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Gilles Deleuze
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Le 18 janvier 1925, à Paris naIt Gilles Deleuze
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mort, à 70 ans dans la même ville le 4 novembre 1995, philosophe français
à Paris il appartient à l' école tradition, French Theory, Immanentisme, ses principaux intérêts sont la politique, psychanalyse, esthétique, littérature
ses Idées remarquables sont répétition/différence, déterritorialisation, machine désirante, rhizome, Corps-sans-organes, agencement, ligne de fuite, image-mouvement, image-temps, image-cristal, évènement, plan d'immanence, géophilosophie, personnage conceptuel. Ses Œuvres principales : Différence et répétition, Logique du sens
L'Anti-Œdipe, Mille Plateaux, Cinéma - L'image-mouvement, Cinéma - L'image temps, Qu'est-ce que la philosophie ? Il est influencé par Stoïcisme, Lucrèce, Spinoza, Hume, Nietzsche, Marx, Bergson, Duns Scot, Guattari, Leibniz, Sacher-Masoch, Sade, Carroll, Peirce, Proust, Bateson, Artaud, Blanchot, Simondon, Foucault, Héraclite, Samuel Beckett, il a influencé Félix Guattari, Éric Alliez, Alain Badiou, Alexander Bard, Barbara Cassin, Jean-Clet Martin, Toni Negri, Frédéric Neyrat, Peter Sloterdijk, Bernard Stiegler, Michel Onfray, André Scala, Arnaud Villani, François Zourabichvili, Jean Baudrillard, Daniel Colson, Miguel Benasayag, Richard Pinhas, Ollivier Pourriol, Tahir Musa Ceylan

En Bref

Gilles Deleuze est un philosophe français auteur d’une des œuvres théoriques les plus importantes et les plus influentes du XXe s. Ses livres sur l’histoire de la philosophie, la psychanalyse, ou sur l’art, le cinéma et la littérature, sont célèbres dans le monde entier. Il fut aussi l’une des grandes figures de l’engagement intellectuel.
Le philosophe français Gilles Deleuze est né à Paris le 18 janvier 1925 ; souffrant d'une insuffisance respiratoire chronique, il se donnera la mort le 4 novembre 1995 par défenestration. Il commence à publier à partir du début des années 1950. Son œuvre est faite d'essais portant sur des figures éminentes de la philosophie, Hume, Bergson, Nietzsche, Spinoza, Leibniz, ou de la littérature, Proust, Kafka, Melville, Beckett, mais aussi sur des concepts originaux développés à partir de la formulation rigoureuse de problèmes, la différence et la répétition, le sens et l'événement, le désir et le pouvoir, le pli et le baroque.... Elle comporte aussi de nombreux articles, où on voit le philosophe revenir sur son propre travail, intervenir sur des enjeux engageant l'exercice de la pensée, soutenir des films ou marquer l'importance d'un écrivain. Grand professeur, doué d'un sens hors pair de la pédagogie, il enseignera à Paris-VIII de 1969 à 1987, il laisse également des cours où sa parole ouvre les chemins qui donneront jour à ses livres. Face à ses étudiants, on l'entend construire ses principaux concepts, déterritorialisation et reterritorialisation, agencement, pli, événement, immanence... ; on le suit, aussi, dans sa façon de traverser les deux autres domaines de la pensée que sont la science et l'art, Francis Bacon et le diagramme, le cinéma et une taxinomie des images. Marqué par la rencontre de figures intellectuelles telles que Jean Hyppolite, François Châtelet, Michel Foucault ou Pierre Klossowski, ce parcours intellectuel, qui fait de Deleuze un des philosophes majeurs du XXe siècle, se distingue aussi par le fait qu'il fut, à plusieurs reprises, tracé en compagnie de Félix Guattari.

Sa vie

Gilles Deleuze est né à Paris le 18 janvier 1925 ; souffrant d'une insuffisance respiratoire chronique, il se donnera la mort le 4 novembre 1995 par défenestration. Il commence à publier à partir du début des années 1950.
Gilles Deleuze fait ses études secondaires au lycée Carnot, à Paris. Entré à la Sorbonne en 1944, il y suit un cursus de philosophie et passe l’agrégation en 1948. Il occupe alors des postes d’enseignement dans différents lycées à Amiens, à Lyon, à Paris Louis-le-Grand, puis, après la soutenance, en 1969, de sa thèse intitulée Différence et répétition, il devient professeur à l’université expérimentale de Paris VIII-Vincennes, où il donnera des cours attirant un public très nombreux jusqu’à sa retraite, en 1987.

Les premiers livres de Gilles Deleuze sont des ouvrages d’histoire de la philosophie de facture assez classique. Mais ceux-ci lui permettent d’acquérir une grande renommée dans le cercle restreint des philosophes. L’originalité de sa démarche consiste à étudier des auteurs considérés à ce moment-là comme mineurs par la tradition universitaire, c’est-à-dire à restituer des courants de pensée souvent négligés, voire oubliés. Il publie ainsi des études sur Hume, Empirisme et subjectivité, 1953, Nietzsche,Nietzsche et la philosophie, 1962, Bergson le Bergsonisme, 1966, Spinoza Spinoza et le problème de l’expression, 1968 – autant d’auteurs qui, dit-il, ont pour point commun de s’opposer au rationalisme qui domine la philosophie et d’être négligés par le hégélianisme alors tout-puissant dans les cercles intellectuels. Il publie également un petit livre sur Kant la Philosophie de Kant, 1963.

