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William Shakespeare 1
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Le 19 ou 23 avril 1564 meurt William Shakespeare

à 52 ans, à Stratford-upon-Avon, mort le 23 avril 1616 dans la même ville, est considéré comme l'un des plus grands poètes, dramaturges et écrivains de la culture anglaise dans le théâtre élisabéthain. Il est réputé pour sa maîtrise des formes poétiques et littéraires, ainsi que sa capacité à représenter les aspects de la nature humaine.Il écrit comédie, tragédie, poésie, ses oeuvres principales sont : Roméo et Juliette,
Hamlet, Macbeth, Othello, Le Roi Lear, Antoine et Cléopâtre, Henri V, Jules César, Le Songe d'une nuit d'été, Beaucoup de bruit pour rien, Le Marchand de Venise, La Nuit des rois, La Tempête, Comme il vous plaira, Richard III
Figure éminente de la culture occidentale, Shakespeare continue d’influencer les artistes d’aujourd’hui. Il est traduit dans un grand nombre de langues et, selon l'Index Translationum, avec un total de 4 281 traductions, il vient au troisième rang des auteurs les plus traduits en langue étrangère après Agatha Christie et Jules Verne. Ses pièces sont régulièrement jouées partout dans le monde. Shakespeare est l’un des rares dramaturges à avoir pratiqué aussi bien la comédie que la tragédie.
Shakespeare écrivit trente-sept œuvres dramatiques, entre les années 1580 et 1613. Mais la chronologie exacte de ses pièces est encore discutée. Cependant, le volume de ses créations n'apparaît pas comme exceptionnel en regard de critères de l’époque.
On mesure l’influence de Shakespeare sur la culture anglo-saxonne en observant les nombreuses références qui lui sont faites, que ce soit à travers des citations, des titres d’œuvres ou les innombrables adaptations de ses œuvres. L'anglais est d'ailleurs souvent surnommé la langue de Shakespeare tant cet auteur a marqué la langue de son pays en inventant de nombreux termes et expressions. Certaines citations d'ailleurs sont passées telles quelles dans le langage courant.


En bref

Au sortir du chaos sanglant de la guerre des Deux-Roses, la dynastie des Tudor avait apporté à l'Angleterre la paix et la sécurité. La question religieuse, réglée par un compromis, était devenue secondaire. Un pasteur, qui fut l'un des premiers à écrire un mémoire biographique sur Shakespeare, conclut tranquillement : Il mourut papiste ; en rejetant l'autorité du pape, Henri VIII avait conquis pour le pays l'esprit de libre expérience comme celui de libre entreprise, liés à une infrastructure soudain très progressiste. La démarche souple et agile de l'âge nouveau se trouve dans les petits romans de Thomas Deloney proclamant la gloire modeste et efficace des patrons du textile aussi bien que dans les écrits de Francis Bacon préparant la science moderne par l'esprit d'expérience et d'induction. Autant que la manufacture progressait l'agriculture, en bonne partie grâce aux « clôtures »qui élargissaient le domaine privé aux dépens des communaux et commençaient l'éviction de la paysannerie. Shakespeare était des propriétaires fonciers qui eurent leur part de cette bonne affaire. Comme les bourgeois romains du temps de Menenius Agrippa et de Coriolan, il ne craignit pas, en temps de disette, de réserver des grains pour les vendre plus cher. Il fut, avec conviction, de son temps : celui d'une grande reine, savante, pragmatique, courageuse, énergique et prudente, dont la personnalité complexe domina son époque depuis son avènement, en 1558, jusqu'à sa mort, en 1603. Élisabeth Ire fut pour tout son peuple une idole, un mythe vivant, une Diane chrétienne, la Reine Vierge. Ses sautes d'humeur, ses fureurs l'humanisent, et Strindberg pense qu'elles sont passées dans la Cléopâtre de Shakespeare, dont elle est autrement l'opposé. L'âge l'assombrira : la Fortune n'a que des sourires contraints pour les vieilles coquettes, et son dernier favori, Essex, jeune étourdi intrépide, arrogant et fantasque, dont il semble que Shakespeare se soit souvenu pour camper la figure glorieuse et absurde de Hotspur en face d'Henri IV, et peut-être celle de Coriolan, n'était pas un bon choix. Dépité du mauvais succès de ses imprudentes entreprises, Essex finit par déclencher dans Londres une insurrection dont l'échec fut quasi ridicule, et la reine se résigna à le laisser condamner et décapiter, Bacon, qui n'est pas Shakespeare, fut son impitoyable accusateur. L'époque fut pour l'Angleterre un grand siècle, marqué par les débuts de l'expansion impérialiste, les découvertes et le premier pillage du monde. La dernière grande pièce de Shakespeare, la Tempête, pose sous forme de féerie le problème colonial.
Légende et biographie
Il serait passionnant de tracer la courbe de la réputation de Shakespeare, car aucune œuvre, la Bible mise à part, n'a suscité autant de commentaires, sollicité autant de chercheurs, donné lieu à autant de controverses. Mais le consensus sur la grandeur et la profondeur de l'œuvre est universel. Depuis le Folio qui a révélé cette œuvre au monde, sa gloire n'a cessé de grandir, si bien établie qu'elle fût déjà auprès de ses propres contemporains.
Certes, chaque pays, chaque époque s'est offert un Shakespeare bien à soi. Le XVIIIe siècle commence l'établissement du texte, l'amende et l'édulcore par endroits, l'adapte parfois à son goût, récrit ses pièces en les dépouillant de ses rugosités. En France, Voltaire le jalouse, l'insulte, mais l'imite, du moins le croit-il. Le Tourneur l'enrobe dans la phraséologie de l'époque avec des précautions infinies. Nos romantiques l'adoptent et proclament la révolution en son nom. C'est à la suite des représentations d'Othello par une troupe anglaise à Paris que Stendhal écrit son Racine et Shakespeare et s'écrie : « Il nous faut désormais un théâtre à nous. » Victor Hugo l'idolâtre et le mythifie. Il force son fils François à entreprendre la traduction de ses œuvres complètes pour laquelle il écrira son essai tonitruant. Depuis, Shakespeare fait partie de la conscience française au même titre que nos propres dramaturges. Il est le classique avec lequel on peut prendre toutes les libertés. On le traduit, on l'adapte, on le joue de toutes les façons. Il s'est emparé de nos scènes, il hante nos festivals, il est quasi devenu un des nôtres. Qui n'a pas son Shakespeare passe pour un illettré.
Et pourtant, c'est à peine si après les efforts démesurés des critiques anglo-saxons, auxquels nous commençons à prêter l'oreille, Shakespeare se met à émerger du brouillard des passions contemporaines sous des traits qu'on voudrait être les siens. Il ne suffit pas de faire de Shakespeare un précurseur de Kafka, un zélateur du gauchisme avant la lettre, ni un sociologue structuraliste. Gesticulation et vocifération ne suffisent pas non plus à lui donner sa vraie figure. Entre Brecht et la Comédie-Française, même sous la direction d'un metteur en scène anglais, il y a la place pour une relecture attentive et des réflexions avisées.
On en sait autant, et même plus, sur la vie de William Shakespeare que sur celle de la plupart de ses contemporains. Mais sa réputation a nourri encore plus de légendes et de mythes que l'historien n'a de faits authentiques sur lesquels se fonder.
Il naquit à Stratford-sur-Avon, aimable bourg du comté de Warwick, en 1564, et si l'on en croit la tradition, un 23 avril. C'est aussi un 23 avril qu'il mourut à Stratford même, où il s'était retiré quatre ans plus tôt. Ainsi fut bouclée la vie exemplaire d'un homme dont le génie réserva ses éclats au monde imaginaire qu'il peupla de ses créatures.
Son père, John Shakespeare, de paysan se fit gantier. Il épousa Mary Arden, de vieille souche bourgeoise, qui lui apporta du bien. Le voici citoyen respectable et respecté, propriétaire de la célèbre maison, dénommée the Birthplace, où William vit le jour. Il devint membre de la corporation municipale, alderman (échevin), et même juge de paix. Il alla jusqu'à solliciter des armoiries, que William lui fit obtenir en 1596, avec la devise Non sanz droict. Bref, ce fut un gentleman, qu'on suppose être resté dans la foi catholique.
William fut mis à la grammar-school de Stratford, où l'on enseignait le latin. On ne sait le temps qu'il y passa. Amoureux précoce, il épousa à dix-huit ans, en novembre 1582, Anne Hathaway, de huit ans plus âgée que lui, qui lui donna une fille, Suzanne, le 26 mai de l'année suivante. Puis vinrent deux jumeaux, le 2 février 1585, Judith et Hamnet. Ce fils unique mourut à l'âge de onze ans. Suzanne épousa le docteur John Hall en 1607 et mourut en 1649. Judith épousa Thomas Quiney, et disparut en 1662. Shakespeare aimait bien ses filles. Il leur donna la place d'honneur dans son testament, au détriment, dit-on volontiers, de sa femme, qui ne reçut que son deuxième meilleur lit – mais on oublie que le droit coutumier de l'époque attribuait à la veuve un tiers du revenu de la succession. Ligne directe ou collatérale, la famille Shakespeare s'éteignit avec Judith Quiney. Reste l'œuvre.
En 1592, le dramaturge Robert Greene se mit en fureur contre celui qu'il traita de Shake-scene, de Johannes fac totum, de corbeau parvenu, paré de plumes empruntées, dans son furieux pamphlet Un liard de malice Groats of Wit. On avait perdu la trace de Shakespeare depuis 1585, où il avait quitté Stratford et femme pour sa traversée du désert. S'évada-t-il avec une troupe d'acteurs itinérants ? Fut-il instituteur dans quelque village ? Dut-il fuir la colère de sir Thomas Lucy dont il aurait braconné les daims ? On ne sait. Mais lorsque Greene l'invective, il est à Londres, et déjà connu.
Acteur, ravaudeur de pièces, auteur lui-même, s'il a d'abord tenu les chevaux par la bride à la porte du théâtre, il règne au Globe, dont il est, avec les Burbage et d'autres comédiens, fondateur, sociétaire et fournisseur, membre de la troupe de lord Strange Henry Stanley, quatrième comte de Derby, puis de celle de lord Hunsdon, le lord chambellan ; enfin, après la mort d'Élisabeth 1603, de la troupe du roi King's Men. Ils sont à la fois le plus beau théâtre et la meilleure compagnie de Londres, qui fourmille d'entreprises de théâtre à cette époque. Ils rivalisent avec éclat avec la troupe de l'Amiral, dont Edward Alleyn fut la grande vedette, et ouvrent un second théâtre privé celui-là, le Blackfriars 1608, où furent jouées les dernières pièces. La vie de Shakespeare épouse alors étroitement la courbe de ses activités dramatiques, que biographes et critiques sollicitent de mille et cent façons.
Sagement, Shakespeare n'avait jamais, malgré ses incartades obscures, perdu le contact avec Stratford. En 1597, déjà nanti, il y avait acheté une belle maison, New Place. Il y installe sa famille, et des réserves de grain. Il achète d'autres biens, prend des intérêts dans la perception des dîmes tithes de la paroisse, s'intéresse aux fonds routiers : il veut être un stratfordien à part entière.
Et puis, après vingt ans de carrière théâtrale, il fait sa sortie, comme Prospero. Il jette sa plume magique, reprend le chemin de Stratford en 1612, réintègre son petit duché, fait son testament, et y rend l'âme quatre ans plus tard. On l'enterre avec les honneurs dans l'église de la Sainte Trinité. Quelques années plus tard, on lui élève un monument, avec effigie et inscription. Le dernier vers du quatrain de la pierre tombale maudit l'imprudent qui dérangerait ses os – Curst be he yt moves my bones. Les bonnes âmes disent qu'il n'est pas l'auteur de cette malédiction. Pourtant, Hamlet comme Macbeth n'ont-ils pas la nostalgie d'un sommeil que rien ne troublerait ?

