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Pierre Teilhard de Chardin
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Le 1er mai 1881 naît Pierre Teilhard de Chardin

à Orcines en France, mort le 10 avril 1955, à 73 ans à New York États-Unis, est un prêtre jésuite français, chercheur, paléontologue, théologien et philosophe. Il reçoit sa formation à l'Université de Paris, Université Villanova. Ses principaux intérêts sont :la Paléontologie, Théologie, métaphysique, évolution, il est fait Officier de la Légion d'honneur. Scientifique de renommée internationale, considéré comme l'un des théoriciens de l'évolution les plus remarquables de son temps, Pierre Teilhard de Chardin est à la fois un géologue spécialiste du Pléistocène et un paléontologue spécialiste des vertébrés du Cénozoïque. L'étendue de ses connaissances lui permet de comparer les premiers hominidés, tout juste découverts, aux autres mammifères, en constatant l'encéphalisation propre à la lignée des primates anthropoïdes.
Dans Le Phénomène humain, il trace une histoire de l'Univers, depuis la pré-vie jusqu'à la Terre finale, en intégrant les connaissances de son époque, notamment en mécanique quantique et en thermodynamique. Il ajoute aux deux axes vers l'infiniment petit et l'infiniment grand la flèche d'un temps interne, celui de la complexité en organisation croissante, et constate l'émergence de la spiritualité humaine à son plus haut degré d'organisation, celle du système nerveux verticalisé. Pour Teilhard, matière et esprit sont deux faces d'une même réalité. En tant que croyant, chrétien et prêtre de la Compagnie de Jésus, il donne un sens à sa foi chrétienne ou l'adhésion personnelle à la véracité du Christ, qu'il situe à la dimension de la cosmogenèse et non plus à l'échelle d'un cosmos statique comme l'entendait la tradition chrétienne se référant à la Genèse de la Bible.


En bref

Teilhard est fondamentalement un mystique, plus exactement un « cosmo-mystique ». Il considère que la matière contient une puissance spirituelle, et, par une ascèse très dure, il est parvenu à déchiffrer en filigrane, à travers le cosmos, la figure divine du Christ. Cette ascèse n'est plus une simple ascèse de détachement, c'est une ascèse de détachement par traversée, par l'action mortifiante. C'est dire que la vie de Teilhard a été, bien plus que celle de Rimbaud, une aventure spirituelle d'une rare qualité. Il fut, très tôt (1911), conquis par l'évolutionnisme et, partant, sa vision, au lieu d'être une vision en cosmos, c'est-à-dire statique ou cyclique, se mua en une vision en cosmogenèse, c'est-à-dire d'un univers évolutif et convergent, où Dieu se révèle d'abord comme l'avenir absolu, à travers un seuil d'extase. Orientée vers le futur, sa Weltanschauung est donc foncièrement eschatologique, pour ne pas dire prophétique (annonce d'un ultra-humain, c'est-à-dire d'un dépassement de la collectivité par elle-même, perspective d'un point Oméga, à savoir d'un point de convergence de l'humanité, annonciateur de la parousie, ou retour du Christ en gloire). On peut voir en Teilhard le Malebranche de l'évolutionnisme, mais sa parenté avec Leibniz est sensible, ses racines scolastiques demeurent évidentes et, par-delà celles-ci, l'influence de saint Paul et des Pères grecs, surtout saint Irénée, l'est également.
Pierre Teilhard de Chardin, né à Sarcenat sur la commune d'Orcines, dans le Puy-de-Dôme, novice de la Compagnie de Jésus en 1899 et ordonné prêtre en 1911, entre l'année suivante au laboratoire de Marcellin Boulle au Muséum d'histoire naturelle. Mobilisé pendant la guerre de 1914-1918 comme brancardier, il prépare ensuite licence et doctorat de sciences naturelles et enseigne la paléontologie et la géologie à l'Institut catholique de Paris. Il part pour la Chine en 1923, chargé d'une mission scientifique, et ne se « fixe » en France qu'en 1946 pour se rendre en 1951 aux États-Unis où il reste jusqu'à sa mort, à New York. Connu pour sa compétence de paléontologiste et chargé de postes importants dans les organismes scientifiques internationaux, il dut néanmoins, par ordre de la hiérarchie catholique, refuser une chaire au Collège de France et n'obtint l'autorisation de publier que des articles scientifiques ou quelques textes de portée générale. Mais la parution posthume de son Phénomène humain lui conféra une immense célébrité.
Teilhard de Chardin, qui se qualifiait de free-lance thinker, est, en fait, inclassable. Il n'a pas négligé la gnoséologie kantienne ; il est philosophe de l'action autant que Marx et Blondel ; il est philosophe de la durée autant que Bergson, mais celle-ci est, pour Teilhard, mûrisseuse et avant tout convergente ; il a transposé le surhumain individuel de Nietzsche ; il a élaboré un personnalisme bien à lui ; il a su allier l'existentiel et le dialectique (une dialectique oscillante fort souple, allant du plus connu au moins connu, avec un retour vers le plus connu, et ainsi de suite) ; il a su enfin unir structure et genèse. Bousculant les barrières interdisciplinaires, il a nourri le génie de la synthèse. Sa pensée, victoire sur l'angoisse, est fortement articulée ; et, par échelons, elle va de la science positive – géologie et paléontologie des Mammifères – à la voie unitive de la mystique, en passant par des conceptions de la biologie évolutive, une logique, une phénoménologie, une dialectique (au sens étroit : passage au point Oméga), une métaphysique de l'union et une théologie qui projette la théologie classique sur le film de l'évolution, c'est-à-dire la « dynamise ». Il semble, très schématiquement, que le christianisme, à partir de saint Augustin, ait connu une scission qui ouvre la voie à un buissonnement confus de théologiens très divers tels que Thomas d'Aquin (pour une part), Luther, Calvin, l'école janséniste, Kierkegaard, tandis que la voie royale annoncée par le saint Paul cosmique et les Pères grecs s'est poursuivie à travers des maîtres aussi variés que Duns Scot, Bonaventure, Bérulle, et conduit à Teilhard, lequel n'est, bien entendu, qu'un relais, si importante soit la coupure qu'il constitue. On peut le regarder comme hyperorthodoxe, car le transchristianisme qu'il professe n'est que l'annonce du Christ cosmique de saint Paul dans une perspective évolutionniste. Si nette que soit chez Teilhard l'affirmation de la transcendance divine, il reste un des maîtres de l'humanisme chrétien.
Devant l'originalité et l'ampleur d'une pareille pensée, on ne peut en souligner – sommairement – que deux aspects : scientifique et poétique.

