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Nouvelles : La Plaine des Confins du Monde, Douzième Partie
Publié par dominic913 le 19-10-2012 15:32:51 ( 741 lectures ) Articles du même auteur
Nouvelles



Conscient d’avoir quelques instants de répit, j’en profite pour examiner plus soigneusement le Mégalithe qui se dresse devant moi. Je repousse la mèche de cheveux que le vent et la pluie ont collés contre le bas de mon front. Je souhaite y voir un peu plus clair en ce qui concerne ses inscriptions, avant de poursuivre ma route vers l’Est. Un éclair illumine l’obscurité à l’instant opportun. Sa fulgurance me permet d’observer l’aspect général des épigrammes qui y ont été tracés. Il s’agit apparemment d’un texte d’une dizaine de lignes ; il est cerné de plusieurs pentagrammes effilés enchainés les uns aux autres. Ils s’étendent dans toutes les directions sur l’ensemble du monument ; comme s’ils étaient destinés à protéger les paroles qu’ils environnent. En maints endroits des fissures plus ou moins larges apparaissent sur leurs pourtours. Celles-ci zigzaguent en particulier sur leurs hauteurs, et ont fait éclater la roche au niveau de ses encoignures. Tandis que, non loin de l’une d’elles, les contours sanglants d’une paume de main humaine se distinguent aussi ; je suppose donc que c’est l’une des traces de passage de l’inconnu blessé que j’ai repéré un peu plus tôt.
Comme je l’avais deviné précédemment, des moisissures et des racines s’y accrochent également, dissimulant en partie les écritures qui y sont ancrées. Il va donc falloir que je sois très attentif à ne pas effleurer ses dernières, si je veux éviter d’être égratigné par elles ; et que leur poison se répande en moi. Car, si ma mémoire est bonne, il n’y a que les Clercs du Temple de Basylath qui sont capables de guérir ce genre de toxine. Et j’aurai mille fois le temps de subir ses assauts, puis, de mourir des effets de leur venin, avant de franchir la Frontière en sens inverse, et d’atteindre Khem et leur plus proche Sanctuaire.
L’obscurité reprend ses droits, tandis que bruit du tonnerre se répand tout autour de moi. Il faut que j’y voie un peu plus clair afin de parvenir à déchiffrer ce libellé qui m’intrigue ; de même que les insignes Magiques – cela ne fait aucun doute dans mon esprit – qui le cerne. Car, la seule que je puisse immédiatement certifier, c’est qu’il a été rédigé en une langue qui a disparue de la surface du Monde depuis plusieurs milliers d’années ; peut-être même, depuis l’époque où les Races Draconiques ont disparues de la surface de la Terre. Il me semble tout juste me rappeler que j’ai aperçu deux ou trois ouvrages écrits dans un dialecte à peu près équivalent. C’était lorsque j’effectuais mes recherches sur les Territoires Extérieurs à la Grande Bibliothèque de Mesylath la première fois que je m’y suis rendu ; c'est-à-dire, sans toi, mon amie.
Il me faut donc éclairer les lieux par mes propres moyens, et je ne vois qu’une solution pour cela, bien que je sois réticent à l’utiliser. Malheureusement, la curiosité est un de mes traits de caractère les plus développés ; je n’ai jamais su le réprimer, surtout lorsqu’il s’agit d’en apprendre davantage sur les Civilisations qui nous ont précédé. N’est-ce pas pour cette raison d’ailleurs, afin d’en découvrir davantage sur les Cités antiques qui ont existé il y a longtemps de l’autre coté de la Frontière, que je m’y suis aventuré une première fois il y a quelques mois de cela ?
Il est vrai que les Mythes et les Légendes dont j’ai lu certains passages, plus jeune m’ont marqué. Je me suis juré sur qu’après avoir acquis les bases de l’Art et avoir acquis une expérience de Rodeur des Plaines auprès de mes confrères de la Cité des Piliers, je tenterai un jour d’en percer les Secrets.
A l’époque, j’étais loin de me douter sur quelles routes cette Quête me mènerait. Je n’imaginais pas quelles horreurs je découvrirai au cœur des Territoires Extérieurs. Je ne me représentais pas les monstruosités auxquelles je devrais faire face au sein de la Citadelle Ecarlate ; et de quelle manière quasi-miraculeuse je réussirai à m’en échapper. Alors, songer que je devrais y revenir un jour afin de te sortir des griffes des Créatures Maléfiques qui la hantent, comment aurai-je pu me le figurer ? Parce qu’après être revenu d’entre les morts sain et sauf et avoir tenté d’oublier ce que j’y avais vécu, je m’étais promis de ne plus y retourner. Tu es la seule et unique personne, mon amie, qui a pu me persuader de tenter à nouveau ce périple aux limites de la folie ; en ces lieux qui ressemblent davantage à l’Enfer qu’à une parcelle de notre Univers. Tu es la seule pour laquelle je risquerai volontiers ma vie pour sauver la tienne.
