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Re: Défi anticipé du 6 mai
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Manneken Pis

Ce samedi, Lucie et Ludivine décident de visiter Bruxelles. Elles flânent dans la Rue Neuve en évitant d’entrer dans les magasins dont les articles sont hors budget. Elles traversent la Grand-Place, non sans en admirer l’hôtel de ville mitraillé par les flashs des touristes du monde entier. Lucie souhaite trouver le Manneken-Pis, célèbre statuette représentant un enfant nu surplombant une fontaine alimentée par l’eau sortant de son micro pénis. Il lui suffit de suivre le flux de personnes aux yeux bridés pour découvrir ce symbole de la culture belge. Elle s’étonne de la taille de la statue, proportionnellement inverse à sa renommée. Ludivine pose devant la fontaine. Lucie s’apprête à prendre le cliché lorsque soudain, une main lui arrache l’appareil. Comme elle a chaussé ses talons, elle se retrouve incapable de courser le voleur qui s’éloigne rapidement. Elle a juste le temps d’apercevoir des baskets vert fluo et un survêtement sombre. Dépitée, elle est la proie des regards désolés de la part des touristes qui l’entourent. Ceux-ci ne tardent pas à ranger leur matériel coûteux dans leur sac afin de ne pas passer, à leur tour, dans le camp des victimes.
Les deux amies se rendent au poste de police le plus proche. Après une interminable attente, elles sont invitées à suivre une femme rachitique jusqu’à un minuscule bureau où un policier à l’allure imposante termine sa conversation téléphonique. Il prend la parole avec un accent bruxellois très prononcé :
– C’est pour quoi ?
– Un vol.
– Ce n’est pas une agence de voyage ici ! »
Lucie est quelque peu déstabilisée par cette réflexion incongrue, émise sur un ton plutôt cassant.
– On m’a volé mon appareil photo.
– Y avait-il des photos compromettantes ?
– Euh… pour le Manneken-Pis, oui !
Lucie arbore fièrement un sourire, ravie d’avoir pu offrir une parade à la question-piège du policier. Ce dernier éclate d’un rire gras avant de rapprocher son clavier de son ventre proéminent.
– Montrez-moi votre carte d’identité, Madame.
– Euh… mademoiselle. Je ne suis pas mariée.
– Vous êtes donc libre… mais moi, je ne le suis pas. Je suis désolé de ne pouvoir vous aider.
– Et pour mon appareil ?
– Pour ça ? Je vais prendre votre déposition. Vous avez la facture ?
– Je ne me promène jamais avec !
– Avez-vous souscrit une assurance vol ?
– Non.
– Alors, la plainte ne sert pas à grand-chose. Avez-vous eu le temps de prendre une photo du voleur ?
Lucie ouvre de grands yeux en guise de réponse et lance un regard désabusé à Ludivine qui éclate de rire. Lucie ne peut s’empêcher de l’imiter. L’agent prend finalement la déposition de Lucie et lui explique qu’il y a de fortes chances que son bien soit vendu à la sauvette ou dans un magasin d’occasion ou encore exporté vers les pays de l’Est. Bref, notre apprentie touriste doit se résigner à ne plus le revoir et solliciter sa famille ou ses amis pour lui en financer un nouveau pour Noël ou son anniversaire.
Lucie passe la nuit chez Ludivine, dont le mari est parti en week-end avec des potes. Elles passent la soirée à regarder un vieux film romantique qui parvient à leur arracher quelques larmes de crocodile.
Le lendemain matin, après un copieux petit déjeuner, elles décident d’aller faire un tour au marché aux puces mensuel du quartier. Elles flânent pendant une heure dans les ruelles jonchées de bricoles en tous genres, contemplant les divers étals se réduisant souvent à une couverture posée à même le sol. Soudain, le regard de Lucie s’arrête sur des baskets identiques à celles du voleur de la veille. Elles sont chaussées par un jeune garçon en habits de sport noirs. Sur la vieille nappe à fleurs à ses pieds, Lucie remarque deux appareils photo identiques au sien. Si elle aborde le sujet, il risque de s’enfuir. Elle décide de la jouer plus stratégique et d’aller quérir l’aide d’un des agents qui patrouille au coin de la rue. Elle lui raconte sa mésaventure de la veille et ses soupçons concernant le vendeur. À la vue de l’uniforme qui s’approche, le jeune garçon devient livide et commence à remballer nerveusement sa marchandise. Il est stoppé à temps et prié de s’expliquer sur la provenance des appareils. Il évoque un vague héritage de la cousine germaine du côté de sa grand-mère. Le policier s’empare des appareils-photos et les présente à Lucie. Rien ne peut les différencier. La jeune femme propose de les allumer. Ainsi, si les photos n’ont pas été effacées, elle trouvera la preuve de la culpabilité du voleur suspect. Le premier contient des images de l’hôtel de ville, du Manneken-Pis mais Ludivine n’y figure pas. Il semble que ce voleur ait une prédilection pour les fans du petit garçon nudiste ! Le second appareil révèle d’autres clichés. Les premiers sont Lucie en tenue légère. Désirant s’inscrire sur un site de rencontre, elle avait utilisé le retardateur pour poser devant l’objectif en nuisette. Elle a rapidement changé d’avis et poster une photo plus traditionnelle. Elle regrette de ne pas les avoir effacées car elle se retrouve bien bête devant le regard concupiscent de l’agent. Histoire de noyer le poisson, elle lance :
– Vous voyez bien que c’est mon appareil !
Le policier sort de son trouble passager et attrape le bras du voleur en déclarant :
– Tu viens. On s’expliquera au poste. Suivez-moi, mesdemoiselles.
Après une courte confrontation, le garçon se confond en excuses, arguant un manque cruel de « flouze » pour acheter sa « beu ». Lucie ressort avec son précieux appareil dans son sac.
– Bon, je n’ai toujours pas de photo correcte de notre ami Manneken. On retourne lui faire un petit coucou ?
Sur place, Ludivine prend la pose. Lucie observe longuement autour d’elle. Pas de personne suspecte qui la guette, baskets dans les starting blocks. Tout semble calme. Elle règle l’objectif et Ludivine se retrouve enfin immortalisée. Sur le petit écran, elles vérifient la photo. C’est drôle, on pourrait presque déceler un petit sourire moqueur au bord des lèvres de la statuette.