Sa vie

Pierre Teilhard de Chardin est issu d'une très ancienne famille auvergnate de magistrats originaire de Murat et dont sa branche a été anoblie sous le règne de Louis XVIII. Il naît le 1er mai 1881 au château de Sarcenat, à Orcines Puy-de-Dôme, quatrième des onze enfants d'Emmanuel Teilhard 1844-1932, chartiste, et de Berthe de Dompierre. Sa mère était la petite-nièce de François-Marie Arouet, plus connu sous le nom de Voltaire.
De 1892 à 1897, il fait ses études au collège jésuite de Notre-Dame de Mongré à Villefranche-sur-Saône. En 1899, il entre au noviciat jésuite d'Aix-en-Provence. Les deux années suivantes se passent au juvénat de Laval. À partir de 1902, il fait trois années de philosophie sur l'île anglo-normande de Jersey. Doué pour les sciences, il devient professeur de physique au Collège jésuite de la Sainte-Famille au Caire de 1905 à 1908. Les quatre années suivantes, il étudie la théologie dans le théologat d’Ore Place à Hastings dans le comté du Sussex de l'Est. C'est à la fin de cette formation théologique qu'il est ordonné prêtre, le 24 août 1911.

Début de carrière scientifique

En 1912, il quitte l'Angleterre et rend aussitôt visite à Marcellin Boule, paléontologue et directeur du laboratoire de paléontologie du Muséum national d'histoire naturelle, à Paris, qui venait d'étudier le premier squelette d'homme de Neandertal découvert en France 1908. Il deviendra un paléontologue de renom international dix ans plus tard, après une thèse poursuivie sous la direction de Marcellin Boule et consacrée à des carnassiers du Tertiaire, qui sera soutenue en 1922 à la Sorbonne.
Avant de rencontrer M. Boule, Teilhard terminait ses études de théologie au théologat à Hastings, proche du site de Piltdown. Il avait été convié par un amateur de fossiles, Charles Dawson, à se rendre sur un site que ce dernier avait découvert, contenant des restes d'un prétendu homme fossile du Tertiaire, l'homme de Piltdown. Teilhard n'était alors qu'un simple séminariste qui achevait sa formation de jésuite, essentiellement intéressé par la formation des continents. Inconnu des préhistoriens, inexpérimenté en préhistoire comme en anthropologie, Charles Dawson ne l'a pas associé à la publication du Quarterly Journal de la prestigieuse Geological Society of London, précisant dans une note en bas de page que Teilhard n'était pas à l'origine de la découverte. Prétendre que son nom apportait une caution à cette découverte est un contresens historique. Stephen Jay Gould a tenté de démontrer que Teilhard de Chardin était au courant de la supercherie, en raison de ses récits contradictoires à propos de ses visites en 1912 et 1913. Des investigations plus poussées ont été poursuivies par le paléontologue Herbert Thomas, sous-directeur honoraire du Laboratoire de paléoanthropologie et préhistoire au Collège de France adjoint d'Yves Coppens. Ses recherches ont montré des carences dans l'enquête du paléontologue américain et souligné le peu de vraisemblance qu'il y a à baser un argumentaire sur des confusions de dates. La supercherie fut reconnue officiellement en 1953, Teilhard étant alors âgé de 72 ans et diminué par plusieurs attaques cardiaques, dont une ayant nécessité une hospitalisation entre la vie et la mort ; dans de telles circonstances, plus de 40 années après les faits, des confusions dans les dates ne sont pas de nature à mettre en doute la probité du paléontologue et du prêtre qui savait ses jours comptés il est décédé en avril 1955. Il a été montré que Teilhard avait été dupé dans cette affaire .