Contre la psychanalyse.

Deleuze fait entre 1944 et 1948 ses études de philosophie à la faculté des lettres de l'université de Paris, où il rencontre Michel Butor, François Châtelet, Claude Lanzmann, Olivier Revault d'Allonnes, Michel Tournier. Ses professeurs sont Ferdinand Alquié, Georges Canguilhem, Maurice de Gandillac, Jean Hyppolite.
Professeur agrégé en 1948, il enseigne au lycée Louis-Thuillier d'Amiens, puis au lycée Pothier d'Orléans et au lycée Louis-le-Grand. Il obtient un poste d'assistant à la faculté des lettres de l'université de Paris en 1957 et se consacre alors à l'histoire de la philosophie. En 1960, il est nommé attaché de recherche du CNRS, puis en 1964, chargé d'enseignement à la faculté des lettres de l'université de Lyon.

Gilles Deleuze est transformé par les événements de mai 1968, qui le font entrer en politique. Il s’engage alors très fortement, avec Michel Foucault notamment, dont il est très proche, aux côtés des travailleurs, des immigrés, des prisonniers, des homosexuels… De plus, sa rencontre avec le psychanalyste Félix Guattari, en 1969, oriente son travail dans une nouvelle direction : la critique de la psychanalyse. Ils publient ensemble des livres comme l’Anti-Œdipe 1972 ou Mille Plateaux 1980, qui constituent une charge féroce contre la notion de complexe d’Œdipe et contre la psychanalyse elle-même, mais qui peuvent plus globalement se lire comme une remise en cause de l’ensemble des dispositifs théoriques, politiques ou pratiques qui répriment les désirs.
Dans la perspective de Deleuze et Guattari, le désir n’est plus conçu comme un manque, mais comme une production, une affirmation. En 1975, leur livre intitulé Kafka, pour une littérature mineure propose une nouvelle théorie de l’inconscient. Contrairement à la tradition analytique, celui-ci n’est plus conçu comme familial et personnel, mais, au contraire, comme essentiellement collectif, et, par là même, historique et politique.

En 1969, l'université de Paris lui décerne le doctorat ès lettres pour sa thèse principale Différence et répétition sous la direction de Maurice de Gandillac, et sa thèse secondaire Spinoza et le problème de l’expression sous la direction de Ferdinand Alquié.
La même année sa rencontre avec Félix Guattari, aussi décisive que celle de Simondon, Spinoza, Nietzsche, Bergson, Leibniz et A. N. Whitehead, entame une longue et fructueuse collaboration.
Nommé maître de conférences puis professeur à l'Université Paris-VIII, il y enseigne jusqu'à sa retraite universitaire en 1987. En 1987 il créé avec Guattari la Revue des schizoanalyses ''Chimères'' .

D'abord perçu comme un historien de la philosophie, Deleuze propose pourtant une nouvelle définition du philosophe, "celui qui crée des concepts". Aussi se révèle-t-il vite un créateur en philosophie : il s'intéresse tout particulièrement aux rapports entre sens, non-sens et événement à partir de l'œuvre de Lewis Carroll et du stoïcisme grec. Il développe une métaphysique et une philosophie de l'art originales.
Avec Félix Guattari, il crée le concept de déterritorialisation, menant une critique conjointe de la psychanalyse et du capitalisme.
Ses œuvres principales, Différence et répétition 1968, Logique du sens 1969, L'Anti-Œdipe 1972 et Mille Plateaux 1980 ces deux dernières écrites avec Félix Guattari, ont un retentissement certain dans les milieux universitaires occidentaux et sont très à la mode des années 1970 aux années 1980. La pensée deleuzienne est parfois associée au post-structuralisme, bien qu'il ait déclaré s'être toujours vu comme un métaphysicien.

Gilles Deleuze est, de l'avis de beaucoup, un professeur extraordinaire. Dans ses ouvrages d'histoire de la philosophie notamment, l'emploi de mots simples au service d'une pensée rigoureuse et d'une grande imagination conceptuelle permet à son œuvre d'être comprise par le large public que ses cours, en accès libre, attirent. Sa femme, Fanny Deleuze a transcrit une partie importante de cet enseignement disponible sur le site créé par Richard Pinhas.
Michel Foucault estimait qu' "Un jour, peut-être, le siècle sera deleuzien. . Deleuze interrogé sur cette citation répondit que Foucault pensait sans doute qu'il représentait l'expression la plus pure de la pensée de la différence, car il en était l'expression purement conceptuelle, c'est-à-dire ni historique, comme Michel Foucault, ni critique, comme Roland Barthes, par exemple, etc. :"il voulait sans doute dire que j'étais le plus innocent, le plus philosophe."

Atteint d'une grave maladie respiratoire, Gilles Deleuze se suicide le 4 novembre 1995. "Ce sont les organismes qui meurent, pas la vie." Il est enterré à Saint-Léonard-de-Noblat, en Haute-Vienne.

Vie privée

Il est le père d'Émilie Deleuze, réalisatrice française, et de Julien Deleuze, traducteur d'anglais.