Sa vie

La communauté scientifique s’accorde à reconnaitre qu’il existe désormais suffisamment de traces historiques pour définir globalement la vie de Shakespeare. Ces preuves sont constituées de documents officiels mais elles donnent un aperçu limité de la vie du dramaturge. La vie de Shakespeare a nourri de nombreuses légendes et de mythes. Même si certains chercheurs ont tenté de distinguer dans ses œuvres des reflets de sa vie intime, il est généralement admis que l'on ne connaît du personnage que des détails insignifiants. Cela n'est d'ailleurs pas particulier à Shakespeare, mais se retrouve chez beaucoup de ses contemporains, y compris de très célèbres comme Thomas Kyd ou John Webster.
Une minorité a prétendu que Shakespeare n'avait jamais existé, voir la question de l'identité de Shakespeare. Cependant, en se rendant à Holy Trinity Church dans la ville de Stratford Upon Avon, il est possible de voir sa tombe et de lire une copie du registre paroissial où figurent sa date de baptême et sa date d'enterrement. Une autre minorité prétend que le véritable auteur utilisa un nom d'emprunt pour signer ses livres en se faisant appeler Shakespeare. Exemple de théorie révisionniste, la théorie baconienne selon laquelle les textes du célèbre dramaturge auraient été écrits par Lord Bacon of Verulam. Mais il est vrai aussi que Shakespeare n'inventait pas le thème de ses pièces, qu'il empruntait à des ouvrages existant déjà dans le fonds traditionnel comme c'était la coutume à l'époque où l'on ne parlait pas de plagiat mais de tradition. On retrouve la trace de son inspiration dans des légendes ou des textes anciens.