L'expérience de la Première Guerre mondiale

Entre 1915 et 1918, il est mobilisé comme caporal brancardier il refuse d'être aumônier militaire au front dans le 8e régiment de marche de tirailleurs marocains. Deux de ses frères meurent lors de cette guerre; quant à lui, sa bravoure lui vaut la Médaille militaire et la Légion d'honneur. Cette expérience de la guerre, du réel, lui permet d'élaborer une esquisse de sa pensée via son journal et sa correspondance avec sa cousine Marguerite Teilhard-Chambon une des premières agrégées de philosophie de France qui sera publiée dans Genèse d'une pensée.

Docteur ès Sciences

En 1916, il écrit son premier essai, La Vie Cosmique, puis, en 1919, Puissance spirituelle de la Matière, deux textes qui annoncent son œuvre plus tardive. De 1922 à 1926, il obtient en Sorbonne trois certificats de licence ès sciences naturelles : géologie, botanique et zoologie, puis soutient sa thèse de doctorat sur les Mammifères de l'Éocène inférieur français et leurs gisements.

Missions archéologiques en Chine

En 1923, il effectue son premier voyage en Chine pour le Muséum d'histoire naturelle de Paris. Il rejoint le père Émile Licent, naturaliste au Musée Hoangho Paiho de Tianjin qui a fait cette demande à Marcellin Boule, le professeur de paléontologie du Muséum national d'histoire naturelle, à Paris.
Licent fut donc un collègue de Teilhard de Chardin dans la conduite de la recherche archéologique dans les provinces septentrionales de la Chine au cours des années 1920 qui suivirent. En mai 1923, Pierre Teilhard de Chardin, docteur ès sciences en 1922 et vice-président de la Société géologique de France en 1923, va ainsi travailler, pour sa première campagne en Chine, sur les gisements de fossiles repérés au Gansu et en Ordos par Émile Licent14. Ils découvrent plusieurs sites d'industrie lithique, d'époque paléolithique. En 1924, la mission achevée, Teilhard de Chardin rapporte en France un important matériel lithique et faune. C’est ainsi que Teilhard, chercheur formé par Marcellin Boule, prend la tête de la Mission paléontologique française dès 1923, au moment où la compétition mondiale en matière scientifique comme dans les autres domaines apporte un flot de découvertes : dès 1921 une équipe internationale avait découvert le premier ‘’Sinanthrope’’, ou Homme de Pékin.
Explorant le désert d'Ordos en Mongolie Intérieure, Teilhard y achève sa Messe sur le Monde.