Philosophie Histoire et devenir de la philosophie

Ses premières œuvres, écrites sur des philosophes Hume, Kant, Nietzsche, Bergson, Spinoza et des écrivains Proust, Sacher-Masoch, sont rapidement considérées comme des ouvrages de référence. Toutes témoignent d'un effort pour saisir ce qu'il y a d'essentiellement nouveau chez chacun de ces auteurs. En développant ces apports historiques, Deleuze pose aussi les jalons d'un système philosophique axé sur la production du nouveau ou création, et qui célèbre ainsi la vie. Il tente d'élaborer un empirisme transcendantal. Sa thèse, avec d'une part Différence et répétition, qui élabore une conception neuve de la différence, comme première et non pensée sur fond d'identique, et d'autre part Spinoza et le problème de l'expression, qui élabore la conception d'une vie tout entière immanente, où Dieu et l'être ne font qu'un, marque une avancée décisive dans le déploiement de cette philosophie.À continuer.

Pour Deleuze, " la philosophie est l'art de former, d'inventer, de fabriquer des concepts " Qu'est-ce que la philosophie ?, chose dont il ne s'est jamais privé.

"Un concept, ce n’est pas du tout quelque chose de donné. Bien plus, un concept ce n’est pas la même chose que la pensée: on peut très bien penser sans concept, et même, tous ceux qui ne font pas de philosophie, je crois qu’ils pensent, qu’ils pensent pleinement, mais qu’ils ne pensent pas par concepts – si vous acceptez l’idée que le concept soit le terme d’une activité ou d’une création originale. Je dirais que le concept, c’est un système de singularités prélevé sur un flux de pensée. Un philosophe, c’est quelqu’un qui fabrique des concepts. Est-ce que c’est intellectuel? A mon avis, non."
— Cours Vincennes - LEIBNIZ - 15/04/1980

Il assure que la philosophie ne s'adresse pas qu'aux spécialistes, et l'on peut dire de lui ce qu'il disait de Spinoza : tout le monde est capable de le lire, et d'en tirer de grandes émotions, ou de renouveler complètement sa perception, même s'il en comprend mal les concepts. Inversement, un historien de la philosophie qui n'en comprend que les concepts n'a pas une compréhension suffisante.
"Il faut les deux ailes, comme disait Jaspers, ne serait-ce que pour nous emporter philosophes et non-philosophes vers une limite commune. "
— Pourparlers, p. 225

Dans l'Abécédaire, il raconte que ce qui lui a le plus fait plaisir, dans le courrier qu'il a reçu après la publication du Pli, ce n'étaient pas les lettres d'universitaires, mais celles d'un club d'origamistes et d'un club de surfeurs.
Pour le lecteur, que la lecture soit toute récente ou fort ancienne, Deleuze est toujours un labyrinthe. La lecture trop fraîche le prend pour une machine à dérouter, on le conçoit ensuite plutôt comme machine à orienter. C'est à la condition de disposer des segments nécessaires pour re-construire soi-même le principe de ce labyrinthe, afin de s'y orienter et d'y orienter le lecteur.

Le désir

La publication de L'Anti-Œdipe 1972 marque une étape importante dans l'œuvre du philosophe. Dans cet ouvrage, co-écrit avec Félix Guattari, Gilles Deleuze propose une nouvelle conception du désir. Reprenant l'idée freudienne de libido, il pose que le désir est production. Cela a une double conséquence : on ne saurait le concevoir comme manque ; il est investissement immédiat de la réalité sociale.
La première conséquence peut surprendre, tant elle va à l'encontre du sens commun. En effet, d'une manière générale, désirer, c'est éprouver l'absence de quelque chose, et c'est mettre en œuvre les moyens de combler ce manque. Cette conception est développée de manière exemplaire dans le Banquet de Platon, où Éros est présenté comme le fils de Pénia pénurie et de Poros expédient. En polémique ouverte avec la conception psychanalytique du désir qui le pense à partir de la castration, le rapport immédiat du désir au social permet de comprendre comment ce sont les formations sociales elles-mêmes qui font entrer le manque dans le désir. Afin d'étayer sa thèse, Deleuze introduit deux concepts : les machines désirantes et le corps sans organes : « Les machines désirantes sont la catégorie fondamentale de l'économie du désir, produisent par elles-mêmes un corps sans organes. » Les deux concepts sont indissociables. Ils sont co-impliqués, et leur conjonction seule permet de décrire la vie du désir. Il en résulte immédiatement que cette vie ne se laisse appréhender qu'à la condition de rester en deçà des entités constituées : organisme, personnes avec leur identité ou objets avec leur unité. C'est à cette condition qu'une théorie de l'inconscient peut être renouvelée.

À cette fin, Deleuze montre comment les machines désirantes mettent en œuvre trois synthèses : une synthèse connective, une disjonctive et une conjonctive. La première synthèse consiste en un couplage entre deux éléments fragmentaires et hétérogènes par exemple, un flux de lait et une bouche qui opère un prélèvement sur ce flux ; la deuxième, en la mise en relation d'éléments disparates entre lesquels le désir circule ce qu'on appelle une chaîne signifiante ; la troisième, en la genèse de zones d'intensité. Ces trois synthèses sont simultanées, et contribuent à créer ce que Deleuze appelle un agencement. Quant au corps sans organes, il est la substance immanente où le désir ne cesse de se tramer à travers de nouvelles connexions. Toutefois, et c'est ce qui fait la difficulté de la thèse de Deleuze, ce même corps sans organes doit aussi être conçu comme ce qui ne cesse de s'opposer au fonctionnement des machines désirantes : il les repousse, devenant la surface où coule une énergie non liée et où l'intensité est égale à zéro. En cela, il est le modèle de la mort qui ne cesse de monter de l'intérieur du corps.