Premières années

Devise des Shakespeare, étymologie secoue-lance et leur blason d'or à la bande de sable chargée d'une lance de tournoi, heaume avec lambrequins surmonté d'un cimier avec un tortil portant un faucon tenant de sa patte dextre une lance de tournoi en pal.
William Shakespeare naît à Stratford-upon-Avon dans le Warwickshire, dans le centre de l'Angleterre. Son acte de baptême est daté du 26 avril 1564 : on baptisait les nourrissons dans les jours qui suivaient leur naissance, et l’on s’accorde à citer le 23 avril comme la date de naissance du dramaturge. Il est le troisième enfant de la famille et l'aîné des garçons.
Son père, John Shakespeare, fils de paysan, est un gantier et marchand d'articles de maroquinerie, négociant de peaux et de laine prospère, tirant également profit de la spéculation foncière, propriétaire de la maison aujourd'hui dénommée the Birthplace. C'est un notable de la ville de Stratford : en 1568, il y est élu conseiller municipal, puis grand bailli ou maire en 1568. En 1557, il épouse Mary Arden, fille de l'aristocrate Robert Arden of Wilmcote, et le nouveau couple emménage dans une maison située sur Henley Street. La réussite de John Shakespeare le pousse à solliciter des armoiries, que William lui fait obtenir en 1596, avec la devise Non sanz droict Pas sans droit. On suppose que le père du dramaturge est resté dans la foi catholique.
Le milieu confortable dans lequel naît Shakespeare le conduit vraisemblablement à fréquenter, après le niveau élémentaire, l’école secondaire King Edward VI au centre de Stratford, où l’enseignement comprend un apprentissage intensif de la langue et la littérature latine, ainsi que de l’histoire, de la logique et de la rhétorique. Selon son contemporain et rival, Ben Jonson, il connaît pourtant peu le latin et encore moins le grec. En 1577, le jeune garçon est retiré de l'école, vraisemblablement pour gagner sa vie ou pour aider son père qui est dans une mauvaise passe
Le 28 novembre 1582, à Temple Grafton près de Stratford, Shakespeare, qui a alors 18 ans, épouse Anne Hathaway, fille d'un fermier de Shottery, de sept ou huit ans son aînée. Deux voisins de la mariée, Fulk Sandalls et John Richardson, publient les bans du mariage, pour signifier que l’union ne rencontre pas d’opposition. Il est vraisemblable que la cérémonie a été organisée en hâte, Anne étant probablement déjà enceinte, puisqu'elle donne naissance l'année suivante à leur première fille, Susanna, baptisée le 26 mai, soit moins de six mois plus tard.
Après son mariage, Shakespeare ne laisse que de rares traces dans les registres historiques. Le 2 février 1585, près de deux ans après le baptême de Susanna, des jumeaux, Hamnet et Judith, sont baptisés avec les prénoms de Hamnet Sadler, jeune boulanger de Stratford, et de sa femme Judith. Ceux-ci donneront en 1598 le prénom de William à l'un de leurs quatorze enfants, montrant que le lien de Shakespeare avec Stratford n'est pas rompu pendant ces années. Hamnet Sadler sera en 1616 un des témoins du testament de Shakespeare, dans lequel il sera cité.
Hamnet, l'unique fils de William, meurt à 11 ans et est inhumé le 11 août 15968. Beaucoup suggèrent que ce décès inspire au dramaturge sa tragédie Hamlet vers 1601.
La suite des années 1580 est connue comme l’époque des années perdues de la vie du dramaturge : entre 1585 et 1592, nous n’avons aucune trace de lui, et nous ne pouvons expliquer pourquoi il quitte Stratford pour Londres. Une légende, aujourd’hui tombée en discrédit, raconte qu’il avait été pris en train de braconner dans le parc de Sir Thomas Lucy, un juge de paix local, et qu'il s’était enfui pour échapper aux poursuites. Une autre théorie suggère qu’il aurait rejoint la troupe du Lord Chambellan, alors que les comédiens faisaient de Stratford une étape de leur tournée. Le biographe du XVIIe siècle, John Aubrey, rapporte le témoignage d’un comédien de la troupe de Shakespeare, racontant qu’il aurait passé quelques années en tant qu’instituteur dans le comté du Lancashire, recruté par Alexander Hoghton, propriétaire terrien catholique, reprenant une thèse selon laquelle Shakespeare aurait été de confession catholique. Sans plus de preuves historiques, d'autres légendes rapportent qu'il aurait été apprenti-boucher, homme de loi, médecin, soldat ou marin, en fonction uniquement des connaissances révélées dans ses œuvres.

Londres et le théâtre

On perd la trace de Shakespeare en 1585 : il quitte Stratford, il quitte sa femme, pour une traversée du désert. Une légende, aujourd'hui discréditée, veut qu'il réapparaisse à Londres en 1587 comme valet d'écurie, gardant les chevaux devant un théâtre. La seule preuve indiscutable de sa présence à Londres dans le milieu théâtral est, en 1592, la violente attaque de la part de Robert Greene, qui vient de mourir. Dans une lettre posthume ajoutée à son ouvrage intitulé A Groatsworth of wit bought with a million repentance et publié par Henry Chettle, Greene s'en prend à plusieurs dramaturges. Il accuse Marlowe de blasphème, et désigne Shakespeare comme un corbeau arrogant, embelli par nos plumes, dont le cœur de tigre est caché par le masque de l’acteur, et qui présume qu’il est capable de faire sonner le vers blanc aussi bien que les meilleurs d’entre vous : en plus d’être un misérable scribouillard, il se met en scène dans sa dramatique vanité Greene, dans son pamphlet, fait ici allusion à Henri VI, 3e partie, en reprenant le vers : Oh, cœur de tigre caché dans le sein d’une femme. On ne sait si Greene était jaloux de la réussite théâtrale de Shakespeare qu'il considérait comme un illettré, ou s'il avait été victime d'un plagiat de la part du jeune auteur. À l'époque, Shakespeare n'avait pourtant produit qu'une seule œuvre véritable, Henri VI, écrite en 1591. Il n'avait fait auparavant qu'adapter des pièces du répertoire existant, et exercer le métier d'acteur, activités dont il n'était pas très fier ainsi qu'il l'écrit au début de son sonnet 111 (vers 1 à 4) :

O! for my sake do you with Fortune chide,
The guilty goddess of my harmful deeds,
That did not better for my life provide
Than public means which public manners breeds.

Oh ! Grondez à mon sujet la Fortune,
Cette déesse coupable de tous mes torts,
Qui ne m'a pas donné mieux comme moyen d'existence
Que l'argent du public, ce qui donne des manières vulgaires.