L'apport scientifique

Comme savant, Teilhard de Chardin a laissé une œuvre qui peut schématiquement s'ordonner autour de trois domaines : la géologie générale, la paléontologie des Mammifères, la paléontologie et la préhistoire humaines. Après avoir présenté une brillante explication de la tectonique de Jersey, il se fixa, une fois en Chine (1923), un vaste programme. Il entreprit une coupe géologique ouest-est, allant de l'extrémité du Shandong aux confins du Pamir, et une autre section nord-sud, presque aussi complète, descendant de la Mandchourie (Kharbin ou Ha'erbin) jusqu'à la bordure de l'Indochine. L'exploration du Kashmir et celle des plateaux Shan (Birmanie) visaient, entre autres objectifs, à trouver un pendant au Xinjiang ou un correspondant à la Chine du Sud. Les mémoires de Teilhard se classent donc approximativement en trois catégories : études du socle granitique et des phénomènes de granitisation ; étude des extrusions volcaniques ; études des dépôts sédimentaires, apportant un nombre notable de faits nouveaux à la connaissance des géologues (Oligocène d'Ordos, bassins éocènes effondrés de Qinlingshan, etc.).
La brillante thèse de Teilhard sur Les Mammifères de l'Éocène inférieur français et leurs gisements (1922) s'appuyait sur une analyse très poussée de la denture. Elle établissait, en outre, des affinités entre les faunes d'Amérique du Nord et celles d'Europe. Après l'arrivée du chercheur en Chine, presque tous ses travaux paléontologiques furent consacrés à reconstituer peu à peu l'histoire postpontienne des Mammifères en Chine du Nord : faune du Pliocène moyen (bassin de Yushe, au Shanxi), faune villafranchienne (couches de Nihewan, Hubei) ; faune du Pléistocène inférieur (fissure de Choukoutien ou Zhoukoudian) ; faune du Pléistocène supérieur (couches du Sjara-osso-gol, petit affluent du fleuve Jaune).
Quant à la préhistoire et à la paléontologie humaine, la première chance de Teilhard fut, en 1923, de pouvoir établir, avec le père Licent, l'existence d'un homme paléolithique en Chine du Nord. En deux endroits des Ordos, les deux savants découvrirent les traces certaines (foyers et outils du style moustérien ou aurignacien) de l'homme paléolithique, le 23 juillet 1923, au Shuidonggou et en août, sur les bords du Sjara-osso-gol. Pour la première fois, l'existence de l'homme paléolithique avait été signalée au sud de l'Iénisseï. La deuxième chance de Teilhard, et la plus décisive, fut certainement de pouvoir, pendant près de dix ans, collaborer de tout près aux grandes fouilles de Choukoutien (non loin de Pékin). Dans cette œuvre collective, menée par les soins conjugués de la fondation Rockefeller et du Service géologique de Chine, sa fonction fut surtout de diriger l'étude stratigraphique, paléontologique et archéologique du gisement. Il en précisa la position géologique et en étudia la faune, datant d'environ 500 000 ans et antérieure aux limons rubéfiés.
C'est autour et à partir des questions posées par l'homme fossile de Choukoutien, le sinanthrope, un pithécanthropien (Homo erectus pekinensis), que les recherches de Teilhard se développèrent à partir de 1933. Éclairé par une première intuition de son ami, le préhistorien Henri Breuil qui étudiait une corne brûlée et travaillée de Choukoutien, c'est Teilhard qui découvrit l'existence d'un outillage lithique et de couches culturelles (avec lits de cendres) au niveau du sinanthrope. Celui-ci était donc faber, découverte fondamentale.
En ce qui concerne l'Afrique australe, qui présente des conditions analogues à celles de Choukoutien (géologie des fissures), l'apport de Teilhard (séjours en 1951 et 1953) est moins important, mais il contribua à débrouiller la généalogie des australopithécinés (écaille humaine plus ancienne que les pithécanthropiens) ; et, constatant que l'Afrique est seule à présenter l'échelle complète de toutes les industries lithiques (à partir des galets éclatés), le savant y vit le berceau de l'Homo sapiens, qui semblerait originaire de la région du Tanganyika.

Le style et la symbolique

Fait heureux, le phénoménologue, le métaphysicien, le théologien et a fortiori le mystique qu'est Teilhard dispose d'un bel outillage stylistique. Chez lui, des notions comme celles de terre, de feu, d'eau, de centre, d'axe, etc. sont de nature symbolique, c'est-à-dire qu'au-delà de leurs rapports avec la géométrie ou avec les sciences de la nature elles visent un complexe sémantique, en dernier ressort transcendant, affranchi de la pure logique. C'est ainsi que la notion de centre, qu'on rencontre si fréquemment chez Teilhard, subsume essentiellement plus qu'une donnée courante de la géométrie ou de la physique. Sans perdre de vue la substance géométrico-physique du terme, l'auteur assortit la notion de contenus relevant du monde des archétypes. Son englobante vision ne fut pas seulement un problème de pensée, mais aussi un problème linguistique. Grâce aux archétypes ouverts à l'intervention d'expériences religieuses, la foi et la science ont, chez lui, contracté des liens formant un nœud qu'on ne saurait délier ; et ces liaisons se fécondent réciproquement, de par la mise en forme stylistique des pensées. La familiarité avec Jung permet seule de comprendre les échos profonds qu'éveille Teilhard dans les souterrains de toute psyché humaine.
Mais, déjà, combien éclairante est l'étude de la métaphore ! On est frappé par une relative pauvreté des images auditives et par la grande richesse des images visuelles – colorées et surtout lumineuses. Les deux éléments préférés de Teilhard sont l'eau et le feu – l'imagerie du feu étant vue à la fois comme extérieure et intérieure aux choses, transcendante et immanente. On y trouve aussi des images empruntées aux tissus (fibres, franges, nappes, voile) ; puis celles de chair, de mère, de sein, enfin celles de sève et de fleur. Teilhard semble aimer les étoffes, symbole de la façon dont, dans son univers, tous les fils sont entrecroisés et dont tout se tient. À travers les somptueuses draperies des phrases, les images s'enchaînent subtilement. Par exemple, l'élément liquide peut devenir tour à tour mer, boisson, symbole sacramentel, flot qui berce et flot qui porte. Teilhard est amoureux d'une nature qui vaut par elle-même, par ses qualités intrinsèques, et non par concordance avec des états subjectifs, comme chez les romantiques. Comme l'a fort bien dit Josée Van de Ghinste : « Toutes les caractéristiques que nous venons de souligner : gigantisme de l'Univers, solennité religieuse, amour pour la matière vue comme personnalisée, prédominance du concret sur l'abstrait, sens de la cohésion des choses, dynamisme et orientation vers le futur [...] donnent au lyrisme de Teilhard un accent jusqu'ici inconnu. La religion, la science et l'art, qui, normalement, recherchent séparément un Absolu, sont ici synthétisés dans une vision poétique qui fait coïncider ces « Absolus » et en acquiert une richesse et une profondeur insoupçonnées. » Un autre élément caractéristique, c'est cette notion de « diaphanie », de transparence : « bulle transparente », « clarté laiteuse », « chair translucide ». On se trouve devant un monde illuminé et cependant toujours merveilleusement énigmatique.Il est pratiquement impossible aujourd'hui de faire le point sur Teilhard. Le martyre du silence imposé à celui-ci par l'Église permet de comprendre en partie les causes de l'échec du IIe concile du Vatican. Le religieux y fut néanmoins cité et approuvé par Mgr Hurley, archevêque de Durham, Mgr Wright, évêque de Pittsburg, Mgr Spülbeck, évêque de Meissen, Mgr Helder Camara, archevêque de Recife. Sans nommer Teilhard, le cardinal Meyer, archevêque de Chicago, a déclaré : « C'est le Cosmos tout entier qui doit être glorifié, et non pas seulement l'homme [...]. Cette transfiguration finale du monde [...] est déjà commencée par le travail des hommes dans le monde... » Pendant une dizaine d'années consécutives à la mort du savant (1955) sévit un insupportable snobisme teilhardien qui a gravement nui à celui-ci dans les universités françaises, lesquelles, pour travailler sérieusement, attendent la publication critique et in extenso des textes connus et inédits, correspondance incluse. Ce n'est pas pour demain. En outre, le règne du structuralisme, avec son antihumanisme et son anti-évolutionnisme, ne crée pas une atmosphère favorable, non plus que les théologies de la mort de Dieu. Teilhard est entré dans les limbes. Quand en sortira-t-il ? Claude Cuénot

