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Nouvelles confirmées : L'arrivant XXX
Publié par Loriane le 17-09-2012 19:40:00 ( 915 lectures ) Articles du même auteur
Nouvelles confirmées



En descendant de la voiture, je vis Rodolphe courir vers les marchandes de couronnes.
"J'en veux des jaunes"
"Ah bon pourquoi des jaunes mon beau cow-boy "
"Parce que c'est beau "
Voilà, c'est tout ! parce que c'est beau, c'est comme ça, Rodolphe a dit et l'explication se suffit à elle même. En riant une tahitienne, accroupie devant son paquet de couronnes, lui en tendit une composée d'un savant mariage de monettes et de fleurs de tipaniers jaune et blanc.
"Tiens, j'te la donne, c'est un cadeau, elle est jaune comme tu veux et elle sent trrrès bon"
La gentillesse de ces gens, surtout à l'égard des enfants, et leur détachement pour la richesse m'émerveillaient. Je priai une fois encore pour que jamais ce peuple ne change
Avant d'entrer dans l'aéroport, nous choisîmes, chacun deux couronnes par personne, une pour chacune des grand-mères.
C'était un si grand plaisir de consacrer aux coutumes locales, la tradition était fort belle et qui peut concevoir de débarquer à Tahiti sans être couvert de ces colliers de bonheur autour du cou ?
A l'époque des voyages en bateaux, la tradition voulait que l'on offrit un collier à l'arrivée dans l'archipel, ce que les usages ont merveilleusement conservé et pérennisé, et aussi, un collier de fleurs au moment de quitter l'île, collier qui devait ensuite être jeté à la mer en faisant le voeu de revenir un jour. Mais les départs en avions, parce que les tahitiens savent s'adapter, ont changé les colliers de fleurs du départ, en colliers de coquillages que l'on range ensuite dans sa valise et que l'on garde souvent comme un trophée, un témoignage de l'infini privilège d'avoir séjourné au paradis.
Malgré l'heure matinale l'aéroport vivait bruyamment.
Le hall était rempli d'une foule importante et les conversations s'ajoutaient à la musique.
Devant la sortie des voyageurs, il y avait déjà des personnes agglutinées derrière les barrières.
On devinait derrière les portes encore fermées une grande activité. J'imaginais le long serpent du tapis à bagages et la foule agglutinée qui surveillait avec attention l'apparition des valises.
Les visages étaient pour beaucoup encore ensommeillés et plus particulièrement ceux de nos enfants.
Mathias et Clotilde s'étaient adossés à un pilier du hall et paraissaient absents, les bras baissés, ils laissaient pendre jusqu'au sol leurs couronnes de fleurs, pendant que les trois petits sur le modèle de Florent se les étaient mises autour du cou.
Le personnel de l'avion apparut traînant leur éternelle petite valise à roulettes.
"papa c'est ça un baise-en-ville ?"
" Chutttt, parle moins fort"
La voix de Nicolas avait claqué dans un moment de silence, et comme il fallait s'y attendre il avait provoqué un éclat de rire général.
Qui connait un moment plus réjouissant que celui que vivent des parents dans l'embarras devant une saillie publique de leur marmot ?
"je t'expliquerai plus tard"
" C'est toujours comme ça !! moi on me dit jamais rien, tu veux jamais m'expliquer !!"
Et tout le monde de rire un peu plus, bien sûr.
Nicolas certainement mal réveillé pleurnichait et semblait décidé à nous faire une crise de victimisation aiguë.
"Pauvrrrre, enfant ! ton pèrrrre est pas gentil "
L'accent tahitien était fort et la voix était narquoise, je vis JF attraper sans douceur Nicolas par le bras et l’entraîner à l'égard, pendant que Nathalie et Florent les suivaient.
Clotilde et Mathias mal réveillés suivaient l'intervention de leur frère en riant mais sans pour autant quitter l'appui de leur poteau.
Je n'entendais pas les explications de JF mais elles s'accompagnaient visiblement d'un "bon savon".
A ce moment les portes laissaient passer les premiers voyageurs, encore clairsemés, puis vint le gros du troupeau, exactement comme à la sortie de l'école, et tout comme à la sortie de l'école, Marthe et Marie-Claire apparurent dans les dernières.
Je les trouvaient changées, vieillies bien sûr. Elles étaient toutes les deux habillées exactement de la même façon, elles portaient un coquet survêtement mauve et violet dans un tissu de sport à la mode.
Quelle drôle d'idée ! S'habiller comme deux soeurs jumelles à plus de soixante dix ans, cela ne se fait plus depuis longtemps même pour des jumeaux, mais, bon ! pourquoi pas ?
Les enfants ne réagirent pas tout de suite, mais se joignirent à nous pour les entourer, les embrasser et les couronner.
L'avalanche de baisers dura long un moment
"Maeva Marie-claire ...Maeva Marthe ... Maeva... Maeva ... Maeva... mais qu'est ce que tu as grandi !!, mais tu as changé ! ... Je t'ai pas reconnu tellement tu grandis... vous voici de beaux enfants maintenant ! ... Mon Dieu te voici plus grand que tes parents ...et vous, vous avez bien bonne mine ..."
Après vingt et une heure de voyage elle étaient épuisées mais elles trouvèrent pour un moment, un regain d'énergie pour déguster ce moment sublime de l'accueil sous les fleurs et la musique.