Le théâtre du Globe à Londres

En 1594, Shakespeare est engagé en tant qu'acteur et dramaturge au Theatre dans la troupe de James Burbage, appelée alors la troupe de Lord Chamberlain, pour laquelle il va écrire exclusivement. La troupe tire son nom, comme le voulait l’époque, du mécène qui la soutient en l'occurrence le Lord Chambellan, ministre responsable des divertissements royaux ; ce titre a longtemps désigné la fonction de principal censeur de la scène artistique britannique.
The Theatre est le premier véritable théâtre de Londres. Il a été bâti en 1576 à Shoreditch, au-delà des murs nord de la Cité. En 1598, quatre ans après l'arrivée de Shakespeare, un désaccord entre le propriétaire du terrain, sur lequel s'élève le théâtre, et le propriétaire des murs et chef de la troupe, James Burbage, apparaît au moment du renouvellement du bail de location du terrain. Aucune solution ne peut être trouvée, le propriétaire foncier revendiquant la propriété totale du bâtiment. Cet épisode semble avoir marqué Shakespeare, car on en trouve une mention dans Les Joyeuses Commères de Windsor, acte II, scène 236, dans la bouche de Ford : Mon amour ressemblait à une belle maison bâtie sur le terrain d'un autre. Ainsi, pour m'être trompé de place, j'ai perdu mon édifice. Les fils Burbage opèrent par la ruse : le bâtiment en bois est démonté clandestinement, les matériaux sont transportés de l'autre côté de la Tamise à Southwark. Une nouvelle salle de spectacle, baptisée Théâtre du Globe, est construite avec les restes de l'ancien théâtre. En attendant que tout soit opérationnel, la troupe joue au Théâtre de la Courtine, qui a été construit en 1577 à Shoreditch, près de l'ancien The Theatre. L’emménagement dans une nouvelle salle et la mort de James Burbage donnent l'occasion de remanier profondément l'organisation de la troupe. À la place d'un chef unique, un directoire d'actionnaires est mis en place. Selon la somme versée par chacun dans l'entreprise, les fils de James Burbage, Cuthbert et Richard Burbage, disposent chacun d'une part double, Shakespeare et les principaux acteurs, John Heminges, Augustine Phillips et Thomas Pope, détiennent chacun une part simple. Par contre, le Lord Chambellan reste le patron de la troupe jusqu'en 1603, année de l'accession au trône de Jacques Ier, qui devient leur nouveau patron. À cette occasion, la troupe prend le nom des King's Men, la troupe du roi.
Shakespeare joue non seulement lui-même dans ses propres œuvres – on sait par exemple qu'il interprète le spectre du père dans Hamlet et Adam dans Comme il vous plaira –, mais il apparaît également en tête d'affiche de pièces de Ben Jonson : en 1598 dans Chaque homme dans son caractère, Every Man In His Humour et en 1603 dans Sejanus. La compagnie devient très populaire : après la mort d’Élisabeth Ire et le couronnement du roi Jacques Ier en 1603, le nouveau monarque adopte la troupe, et elle finit par devenir résidente du théâtre du Globe. La troupe de Shakespeare officie dans le plus beau théâtre et est réputée être la meilleure compagnie de Londres, qui fourmille d'entreprises de théâtre à cette époque. Elle rivalise brillamment avec la troupe de l'Amiral, dont Edward Alleyn est la grande vedette, et ouvre en 1608 un second théâtre, le Blackfriars. La vie de Shakespeare épouse alors étroitement la courbe de ses activités dramatiques.
En 1604, Shakespeare joue un rôle d’entremetteur pour le mariage de la fille de son propriétaire. Des documents judiciaires de 1612, date où l’affaire est portée au tribunal, montrent qu’en 1604, Shakespeare est locataire chez un artisan huguenot qui fabrique des diadèmes dans le nord-ouest de Londres, Christopher Mountjoy Montjoie. L’apprenti de Montjoie, Stephen Belott désirait épouser la fille de son patron ; Shakespeare devient donc l’entremetteur attitré, pour aider à négocier les détails de la dot. Sur ses propres promesses, le mariage a lieu. Mais huit ans plus tard, Belott poursuit son beau-père pour n’avoir versé qu’une partie de la dot. Shakespeare est appelé à témoigner, mais ne se souvient que très vaguement de l’affaire.
Plus tard, divers documents provenant des tribunaux ou des registres commerciaux montrent que Shakespeare est devenu suffisamment riche pour acheter une propriété dans le quartier londonien de Blackfriars rive nord de la Tamise. Alors qu'il vit à Londres, il ne perd jamais le contact avec Stratford. En 1597, il y achète une belle maison, New Place. Là il installe sa famille, constitue des réserves de grain. Il achète aussi d'autres biens dans sa ville natale.

Retraite et fin de vie

Vers 1611, Shakespeare décide de prendre sa retraite. Celle-ci s’avéra pour le moins agitée : il fut impliqué dans des démêlés judiciaires à propos de terrains qu’il possédait. À l’époque, les terrains clôturés permettaient le pâturage des moutons, mais privaient du même coup les pauvres de précieuses ressources. Pour beaucoup, la position très floue que Shakespeare adopta au cours de l’affaire est décevante, parce qu’elle visait à protéger ses propres intérêts au mépris des nécessiteux.
Pendant les dernières semaines de sa vie, le gendre pressenti de sa fille Judith – Thomas Quiney, un aubergiste – fut convoqué par le tribunal paroissial pour fornication. Une femme du nom de Margaret Wheeler qui venait d'accoucher prétendait que l’enfant était de l’aubergiste ; mais la mère et l’enfant moururent peu après ce sombre épisode. Quiney fut déshonoré, et Shakespeare corrigea son testament afin de préserver les intérêts de Judith.
Shakespeare mourut le 23 avril 1616, jour de son anniversaire à l’âge de 52 ans. Le 23 avril 1616, est aussi la date de l'enterrement de Cervantes, mais en réalité il y a 8 jours de décalage car l'Espagne était déjà passée au calendrier grégorien. Shakespeare était resté marié à Anne jusqu’à sa mort et ses deux filles lui survécurent. Susanna épousa le docteur John Hall, et même si les deux filles de Shakespeare eurent elles-mêmes des enfants, aucun d’eux n’eut de descendants. Il n’y a donc pas de descendant direct du poète.
Shakespeare est enterré dans l’église de la Sainte-Trinité à Stratford-upon-Avon. Il reçut le droit d’être enterré dans le chœur de l’église, non en raison de sa réputation de dramaturge, mais parce qu’il était devenu sociétaire de l’église en payant la dîme de la paroisse 440 £, une somme importante. Un buste commandé par sa famille le représente, écrivant, sur le mur adjacent à sa tombe. Chaque année, à la date présumée de son anniversaire, on place une nouvelle plume d’oie dans la main droite du poète.

Epitaphe de Shakespeare

À l’époque, il était courant de libérer de la place dans les tombeaux paroissiaux en les déplaçant dans un autre cimetière. Par crainte que sa dépouille ne soit enlevée du tombeau, on pense qu’il a composé cette épitaphe pour sa pierre tombale :

Mon ami, pour l’amour du Sauveur, abstiens-toi
De creuser la poussière déposée sur moi.
Béni soit l’homme qui épargnera ces pierres
Mais maudit soit celui violant mon ossuaire
— Épitaphe de W. Shakespeare.
La légende populaire veut que des œuvres inédites reposent dans la tombe de Shakespeare, mais personne n’a jamais vérifié, par peur sans doute de la malédiction évoquée dans l’épitaphe.

Iconographie

Portrait Cobbe présenté par le président du Shakespeare Birthplace Trust comme étant Shakespeare
Le seul portrait reconnu de Shakespeare est une gravure publiée en frontispice d'un recueil d’œuvres. L'ouvrage a été imprimé en 1622, soit six ans après la mort de l'écrivain. Il existe également un buste funéraire dans l'église de la Sainte-Trinité de Stratford-upon-Avon.
En mars 2009, le professeur Stanley Wells, président du Shakespeare Birthplace Trust, dévoile un portrait qu'il présente comme étant le seul portrait connu de Shakespeare réalisé de son vivant. Ce tableau est connu sous le nom de portrait Cobbe du nom de la famille qui en était originellement propriétaire. Son identification à Shakespeare est loin de faire l'unanimité.