Les devenirs

Le devenir est le processus du désir, est-il dit dans Mille Plateaux 1980. Dans les connexions, une ligne se dessine. Partant d'un point singulier arraché à une multiplicité un élément fragmentaire, elle conduit au voisinage d'un autre point singulier, à partir duquel elle reprend son mouvement. Une série s'organise qui nous conduit toujours plus loin dans ce que Deleuze appelle un processus de déterritorialisation. Pour préciser le sens de ce dernier concept, il se plaît à développer l'idée d'un devenir-animal qui emporte les hommes, les ouvrant à la possibilité de produire du nouveau dans un acte créateur. Il se tourne pour cela vers les œuvres de Kafka La Métamorphose, Joséphine la cantatrice, ou le Peuple des souris ou de Melville Moby Dick. Les devenirs-animaux sont d'abord d'une autre puissance, puisqu'ils n'ont pas leur réalité dans l'animal qu'on imiterait ou auquel on correspondrait, mais en eux-mêmes, dans ce qui nous rend tout d'un coup et nous fait devenir, un voisinage, une indiscernabilité, qui extrait de l'animal quelque chose de commun, beaucoup plus que toute domestication, que toute utilisation, que toute imitation Mille Plateaux.
Mais le devenir ne vise pas uniquement les rapports différentiels qui s'établissent entre points singuliers. Il concerne aussi le riche domaine des affects. En effet, dans le mouvement de déterritorialisation, des intensités sont produites. Le sujet passe par elles, et, selon les variations de degré qu'elles présentent, il éprouve une augmentation ou une diminution de sa puissance d'agir. Deleuze retrouve ici les analyses de Logique du sens 1969. Dans la première série de paradoxes qui ouvre le livre, il notait ainsi que devenir, c'est être emporté simultanément dans deux directions différentes, impliquant la coexistence du passé et du futur dans une esquive du présent : Telle est la simultanéité d'un devenir dont le propre est d'esquiver le présent. En tant qu'il esquive le présent, le devenir ne supporte pas la séparation ni la distinction de l'avant et de l'après, du passé et du futur.

Le futur

Le futur constitue la dimension insigne du temps. L'originalité de Deleuze est d'en saisir l'essence à partir de l'acte de création, et d'en faire le temps par excellence de la pensée. À ce titre, les développements de Différence et répétition (1968) sont fondamentaux, et ne cesseront d'animer le reste de l'œuvre. Le futur est l'inconditionné. Cela ne signifie pas qu'il surgisse de façon arbitraire et qu'il soit sans relation avec le présent et le passé, mais qu'il rejette ces conditions une fois produit. Cette idée approfondit l’interprétation que Deleuze avait faite de l’éternel retour dans son livre Nietzsche et la philosophie (1962). Le temps se trouve ainsi libéré de ses contenus. Cette libération ne s'identifie pas à une sortie hors du temps, mais représente l'épreuve la plus radicale de notre absence de soumission aux données temporelles, c'est-à-dire aux contenus empiriques du temps. Le temps s'ouvre : il n'y a pas d'annonce du futur, nulle promesse, mais le surgissement d'un Événement qui nous propulse dans cette dimension. L'ouverture prend la forme d'une fulgurance ; elle est un arrachement à soi. L'originalité du futur tient donc au fait que l'ensemble du temps s'ordonne autour d'un événement qui le met en série.

En résulte une conséquence remarquable pour la pensée. Elle ne relève pas d'un exercice naturel dans la forme d'un bon sens ou d'un sens commun, mais elle suppose une véritable création. « Penser, c'est créer, il n'y a pas d'autre création, mais créer, c'est d'abord engendrer „penser“ dans la pensée » (Différence et répétition). Gilles Deleuze reviendra sur ce problème du temps dans Logique du sens, afin de montrer comment il est fondamentalement lié à une réflexion sur le sens et sur l'événement. La thèse qui en résultera sera que le temps vide doit être compris comme Aiôn – temps illimité et infiniment subdivisible –, auquel l'Événement est adéquat : « Chaque événement est adéquat à l'Aiôn tout entier, chaque événement communique avec tous les autres, tous forment un seul et même Événement, événement de l'Aiôn où ils ont une vérité éternelle. Voilà le secret de l'événement : qu'il soit sur l'Aiôn et pourtant ne le remplisse pas » (Logique du sens). Une telle réflexion ne peut être menée à terme qu'à la condition de dégager un plan d'immanence.

L'immanence

Gilles Deleuze. n’a cessé d’insister sur l’importance, pour la philosophie, de la question : quid juris ? Dans son cours sur Leibniz (1980), il rappelle comment cette formule (qui signifie : qu’en est-il du droit ?) se distingue d’une interrogation relative au fait (quid facti ? ou, qu’en est-il du fait ?). Il souligne également son rôle chez Kant, et comment elle est inséparable d’une démarche transcendantale. Toutefois, comme cela apparaît en différents endroits de l’œuvre de Deleuze, la pertinence du questionnement transcendantal suppose que trois exigences soient remplies.

