui une douloureuse épreuve : On ne peut pas faire un discours sur la tombe d'un père, d'un frère ou d'un fils ; tu étais pour moi les trois à la fois : je ne parlerai pas sur ta tombe.
En 1948, il tourne, avec Tino Rossi, La Belle Meunière, premier film français en couleur réalisé en France par des Français avec un procédé français le Rouxcolor, procédé utilisant l'optique au lieu de la chimie, mis au point par deux Français, les frères Roux. C'est un échec retentissant et une perte financière de cinquante millions de francs pour Pagnol. En 1950, il écrit le scénario d'une version modernisée de la nouvelle de Maupassant, Le Rosier de Mme Husson, avec Bourvil, acteur alors débutant, dans le rôle d’Isidore. Le film, mis en scène par Jean Boyer, très mal accueilli par la critique, connaît cependant un succès commercial.
Pagnol prend sa vraie revanche deux ans plus tard, en 1951, avec la troisième version de Topaze - au générique, Fernandel Topaze, Larquey Tamise, sa femme Jacqueline Ernestine Muche - un grand succès unanimement salué par la critique : Nous avons eu le phénomène Raimu, il existe aussi un phénomène Fernandel, écrit Jean-Jacques Gautier dans Le Figaro.
En 1951, poursuivi par le fisc, il s'installe à Monte-Carlo dans une somptueuse villa du XIXe siècle en bord de mer, La Lestra, auprès de son admirateur et ami le prince Rainier III de Monaco. À la mort de sa fille Estelle, âgée de trois ans, il fuira l'endroit en 1954 pour revenir à Paris dans un hôtel particulier au square de l'Avenue du Bois, sur l'avenue Foch, se rapprochant de ses bureaux de la rue Fortuny.
Toujours en 1951, Pagnol achève le scénario de Manon des sources. Brouillé avec Fernandel, il choisit Rellys pour le rôle d'Ugolin. Henri Poupon le Papet, Raymond Pellegrin l'instituteur et Jacqueline Pagnol Manon font partie de la distribution. Le film, qu'il tourne à La Treille, sort en janvier 1953 avec un accueil mitigé. Toujours très actif dans le domaine du cinéma, il signe la même année l'adaptation et les dialogues d'un vaudeville, Carnaval mise en scène Henri Verneuil, et se lance dans ce qui sera sa dernière œuvre pour le cinéma, Les Lettres de mon moulin. Pagnol traduit en langue parlée trois contes d'Alphonse Daudet, Le Secret de maître Cornille, l’Élixir du révérend Père Gaucher tourné à l'abbaye Saint-Michel de Frigolet avec Rellys dans le rôle-titre et Les Trois Messes basses.
En 1955, à 60 ans, il préside le 8e Festival du Film de Cannes. Il fait également jouer au festival d'Angers sa traduction d’Hamlet de William Shakespeare avec Jacqueline Pagnol et Serge Reggiani. Puis, le 6 octobre, il fait donner au théâtre de Paris sa tragédie en cinq actes Judas. L'éclairage nouveau, voire d'avant-garde, du personnage, tant il se rapproche de l’Évangile de Judas, est mal perçu par l'ensemble des confessions. L'accueil tout aussi froid réservé à Fabien, comédie en quatre actes qui sortira quelques mois plus tard, inciteront Pagnol à mettre un terme à son activité d'auteur dramatique, comme il l'avait déjà fait pour sa carrière de cinéaste.