Œuvres


Le canon shakespearien est l'ensemble des œuvres dont l'authentification est indiscutable. Les pièces sont traditionnellement classées en plusieurs catégories : les tragédies, les comédies et les pièces historiques, en suivant l’ordre logique de publication ; toutefois, depuis la fin du XIXe siècle, les critiques suivent Frederick Samuel Boas 1862-1957 et parlent de pièce à problème à propos de certaines œuvres du canon. Par exemple pour sa pièce Mesure pour mesure : l’expression était jusqu’alors réservée aux pièces qui semblaient défendre une thèse philosophique ou sociale ; elle désigne dorénavant les œuvres qui échappent à une catégorisation simple, qui vont manifestement à l’encontre des conventions classiques. En outre, les dernières comédies de Shakespeare sont communément appelées les romances.
Légende : La liste suivante donne les pièces dans leur ordre de classement d’après le premier Folio de 1623 la première édition complète des pièces dans un même volume. Un astérisque indique une pièce classée aujourd’hui en tant que romance ; deux astérisques indiquent celles considérées comme des pièces à problème – même si certaines comédies sont encore au centre du débat critique.

Chronologie des pièces de Shakespeare et Premier Folio.

Tragédies
Antoine et Cléopâtre Antony and Cleopatra
Coriolan Coriolanus
Hamlet, prince de Danemark Hamlet, Prince of Denmark
Jules César Julius Caesar
Macbeth
Othello ou le Maure de Venise Othello, the Moor of Venice
Roméo et Juliette Romeo and Juliet
Timon d'Athènes Timon of Athens
Titus Andronicus
Troïlus et Cressida Troilus and Cressida

Comédies
Beaucoup de bruit pour rien Much Ado About Nothing
La Comédie des erreurs The Comedy of Errors
Comme il vous plaira As You Like It
Les Deux Gentilshommes de Vérone The Two Gentlemen of Verona
Les Joyeuses Commères de Windsor The Merry Wives of Windsor
Le Marchand de Venise The Merchant of Venice
La Mégère apprivoisée The Taming of the Shrew autre traduction : La Sauvage apprivoisée
Mesure pour mesure Measure for Measure
La Nuit des rois Twelfth Night
Peines d'amour perdues Love's Labour's Lost
Le Songe d'une nuit d'été A Midsummer Night's Dream
Tout est bien qui finit bien All's Well that Ends Well
Pièces historiques
Édouard III Edward III
Richard II
Richard III
Henri IV, 1re partie, 2e partie Henry IV, Part 1, Part 2
Henri V Henry V
Henri VI, 1re partie45, 2e partie, 3e partie Henry VI, Part 1, Part 2, Part 3
Henri VIII Henry VIII
Le Roi Jean King John
Sir Thomas More
Romances tardives
Le Conte d'hiver The Winter's Tale
Cymbeline
Les Deux Nobles Cousins The Two Noble Kinsmen
Périclès, prince de Tyr Pericles, Prince of Tyre
La Tempête The Tempest

Poèmes
1re édition des Sonnets 1609
Les œuvres poétiques de Shakespeare comprennent :
La Complainte d'un amoureux
Longs poèmes
Moi et toi jusqu'aux mortels
Le Phénix et la Colombe The Phoenix and the Turtle
Pilgrim le passionné
Les Sonnets
Vénus et Adonis 1593
Le Viol de Lucrèce 1594

Pièces perdues

Peines d'amour gagnées Love’s Labour’s Won : un écrivain de la seconde moitié du XVIe siècle, Francis Meres, ainsi qu’une petite fiche de libraire attestent d’un titre similaire dans les œuvres récentes de Shakespeare, mais aucune pièce portant ce titre ne nous est parvenue. Elle pourrait avoir été perdue, ou le titre pourrait désigner une autre appellation d’une pièce existante, comme Beaucoup de bruit pour rien ou Tout est bien qui finit bien. L'épisode 180 de Doctor Who, célèbre série britannique, porte le titre de la pièce en français The Shakespeare Code en VO et est consacré entièrement à cette pièce perdue.
Cardenio, une composition tardive par Shakespeare et Fletcher, n’a pas survécu mais reste attestée dans plusieurs documents. La pièce s’inspirait d’une aventure de Don Quichotte. En 1727, Lewis Theobald publia une pièce intitulée Double Falshood, dont il prétendait qu’elle était basée sur trois manuscrits d’une pièce perdue de Shakespeare qu’il ne nommait pas. Double Falshood reprend en fait le sujet de Cardenio, et les critiques pensent que la pièce de Theobald est la seule trace qui reste de la pièce perdue.

Œuvres apocryphes

Edward III : Certains chercheurs ont récemment décidé d’attribuer cette pièce à Shakespeare, sur la base de la versification. D’autres refusent cette théorie en citant, entre autres, la mauvaise qualité du travail de création des personnages. Si Shakespeare était effectivement impliqué dans l'écriture de cette pièce, il ne travailla probablement que comme collaborateur.
Sir Thomas More : un travail d’équipe incluant peut-être Shakespeare. Son rôle exact reste inconnu.
A Funeral Elegy by W.S. ? : pendant longtemps, plusieurs chercheurs pensaient que Shakespeare avait composé cette élégie pour William Peter, en basant leurs théories sur des preuves stylistiques Donald Foster en chef de file. Toutefois, cette argumentation s’est révélée fallacieuse par la suite, et la plupart des spécialistes Foster y compris s’accordent à dire actuellement que le poème élégiaque est né sous la plume de John Ford.
Le Bible du roi Jacques King James Version : certains pensent que Shakespeare aurait contribué à la traduction de la version du Roi Jacques, en révisant certains passages pour les rendre plus poétiques ; leur théorie s’appuie sur le fait que le style de plusieurs versets ressemble à celui de Shakespeare. Ils citent le psaume 46, où le verbe shake, secouer apparaît 46 mots à compter du début du chant, et le mot spear, épieu, 46 mots à compter de la fin. Le débat est encore très vif et bien que la plupart des chercheurs réfute la théorie, Neil Gaiman s’en est inspiré dans sa bande dessinée The Wake.

