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Accueil >> newbb >> Edouard Corbière [Les Forums - Histoire de la Littérature]

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Edouard Corbière
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Le 27 septembre 1875 meurt Jean Antoine René Édouard Corbière

à Morlaix, né à Brest Finistère le 1er avril 1793, marin, armateur, journaliste et écrivain français, considéré comme le père du roman maritime en France.

En bref

" On m'a manqué ma vie ", écrit celui qui dès l'adolescence fut voué par la maladie rhumatisme aigu, peut-être tuberculose à l'infirmité, à la difformité, à la mort précoce. Pires, la vie rognée par l'insomnie, et surtout, brusquement brisés, les rêves si vastes de naviguer, de dominer. Quelques mois en Italie, quelques séjours à Paris, une passion éphémère et mauvaise, des farces de rapin à Roscoff, cette résidence obligée pour son climat si doux : pitre et bourreau de soi-même, Corbière est rivé au dérisoire. Je suis là mais comme une rature..., écrit-il face au père puissant, Édouard 1793-1875, brillant auteur du Négrier, navigateur et notable, qui jamais, dit-on, ne lira la grande œuvre de Tristan, à lui dédiée, jamais n'entendra ce rire jaune des Amours jaunes 1873, son unique recueil. Celui-ci fut publié à compte d'auteur chez les frères Gladys en août 1873. Les Amours jaunes, de la couleur d'un rire glacé et grinçant, témoignent d'une œuvre de rupture, que seul Verlaine révélera dix ans après leur parution. Tout pouvait sembler rature et chaos dans les six parties de cette œuvre, où les thèmes de la mer, de la Bretagne ou de l'amour n'étaient pas l'essentiel : la désarticulation de la versification érigée en système, le lexique bariolé où l'archaïsme jouxte le néologisme et où triomphe un cosmopolitisme grotesque, la syntaxe brisée, et tout un langage presque prosaïque avec sa prédilection pour l'argot maritime, la complainte populaire ou l'exclamation triviale. Et pourtant, réduite à une quintessence osseuse, cette poésie qui condamne le chant, qui cultive l'absurde et l'humour railleur annonce aussi bien Laforgue, pour son goût du blasphème désespéré et cynique, que Joyce, T. S. Eliot, Céline et Queneau pour son recours au style oral, ou que les surréalistes, qui lui reconnurent d'ailleurs leur dette, pour ses vertus provocatrices. Sa dissonance même, Ses vers faux furent les plus vrais, qui la voue à l'imperfection, fonde, dans un nihilisme sans pathétique, sa modernité.

Sa vie

La famille Corbière est originaire du Haut-Languedoc le hameau de Valès, aujourd'hui sur la commune du Bez, à l'est de Castres, dans le Tarn. À la naissance d'Édouard, son père est capitaine d'infanterie de Marine. Sa mère, Jeanne-Renée Dubois, est née à Morlaix en 1768. Édouard est le troisième de quatre enfants.
Orphelin de père en 1802, le jeune Édouard n'a alors d'autre choix que d'entrer dans la Marine pour subvenir aux besoins de sa famille. Mousse en 1804, novice en 1806, aspirant dès 1807, Édouard Corbière connaît la dure expérience d'un ponton britannique, celui de Tiverton Devon en 1811-1812. Il est écarté de la Marine à la Restauration en raison de ses opinions libérales.

Les voyages

Devenu pamphlétaire, il connaît quelques déboires avec la justice royale, d'abord à Brest en 1819, à cause de ses écrits dans La Guêpe, puis à Rouen en 1823, dans La Nacelle, qui le poussent à reprendre la mer, cette fois au commerce. Pendant cinq ans, il navigue surtout entre Le Havre et la Martinique, comme capitaine au long cours, sur un vieux trois-mâts de prise britannique, la Nina, ce qui lui vaudra de la part de ses critiques littéraires des accusations de s'être livré à la traite négrière.

Les débuts littéraires

Ayant définitivement posé sac à terre au Havre, en 1828, il est aussitôt sollicité par Stanislas Faure, gérant du Journal du Havre, pour en devenir le rédacteur en chef, poste qu'il occupe jusqu'en 1839. Il demeure dans l'équipe du journal jusqu'en 1843. Sous son impulsion, ce quotidien, qui n’était qu’une maigre feuille d’annonces , devient un organe d'information commercial et maritime de première importance.
Entre-temps, il rédige plus de dix romans à succès dont le plus connu, Le Négrier 1832, lui confère une célébrité nationale. Il devient le maître français, aujourd'hui oublié, du roman d'aventure.
En 1839 a lieu la création de la Compagnie des paquebots à vapeur du Finistère, qui assure la liaison entre Le Havre et Morlaix. Édouard Corbière en est l’un des administrateurs, puis le directeur, jusqu'à sa mort.