Naissance du romancier

En 1957, il commence la rédaction de ses Souvenirs d'enfance avec La Gloire de mon père, premier tome qui connaît un immense succès plus de cinquante mille exemplaires vendus en un mois, dû entre autres à la façon dont Pagnol décrit les personnes qui lui sont chères dans le petit monde provençal qui l'entoure, et à la vivacité de ses souvenirs, embellis par le temps et l'imagination. Le deuxième tome, Le Château de ma mère, en 1958, s'inscrit en tête du classement des meilleures ventes de l'année.
Pagnol est alors au premier plan de l'actualité littéraire. Grasset lui réclame sa traduction des Bucoliques de Virgile commencée cinq ans plus tôt. Suivent en 1960, Le Temps des secrets Le Temps des amours, inachevé, sera publié en 1977 après sa mort, puis en 1962, L'Eau des collines, une version romancée en deux tomes, Jean de Florette et Manon des Sources, de son film de 1951. En 1965, passionné par cette énigme historique, il publie à son compte Le Masque de fer, remanié en 1973 sous le titre Le Secret du masque de fer.
En 1967, il tourne pour la télévision un conte d’Alphonse Daudet, dont il avait commencé quelques scènes en 1954 pour Les Lettres de mon moulin avant de l'abandonner, Le Curé de Cucugnan avec Fernand Sardou qui sera diffusé le jour de Noël 1968.
En 1968, il fête les quarante ans de Topaze, son premier succès. La pièce a alors été jouée plus de cinq mille fois depuis sa création.
Pagnol a dit : Si j'avais été peintre, je n'aurais fait que des portraits. Peintre de la nature humaine, précurseur du portrait psychologique et de la valorisation de la culture régionale et provençale, il a légué à la postérité des portraits vivants des personnages de son enfance. Auteur comblé, il reçut tous les honneurs de son vivant : le succès, l'argent, la gloire et la reconnaissance des siens.
Marcel Pagnol meurt le 18 avril 1974, à l'âge de 79 ans, dans sa maison de l'avenue Foch à Paris. Son corps repose au cimetière marseillais de La Treille, auprès de sa mère et de sa dernière fille Estelle, non loin du caveau de la famille Pagnol où reposent son père et sa seconde femme Madeleine Julien, ses frères et sœur et leur famille. Sur sa tombe, en guise d'épitaphe, une citation de Virgile : Fontes amicos uxorem dilexit Il a aimé les sources, ses amis, sa femme.

Un conteur méditerranéen

L'essentiel du talent de Marcel Pagnol tient à deux qualités fondamentales : c'est un conteur savoureux, à la langue souple et imagée, mais c'est aussi, et peut-être surtout, un remarquable peintre de caractères. Cette dernière qualité lui a naturellement permis de créer quelques personnages inoubliables, au théâtre et au cinéma. On s'en convaincra aisément en considérant ses premières pièces. Si Les Marchands de gloire et Jazz sont des œuvres mineures, c'est qu'elles appartiennent au théâtre de mœurs ou de situations, genre où Marcel Pagnol ne se sent pas à l'aise. En revanche, avec Topaze et Marius, il campe quelques caractères d'une troublante vérité, mobiles et parfois contradictoires, pleins de vigueur et de tendresse.
Topaze met en scène un petit professeur d'institution privée, effacé, timide, sans envergure et d'une inflexible honnêteté. Utilisé à son insu comme homme de paille par un affairiste véreux mais puissant, conseiller municipal prévaricateur mais respecté, Topaze change d'attitude : ayant compris le mécanisme de la réussite, il bat son maître à son propre jeu et entreprend une ascension sociale irrésistible. Fable immorale, allégorie grinçante, Topaze est surtout une admirable galerie de personnages : tous les caractères, même les plus fugitifs, ont un relief, une épaisseur d'une surprenante vérité.
Avec Marius, Marcel Pagnol renouvelle, avec beaucoup de finesse et d'habileté, le thème éternel de l'homme écartelé entre deux désirs également puissants et contradictoires : l'attachement à ses racines (le plus souvent symbolisé, comme c'est ici le cas, par l'amour d'une femme) et la soif d'aventures. Fils d'un modeste cafetier, Marius rêve de partir sur la mer, de découvrir des horizons nouveaux, des rivages lointains. Fanny, son amie d'enfance, amoureuse de lui plus qu'il ne l'est d'elle, comprend qu'il ne sera jamais pleinement heureux s'il renonce à son rêve pour l'épouser. Elle feint une indifférence soudaine pour le détacher d'elle et lui donner la force de partir. Ici encore, une situation très simple permet à Marcel Pagnol de camper des personnages très caractérisés, à la fois pittoresques et hauts en couleur, mouvants et nuancés. Certains de ces personnages sont devenus de véritables types, comme César, le père de Marius, le maître voilier Panisse, la poissonnière Honorine, mère de Fanny, et M. Brun, l'inspecteur des douanes lyonnais.