Sanctionné par l’Église

À son retour de Chine, il enseigne comme professeur de géologie à l'Institut catholique puis se voit démis de ses fonctions : la diffusion d'un texte portant sur le Péché originel ce document privé destiné à un jésuite, Note sur quelques représentations historiques possibles du péché originel, n'était pourtant pas destiné à être publié lui cause en effet ses premiers troubles avec le Vatican. L'ordre des Jésuites lui demande d'abandonner l'enseignement et de poursuivre ses recherches géologiques en Chine.

Retour en Chine

En 1926, il retourne donc en Chine, où la Compagnie de Jésus possède l'université l'Aurore, et joue, avec le paléoanthropologue allemand Franz Weidenreich, un rôle actif dans la découverte et l'étude scientifique du sinanthrope16. Il participe en 1931 à la Croisière jaune. Jusqu'à son installation à New York en 1951, Teilhard de Chardin poursuit une carrière scientifique ponctuée de nombreux voyages d'études : Éthiopie 1928, États-Unis 1930, Inde 1935, Java 1936, Birmanie 1937, Pékin 1939 à 1946, Afrique du Sud 1951 et 1953.

Philosophe de la création

En 1932, dans Christologie et évolution, Teilhard propose sa vision évolutive de la création, qui oblige à relire autrement les notions de création, de mal, de péché originel.
En 1946, le Père Teilhard est promu officier de la Légion d'honneur au titre des Affaires étrangères en reconnaissance de son brillant travail en Chine. Il est élu en 1950 à l'Académie des sciences et nommé directeur de recherche au CNRS en 1951. Il meurt le 10 avril 1955, jour de Pâques, à New York, après une nouvelle attaque cardiaque. Un an plus tôt, au cours d'un dîner au consulat de France, il confiait à des amis : J'aimerais mourir le jour de la Résurrection. Il est inhumé dans le cimetière du noviciat jésuite de St. Andrew's-on-the-Hudson de Poughkeepsie, dans l’État de New York.

Le Phénomène humain

Noosphère, Christ cosmique et point Oméga

Convergence et divergence selon Teilhard.

La théorie de l'évolution de Charles Darwin, la géologie de Vernadsky et la théodicée chrétienne sont unifiées par Teilhard de Chardin en une approche holiste. Pour lui, le phénomène humain doit être pensé comme constituant - à un moment donné - une étape de l'évolution qui conduit au déploiement de la noosphère, laquelle prépare l'avènement de la figure dite du Christ Cosmique.
Le point Ω ou point Oméga représente le pôle de convergence de l'évolution. Le Christ Cosmique manifeste l'avènement d'une ère d'harmonisation des consciences fondée sur le principe de la coalescence des centres : chaque centre, ou conscience individuelle, est amené à entrer en collaboration toujours plus étroite avec les consciences avec lesquelles il communique, celles-ci devenant à terme un tout noosphérique. L'identification non homogénéisante du tout au sujet le percevant, entraîne un accroissement de conscience, dont l'Oméga forme en quelque sorte le pôle d'attraction en jeu à l'échelle individuelle autant qu'au plan collectif. La multiplication des centres comme images relatives de l'ensemble des centres harmonisés participe à l'avènement de la résurrection spirituelle ou théophanie du Christ Cosmique.
Annonçant la planétisation que nous connaissons aujourd'hui, Teilhard développe la notion de noosphère qu'il emprunte à Vernadsky pour conceptualiser une pellicule de pensée enveloppant la Terre, formée des communications humaines .
Par ailleurs, en situant la création en un « point Alpha » du temps, il pose que l'Homme doit rejoindre Dieu en un point Oméga de parfaite spiritualité. Le terme de point Oméga » a été repris par le physicien américain Frank Tipler, apparemment sans allusion au nom de Teilhard sans qu'on puisse dire si c'est délibéré ou par ignorance de son origine, ou plus simplement parce que « cela va de soi.