Collaboration avec d’autres dramaturges

Comme la plupart des écrivains de son époque, Shakespeare n’écrivait pas toujours en solitaire : un certain nombre de ses œuvres résultent de collaborations, même si leur nombre exact est encore incertain. Pour certaines des attributions qui suivent comme Les Deux Nobles Cousins on possède une recherche scientifique très documentée ; d’autres pièces comme Titus Andronicus restent sujettes à controverse et dépendent des prochaines analyses linguistiques. Il est probable également que certaines pièces aient été en partie rédigées au cours des répétitions et contiennent la transcription d'apports personnels des acteurs.
Henri VI : probablement le fruit d’une équipe d’écrivains, dont on ne peut que suggérer les identités.
Titus Andronicus pourrait être issu d'une collaboration avec George Peele, comme coauteur ou relecteur. La paternité de cette œuvre a elle-même été mise en cause : si les premiers éditeurs de l'œuvre de Shakespeare la lui attribuèrent, dès 1687 l'adapteur Edward Ravenscroft déclarait que Shakespeare n'en était pas l'auteur. En 1905, J. M. Robertson tenta d'établir que cette pièce était l'œuvre de Peele, avec la collaboration probable de Christopher Marlowe. Il est néanmoins admis, de nos jours, que cette pièce a été effectivement écrite par Shakespeare, mais qu'elle a été hâtivement composée ou révisée.
Périclès, prince de Tyr : inclut un travail de George Wilkins, comme collaborateur ou relecteur.
Timon d'Athènes : la tragédie pourrait être le résultat d’une collaboration entre Shakespeare et Thomas Middleton ; cela pourrait expliquer les incohérences dans la narration et le ton général aux résonances étrangement cyniques.
Henri VIII : considérée comme une collaboration avec John Fletcher.
Les Deux Nobles Cousins : la pièce fut publiée en édition quarto en 1654 ; John Fletcher et William Shakespeare en sont les coauteurs, et collaborèrent pour la moitié du texte chacun.
Macbeth : Thomas Middleton a composé une révision de la tragédie en 1615, incorporant des séquences musicales additionnelles.
Mesure pour mesure : la comédie a probablement subi une légère révision par Thomas Middleton, à un certain stade de sa composition originale.

Style

L'influence de Shakespeare sur le théâtre moderne est considérable. Non seulement Shakespeare a créé certaines des pièces les plus admirées de la littérature occidentale, mais il a aussi grandement contribué à la transformation de la dramaturgie anglaise, ouvrant le champ des possibilités de création sur les personnages, la psychologie, l'action, le langage et le genre. Son art poétique a contribué à l'émergence d'un théâtre populaire, lui donnant d'être admiré autant par des intellectuels que par des amoureux du pur divertissement.
Le théâtre est en pleine évolution lorsque Shakespeare arrive à Londres vers la fin des années 1580 ou le début des années 1590. Précédemment, les formes habituelles du théâtre anglais populaire étaient les Moralités de l'époque Tudor. Ces pièces, qui mélangent piété, farce et burlesque, sont des allégories dans lesquelles les personnages incarnent des vertus morales prônant une vie pieuse, en incitant le protagoniste à choisir une telle vie plutôt que d'aller vers le mal. Les personnages et les situations sont symboliques plutôt que réalistes. Enfant, Shakespeare a probablement assisté à ce type de pièces avec des Mystères et Miracles. À la même époque, étaient représentées dans les universités des pièces basées sur la dramaturgie romaine. Ces pièces, souvent jouées en latin, utilisaient un modèle poétique plus académique que les Moralités, mais étaient également plus statiques, privilégiant les longs discours plutôt que l'action dramatique.
À la fin du XVIe siècle la popularité des Moralités et des pièces académiques s'affaiblit, alors que l'essor de la Renaissance anglaise et des dramaturges comme Thomas Kyd et Christopher Marlowe commence à révolutionner le théâtre. Leurs pièces mêlent moralité et théâtre académique pour former une nouvelle tradition. Ces nouveaux drames ont la splendeur poétique et la profondeur philosophique de la dramaturgie académique et le populisme paillard des moralités, avec cependant plus d'ambigüité et de complexité, et moins d'allégories morales simplistes. Inspiré par ce nouveau modèle, Shakespeare a hissé ce nouveau genre théâtral à un niveau élevé de qualité, créant des pièces qui non seulement résonnent émotionnellement pour le public mais qui, de plus, posent des interrogations fondamentales sur la nature humaine.

Postérité et influence littéraire

Les thèmes de Shakespeare ont trouvé de nombreux échos dans la littérature des siècles suivants. Son influence s'est étendue non seulement au théâtre, mais aussi au roman. L'exemple le plus souvent cité étant le rapport entre Balzac et Shakespeare.
De nombreux universitaires anglais et américains ont fait ce rapprochement, soulignant l'influence du dramaturge anglais sur l'auteur de La Comédie humaine. Certains allant même jusqu'à parler de plagiat s'agissant du Père Goriot et du Roi Lear, le personnage de Jean-Joachim Goriot ayant de multiples points communs avec Lear.
George Saintsbury considère que les filles de Jean-Joachim Goriot assassinent leur père tout comme les filles du roi Lear ont assassiné le leur. Il voit aussi dans La Cousine Bette, une version féminine du Iago d'Othello.

Visions modernes de l'œuvre

Jusqu'au XIXe siècle, les pièces de Shakespeare sont interprétées dans des costumes contemporains. À l'époque victorienne, les représentations théâtrales sont en revanche marquées par une recherche de reconstitution d'époque, les artistes ayant une fascination pour le réalisme historique.
La conception de Gordon Craig pour Hamlet en 1911 inaugure son influence cubiste. Craig abandonne son approche de scénographie constructiviste au profit d'un décor épuré constitué de simples niveaux, des teintes monochromes étendues sur des praticables de bois combinés pour se soutenir entre eux. Bien que cette utilisation de l'espace scénique ne soit pas nouvelle, c'est la première fois qu'un metteur en scène l'utilise pour Shakespeare. Les praticables pouvant être agencés dans de nombreuses configurations, cela permet de créer un volume architectural abstrait, adaptable à n'importe quel théâtre en Europe ou aux États-Unis. Cette conception iconoclaste de Craig ouvre la voie aux diverses visions de Shakespeare du XXe siècle.
En 1936, Orson Welles monte un Macbeth novateur à Harlem, transposant non seulement l'époque de la pièce mais aussi n'employant que des acteurs afro-américains59. Ce spectacle très controversé, surnommé Macbeth Vaudou, replaçait l'action en Haïti montrant un roi aux prises avec la magie noire africaine. Ce qui provoqua également le scandale est que, lorsque l'acteur principal est tombé malade, c'est Orson Welles lui-même qui décide de le remplacer, se grimant le visage en noir. La communauté noire soutint cette production, l'emmenant jusqu'à Broadway puis dans une tournée nationale. De nombreux spectacles depuis ont suivi cette tendance consistant à transposer l'action de pièces de Shakespeare dans un monde très contemporain et politique.

Shakespeare : le problème de l’édition

À la différence de son contemporain Ben Jonson, Shakespeare ne participait pas à l’édition et la publication de ses pièces. Les textes existants sont donc pour la plupart retranscrits de mémoire après la représentation sur scène, ou tirés du manuscrit autographe de l’écrivain. Il existait également une copie pour le régisseur prompt-book sur laquelle pouvait se baser l’éditeur.