Il convient de faire ici une remarque. C'est avec Marius que Marcel Pagnol met au point sa technique dramatique. Ses pièces ne sont pas construites comme celles de Feydeau, où chaque scène, même la plus brève, est absolument nécessaire au développement de l'histoire. Dans Marius, quelques scènes seulement font évoluer la situation. Les autres constituent des « hors-d'œuvre » : elles se suffisent à elles-mêmes, on pourrait les supprimer sans nuire à la continuité dramatique. Elles constituent des récréations, écrites pour le seul plaisir du dialogue. La plus célèbre de Marius est sans doute « la partie de cartes ». On pourrait en citer plusieurs.
C'est évidemment dans ces scènes que les rôles se précisent, que les caractères prennent de l'épaisseur, surtout quand l'auteur est servi par des comédiens exceptionnels, comme ce fut justement le cas pour Marius : Raimu (César), Charpin (Panisse), Alida Rouffe (Honorine) ont largement contribué à rendre leurs personnages vivants et populaires.

L'écrivain au cinéma

Il faut encore observer que cette technique dramatique a beaucoup servi, à partir de 1931, l'auteur de films. Le cinéma, avec sa grande mobilité, ses raccourcis, son indépendance à l'égard du temps et de l'espace, absorbe plus facilement les scènes à faire que le théâtre. Mais il est clair qu'un autre souci, plus profond, plus impérieux, a conduit Marcel Pagnol vers l'expression cinématographique. Un bon scénariste doit posséder deux talents pas toujours réunis : il doit avoir à la fois le sens du récit et celui des dialogues ; il doit être en même temps romancier et auteur dramatique. Inversement, un écrivain né aux alentours de 1900, et qui ressentait le désir d'utiliser ces deux techniques, devait fatalement se mettre à écrire pour le cinéma.
On a souvent reproché à Marcel Pagnol d'avoir fait, au cinéma, du « théâtre filmé ». C'est peut-être vrai pour la mise en images de ses deux pièces marseillaises. C'est faux de films comme Angèle, Regain, et encore de La Femme du boulanger. Dans ce dernier, tiré d'un conte de Jean Giono, Marcel Pagnol adopte, une fois de plus, le sujet d'une fable. Un nouveau boulanger s'installe dans un village provençal. (Il pourrait être berrichon ou savoyard.) Au bout de quelques semaines, son épouse, plus jeune que lui, et probablement insatisfaite, s'éprend d'un berger des environs et s'enfuit avec lui. Dès lors, le boulanger cesse de cuire le pain : il ne rallumera son four, dit-il, que lorsque sa femme lui sera revenue. Alors, tout le village se met à la recherche de l'infidèle. Bien entendu, on la retrouve, elle réintègre le logis conjugal, et le pain recommence à dorer dans la boulangerie. Fable amère, on le voit, où la tradition paysanne triomphe, mais sans gaieté. De ce conte, Marcel Pagnol a fait une œuvre admirable, pleine de tendresse, d'amertume et d'humanité. Ici encore, la peinture des caractères (et leur affrontement) prend le pas sur l'histoire. Ici encore, Raimu donne un éblouissant exemple de son immense talent.
En 1957, La Gloire de mon père, premier volume des souvenirs d'enfance, a connu un succès foudroyant. Deux autres volumes ont suivi : Le Château de ma mère (1958) et Le Temps des secrets (1960), pour composer une nouvelle trilogie. Marcel Pagnol y fait revivre quelques personnages drôles et attachants, comme son père et son oncle Jules. Il y décrit, avec cet amour malicieux qui ne s'est jamais démenti sa vie durant, les petites gens de Provence, les villages et les collines qui s'élèvent à l'est de Marseille. Un quatrième volume, Le Temps des amours, paru en 1977, posthume donc, rapporte des souvenirs d'adolescence qui retrouvent, non sans bonheur, le climat de Pirouettes. C'est ainsi que la boucle d'une œuvre se referme parfois.
De l'œuvre de Marcel Pagnol, la partie qui se présentait comme la plus éphémère, la partie cinématographique, a fort bien résisté à l'épreuve du temps. Peu de films tournés entre 1930 et 1935 ont gardé autant de fraîcheur que sa trilogie, Angèle ou Regain. Ce « théâtre filmé », longtemps dédaigné par des critiques pointilleux, a finalement donné plusieurs « classiques » de l'histoire du cinéma. Marcel Pagnol est mort à Paris, le 18 avril 1974. Il est enterré dans le hameau de La Treille, près d'Aubagne, au pied de ces collines qu'il n'avait jamais réellement quittées. Jacques Bens