Posté le : 06/05/2017 19:51
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Re: Défi du 29/04/2017
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Cher Iste,

Ah ! Mais nous serons très heureux de t'accueillir ! Et les bières ? Tu y a gouté ? Seul le soleil est un peu ce qui manque au-dessus de nos têtes mais il est toujours présent dans le coeur des belges.

Merci pour ce bel hommage.

Bises


Couscous

Posté le : 05/05/2017 20:21
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Re: Défi du 29/04/2017
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Cher jgiorgetti,

Je suis contente de voir que ce défi ait titillé ton imagination. J'en zozotte à la fin de ma lecture. Un texte qui nous fait voyager vers d'autres contrées.

Merci

Couscous

Posté le : 05/05/2017 20:20
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Re: Défi du 29/04/2017
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Mon Don,

Contente de te revoir dans les défis !

Il est bien triste cet orang-outang. Personnellement, je boycotte les zoos car les pauvres animaux me font pitié. Et dire qu'un jour ces établissements ont même présenté des humains...

Merci mon canard hurlu.

Bises

Couscous

Posté le : 05/05/2017 20:17
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Re: Défi du 29/04/2017
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Le jardin

Je viens de faire l’acquisition d’une belle demeure située un peu en retrait de la ville, sur les hauteurs. La maison est modeste mais possède un charme certain. Et le terrain est étendu : un hectare de pelouse, de chemins qui serpentent entre des bosquets et des arbres divers. Je suis littéralement tombée sous le charme et la vente s’est conclue plus vite que je n’aurais pu l’espérer. L’ancien propriétaire est un homme âgé, obligé de rentrer en maison de retraite. Le notaire paraissait soulagé de trouver un acheteur. Apparemment, son client avait refusé de nombreuses offres d’achat avant la mienne. Le jour de la remise des clés, il était très ému. Il m’a remis son trousseau en chuchotant : « Prenez bien soin d’eux ! ». J’ai répondu par l’affirmative en pensant qu’il évoquait la multitude d’arbres.
Après un bon nettoyage des diverses pièces de la maison, mes meubles ont pu être installés. J’ai ajouté par ci par là, ma petite touche personnelle : des tableaux de peinture abstraite, des sculptures psychédéliques, des rideaux bariolés et ma vaisselle dépareillée. Très vite, je me suis sentie chez moi. Toutes ces années à vivre dans un appartement deux pièces ! Vétérinaire depuis deux ans, j’ai pu économiser et m’acheter ce petit nid douillet.
Première nuit, le vent se déchaîne dehors et les fenêtres ont tendance à claquer. Il va falloir que je regarde à cela demain. Des ombres se promènent sur mon plafond. Les arbres sont malmenés par la tempête. J’observe ce ballet étrange et je croirais même parfois reconnaître des silhouettes d’oiseaux. Au moment de sombrer dans le sommeil, je sursaute au bruit de ma fenêtre qui s’ouvre brutalement. Un cri strident proche de celui d’un singe résonne et une ombre passe en vitesse la porte de ma chambre pour pénétrer dans le couloir.
Je saute de mon lit et referme la fenêtre battante. La lampe du corridor allumée, j’observe les lieux en tendant l’oreille. Aucun bruit dans la maison. Je me recouche et passe une nuit agitée, entrecoupée par divers cauchemars. Je ne vous raconte pas ma tête au réveil.
La météo prévoit un temps plus calme pour la nuit prochaine. Après ma journée de travail, je profite du jardin et me promène dans ses allées de verdure. Il sera parfait pour un jeu de cache-cache avec ma nièce cet été. Le soir tombe et j’improvise un souper sur la terrasse. Le jardin est peu à peu plongé dans la pénombre et les oiseaux cessent leurs chants mélodieux. Je continue à observer mon jardin désormais peuplé d’ombres diverses, formées sous la lumière de la lune. Le vent ne s’est pas invité ce soir et pourtant il semble y avoir du mouvement. Curieuse, je me munis de la lampe à pétrole, héritée de mon arrière-grand-père, avant de pénétrer entre les bosquets et autres buissons.