Les dernières années

En 1844, son mariage avec Marie-Angélique-Aspasie Puyo, fille cadette de son ami Joachim Puyo, négociant, entraîne son installation définitive à Morlaix. Il y lance des régates en 1851, puis propose, sans succès, l'ouverture d'une souscription nationale. Il souhaite en effet que la France aligne un yacht lors d'une régate autour de l'île de Wight, animée par le Royal Yacht Squadron. Le 22 août 1851, le schooner America remporte le trophée historique qui, depuis, porte le nom de coupe de l'America .

Corbière est aussi membre du conseil municipal de Morlaix en 1855 et 1860. Entré à la Chambre de commerce en 1848, il en est le vice-président de 1866 à 1868, puis le président de 1868 à mars 1875.
Il meurt le 27 septembre 1875. Quelques mois plus tôt, la disparition de son fils aîné, Édouard-Joachim, plus connu sous le nom de Tristan Corbière, l'a profondément affecté. La mort d'Édouard Corbière est ressentie comme un véritable deuil public tant au Havre qu’à Morlaix. Le Morlaix, de la Compagnie des paquebots à vapeur du Finistère, ainsi que tous les autres navires du port finistérien, mettent leurs pavillons en berne dès l'annonce du décès. Lors des obsèques, le cercueil est porté par des marins du Morlaix. En 1880, Le Havre honore sa mémoire en donnant son nom à une petite rue du centre ville. Plus tard, un hommage similaire est rendu par la ville de Brest. Morlaix et Roscoff font de même en 1905 et 1911. En 1906, le conseil d'administration de la Compagnie des paquebots à vapeur du Finistère décide de baptiser son cinquième et dernier vapeur Édouard Corbière. L'armement fondé par Édouard Corbière en 1839 disparaît en 1921, à défaut d'avoir été intégralement remboursé par l'État pour la perte de son dernier vapeur, torpillé en Méditerranée en 1917.

Publications

À la Liberté publique, dithyrambe, 1819
Le Dix-Neuvième Siècle, satire politique, 1819
La Marotte des Ultra, ou Recueil des chansons patriotiques, 1819
Trois Jours d'une mission à Brest, 1819
La Lanterne magique, pièce curieuse représentant la Chambre des Députés de 1819, 1819
Les Philippiques françaises, poème, 1820
Notre Âge, satire, 1821
Élégies brésiliennes, suivies de Poésies diverses, et d'une Notice sur la traite des noirs, 1823
Brésiliennes, 1825
Corbière à Corbière. Épître à Son Excellence le comte de Corbière, 1827
Poésies de Tibulle, traduites en vers français, 1829
Les Pilotes de l'Iroise, roman maritime, 1832
Contes de bord, 1833 Texte en ligne
La Mer et les marins, scènes maritimes, 1833
Le Prisonnier de guerre, roman maritime, 1834
Le Négrier, aventures de mer, 4 vol., 1834
Scènes de mer, 2 vol., 1835
Le Banian, roman maritime, 2 vol., 1836
Les Folles-brises, 2 vol., 1838
Les Trois Pirates, 2 vol., 1838
Tribord et bâbord, roman maritime, 2 vol., 1840
Pelaio, roman maritime, 2 vol., 1843
Les Îlots de Martin Vaz, roman maritime, 2 vol., 1843
Cric-Crac, roman maritime, 2 vol., 1846
Pétition maritime à l'Assemblée nationale, 1848
Questions soumises à l'enquête sur la marine marchande, 1851



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Posté le : 25/09/2015 21:00
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Re: Edouard Corbière
Plume d'Or
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Chère Loriane,

J'ignorais qu'Edouard Corbière était le premier maître français du roman maritime.
Je vais aller en chasse à l'un de ses ouvrages chez un bouquiniste.

Merci vraiment pour toute cette richesse!
Comment fais-tu pour trouver le temps de rédiger toutes ces notices biographiques toutes aussi passionnantes les unes que les autres?

Amitiés de Dijon.

Jacques

Posté le : 03/10/2015 19:14
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Re: Edouard Corbière
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Et voilà comment un handicap physique qui cloue au sol, stimule un esprit original et volontaire l'emportant dans une belle évasion. Revanche pour notre plaisir.
Oui je pense que tu aimeras le lire. Il a, selon moi, une écriture, un esprit très personnel et qui inspira d'autres poètes et écrivains.
Tu me fais très plaisir de passer par là et de me laisser ces mots!
Mille mercis

Posté le : 04/10/2015 22:27
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Par une aquarelle de Tchano

Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
.

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