Chronologie

1869 Naissance de Joseph, son père
1873 Naissance d'Augustine Lansot, sa mère
1889 Nomination de son père, Joseph Pagnol, au poste d'instituteur public à Aubagne.
1893 Joseph épouse Pauline Henriette dite Augustine Lansot, le 28 décembre.
1894 Naissance de Maurice le 2 avril à Aubagne. Mort de celui-ci le 18 août à Aubagne.
1895 Naissance de Marcel Pagnol le 28 février, au numéro 16 du cours Barthélemy à Aubagne.
1897 Installation de la famille à Saint-Loup Marseille.
1898 Naissance de son frère, Paul Maurice le Petit Paul le 28 avril à Marseille Saint-Loup.
1900 Déménagement à Marseille où Joseph est nommé à l'école des Chartreux.
1902 Naissance de sa sœur, Germaine le 2 février à Marseille 54, chemin des Chartreux.
1904 Premières vacances à la Bastide Neuve.
1905 Élève au lycée Thiers à Marseille.
1909 Naissance de son frère cadet, René.
1910 Mort de sa mère, Augustine. Premiers poèmes dans la revue Massilia.
1913 Marcel obtient le baccalauréat de philosophie avec mention assez bien.
1914 Fonde la revue littéraire Fortunio. Mobilisé à Nice, puis réformé pour faiblesse de constitution.
1915 Répétiteur au collège de Digne, puis de Tarascon.
1916 Mariage le 2 mars avec Simone Collin. Obtient la licence de Langues et Littérature Vivantes.
1917 Répétiteur d'anglais au collège de Pamiers sur Ariège, puis au lycée Mignet d'Aix-en-Provence.
1918 Mort de Lili des Bellons David Magnan le 23 juillet à Vrigny Marne.
1920 Professeur-adjoint au lycée Saint-Charles à Marseille. Catulle, drame en vers.
1922 Professeur-adjoint d'anglais au lycée Condorcet à Paris.
1923 Rencontre d'Orane Demazis à Paris, pour qui il créera ensuite le rôle de Fanny.
1926 Séparation d'avec Simone le divorce ne sera prononcé qu'en 1941.
1930 Rencontre de Kitty Murphy, jeune danseuse anglaise, à Paris.
1930 Naissance de Jacques Pagnol, qu'il a eu avec Kitty Murphy, et qui fut son assistant après la guerre, puis cameraman pour France 3 Marseille.
1932 Mort de son frère, Paul Maurice Pagnol, à l'hôpital de Courtrai Belgique le 28 juillet.
1933 Naissance de son fils Jean-Pierre, qu'il a eu avec Orane Demazis.
1935 Rencontre d'Yvonne Pouperon, sa collaboratrice dans les bureaux de la rue Fortuny.
1936 Naissance de sa fille Francine, qu'il a eue avec Yvonne Pouperon.
1938 Rencontre de Jacqueline Bouvier en août, qui n'entrera dans sa vie qu'en 1944.
1939 Rencontre en janvier de Josette Day. Leur liaison dure le temps de leur refuge en zone libre, à Marseille, puis à la Gaude.
1941 Le divorce d'avec Simone Colin est prononcé. Acquisition du château de la Buzine.
1944 Retiré dans la Sarthe avec Jacqueline Bouvier en attendant le débarquement allié.
1945 Mariage avec Jacqueline Bouvier.
1946 Naissance de leur fils, Frédéric. Le 27 mars, Marcel Pagnol est reçu au fauteuil 25 de l'Académie française.
1951 Naissance de leur fille, Estelle. Le 15 novembre, mort de son père, Joseph Pagnol.
1954 Mort de leur fille, Estelle, des suites d'une crise d'acétonémie.
1974 Mort de Marcel Pagnol à Paris le 18 avril.