Hominisation et humanisation

Teilhard pense aussi identifier, parallèlement à l'évolution biologique, une évolution de type moral : l'affection pour la progéniture se rencontre chez les mammifères et non chez les reptiles, apparus plus tôt. L'espèce humaine, malgré ses accès de violence sporadique, s'efforce de développer des réseaux de solidarité de plus en plus élaborés Croix-Rouge de Dunant, Sécurité sociale de Bismarck... : l'évolution physique qui a débouché sur l'hominisation se double d'après lui d'une évolution spirituelle, qu'il nomme humanisation . Se demandant d'où vient ce surcroît de conscience, il l'attribue à la croissance de la complexité des structures nerveuses : le cerveau des mammifères est plus complexe que celui des reptiles et celui des humains se trouve être plus complexe que celui des souris.
Il s'émerveille également de l'interfécondité de toutes les populations humaines sur la planète, à laquelle il ne voit pas de vraie correspondance dans les espèces animales : l'isolement géographique chez l'animal se traduit à terme par des spéciations :
D'une part, ces rameaux se distinguent de tous les autres antérieurement parus sur l'arbre de la vie par la dominance, reconnaissable en eux, des qualités spirituelles sur les qualités corporelles c'est-à-dire du psychique sur le somatique. D'autre part, ils manifestent, sans diminution sensible, jusqu'à grande distance, un extraordinaire pouvoir de se rejoindre et de s'inter-féconder.
— Écrits scientifiques, page 203
Cette particularité de l'espèce humaine sera relevée plus tard aussi par Jacques Ruffié, professeur d'anthropologie physique au Collège de France.

Évolution et organisation.

L'évolution se passe ensuite à son avis dans la possibilité qu'ont les consciences de communiquer les unes avec les autres et de créer de facto une sorte de super-être : en se groupant par la communication, les consciences vont faire le même saut qualitatif que les molécules qui, en s'assemblant, sont passées brusquement de l'inerte au vivant.
Toutefois, ce super-être est sans rapport aucun avec le surhumain de Nietzsche (Ainsi parlait Zarathoustra dans lequel Teilhard ne voit qu'une extrapolation trop simple du passé, et qui ne tient nul compte du phénomène de communication croissante entre les individus La chenille qui interroge son futur s'imagine sur-chenille, résumera Louis Pauwels dans Blumroch l'admirable. Pour Teilhard, ce n'est déjà plus au niveau de ces seuls individus que le processus d'évolution se réalise; il écrit à ce sujet :
« Rien dans l'univers ne saurait résister à un nombre suffisamment grand d'intelligences groupées et organisées.
Il y voit non pas Dieu en construction, comme avant lui Ernest Renan et — de façon plus sarcastique — Sigmund Freud dans l'Avenir d'une illusion — mais l'humanité qui se rassemble pour rejoindre Dieu, en cet hypothétique point Oméga qui représenterait de facto, et sans tristesse aucune, la fin du Temps.

Citations

« L'Homme, non pas centre statique du Monde - comme il s'est cru longtemps, mais axe et flèche de l'Évolution… » Le Phénomène humain, 1965 p. 24
« La Vie est née et se propage sur Terre comme une pulsation solitaire. C'est de cette onde unique qu'il s'agit maintenant de suivre jusqu'à l'Homme, et si possible jusqu'au-delà de l'Homme, la propagation. » ibid, p. 94
« Lorsque, en tous domaines, une chose vraiment neuve commence à poindre autour de nous, nous ne la distinguons pas… Rétrospectivement, les choses nous paraissent surgir toutes faites. » ibid, p. 114
Sur le fait général qu'il y ait une évolution, tous les chercheurs … sont désormais d'accord. Sur la question de savoir si cette évolution est dirigée, il en va autrement. ibid, p. 137
Réactions vis-à-vis de l’œuvre de Teilhard de Chardin.