A l’aide de mon bras gauche, je fouille un instant à l’intérieur de mon havresac. J’en sors mon bâton recouvert d’entrelacs et de Symboles Magiques. Je scrute un instant le reptile fabuleux aux ailes repliées dont la queue s’enroule paresseusement autour de son sommet. Je contemple ses yeux vermeils et ses pattes griffues s’accrochant à l’Orbe fichée à son extrémité. Comme à chaque fois que je l’observe, je reste admiratif devant la majesté de ce Dragon aux écailles rougeâtres et veinées d’or et d’argent. Et je me demande pour quelle raison de tels Etres ont pu disparaître monde ; quels événements ont t’ils pu les contraindre à s’exiler ? Comment ont t’ils pu laisser les Géants d’autrefois – nos Ancêtres à tous – les bannir ? Ce sont des questions qui me hantent depuis que j’ai découvert des fragments de leur histoire à Mesylath Ce sont des interrogations auxquelles je n’ai pas trouvé de réponse précise, ni dans nos Contrées Civilisées, ni dans les Territoires Extérieurs ou aux tréfonds de cette Citadelle couleur de Sang.
Chassant ses pensées de mon âme meurtrie, j’empoigne fermement le bâton. Je le brandis devant moi, en espérant que la clarté qu’il va engendrer ne va pas attirer l’attention des Gardiens Obscurs qui rodent aux alentours. Je me concentre afin de faire ressurgir les Mots Magiques appropriés de ma mémoire. « Galek’y Dekratis », murmurais-je. Aussitôt, le Globe de ma férule s’anime. Sa noirceur s’amoindrit ; des serpentins bleutés surgissent de nulle part, avant de s’enhardir. Ils se mettent à tourbillonner sur eux mêmes, puis, à se croiser frénétiquement, avant de se combiner et de s’agglomérer. Finalement, ils ne forment plus qu’un amas instable et incandescent flottant en son centre.
Sa lueur se répand autour de moi sur un ou deux mètres de diamètre environ. Inquiet, je promène mon regard en direction de la steppe. J’arrête quelques secondes celui-ci aux abords de la Citadelle et des hurlements lointains des Gardiens Cornus ; ils sont certainement toujours en train de fouiller son périmètre en espérant mettre la main sur l’imprudent qui a eu le malheur de croiser leur route. Mais ils ne semblent pas avoir repéré les trainées sanglantes que j’ai remarquées. Pourvu que cela dure !
Poussant un soupir de soulagement, mes yeux se fixent dès lors sur les inscriptions hiéroglyphiques enchâssées au cœur du Monolithe. De mon bâton, je suis les lignes qui les composent. J’évite les racines – frémissantes, il me semble - qui cachent une demi-douzaine de leurs pétroglyphes ; puis se répandent sur le sol. Je tente de les décrypter.
Faisant appel à ma mémoire et aux cours sur l’Art que j’ai suivies lorsque j’étais Etudiant, j’essaye d’en comprendre le sens. Mais je n’y parviens pas. Je m’efforce de me souvenir des quelques ouvrages rédigés dans ce dialecte de la Grande Bibliothèque de Mesylath. Je revois encore leurs pages parcheminées et craquelées. Je cherche à me réapproprier les relevés occultes et les figures cabalistiques que j’y ai entrevues. Je me rappelle de certaines des gravures qui les parsemaient.
Celles qui m’ont le plus marqué, je dois bien l’avouer ce sont des peintures qui représentaient des dizaines de Dragons flottant dans le Ciel nuageux. Ceux-ci semblaient surgir des nuées. Ils fondaient sur les hordes de Géants parcourant la Plaine. Ils vomissaient des flots enflammés sur leurs ennemis. Quelques uns les happaient entre leurs griffes, les emportaient au loin, avant de les déchirer et de propulser leurs morceaux écartelés aux quatre vents. D’autres labouraient la terre, la crevassant profondément sur plusieurs centaines de mètres, avant reprendre leur envol. D’autres enfin, au loin se précipitaient sur les hauteurs de Cités en flammes, tandis que nombre d’habitants se jetaient de leurs remparts mouchetés de piques ; les murs étaient alors maculés de trainées sanglantes. Et beaucoup s’y empalaient, car leurs visages étaient tordus par d’horribles souffrances.
Mais, pour l’instant, ces images ne m’aident pas à pénétrer les hiéroglyphes qui défilent devant mes yeux. Elles ne m’apportent non plus aucun secours quant aux figures kabbalistiques qui les entourent. Malgré tout, j’ose les affleurer de mes doigts. Je sens les courbes et les angles biscornus frôler mes phalanges filandreuses. En même temps, j’ai l’impression qu’une sourde pulsation les anime. Je crois deviner une lueur dorée parcourir fugitivement le texte. Je me demande si celui-ci n’est pas empli de Magie ; d’Enchantements oubliés issus des Ages Sombres du Monde. Pour m’en assurer, je prononce les Mots appropriés : « Hyk Fang Talek Bâ ». Aussitôt, une réminiscence orangée mêlée de vert argent s’en échappe, avant de se diffuser sur l’ensemble de leurs phrasés ; je la vois gonfler démesurément, puis s’éteindre brutalement. Et je me rends compte que l’intuition qui m’a étreint précédemment était juste : ce texte est enveloppé d’une forte Protection Magique. Je me dis donc qu’il va être extrêmement difficile de le décoder. Vais-je seulement en avoir l’opportunité, avec toutes ces Créatures Démoniaques qui rodent ici et là ?

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Auteur Commentaire en débat
Loriane
Posté le: 20-10-2012 11:37  Mis à jour: 20-10-2012 11:37
Administrateur
Inscrit le: 14-12-2011
De: Montpellier
Contributions: 9084
 Re: La Plaine des Confins du Monde, Douzième Partie
Les dragons et la magie, on s'envole ailleurs
Merci
Mes préférences



Par une aquarelle de Tchano

Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
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