Appréciation critique

L'accent ne constitue pas, chez Pagnol, un accessoire pittoresque, une note de couleur locale, il est consubstantiel au texte et, par là, aux personnages. Ses héros le possèdent comme d’autres ont la peau noire. L'accent est la matière même de leur langage, son réalisme. Aussi, le cinéma de Pagnol est tout le contraire de théâtral, il s'insère par l'intermédiaire du verbe dans la spécificité réaliste du cinéma.... Pagnol n’est pas un auteur dramatique converti au cinéma, mais l'un des plus grands auteurs de films parlants.
— André Bazin, Qu'est-ce que le cinéma ? en 4 volumes, T. II, Le Cinéma et les autres arts, 1959, Éditions du Cerf
Distinctions et récompenses
1939 : Meilleur film étranger pour Regain - New-York Critic's Circle Awards
1949 : Meilleur film étranger pour La femme du boulanger - New-York Critic's Circle Awards
1950 : Meilleur film étranger pour Jofroi - New-York Critic's Circle Awards
1981 : César d'honneur
Grand officier de la Légion d'honneur
Commandeur des Palmes académiques
Commandeur des Arts et des Lettres
Marcel Pagnol fut consul honoraire du Portugal à Monaco.

Œuvres Romans, nouvelles et essais

1921 : La Petite Fille aux yeux sombres, roman, Marseille, Éditions de Fortunio
1921 : Le Mariage de Peluque, roman, Marseille, Éditions de Fortunio ; réédité en 1932 sous le titre Pirouettes
1922 : L'Infâme Truc, nouvelle, extrait de Jazz
1932 : Pirouettes, réédition retitrée de Le Mariage de Peluque, roman, Paris, Fasquelle
1933-1934 : Cinématurgie de Paris, Les Cahiers du film ; réédition remaniée dans Œuvres complètes, tome III, Éditions de Provence, 1967
1947 : Notes sur le Rire, essai, Paris, Nagel
1949 : Critique des Critiques, essai, Paris, Nagel
1957 : La Gloire de mon père Souvenirs d'enfance I, roman autobiographique, Monte-Carlo, Pastorelly
1958 : Le Château de ma mère Souvenirs d'enfance II, roman autobiographique, Monte-Carlo, Pastorelly
1960 : Le Temps des secrets Souvenirs d'enfance III, roman, Monte-Carlo, Pastorelly
1961 : Ambrogiani l'homme et le peintre, Marcel Pagnol & George Waldemar, Paris, Presses artistiques
1963 : L'Eau des collines, roman en deux parties : Jean de Florette, Manon des sources, Paris, Éditions de Provence
1965 : Le Masque de fer, éditions de Provence remanié sous le titre Le Secret du Masque de fer en 1973, essai historique, Monte-Carlo, Pastorelly
1968 : Les Sermons de Marcel Pagnol, recueil rassemblés par le RP Norbert Calmels, Robert Morel éditeur

parutions posthumes

1977 : Le Temps des amours Souvenirs d'enfance inachevé IV, roman autobiographique, Julliard
1977 : Les Secrets de Dieu, nouvelle éditée en recueil Œuvres complètes. 12. 3-427 ; première édition séparée, Marseille, La Chrysalide, 1983
1981 : Confidences, essai et préfaces sur le théâtre et le cinéma, Julliard
1984 : L'Infâme Truc et autres nouvelles, recueil d'œuvres posthumes, Julliard
1986 : Les Inédits de Marcel Pagnol, Vertiges du Nord-Carrère, 1987 ; textes divers écrits entre 1940 et 1960, rassemblés par son fils Frédéric.