Au détour d’un sentier, je me retrouve face à une ombre blanchâtre qui a l’air d’une… non ce n’est pas possible… une tortue géante ? Je la contourne pendant qu’elle tente de se frayer un chemin vers un massif de fleurs. Il y a bien une tête qui sort d’une carapace imposante. Mais elle n’est pas réelle car je tente de la toucher et ma main ne trouve aucune matière solide. C’est alors qu’un son très particulier détourne mon attention. Je me dirige à l’oreille pour arriver dans une zone moins boisée, presque une clairière. Et devinez ce que je vois ! Non, plus gros que ça ! Hé oui, un éléphant d’Afrique, du moins son fantôme, avec ses énormes oreilles si caractéristiques. Il erre, tourne en rond dans cet espace jusqu’à ce qu’il soit perturbé dans son activité par deux chimpanzés vaporeux qui lui grimpent sur le dos. Cette scène me paraît si réelle que je m’approche. Ma présence les effraie : l’éléphant s’engouffre entre deux arbres et les singes sautent dans un buisson en poussant un cri, le même entendu hier soir dans ma chambre.
C’est alors que les paroles du vieil homme résonnent dans ma tête : « Prenez bien soin d’eux. ». Il savait ! Il a sûrement accepté mon offre en voyant que mon métier est de soigner les animaux. Mais ceux-là n’ont plus besoin de moi ! Mais pourquoi errent-ils sur cette propriété ? Demain, je prends congé et je vais tirer cela au clair.
À l’entrée de la maison de retraite, je demande à rencontrer Monsieur Leloup. Une infirmière avec une coiffe à l’ancienne me mène dans une salle commune où l’homme joue au solitaire.
– Bonjour, vous me reconnaissez ?
– Bien sûr. Je m’attendais à vous voir très vite.
– Vous auriez pu me parler des animaux dans le jardin.
– M’auriez-vous cru ?
– Non, en effet ! Ils sont combien ?
– Il y a Auguste l’éléphant, Léo et Léa le couple de chimpanzés, Alberta la tortue géante, Philibert le vautour, William le lion et Gustave le gorille.
– Je ne les pas encore tous rencontrés. Pourquoi hantent-ils ce jardin ?
– Suivez-moi !
Nous nous rendons dans sa chambre et il me remet un prospectus jauni où je peux lire : « Venez passer une journée en famille dans le parc zoologique de la colline ». Je reconnais la maison située juste à côté de l’entrée du zoo.
– Vous avez toujours habité là ?
– J’étais le gardien. Ces animaux étaient un peu mes enfants.
– Qu’est-il arrivé ?
– Le propriétaire du zoo est décédé. Il a légué le parc à son fils et la maison à moi. Mais très vite, j’ai compris qu’il n’était intéressé que par l’argent facile. Il a abandonné le zoo, les animaux et moi-même pour s’exiler aux Etats-Unis. Je n’avais pas les moyens d’entretenir cette ménagerie. J’ai pris contact avec les autres zoos qui ont accepté de reprendre les animaux les plus jeunes. Les autres sont restés sur le site avec moi. J’ai hypothéqué la maison et le terrain pour les nourrir jusqu’à leur mort naturelle. Le dernier fut Auguste il y a cinq ans. Leurs dépouilles sont enterrées là-bas. J’ai détruit les cages et aménagé un joli jardin. Mais chaque soir, ils venaient me voir, sûrement pour me remercier de les avoir soignés.
– C’est fou ! Vous avez enterré un cadavre d’éléphant ?
– Ce ne fut pas une mince affaire.
– Et moi qui culpabilisais de mettre les dépouilles de mes poissons rouges dans mes jardinières de balcon… Bon, et qu’est-ce que je dois faire avec ses fantômes ?
– Ils ne sont pas féroces. Parfois Léo entre dans la maison mais c’est tout.
– Oui, il est entré par la fenêtre lors d’une tempête.
– Il est très peureux.
– Tant qu’Auguste ne décide pas de faire de même…
– Vous êtes, plus que quiconque, apte à les aimer. Ils ne demandent que cela.
– Je vois. Il me faut les apprivoiser en quelque sorte. L’avantage est que je ne dois pas les nourrir.
Je quitte le vieux monsieur qui semble rassuré par notre conversation. Voilà que j’ai acheté un ancien zoo hanté. Je pourrais faire payer l’entrée le soir d’Halloween, succès et frissons garantis ! Non, ces animaux ont suffisamment été exploités de leur vivant.
Depuis lors, à la nuit tombée, je parcours les allées à la rencontre de mes animaux de compagnie un peu particuliers. J’ai tout de même été effrayée la première fois que j’ai croisé William, le lion, surtout lorsqu’il m’a bondi dessus. Je me suis recroquevillée pendant qu’un souffle glacial me traversait. Mes préférés sont les chimpanzés. Ils pénètrent souvent dans la maison et je croise alors Léo en allant dans la salle de bain la nuit. Il aime m’observer de ses yeux vides pendant que je fais pipi, ce qui est un peu perturbant mais on s’habitue à tout !