Tout d’abord, on évitera toute confusion entre les événements et les accidents, entre les concepts et les états de choses. Comme il le dit dans Qu’est-ce que la philosophie ? (1991), « l’image de la pensée implique une sévère répartition du fait et du droit : ce qui revient à la pensée comme telle doit être séparé des accidents qui renvoient aux cerveaux, ou aux opinions historiques ». Cette répartition suppose que les structures transcendantales ne soient pas décalquées sur les formes empiriques. Ensuite, la pensée sera portée à sa limite chaque fois qu’elle sera confrontée à un problème nouveau. Par exemple, y a-t-il une expérience de l’amnésie qui ne serait pas un simple accident du cerveau, mais qui renverrait à un immémorial ? y a-t-il un oubli qui forcerait la pensée à se remémorer ? Cette expérience reçoit le nom d’empirisme transcendantal. Enfin, avec le surgissement de l’Événement, on montrera comment la pensée est nécessairement confrontée au problème de la vitesse. « Le problème de la pensée c’est la vitesse infinie. » Si l’Événement est adéquat à l’Aiôn, c’est parce que la vitesse est l’horizon absolu du transcendantal.
Le dernier texte que Deleuze nous ait livré, « L'Immanence : une vie... », publié par la suite dans Deux Régimes de fou (2003), montre ainsi le lien qu'il faudrait établir entre l'immanence et un champ transcendantal impersonnel. Sur ce plan, il n'y a que des virtualités ou des singularités. Par elles et en elles, une vie passe : « Vie de pure immanence, neutre, au-delà du bien et du mal, puisque seul le sujet qui l'incarnait au milieu des choses la rendait bonne ou mauvaise. La vie de telle individualité s'efface au profit de la vie singulière immanente à un homme qui n'a plus de nom, bien qu'il ne se confonde avec aucun autre. Essence singulière, une vie... » Une vie tramée par le désir, emportée par les devenirs, affectée par une vitesse que seul le futur peut accorder. Une vie que Gilles Deleuze n'a cessé de chanter.

Clinique et politique

La philosophie de Deleuze est celle d'une immanence absolue. Pas de transcendant, pas de négation, pas de manque, mais un complot d'affects, une culture de la joie, une dénonciation radicale des pouvoirs. Une philosophie de la vie et de la pure affirmation, de l'immanence, donc, comme sortie des frontières du sujet :
"En chacun de nous, il y a comme une ascèse, une partie dirigée contre nous-mêmes. Nous sommes des déserts, mais peuplés de tribus, de faunes et de flores. ... Et toutes ces peuplades, toutes ces foules, n'empêchent pas le désert, qui est notre ascèse même, au contraire elles l'habitent, elles passent par lui, sur lui. ... Le désert, l'expérimentation sur soi-même, est notre seule identité, notre chance unique pour toutes les combinaisons qui nous habitent. "
— Dialogues, p. 18

La philosophie de Deleuze croise ici une première fois les intérêts de Foucault pour la folie. Tous deux pensèrent en effet sérieusement à la folie et à un dialogue possible avec elle. Si Foucault le fait en la prenant comme un objet historique complexe dont il lit la genèse comme l'envers et la condition non nécessaire de notre pensée la pensée de la folie n'est pas une expérience de la folie, mais de la pensée : elle ne devient folie que dans l'effondrement, Deleuze, à son tour, dans son rapprochement avec Félix Guattari, s'intéresse à ce sujet lors de la création de ses propres concepts. Peut-être le rhizome est-il l'expression extrême de cela. En fait on peut y penser comme à un rayon X de la pensée du dehors, dans sa logique la plus intime, c'est-à-dire quand elle est le plus tournée vers le dehors. On trouve en elle l'ouverture d'un désert, la mobilité oubliée, la connectivité errante, la prolifération multidirectionnelle, l'absence de centre, de sujet, d'objet – une topologie et une chronologie assez hallucinatoires. En bref, on ne trouve pas la carte d'un autre monde mais plutôt l'autre cartographie possible de tous les mondes – ce qui fait précisément de ce monde un autre, nous délivrant des chaînes de la quotidienneté.

" Faire d'un événement, si petit soit-il, la chose la plus délicate du monde, le contraire de faire un drame, ou de faire une histoire. "
— Dialogues, p. 81

Sur la fin de sa vie, Deleuze esquisse – second croisement – le prolongement d'une idée de Foucault qui envisageait la fin des sociétés disciplinaires. Gilles Deleuze donne dans deux conférences des pistes de réflexion sur le contrôle en affirmant que Foucault en avait explicitement formé le concept. Cette assertion est ensuite démentie par de nombreux auteurs, Foucault n'ayant rien publié sur le sujet. Toutefois ses cours au collège de France des années 1975-1976, 1976-1977 et 1977-1978 publiés en 2002 font état d'une recherche avancée dans cette direction. Les sociétés de contrôle ou de sécurité sont un troisième temps dans l'histoire des disciplines et succèdent aux sociétés disciplinaires. Le processus de mutation est contemporain selon Deleuze, et remonte selon Foucault au XIXe siècle. L'approche historique de Foucault se démarque ici encore de l'approche conceptuelle de Deleuze.
"Le contrôle est à court terme et à rotation rapide, mais aussi continu et illimité, tandis que la discipline était de longue durée, infinie et discontinue... L'homme n'est plus l'homme enfermé, mais l'homme endetté. " Pourparlers.