Théâtre

1922 : Catulle, drame en 4 actes, en vers, Marseille, Éditions de Fortunio, inédit à la scène
1922 : Ulysse chez les Phéaciens en collaboration avec Arno-Charles Brun, tragédie en vers, inédite à la scène
1923 : Tonton ou Joseph veut rester pur en collaboration avec Paul Nivoix, vaudeville sous le pseudonyme de Castro, Marseille, théâtre des Variétés, 30 août 1923
1925 : Les Marchands de gloire en collaboration avec Paul Nivoix, comédie satirique en cinq actes, Paris, théâtre de la Madeleine, 15 avril 1925 ; Paris, La Petite

Illustration, 1926

1926 : Un direct au cœur en collaboration avec Paul Nivoix), comédie, Lille, théâtre de l'Alhambra, mars 1926
1926 : Jazz premier titre Phaéton, comédie satirique en quatre actes, Monte Carlo, Grand Théâtre, 9 décembre 1926, Paris, théâtre des Arts, 21 décembre 1926 ; Paris, La Petite Illustration, avril 1927
1928 : Topaze, comédie satirique en quatre actes, Paris, théâtre des Variétés, 9 octobre 1928 ; Paris, Fasquelle, 1930
1929 : Marius, comédie en trois actes et six tableaux, Paris, Théâtre de Paris, 9 mars 1929 ; Paris, Fasquelle, 1931
1931 : Fanny, comédie en trois actes et quatre tableaux, Paris, Théâtre de Paris, 5 décembre 1931 ; Paris, Fasquelle, 1932
1946 : César, comédie en trois actes adaptée du film, Paris, Théâtre des Variétés ; Paris, Réalités, 1947
1955 : Judas, tragédie en cinq actes, Paris, Théâtre de Paris, 6 octobre 1955 ; Paris, Théâtre de Paris, 6 octobre 1955
1956 : Fabien, comédie en quatre actes, Paris, théâtre des Bouffes Parisiens, 28 septembre 1956 ; Paris, Paris-théâtre no 115, 1956

adaptation posthume

1985 : La Femme du boulanger, comédie en quatre actes adaptée du film

Traductions

1944 : Le Songe d'une nuit d'été, pièce de William Shakespeare, traduit de l'anglais, 1947, au Grand Théâtre de Monaco ; Paris, Œuvres complètes, Club de l'Honnête Homme, 1971
1947 : Hamlet, pièce de William Shakespeare, traduit de l'anglais, Paris, Nagel
1958 : Bucoliques, recueil de Virgile, traduit du latin, Paris, Grasset

Cinéma Filmographie

Hommage naïf à Marcel Pagnol
Marcel Pagnol est le réalisateur des films suivants :
1933 : Le Gendre de Monsieur Poirier, d'après la pièce d'Émile Augier ;
1933 : Jofroi ;
1934 : Angèle ;
1934 : L'Article 330, court métrage d'après la pièce de Georges Courteline ;
1934 : Le Premier Amour, scénario de Marcel Pagnol, plusieurs fois mis en chantier mais jamais réalisé ;
1935 : Merlusse ;
1935 : Cigalon ;
1936 : Topaze ;
1936 : César ;
1937 : Regain ;
1938 : Le Schpountz ;
1938 : La Femme du boulanger ;
1940 : La Fille du puisatier ;
1941 : La Prière aux étoiles inachevé ;
1945 : Naïs ;
1948 : La Belle Meunière ;
1951 : Topaze ;
1952 : Manon des sources ;
1952 : Ugolin ;
1954 : Les Lettres de mon moulin ;
1967 : Le Curé de Cucugnan téléfilm.
Marcel Pagnol est l'auteur des scénarios et dialogues des films suivants :
1931 : Marius d'Alexander Korda ;
1932 : Fanny de Marc Allégret ;
1932 : Direct au cœur de Roger Lion, avec la participation d'Arnaudy, d'après la pièce de Marcel Pagnol et Paul Nivoix ;
1933 : Topaze de Louis Gasnier ;
1933 : L'Agonie des aigles de Roger Richebé, d'après le roman de Georges d'Esparbès, Les Demi-Solde ;
1934 : Tartarin de Tarascon de Raymond Bernard, d'après Alphonse Daudet ;
1939 : Monsieur Brotonneau d'Alexandre Esway, d'après Flers et Caillavet ;
1950 : Le Rosier de Madame Husson de Jean Boyer, d'après Guy de Maupassant ;
1953 : Carnaval d'Henri Verneuil, d'après Émile Mazaud ;
1962 : La Dame aux camélias téléfilm, d'après Alexandre Dumas fils.