Posté le : 29/04/2017 20:02
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Re: Défi du 29/04/2017
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Mon Titi,

Je te sens préoccupé et ces animaux me semblent si proches de nous. Alors la coup de la girafe au ski ! Je suis pliée !

Merci pour ta participation malgré tes cogitations.

Je prie pour que le 7 mai, les français ne se trompent pas....

Bises

Couscous

Posté le : 29/04/2017 20:02
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Défi du 29/04/2017
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Bonjour les amis,

Voici la fête du travail qui se profile au bout de ce week-end et pour bien fêter cela, on est en congé ! C'est un paradoxe, non ? Pourtant je ne m'en plains pas.

Je vous propose un défi qui n'a rien à voir mais qui m'a été inspiré par une conversation avec une grande amie.

"J'habite au zoo".

Ah ah, je me demande ce qui vous allez me proposer...

Au plaisir de découvrir vos productions.

Bises

Couscous

Posté le : 29/04/2017 14:17
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Re: Défi de Pâques
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J’arrête !

C’est décidé, demain j’arrête ! Je viens de tomber sur une émission télévisée qui m’a fait sérieusement réfléchir. Si je ne veux pas mourir d’un AVC ou d’une crise cardiaque, je dois rester ferme. Ce ne sera pas facile mais tout est question de volonté ! Si on veut, on peut, comme me le disait souvent mon grand-père.
Nous sommes lundi matin, je prends mon café noir et tout de suite l’envie me prend. Ma main a ouvert le tiroir de la cuisine, comme une automate. Je les vois… j’en veux. Non ! Je le referme d’un coup sec et pars au boulot. Le téléphone n’arrête pas de sonner, il y a de nombreux dossiers à traiter, pas de temps de cogiter. L’horloge affiche dix heures. Je suis mes collègues jusqu’à la salle de pause. Voyant que je n’ai rien amener, Michèle propose de partager. Je refuse poliment en reprenant d’un ton dramatique les arguments avancés dans l’émission d’hier.
– Oh, tu sais, ce genre de programme essaie toujours de nous faire peur. Si c’était mortel, on n’en vendrait plus. Tu ne risques rien si tu n’exagères pas. C’est ainsi pour tout. Même le sport !
– Pour le sport, ça ne risque pas chez moi ! Mais j’ai réfléchi : autant arrêter que de se dire que l’on se fait du mal. Et puis c’est un budget aussi. S’il faut se tourner vers des produits économiques mais mélangés à des cochonneries, c’est pire.
Je suis si fière de moi ; j’ai résisté à la tentation. Pourtant, après le repas de midi, ça se complique. Mes synapses me crient « Vas-y ! On en veut ! Ne résiste pas. Tu nous as habituées à notre dose quotidienne. Ne nous en prive pas, ce serait cruel. » J’ai l’impression de me battre contre mon propre corps. De l’autre côté, mon esprit y ajoute son grain de sel et un horrible sentiment de frustration m’envahit. Je ronchonne toute l’après-midi. Michèle le remarque et me lance : « Toi tu es déjà en manque ! ». Je l’ignore en silence.
En effectuant mes courses, j’en vois à la caisse. C’est comme si je les entendais me crier « Achète-nous ! Fais-toi plaisir ! Ce n’est pas grave ! ». Quelle horreur ! Je deviens folle ? Je paie mes achats et me dirige vers la sortie en courant, attirant l’attention du vigile qui m’interpelle.