Position du Saint-Siège sur les travaux de Teilhard

La condamnation

Le Vatican identifie rapidement deux problèmes graves :
D'une part l'idée selon laquelle l'esprit de l'homme, son intelligence et sa volonté libre, puisse apparaître par une simple évolution déterministe de la matière s'oppose au dogme catholique issu de la Genèse. Ce point fait difficulté car il semble remettre en cause la nature spirituelle de l'âme humaine. Par contre les opinions de Teilhard sur l'origine évolutive du corps de l'homme sont laissées à la libre recherche de la biologie.
Un autre point relève de la discussion théologique :
L'un des deux moteurs de la sélection naturelle est l'élimination systématique, à chaque génération, des individus en surnombre pour les ressources existantes (élimination signalée par Malthus.
Cet écrasement se fait dans l'indifférence cruelle qui terrifie déjà Darwin en son temps et lui fait perdre la foi. Ce point n'est pas contesté. La cruauté de la marâtre nature est connue depuis la nuit des temps. En revanche, on la rattachait au classique problème du mal. Mais la considérer comme faisant partie du plan divin constitue un total changement de paradigme, aux antipodes de l'idée même de providence. Cette préparation du bonheur des successeurs par la souffrance des prédécesseurs ne semble pas proche des idées admises de rédemption et de communion des saints, et le monde qui en découle paraît cependant bien trop écarté des valeurs évangéliques et de l'idée de bonté divine pour être accepté tel quel.
Vers 1921, un petit texte exploratoire sur le péché originel, non destiné à la publication, va tomber entre les mains des autorités vaticanes. À partir de ce moment, le Saint-Siège n'a plus jamais donné à Teilhard l'autorisation de publier d'autres ouvrages que purement scientifiques malgré ses demandes répétées tout au long de sa vie. Jésuite, ayant fait vœux d’obéissance, il ne faillit jamais à ses vœux.
À la mort de Teilhard en 1955, Jeanne Mortier, sa secrétaire, qu'il avait faite légataire de toutes ses œuvres religieuses, décide d'en publier l'intégralité. Pour éviter une condamnation posthume, elle constitue deux comités de patronage (un comité général et un comité scientifique avec de telles personnalités qu'il n'était pas possible à Rome de s'y opposer.
Le 30 juin 1962, un monitum particulièrement sévère du Saint-Office met en garde contre ses idées hétérodoxes :
Certaines œuvres du P. Pierre Teilhard de Chardin, même des œuvres posthumes, sont publiées et rencontrent une faveur qui n'est pas négligeable. Indépendamment du jugement porté sur ce qui relève des sciences positives, en matières de philosophie et de théologie, il apparaît clairement que les œuvres ci-dessus rappelées fourmillent de telles ambiguïtés et même d'erreurs si graves qu'elles offensent la doctrine catholique. Aussi les EEm. et RRv Pères de la Sacrée Congrégation du Saint-Office exhortent tous les Ordinaires et Supérieurs d'Instituts religieux, les Recteurs de Séminaires et les Présidents d'Université à défendre les esprits, particulièrement ceux des jeunes, contre les dangers des ouvrages du P. Teilhard de Chardin et de ses disciples ».

Vers une ré-évaluation ?

Les ouvrages de Teilhard connaissent un certain succès dans les années 1960. Puis ses écrits sont moins diffusés.
Mais sa pensée fait son chemin dans l’Église et influence le concile Vatican II. Ses idées confortent l'idée de plan divin souvent évoquée par l'Église depuis saint Augustin La Cité de Dieu. Par ailleurs, l'idée de l'évolution est admise comme possible hypothèse il faudra attendre le pontificat de Jean-Paul II pour qu'elle soit considérée en 1996 comme davantage qu'une hypothèse.
Il est à noter que Joseph Ratzinger, lors de la première publication de son manuel théologique La foi chrétienne hier et aujourd'hui en 1968 en Allemagne, écrit : C'est un grand mérite de Teilhard de Chardin d'avoir repensé ces rapports - Christ, Humanité - à partir de l'image actuelle du monde .
Dès 1974, des enseignements sur la pensée de Teilhard ont été dispensés par les pères Gustave Martelet et Michel Sales à la faculté Jésuite du Centre Sèvres.

Postérité

En 1981, l’Église amorce un prudent virage : le centenaire de la naissance de Teilhard est célébré à l'Unesco en présence d'un représentant du Vatican.
En octobre 2004, un colloque international Teilhard à l'université pontificale grégorienne, s'est tenu à Rome sous la présidence du cardinal Paul Poupard, représentant de Jean-Paul II et du père Peter-Hans Kolvenbach, Supérieur général de la Compagnie de Jésus. Cette même année, une chaire Teilhard de Chardin est créée au Centre Sèvres. Depuis 2006 des cours sont donnés à l'École cathédrale de Paris.
Dans son ouvrage Lumière du monde, Benoît XVI écrit : Dieu a pu, au-delà de la biosphère et de la noosphère, comme le dit Teilhard de Chardin, créer encore une nouvelle sphère dans laquelle l'homme et le monde ne font qu'un avec Dieu.
Aujourd'hui, Teilhard a cessé d'être un réprouvé talentueux non neutre pour être qualifié de précurseur et de savant extraordinaire. En 2013, l'Osservatore Romano sous la plume de Maurizio Gronchi cite la phrase de Teilhard j'étudie la matière et je trouve l'esprit. Les travaux philosophiques et études théologiques prennent désormais en compte la composante dynamique et évolutive de l'homme et de l'univers. Cela est particulièrement perceptible par exemple dans l'œuvre du théologien allemand Karl Rahner.