Adaptations d'œuvres de Pagnol et reprises

1931 : adaptations traduites de Marius : Zum goldenen Anker en allemand, Längtan till havet en suédois ;
1934 : remake allemand de Fanny : Der schwarze Walfisch de Fritz Wendhausen ;
1938 : Port of Seven Seas, remake américain de James Whale : scénario couvrant l'ensemble de la trilogie ;
1942 : 海猫の港 Umineko no minato Le port aux mouettes, de Yasuki Chiba 93 minutes, 35 mm, Noir & Blanc. Remake japonais de Marius. Sur le port de Karatsu en 1897, alors que le Japon commence à développer son empire d'outre-mer, une famille tient le bar « La taverne de l'ancre ». Le fils a une chance unique de s'embarquer, contre l'avis de son père, d'où le dilemme entre les intérêts de l'empire et la famille ;
1949 : 春の戯れ Haru no tawamure Flirt de printemps, de Kajiro Yamamoto 109 min, Noir et Blanc, avec Hideko Takamine Fanny et Jukichi Uno Marius. Après 風の子 Kaze no ko L'enfant du vent, c'est le second film de ce réalisateur sur le thème de l'appel de la mer opposé à celui de l'amour ;
1954 : ouverture à Broadway de la comédie musicale Fanny, adaptant l'ensemble de la trilogie ;
1961 : Fanny, adaptation cinématographique, d'après la comédie musicale mais sans numéros musical, par Joshua Logan, avec Leslie Caron et Maurice Chevalier ;
1965 : Merlusse de Georges Folgoas avec Georges Wilson ;
1967 : 愛の賛歌 Ai no sanka Hymne à l'amour, de Yoji Yamada 94 min. Ce troisième remake japonais, couvrant le scénario des films Marius et Fanny, transpose le drame dans une petite île de la mer intérieure de Seto où les amoureux sont séparés par l'immigration vers le Brésil ;
vers 1970 : Version discographique de la bande sonore de la trilogie, avec des commentaires de Marcel Pagnol ;
1986 : Jean de Florette de Claude Berri avec Yves Montand, Daniel Auteuil et Gérard Depardieu ;
1986 : Manon des sources de Claude Berri avec Yves Montand, Daniel Auteuil et Emmanuelle Béart ;
1990 : La Gloire de mon père d'Yves Robert ;
1990 : Le Château de ma mère d'Yves Robert ;
1999 : Le Schpountz de Gérard Oury ;
2000 : nouvelle version de la trilogie, remake français réalisé par Nicolas Ribowski pour la télévision : Marius, Fanny et César ;
2006 : Le Temps des secrets téléfilm de Thierry Chabert ;
2006 : Le Temps des amours téléfilm de Thierry Chabert ;
septembre 2007 : Opéra Marius et Fanny, inspiré des deux premiers romans de la trilogie marseillaise, sur une musique de Vladimir Cosma et dans une mise en scène de Jean-Louis Grinda ; avec Roberto Alagna et Angela Gheorghiu. Spectacle musical commandé par l'Opéra de Marseille avec l'accord de Jacqueline Pagnol ;
2011 : La Fille du puisatier, réalisé par Daniel Auteuil avec lui-même, Kad Merad, Sabine Azéma et Jean-Pierre Darroussin ;
2013 : Marius et Fanny sorties simultanées, les deux premiers des trois films réalisés par Daniel Auteuil reprenant la trilogie marseillaise.


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Posté le : 26/02/2016 19:34

Edité par Loriane sur 27-02-2016 15:38:56
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Par une aquarelle de Tchano

Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
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