Édition de Roméo et Juliette de 1599

Les premières impressions sont destinées à un public populaire, et les exemplaires sont réalisés sans grand soin. Le format utilisé est appelé le in-quarto, dont les cahiers sont obtenus en pliant les feuilles imprimées en quatre. Il arrive que les pages se retrouvent reliées dans le désordre.
La deuxième vague de publication est destinée à un public plus riche, et on attache plus d’importance à la présentation. On imprime donc sur des feuillets simples, et l’exemplaire prend donc le nom de folio. Le premier folio des œuvres de Shakespeare fut imprimé en 1623 : il est conservé à la bibliothèque de l'université Harvard.
Déterminer quel est le texte originel de Shakespeare est devenu le souci majeur des éditeurs modernes. Fautes d’impression, coquilles, mauvaises interprétations du copiste, oublis d’un vers : ces maladresses sont le lot habituel des in-quartos et du premier folio. En outre, à une époque où l’orthographe n’était pas encore fixée, le dramaturge employait souvent plusieurs graphies pour le même mot, ajoutant à la confusion du copiste. Les éditeurs modernes ont donc la lourde tâche de reconstruire les vers originaux et d’en éliminer les erreurs.
Dans certains cas, l’édition du texte ne pose pas tant de problèmes. Pour Macbeth par exemple, les critiques pensent qu’un dramaturge comme Thomas Middleton a adapté et raccourci le texte originel pour obtenir le texte existant dans le Premier folio, qui reste donc le texte officiel. Pour d’autres pièces, Périclès, ou Timon d’Athènes, le texte a pu être corrompu jusqu’à un certain point, mais nous n’avons pas d’autres versions à leur confronter. De nos jours, l’éditeur ne peut donc que régulariser et corriger les fautes de lecture qui ont survécu dans les versions imprimées.
Le problème peut parfois se compliquer. Les critiques modernes pensent que Shakespeare lui-même a révisé ses propres compositions à travers les ans, permettant donc à deux versions différentes de coexister. Pour arriver à un texte acceptable, les éditeurs doivent donc choisir entre la première version et sa révision, qui reste généralement la plus théâtrale.
Autrefois, les éditeurs réglaient la question en fusionnant les textes pour obtenir ce qu’ils croyaient être un texte-source, mais les critiques admettent maintenant que ce procédé est contraire aux intentions de Shakespeare. Dans Le Roi Lear par exemple, deux versions indépendantes, avec chacune leurs propres caractéristiques, coexistent dans l’édition in-quarto et le Premier folio. Les modifications de Shakespeare y ont dépassé les simples corrections pour toucher à la structure globale de la pièce. À partir de là, l’édition des œuvres de Shakespeare par l’université d’Oxford fournit deux versions différentes de la même pièce, avec le même statut d’authenticité. Ce problème existe avec au moins quatre autres œuvres de Shakespeare : Henry IV 1re partie, Hamlet, Troilus et Cressida et Othello.

Les polémiques

Le statut exceptionnel de Shakespeare sur la scène littéraire anglo-saxonne a naturellement entraîné un culte autour de sa personne, matérialisé par une recherche critique toujours plus pointue. La rareté des informations concernant sa biographie entraîna de nombreuses polémiques et remises en question, principalement autour de l’identité même du dramaturge. Nous ne rendons pas ici un résumé exhaustif de la question, mais nous dressons une liste des éléments les plus importants dans le débat général.

Réputation et recherche critique


La renommée de William Shakespeare a continué de grandir après l’époque élisabéthaine, comme le montre le nombre d’œuvres critiques qui lui furent dédiées dès le xviie siècle et par la suite. Pourtant, même s’il avait une excellente réputation de son vivant, Shakespeare n’était pas considéré comme le meilleur poète de l’époque. On l’intégrait dans la liste des artistes les plus en vue, mais il n’atteignait pas le niveau d'Edmund Spenser ou de Philip Sidney surtout parce que outre les critiques malveillants d'un entourage qui prétendait que les drames de Shakespeare n'avaient pas été écrits par lui, on s'opiniâtrait dans l'idée que l'homme n'était qu'un ignorant. Il est difficile d’évaluer sa réputation en tant qu’écrivain pour la scène : les pièces de théâtre étaient alors considérées comme des œuvres éphémères, d’indignes divertissements sans véritables valeurs littéraires. Toutefois, le Folio de 1623 et sa réédition neuf ans plus tard prouvent qu’il était tout de même passablement respecté en tant que dramaturge : les coûts d’impression opéraient une sorte de sélection préalable pour les auteurs publiables ; avant lui, Ben Jonson avait été un pionnier dans ce domaine, avec la publication de ses œuvres en 1616.
Après l’interrègne 1642-1660, pendant lequel le théâtre fut interdit, les troupes théâtrales de la Restauration eurent l’occasion de puiser dans un beau vivier de dramaturges de la génération précédente : Beaumont et Fletcher étaient extrêmement populaires, mais également Ben Jonson et William Shakespeare. Leurs œuvres étaient souvent adaptées pour la dramaturgie de la Restauration, alors qu'il nous semble aujourd’hui blasphématoire d’avoir pu mutiler les œuvres de Shakespeare. Un exemple célèbre concerne le Roi Lear de 1681, aseptisé par Nahum Tate pour se terminer en happy-end, version qui demeura pourtant jouée jusqu’en 1838. Dès le XVIIIe siècle, la scène anglaise jusque-là dominée par Beaumont et Fletcher fit place à William Shakespeare, qui la tient jusqu’à nos jours.
Si son entourage immédiat et son époque manifestèrent une certaine méfiance à son égard, les intellectuels, critiques littéraires et écrivains des siècles suivants lui rendirent très vite un hommage appuyé. Les règles rigides du théâtre classique, unité de temps, de lieu et d’action n’avaient jamais été suivies par les dramaturges anglais, et les critiques s’accordaient pour donner à Ben Jonson une poussive seconde place. Mais la médaille d’or fut immédiatement accordée à l’incomparable Shakespeare John Dryden, 1668, le naturel intuitif, le génie autodidacte, le grand peintre du genre humain. Le mythe qui voulait que les romantiques furent les premiers à apprécier Shakespeare à sa juste valeur ne résiste pas aux témoignages enthousiastes des écrivains de la Restauration et du XVIIIe siècle, comme John Dryden, Joseph Addison, Alexander Pope et Samuel Johnson. On doit aussi aux spécialistes de cette période l’établissement du texte des œuvres de Shakespeare : Nicholas Rowe composa la première édition académique du texte en 1709, et la Variorum Edition d’Edmond Malone, publiée à titre posthume en 1821 sert encore aujourd’hui de base aux éditions modernes. Au commencement du XIXe siècle, des critiques romantiques comme Samuel Taylor Coleridge vouèrent une admiration extrême pour Shakespeare la bardolâtrie, une adulation tout à fait dans la ligne romantique, vouant une révérence au personnage du poète, à la fois génie et prophète.

La question de l’identité

Articles connexes : Paternité des œuvres de Shakespeare, Théâtre élisabéthain et Édouard de Vere.
Les documents officiels prouvent qu’un certain William Shakespeare a bel et bien vécu à Stratford-upon-Avon et à Londres. La majorité des critiques s'accordent désormais pour identifier ce William Shakespeare comme l'auteur des pièces. Pourtant, il y eut autrefois une polémique passionnée sur l’identité du dramaturge, à laquelle ont même participé des écrivains comme Walt Whitman, Mark Twain, Is Shakespeare Dead ?, Henry James ou Sigmund Freud : tous doutaient que le citoyen de Stratford nommé William Shaksper ou Shakspere ait réellement composé les œuvres qui lui étaient attribuées.