– Bonjour Madame, vous avez l’air très pressée.
– Oui, je… (je ne vais pas lui avouer que je fuis les cris de produits, il va appeler l’asile) je vais rater mon bus.
Il insiste pour voir mon sac et mon ticket. Comme il n’y a rien à redire, il me laisse partir en me disant « Je suis très physionomiste, je vous aurai à l’œil si vous revenez ». Me voilà cataloguée criminelle potentielle alors que je tente juste de me désintoxiquer.
Le lendemain, j’évite certaines rues avec leurs publicités aguicheuses affichées dans les vitrines des magasins, allongeant mon trajet de vingt minutes. Mes nuits deviennent courtes, émaillées de cauchemars de manque. Je vois l’objet de mon désir me poursuivre alors que je suis incapable de courir, faute de jambes, et qui finit par m’écraser et m’étouffer. Je me réveille en nage et essoufflée.
Nous sommes vendredi soir et je fais le bilan de cette semaine : j’ai des cernes violacés, un teint terne et je viens de me disputer avec ma meilleure amie pour des broutilles. Il faut se rendre à l’évidence : je suis plus heureuse avec que sans. Je pénètre dans le supermarché sous le regard méfiant du vigile. Là, je fais littéralement le plein sans restriction. Avant de sortir, je lui ouvre mon sac en affichant un sourire jusqu’aux lèvres. J’ai presque envie de lui en proposer. Non, ce sera tout pour moi.
Toute la soirée, je fais une orgie… de chocolat. C’est si délicieux ! Dès la première bouchée, mes synapses se mettent à danser la Macarena, mes papilles à chanter « O sole mio », un sentiment de bien-être me submerge. Je ne m’arrête que lorsque je suis au bord de la crise de foie. Que cela fait du bien ! Je ne suis finalement pas celles qui peuvent s’en passer.
Bon, ben il faut bien mourir de quelque chose alors autant se faire plaisir avant ! Moi, je suis très chocolat, et vous ?

Posté le : 16/04/2017 16:18
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Re: Défi du 8 avril
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Chère Athéna,

Quelle joie de te retrouver parmi les défieurs !

Tu joues avec les mots et nous titilles avec la souris et les chats. J'ai cogité sur l'identité de ce bouc qui est si célèbre. La question est posée : briller sur écran vaut-il quelque chose ? Mieux vaut briller dans la vie et ça, je sais que tu le fais quotidiennement.

Un grand merci

je t'embrasse.

Couscous

Posté le : 14/04/2017 20:35
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Re: Défi du 8 avril
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Mon Titi,

D'un même élan, tu nous livres ton poème drôle à souhait, commentes ma nouvelle, envoies un clin d'oeil à nos défieurs et rappelle à tous à quoi ressemble souvent le lendemain des élections et ses désillusions non virtuelles.


J'espère que Donald ne te tiendra pas rigueur de le comparer à un candidat et que Jacques finira par te payer un verre.

Je t'embrasse

Couscous

Posté le : 14/04/2017 20:30
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Par une aquarelle de Tchano

Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
.

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