Cinéma Action, réaction

L'analyse que Deleuze fait du cinéma s'appuie sur l'œuvre d'Henri Bergson, Matière et mémoire. D'un point de vue physiologique et de manière très simplifiée, la perception humaine suit le schème sensori-moteur suivant :
des capteurs œil, oreille... reçoivent de l'information dans notre environnement. Ils captent l'action de l'environnement sur nous.
cette information est envoyée, via des nerfs sensoriels vers le cerveau.
ce cerveau est capable de prendre une décision de réaction à l'environnement.
le signal de réaction est transmis via des nerfs moteurs vers des muscles.
ces muscles réalisent effectivement la réaction.
Le cerveau humain est donc fondamentalement l'interface entre des actions reçues et des réactions émises. Il fonctionne toujours selon le principe d'action-réaction.
Contrairement à une idée répandue, nos perceptions ne sont pas de simples copies mentales de notre environnement. C'est-à-dire qu'elles ne se résument pas au signal envoyé par les capteurs au cerveau. C'est ce signal sensoriel traité par le cerveau afin d'envisager les réactions possibles qui constitue notre perception. La perception n'est pas l'action reçue, mais l'ensemble des réponses possibles à cette action.

Habitude et réflexion pure

Entre l'action et la réaction, il peut s'écouler un laps de temps plus ou moins long.
Dans le cas extrême de l'habitude, la réaction s'enchaîne de manière quasi instantanée avec l'action. Il ne s'agit pas de réflexe, mais lorsqu'une séquence d'action est effectuée souvent, l'enchaînement est bien connu, et peut être réalisé rapidement et sans nécessiter de concentration. Cela permet de gagner en efficacité, en rapidité et libère le cerveau. Un exemple typique est l'apprentissage de la conduite : d'abord éprouvante, elle devient de moins en moins pénible au fur et à mesure que les séquences de mouvements deviennent habituelles. Un autre exemple, sorte d'effet de bord, est l'écoute d'un disque bien connu, lorsque la fin d'un morceau nous rappelle le début du suivant. La séquence est ici connue par cœur et nous anticipons l'action suivante par habitude.
Mais que se passe-t-il si nous activons la lecture aléatoire ? Le morceau attendu n'est pas joué, remplacé par un autre. Nous sommes perturbés. Et c'est là la limite de l'habitude : elle n'est absolument pas adaptable. Dès lors que l'on se trouve dans une situation peu courante, l'habitude est totalement inefficace. Il faut alors faire appel à sa mémoire, rechercher dans notre passé des expériences pas trop éloignées, capable de nous éclairer sur le choix à faire dans la situation présente. Il faut réfléchir, et cela prend du temps. Nécessairement, le temps entre l'action reçue et la réaction apportée s'étire. À l'extrême limite, ce temps devient infiniment long : c'est la réflexion pure. L’action ne donne plus lieu à une réaction, le schème sensori-moteur est brisé.
Il s'agit de deux extrêmes et le fonctionnement réel du cerveau oscille en permanence entre les deux. Le choix dépend des besoins du moment et du temps disponible. Si j'ai une décision très importante à prendre, je vais prendre le temps de réfléchir, prendre le temps d'étudier les divers arguments. C'est le temps nécessaire à la réflexion qui décide du moment de la réaction : prendre une décision sensée. Mais si je suis dans mon transat et qu'un ballon arc-en-ciel se dirige vers moi, je vais m'écarter rapidement et renverser le cocktail que je tenais à la main : la réaction est rapide mais pas optimale. Si j'avais eu le temps, j'aurais pensé au cocktail et me serais déplacé différemment. Mais voilà, je n'ai pas eu le temps, le danger était trop imminent. Le temps disponible pour la réflexion est contraint par l'urgence de l'action/réaction.

Image-mouvement, image-temps

Gilles Deleuze illustre la réflexion précédente à travers le cinéma.

De la même manière que le cerveau fonctionne entre deux types extrêmes, on retrouve au cinéma deux grandes images correspondantes. D'un côté l'image-mouvement, qui repose sur le schème sensori-moteur, l’action donne lieu à une réaction. De l'autre l'image-temps, reposant sur la réflexion pure. Dans la première image, l'action décide du temps. Un personnage sort de la pièce - cut - le même personnage est vu en extérieur sortant de chez lui et empruntant la rue. Le plan a été coupé parce que le personnage n'avait plus rien à y faire. C'est l'action, la sortie du personnage qui arrête le plan et décide de sa durée. Le plan suivant constitue la réaction. Le temps dépend de l’action. : L’image-mouvement … nous présente un personnage dans une situation donnée, qui réagit à cette situation et la modifie… Situation sensori-motrice. L’image-mouvement constitue une grosse majorité des images que nous voyons, et pas seulement des films d’actions. Un simple dispositif d’entrevue avec un journaliste et une personnalité, champ sur le journaliste qui pose sa question, contre-champ sur l’interviewé qui y répond, relève de l’image-mouvement pure et simple.
Mais prenons maintenant le plan suivant : un père part pêcher avec son fils qu’il n’a pas vu depuis longtemps. Ils s’installent sur les berges. Le contact est difficile, ils ne disent rien, ils regardent à l’horizon. Cela dure un certain temps, nettement plus long que le temps nécessaire au spectateur pour comprendre simplement qu’ils pêchent. Cut. Le plan suivant n’a rien à voir. Par exemple, la mère emmène le fils en voiture à la ville. Il n’y a pas de lien de cause à effet entre les deux plans. On ne saurait pas dire si cela se passe avant ou deux heures plus tard ou le mois suivant. Le fait d’aller pêcher n’a donné lieu à aucune réaction, et si le plan avait duré plus longtemps il ne se serait rien passé de nouveau. La durée du plan n'est plus décidée par l'action, le temps est indépendant de l'action. On ne connaît pas le résultat de la pêche et ça n’a aucune importance. Ce plan fait partie de ce que Gilles Deleuze appelle : une situation optique et sonore pure. Il est utilisé en particulier dans le film ballade, dont Taxi Driver est un exemple.

