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Nouvelles : Je vais bien
Publié par Shoupi le 04-02-2016 00:01:23 ( 566 lectures ) Articles du même auteur



Je vais bien.
Au moins, je ne vais pas si mal.
La vie a un sacré sens de l'humour. Elle est joueuse. Elle me fatigue.
Elle se fait sérieuse quand je suis légère. Elle se fait silencieuse quand j'ai besoin de bruit. Elle transforme doucement les blessures en souvenirs, elle passe du baume sur le passé, elle l'épure et le polit, le lustre et le colore, alors que dehors tout est uniformément gris.
Je vais bien.
Je ne vois plus les vieux amis. Je fais le deuil lentement, ce n'est pas facile. Comme une toile inachevée... leurs histoires ne sont plus les miennes, et il est trop tard pour terminer quoi que ce soit.
Je vais bien.
Je fume un peu trop, je tourne en rond, j'essaie de rendre chaque jour unique mais ils finissent toujours par se ressembler. Je peins des couleurs dans le ciel gris et je refais le monde en mieux, mais ça ne dure jamais plus d'une soirée.
Je vais bien.
Les cours ça va, on grandit hein, hier j'entamais ma toute première année d'étude et aujourd'hui il ne m'en reste qu'une. L'avenir se tient dans un coin, là, effrayant et excitant, juste assez près pour me narguer, mais hors de portée, il s'estompe à chaque fois que je tends la main, et mes doigts brassent l'air parce qu'on a beau faire, on sera toujours coincés dans le présent, à jamais et pour toujours.
Je vais bien.
Des fois j'oublie, j'oublie beaucoup de choses, les sourires, les recettes, les dates et comment on fait pour être heureux. Et puis des fois, il y a un son, une image, une odeur qui me frappe et alors, je me souviens, et ça fait monter les larmes parce que le passé est déjà loin.
Je vais bien.
J'ai rencontré quelqu'un d'autre, pas mieux, pas moins bien, ce n'est pas toi mais c'est bien assez. Puis tu sais moi, ça n'a jamais été mon truc. J'aimerais bien te le raconter mais, je crois, nous ne sommes plus personne l'un pour l'autre. Quand il me fait l'amour parfois j'imagine que c'est toi, tu me manques mais je ne te l'avouerai jamais.
Je vais bien.
Je me rappelle parfois, l'enfance, l'innocente joie d'exister, la plus simple et pure façon d'être, enthousiasmée pour une broutille, toujours prête à l'aventure. Je me rappelle des champs dorés dont les longues broussailles me dépassaient d'au moins cinq centimètres, et quand on est petit, cinq centimètres c'est déjà beaucoup. Je me rappelle l'odeur des pins et les griffures sur les jambes, le son du ruisseau et le soleil découpé dans les feuillages d'arbres bien plus vieux que moi, quand le chien m'accompagnait à travers la campagne et que j'étais libre.
Je vais bien.
La vie est pleine d'humour. Un jour il fait gris, le suivant il fait clair. Et dans la routine qui s'installe et qui la rythme, il y a un petit quelque chose de changeant et c'est assez.
Je vais bien, oui.
J'ai deux jambes pour marcher, deux mains pour écrire, deux yeux pour voir et une âme d'enfant pour continuer à rêver.
C'est bien assez.

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Par une aquarelle de Tchano

Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
.

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