Positions d'autres naturalistes

Julian Huxley fit connaître avec quelque précaution Le Phénomène humain dans les milieux anglo-saxons : If I understood him alright, here his thought is not fully clear to me.
Peter Medawar prend une position clairement hostile envers l'ouvrage : « I have read and studied The Phenomenon of Man with real distress, even with despair. Instead of wringing our hands over the Human Predicament, we should attend to those parts of it which are wholly remediable, above all to the gullibility which makes it possible for people to be taken in by such a bag of tricks as this , ainsi que par la suite Stephen Jay Gould, puis Richard Dawkins.

Œuvres de Teilhard

De 1955 à 1976, son œuvre est publiée à titre posthume par sa secrétaire et collaboratrice, Jeanne Mortier, qu'il a faite son héritière éditoriale de son œuvre dite non scientifique. Celle-ci occupe treize volumes :

Le Phénomène humain, 1955
L'Apparition de l'homme, 1956
La Vision du passé, 1957
Le Milieu divin, 1957
L'Avenir de l'homme, 1959
L'Énergie humaine, 1962
L'Activation de l'énergie, 1963
La Place de l'homme dans la nature, 1965, éd. Albin Michel, Coll. Espaces libres, 1996
Science et Christ, 1965
Comment je crois, 1969
Les Directions de l'avenir, 1973
Écrits du temps de la guerre, 1975
Le Cœur de la matière, 1976

Divers

La messe sur le monde, 1923, repris dans Le Cœur de la matière
Accomplir l'homme, lettres inédites 1926-1952, Bernard Grasset, 1968.
Lettres inédites à l'abbé Gaudefroy et à l'abbé Breuil, Le Rocher, 1988
Teilhard de Chardin en Chine. Correspondance inédite 1923-1940, Correspondance commentée et annotée par Arnaud Hurel et Amélie Vialet, Paris, Éditions du Muséum-Édisud, 2004.
Lettres de voyage 1923-1939, introduction de Marguerite Teilhard-Chambon, Bernard Grasset, Paris, 1956
Nouvelles lettres de voyage 1939-1955, introduction de Marguerite Teilhard-Chambon, Bernard Grasset, Paris, 1957
Genèse d'une pensée. Lettres 1914-1919, présentées par Alice Teilhard-Chambon et Max-Henri Bégouën et précédées d'une introduction de Marguerite Teillard-Chambon, Bernard Grasset, Paris, 1961
Le rayonnement d'une amitié. Correspondance avec la famille Bégouën 1922-1955, Éditions Lessius, Bruxelles, 2011

Hommages

Lycée Teilhard-de-Chardin.
On a donné son nom à plusieurs lycées et institutions scolaires, comme le lycée Teilhard-de-Chardin à Saint-Maur-des-Fossés ou le collège Teilhard-de-Chardin à Chamalières. Le grand amphithéâtre de la faculté libre de droit de Lille porte son nom tout comme une salle d'enseignement de l'Université catholique de Lyon (site Bellecour.
Il existe à Paris une rue du Père-Teilhard-de-Chardin depuis 1978 ainsi qu’une place du Père-Teilhard-de-Chardin depuis 1981.
L'argument principal du roman de science-fiction de Greg Bear, La Musique du sang 1985, est emprunté à Teilhard de Chardin, qui est nommément cité à la fin du récit par l'un des protagonistes. Dans ce roman, des ordinateurs biologiques vivants de la taille d’une cellule échappent au contrôle de leur créateur et finissent par infecter l'humanité tout entière, provoquant la fusion physique et spirituelle de la biosphère et donc de la noosphère.
En 1940, le paléontologue George Gaylord Simpson nomme Teilhardina un genre de primates de l'éocène.
Une place non négligeable est faite aux idées de Pierre Teilhard de Chardin dans le cycle romanesque de Dan Simmons Les Cantos d'Hypérion et Les voyages d'Endymion.
Dans son roman de science-fiction Le Successeur de pierre, Jean-Michel Truong fait participer Pierre Teilhard de Chardin. Dans ce roman, le père de Chardin devient le dernier dépositaire d'une révélation terrifiante : la bulle de Pierre, un message transmis exclusivement de pape en pape depuis que Jésus a confié à Simon-Pierre cette charge.


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Posté le : 30/04/2016 18:37
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Par une aquarelle de Tchano

Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
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