Historiquement, le cinéma a commencé par utiliser essentiellement l'image-mouvement. Elle est associée à la logique, à la rationalité. Lors d’un champ-contrechamp entre deux personnages qui se parlent, on n’a pas le choix du moment des coupes : elles suivent les interventions des personnages. À toute question, on attend une réponse cohérente. On attend, c’est-à-dire que l’on se retrouve dans le cadre de l’habitude, on anticipe non pas forcément le contenu de la réponse, mais au moins qu’une réponse va être donnée et on sait par avance qu’elle surviendra à la fin de la question.

Gilles Deleuze situe l’arrivée de l’image-temps après la Seconde Guerre mondiale : on ne croit plus à ce principe d’action-réaction. La guerre est une action complexe qui nous dépasse, il n’est pas possible de réagir, de modifier la situation, de la rendre claire. D’où l’apparition de l’image-temps avec le Néo-réalisme italien, puis la Nouvelle Vague française, et la remise en cause du cinéma hollywoodien aux États-Unis. Les Héros de Federico Fellini, La Dolce Vita ou de Luchino Visconti, Mort à Venise sont désenchantés, ils refusent d’agir, de choisir. Et c'est déjà beaucoup dire qu'ils refusent d'agir. Le schème sensori-moteur se rompt parce que le personnage a vu quelque chose de trop grand pour lui. Deleuze revient constamment sur une image de Europe 51 de Rossellini : la femme passe devant une usine, s'arrête. J'ai cru voir des condamnés. La souffrance est trop forte pour qu'elle continue sa route comme d'habitude. L'image-temps vient rompre avec l'Habitude et fait entrer le personnage dans la dimension du temps : un morceau de temps à l'état pur. Et c'est cela qui intéresse Deleuze pour son propre compte dans le cinéma, à savoir la manière dont l'image cinématographique peut exprimer un temps qui soit premier par rapport au mouvement. Ce concept de temps est construit par rapport au concept bergsonien de temps et se développe selon deux modalités. Le temps, c'est d'abord le temps présent, ici et maintenant. Mais, selon une seconde modalité, le temps ne cesse pas de se déployer dans deux directions, passées et futures. C'est pourquoi Deleuze insiste dans son analyse de Visconti sur le trop tard. Dans Mort à Venise, l'artiste comprend trop tard ce qui a manqué à son œuvre. Alors qu'il est ici et maintenant en train de pourrir, de se décomposer au présent, le personnage comprend en même temps, mais comme dans une autre dimension, dans la lumière aveuglante du soleil sur Tadzio, que la sensualité lui a toujours échappée, que la chair et la terre ont manqué à son œuvre.

Cette conception de l'image-temps amène Deleuze à poser l'assertion suivante : l'image de cinéma n'est pas au présent. En effet, si le temps ne cesse pas d'insister, de revenir sur lui-même, et de constituer une mémoire en même temps qu'il passe, alors ce que nous montrent les films, ce sont des zones de la mémoire, des nappes de passé, qui occasionnellement se concentrent et convergent dans des pointes de présent. À cet égard, Orson Welles est bien un des plus grands réalisateurs modernes en tant qu'il a saisi cette dimension mnésique de l'image. Citizen Kane est un film construit en mémoire, où chaque section, chaque zone apparaît comme une couche stratifiée qui vient converger ou diverger avec d'autres zones. Chaque nappe de mémoire apparaît grâce à l'utilisation de la profondeur de champ faite par Welles : celle-ci, à l'image du temps lui-même, permet d'agencer, dans la même image différents mouvements, différents événements qui forment comme un monde à soi, à l'image du souvenir proustien, duquel Deleuze tire l'expression propre de l'image-temps : un petit morceau de temps à l'état pur.
Tout comme le cerveau oscille entre habitude et réflexion, il est bien sûr possible de mélanger les deux images. Reprenons notre homme qui sort de chez lui : l’image mouvement voudrait que le cut survienne quand il passe la porte. Maintenant, la caméra s’attarde une, peut-être deux secondes dans la pièce vide, puis cut, et plan extérieur. L’image-mouvement est pervertie : il y a bien action et réaction, mais le temps ne correspond pas, créant un sentiment de gêne : pourquoi la caméra s’attarde-t-elle dans cette pièce vide où il ne se passe plus rien ? Ou alors il y a action et réaction mais la réaction n’est pas logique. La forme la plus simple de cette liberté d'enchaînement est celle du faux raccord, tel qu'il est utilisé, par exemple, chez un réalisateur comme Ozu.