Rodolphe ne les reconnut pas et s'accrochait à moi avec crainte, mais elles ne le brusquèrent pas et ne tentèrent pas de le prendre dans leurs bras et tout passa ainsi simplement.
JF avait pris deux de leurs valises et les portait vers sa voiture suivit des trois petits.
Marthe et Marie-claire, couvertes de fleurs jusqu'au menton, engoncées dans leurs colliers, restèrent un long moment à regarder les danses et les chants, puis elles me suivirent lentement vers la sortie.
" Mon Dieu ! mais qu'est-ce qu'il fait chaud ! je suis trempée de sueur, j'ai déjà la peau qui colle"
En roulant j'expliquais que l'humidité était conséquente soit, mais que cette saison était la plus supportable et que dès le jour levé les alizés viendraient nous rafraîchir.
Après le tour émerveillé du jardin sous son éclairage électrique, nous fîmes le tour de la maison et c'est seulement alors qu'elles commençaient à défaire leurs valises dans la chambre que j'avais décorée et fleurie pour elles que Rodolphe consentit enfin au premier bisou à sa grand-mère et à Marthe.
"On va pas déjeuner à cette heure ci, quand même !"
J'étais en train de préparer le thé et les fruits et Mathias s'étonnait, le jour n'était pas levé.
" Mathias dans une petite demie-heure il fera jour, alors on déjeune juste plus tôt, on bavarde et on part comme d'habitude après."
Les couverts à la main je déposai la théière, je sentis JF dans mon dos, il me parlait dans le cou, son ton était moqueur.
" Tu sais où les enfants ont appris ce mot de baise-en-ville ?"
"Oh c'est pas un mot grossier !"
"Non mais c'est moi qui aie dû leur expliquer ce que veux dire baiser, et devant tout le monde en plus, alors merci !"
Je souris sans répondre, bof ! c'est pas bien grave.
Mais oui évidemment je savais bien qui employait souvent ce mot, puisque à chaque mission de JF dans le îles, j'avais pour habitude de lui recommander de ne surtout pas oublier-son-baise en ville, que Clotilde appelait, elle, son sac à brosse à dents.
" Allez à table, mais où est Florent ? "
"Il est allé se recoucher"
"Non, non, personne ne retourne se coucher, on part à l'école dans une heure"
Marthe vint s'asseoir à table, elle était sans entrain.
"Nous après, on va allez se coucher un peu, mais je croyais que nous partions demain, il y a encore école ?"
"C'est le dernier jour pour tout le monde, on va ramener nos livres et toute nos petites affaires, cet après-midi je vais à la fête de l'école des petits et demain soir on prend le bateau, mais vous pouvez rester dormir, il faut que vous récupériez un peu"
Dans la chambre des garçons, je trouvai Florent profondemént endormi sur son lit, je le secouai doucement, je lui parlai dans l'oreille, je l'embrassai
" Réveille toi mon Titou, ne dors pas, on va partir, allez réveille toi, Florent, tu m'entends ? lève toi et viens manger, allez ..."
Le jour se levait, les premières lueurs rentraient dans la chambre, je voyais les grandes fleurs d'opuhi rose et rouge se colorer devant la porte-fenêtre qui s'ouvraient sur le jardin.
Les bruits de conversations venant de la terrasse, jusqu' à cet instant ouatées et calmes, montèrent soudain de plusieurs tons.
Je me précipitai pour voir toute la tablée, animée.
"Non, non, et non, y'en a marre ! ..."
" papa est le plus méchant, il est pas beau !"
" Mon Dieu mes enfants, mais qu'est-ce que c'est que cette histoire de chien ? Qui c'est ce Gaston qui doit revenir ? Rodolphe nous dit que vous avez un nouveau chien qu'il va revenir habiter ici ? Mon Dieu JF, mon enfant calme toi, ce petit ne dit rien de mal !.."
"Marcel veut voir son copain y va revenir, papa est très méchant"
"Ma foi, mon petit Rodolphe tu veux bien aimer ton papa, tout de même ?"
Je retrouvai le fort accent de l'est, les formulations un peu précieuses et d'évitement.
Marie-Claire avait prit Rodolphe sur ses genoux et lui parlait d'un ton apaisant et moralisant, JF, lui, excédé, avait quitté la table après avoir embrassé sa mère et sa marraine, il partait à son travail.
Florent passa devant moi et alla s'asseoir en traînant des pieds
Je restai à distance devant la porte de la cuisine, je regardai toute la famille, les enfants mangeaient et avaient l'air de se soucier de cette histoire comme d'une guigne.
"Mais qu'est-ce qu' il se passe, expliquez nous Cléo, Mathias, s'il vous plaît, qui est Gaston ? "
"Bof, c'est rien, c'est entre papa et Rodolphe, c'est rien du tout.."
Les grands mères devant le mutisme de leur fils et de Rodolphe, tous les deux boudeurs et avares d'explications, s'étaient tournées vers les deux grands, la réponse qu'elles venaient de recevoir étaient on ne peut plus succincte et je compris que j'allais devoir me fendre d'un historique sur l'arrivée dans notre famille, de ce cher Gaston.

Lydia Loriane Maleville


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Par une aquarelle de Tchano

Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
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