Une signature de Shakespeare

Leurs arguments sont multiples : absence de mention d’œuvres littéraires dans son testament, inexistence de manuscrits littéraires d'époque, circonstances très floues des années de formation du jeune artiste, variation de l’orthographe de son patronyme, manque d'homogénéité du style et de la poétique des œuvres. Les spécialistes sont actuellement en mesure de réfuter ce genre d’argumentaire et pensent avoir éclairci le prétendu mystère de l’identité du poète, polémique qui, comme ils le font remarquer, commence au XIXe siècle avec des observations sur le supposé manque d’éducation de l’auteur, seuls des aristocrates ayant eu l'étoffe d'écrire de telles pièces mais ne pouvant les assumer, auraient utilisé Shakespeare comme prête-nom. Auparavant, les critiques n'étudiaient pas la question.
Les critiques s’appuient aussi sur l’extrême rareté des documents historiques et les mystérieuses contradictions dans sa biographie : même une vénérable institution telle que la National Portrait Gallery de Londres refusa d’authentifier le célèbre Flower Portrait de Stratford-upon-Avon, qui tomba en discrédit après qu’il se fut avéré qu’il s’agissait d’une contrefaçon du XIXe siècle. Certains francs-tireurs ont donc suggéré que des écrivains comme Francis Bacon, Christopher Marlowe, John Florio, la reine Élisabeth Ire ou le roi Jacques Ier d'Angleterre se cachaient derrière le pseudonyme de Shakespeare en tant qu’auteurs principaux ou coauteurs de tout ou partie des œuvres. Leurs origines aristocratiques expliquant la surprenante maîtrise stylistique du jeune homme de Stratford.
La thèse Bacon repose essentiellement sur un cryptogramme qui aurait été découvert dans l'édition originale des œuvres de Francis Bacon, notamment le De rerum organum : cette édition recelerait, cryptée et codée, une autobiographie de F. Bacon, lequel n'hésiterait pas à proclamer qu'il a réalisé des œuvres diverses, comédies, tragédies, qui ont connu une grande renommée sous le nom de Shakespeare. Ce texte contient cependant, par ailleurs, un nombre d'invraisemblances tel qu'on ne peut sérieusement lui accorder crédit.
D'autres anti-stratfordiens comme Abel Lefranc ou J. T. Looney pensèrent que les pièces devaient être l'œuvre d'un homme de cour. Le nom du comte de Derby est avancé par Abel Lefranc en 1918 dans Sous le masque de William Shakespeare : William Stanley, VIe comte de Derby, celui d'Édouard de Vere, le 17e comte d’Oxford, un noble familier de la reine Élisabeth, par J. T. Looney. Le comte de Rutland et l'un ou l'autre des comtes d'Essex sont aussi évoqués.
Ainsi, dans les années 192077, les partisans du comte d’Oxford ébauchèrent des théories s’appuyant sur des correspondances entre la vie de ce gentilhomme et les événements décrits dans les sonnets shakespeariens, théorie oxfordienne de la paternité de Shakespeare. En outre, Edward de Vere était considéré de son vivant comme un poète et écrivain talentueux qui possédait la culture et l’expérience que les partisans de cette thèse pensaient qu'on était en droit d'attendre d’un dramaturge de la stature de Shakespeare. Mais le comte était né quatorze ans avant Shakespeare et décédé douze ans avant lui.
En 1907, le critique allemand Karl Bleibtreu affirme dans Der Wahre Shakespeare que l'auteur des grandes pièces signées Shakespeare est Roger Manners, Lord Rutland, thèse reprise en 1912 par Célestin Demblon dans son ouvrage Lord Rutland est Shakespeare.
En 2007, c’est le tour de Sir Henry Neville, diplomate, membre du Parlement, qui, selon Brenda James et William Rubinstein, aurait demandé à Shakespeare de lui servir de prête-nom. Stimulé par cette théorie, John Casson se met au travail et affirme bientôt avoir découvert six nouveaux titres qui seraient des œuvres de Shakespeare-Neville, dont Arden of Faversham et Mucidorus.
L'œuvre de Shakespeare est aussi parfois attribuée à d'autres dramaturges : Chettle, Dekker, Robert Greene qui accuse Shakespeare de plagiat dans Greene's Groats-Worth of Wit, Middleton, Peele, Webster : tous ont eu des partisans plus ou moins convaincants.
Dès 1882, une bibliographie de la controverse est publiée. On arrive finalement à une liste de cinquante candidats en 2007 puis 77 en 2012, lesquels auraient travaillé séparément, ou collaboré, pour fabriquer cette œuvre composite qu'est le théâtre de Shakespeare.
La question corollaire à l’identité est celle de l’intégrité des textes : les critiques rencontrent des difficultés avec certaines pièces, voir notamment Henry VI première partie pour déterminer exactement quelle part du texte il faut attribuer à Shakespeare. À l’époque élisabéthaine, les collaborations entre dramaturges étaient fréquentes, et les spécialistes continuent d’étudier les textes de l’époque pour dessiner un contour plus précis de l’apport réel du poète82.

La religion de Shakespeare

Quelques chercheurs contemporains ont écrit que Shakespeare était aux marges de l'anglicanisme et avait de fortes inclinations vers la religion catholique.
Enfin, divers auteurs maçonniques ont affirmé que Shakespeare était membre des loges. Quelques-uns vont jusqu'à dire qu'il fut le créateur de la franc-maçonnerie.
La question est irrésolue : Shakespeare n'aurait pas pu être un bon catholique s'il était membre des loges, car la franc-maçonnerie a été fréquemment condamnée par les papes. De plus, l'anglicanisme était très proche du catholicisme sur de nombreux aspects et oscillait continuellement entre une branche catholique et une branche protestante.
Un livre d'un chercheur français paru en 2010, Shakespeare était-il juif ? Une nouvelle approche de sa vie et de son œuvre86 a apporté une preuve historique démontrant matériellement que le nom du père de William Shakespeare était en réalité Shapiro. Cet élément tendrait à accréditer les origines juives de la branche paternelle des Shakespeare.

La question de la sexualité

Le contenu des œuvres attribuées à Shakespeare a soulevé la question de son identité sexuelle. Son éventuelle bisexualité a scandalisé la critique internationale, eu égard à son statut d'écrivain célèbre.
La question de savoir si un auteur élisabéthain était homosexuel dans le sens moderne est anachronique, les concepts d'homosexualité et de bisexualité n'ont émergé qu'au XIXe siècle. Tandis que la sodomie était un crime à l'époque de Shakespeare, il n'y avait aucun mot pour désigner une identité exclusivement homosexuelle. Bien que vingt-six des sonnets de Shakespeare soient des poésies d'amour adressées à une femme mariée, connue comme la dark lady - la dame sombre, cent vingt-six sont adressés à un jeune homme connu comme le fair lord - le prince éclatant. La tonalité amoureuse du dernier groupe, qui se concentre sur la beauté du jeune homme, a été interprétée comme preuve de la bisexualité de Shakespeare, bien que d'autres considèrent que ces sonnets ne se rapportent qu'à une amitié intense, un amour platonique.
Lire la suite -> http://www.loree-des-reves.com/module ... ost_id=8526#forumpost8526

Posté le : 24/04/2015 17:53
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Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
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