Œuvres Écrits

Empirisme et subjectivité. Essai sur la nature humaine selon Hume, Presses Universitaires de France, Paris, 1953, 152 p.
Nietzsche et la Philosophie, Presses Universitaires de France, Paris, 1962.
La Philosophie critique de Kant, Presses Universitaires de France, Paris, 1963.
Proust et les signes, Presses Universitaires de France, Paris, 1964. - rééd. 2010
Nietzsche, Presses Universitaires de France, Paris, 1965.
Le Bergsonisme, Presses Universitaires de France, Paris, 1966, 119 p.
Présentation de Sacher-Masoch : La Vénus à la fourrure. Paris, Éd. de Minuit, 1967, 276 p.
Spinoza et le problème de l'expression, Les éditions de Minuit coll. Arguments, Paris, 1968, 332 p.
Différence et répétition, Presses Universitaires de France, Paris, 1968, 409 p.
Logique du sens, Les éditions de Minuit (coll. Critique, Paris, 1969, 392 p..
L'Anti-Œdipe – Capitalisme et schizophrénie, en collaboration avec Félix Guattari, Les éditions de Minuit coll. Critique , Paris, 1972, 494 p.
Kafka. Pour une littérature mineure, en collaboration avec Félix Guattari, Les éditions de Minuit coll. Critique, Paris, 1975, 159 p.
Rhizome, en collaboration avec Félix Guattari. Paris, Éd. de Minuit, 1976. (Repris dans Mille-Plateaux.
Dialogues avec Claire Parnet. Paris, Flammarion, 1977, 184 p. ; 2e éd. 1996, coll. Champs, 187 p. contient une annexe sur L'actuel et le virtuel
Superpositions, en collaboration avec Carmelo Bene. Paris, Éd. de Minuit, 1979, 131 p.
Mille Plateaux – Capitalisme et schizophrénie 2, en collaboration avec Félix Guattari, Les éditions de Minuit (oll. Critique, Paris, 1980, 645 p.
Spinoza - Philosophie pratique, Les éditions de Minuit, Paris, 1981, 177 p.
Logique de la sensation, 2 tomes, éd. de la Différence, 1981 ; réédité sous le titre Francis Bacon : logique de la sensation. Paris, Éditions du Seuil (coll « L'ordre philosophique, 2002, 158 p.
L'image-mouvement. Cinéma 1, Les éditions de Minuit coll. Critique, Paris, 1983, 298 p.
L'image-temps. Cinéma 2, Les éditions de Minuit coll. «Critiqu, Paris, 1985, 378 p.
Foucault, Les éditions de Minuit coll. Critique, Paris, 1986.
Le Pli - Leibniz et le baroque, Les éditions de Minuit coll. Critique, Paris, 1988, 191 p.
Périclès et Verdi. La philosophie de François Châtelet, Les éditions de Minuit, Paris, 1988, 27 p.
Pourparlers 1972 - 1990, Les éditions de Minuit, Paris, 1990 extrait : Les intercesseurs.
Qu'est-ce que la philosophie ?, en collaboration avec Félix Guattari, Les éditions de Minuit coll. Critique , Paris, 1991, 206 p.
« L’Épuisé », postface à Quad, de Samuel Beckett. Paris, Éd. de Minuit, 1992.
Critique et clinique, Les éditions de Minuit coll. paradoxe, Paris, 1993.
L'Île déserte et autres textes. Textes et entretiens 1953-1974, édité par David Lapoujade, Les éditions de Minuit coll. paradoxe, Paris, 2002.
Deux régimes de fous. Textes et entretiens 1975-1995, édité par David Lapoujade, Les éditions de Minuit coll. paradoxe, Paris, 2003.

Film

1973 : George qui ?, de Michèle Rosier. Deleuze, acteur, y interprète le rôle de Lamennais, le prêtre-philosophe ami de George Sand.

Vidéo

L'Abécédaire de Gilles Deleuze, de Pierre-André Boutang, entretiens avec Claire Parnet réalisés en 1988, Éditions Montparnasse, 2004.
2 moteurs de recherche sémantique un et deux de vidéos sur le Web pour "Deleuze".
En mai 2006 la Rai Tre a diffusé plusieurs heures d'enregistrements vidéos des cours de Deleuze à Vincennes 1975-1976-1980
Le Point de vue, cours sur Leibniz - novembre 1987 - 140 min - réalisation M. Burkhalter - Bibliothèques publiques service du livre
Facs of life, de Silvia Maglioni et Graeme Thomson

Audio

Artifice et société dans l'œuvre de Hume 15 min. 1956, Le Dieu de Spinoza (4 min. 1960), Le Travail de l'affect dans l'éthique de Spinoza (8 min. 1978), 3 interventions réunies dans Anthologie sonore de la pensée française par les philosophes du xxe siècle Éditions INA / Frémeaux & Associés, 2003.
Spinoza, immortalité et éternité, 2 CD, Gallimard, A voix haute, 2005.
Leibniz, âme et damnation, 2 CD, Gallimard, «A voix haute, 2005.
Gilles Deleuze, cinéma, 6 CD, Gallimard, A voix haute, 2006.
La voix de Gilles Deleuze en ligne, enregistrements des cours donnés à l'université Paris VIII Saint-Denis et leurs transcriptions.
Ouais Marchais, mieux qu'en 68 Heldon - Electronique Guerilla, Disjoncta, 1974, Deleuze à la voix sur un texte de Nietzsche



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Posté le : 17/01/2015 18:20
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Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
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