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Accueil >> xnews >> La combattante : révélations (chapitre 4) - Nouvelles - Textes
Nouvelles : La combattante : révélations (chapitre 4)
Publié par aliv le 15-09-2013 16:32:47 ( 764 lectures ) Articles du même auteur



Alors qu'elle descendait les escaliers en courant, Alyssa entendit :

- Mademoiselle, Mademoiselle.

Elle s'immobilisa puis se retourna. Michael la rejoignit rapidement et se plaça face à elle.

- On m'a demandé de vous raccompagner, expliqua-t-il.

- Je vais me débrouiller, merci.

- On est au milieu de nul part. Je suppose que vous ne savez même pas quelle direction prendre.

La jeune fille regarda sur sa gauche, un jardin s'offrait à elle et sur sa droite, une forêt sombre .

Un contraste qui ne la rassura pas. Elle hésita sur le chemin à prendre. Après un long doute elle annonça :

- Vous avez raison, je suis perdue. Pouvez-vous me raccompagner ? Demanda-t-elle à l'agent.

- Cela sera avec plaisir. Restez là, je vais chercher la voiture.

Alyssa acquiesça de la tête et regarda le jeune homme s'éloigner.

Elle s'installa sur une marche et observa les alentours. Un sommet neigeux lui fit face. Au pied, il devait sûrement y avoir un petit village, car la jeune fille aperçut un clocher. Elle tourna la tête du côté du jardin qui était orné d'une pelouse verte, d'arbres majestueux et de fleurs multicolores. Au moment de se faire une meilleure idée sur la forêt, une voiture noire arriva lentement et stoppa devant elle.

Michael en sortit, en fit le tour et vint lui ouvrir la portière, tout souriant. Alyssa se leva, arrangea sa robe puis s'installa sur un siège en cuir gris.

Le véhicule démarra et emprunta un chemin jusqu'à un immense portail blanc, sécurisé par deux gardes. L'un d'eux les salua d'un signe de main puis actionna l'ouverture du portail.

Le silence régnait dans la voiture. Michael était concentré sur la conduite et Alyssa admirait le paysage qui défilait sous ses yeux. La route était bordée de chênes verts, les rayons de soleil s'infiltraient difficilement.

Ensuite vinrent de vastes champs, où quelques vaches broutaient tranquillement.

Lassée des différentes scènes, la jeune brune posa son attention sur le conducteur. D'abord sur sa chevelure brune, coiffée en bataille, ses yeux amande, son nez quelque peu déformé et ses fines lèvres.

Elle essaya de deviner son âge. Entre vingt et trente ans, selon elle

- Je peux vous aider, intervint Michael calmement, en faisant sursauter Alyssa qui détourna rapidement son regard vers ses chaussures.

- Je suis désolé, je ne voulais pas vous dévisager. Je...

- Ce n'est rien. Vous savez si vous avez des questions, vous pouvez me les poser. On a encore un peu moins d'une heure de route, annonça Michael en s'engageant sur une voie rapide.

- Comment faites-vous ? Interrogea la jeune fille.

- Quoi donc ? Répondit l'agent en gardant les yeux rivés sur la route.

- Vous me connaissez depuis une demi-heure et vous avez réussi à me cerner.

- C'est la raison pour laquelle je suis un agent de l'organisation, dû à ma faculté. Je suis un profiler. J'analyse le comportement, les paroles des gens, expliqua Michael.

- Je vois. Mais, je vous trouve un peu jeune pour un si grand don.

- J'ai vingt-six ans. Ce don provient de mon père. C'était un agent de la CIA...

- Non, ce n'est pas vrai, vous me faites une blague là, interrompit Alyssa avec étonnement.

- Non mademoiselle. Jamais je n'oserais me moquer de vous.

Sur ses paroles, le véhicule stoppa à un péage. Michael ouvrit sa vitre et salua la personne puis paya la somme due.

- Mon père est entré dans l'agence à ses vingt ans. Ils l'avaient repéré lors d'un match de football. Ils ont vite remarqué qu'il anticipait chaque coup, qu'il était très agile et rapide.

Alyssa n'osait pas intervenir. Elle était accrochée à ses lèvres, à écouter cette histoire passionnante.

- Un soir, ils sont venus le voir et lui ont proposé de travailler pour eux. Il a été formé pendant de longues années pour devenir un des meilleurs. Il m'a appris tout ce qu'il savait.

- Merci, remercia la jeune fille avec sincérité. Merci de vous être confié à moi. Si cela ne vous dérange pas, j'ai une autre question vous concernant.

- Je vous écoute.

- Votre nom, il n'est pas français ?

- En effet, je suis d'origine américaine, je suis né au Texas. On a déménagé en France alors que je n'avais que seize ans. Autre chose ?

- Heu non. Mais, j'ai une question concernant Katarina, l'ancienne élue.

- Je suis toute ouïe, répondit Michael en dépassant un bus.

- Pourquoi était-elle aussi médiatisée ?

- Mademoiselle, il faut que vous sachiez que l'on fait tout pour garder son identité secrète. On révèle son nom seulement à sa mort pour pouvoir lui donner tous les honneurs auxquels elle à droit.

Vous n'avez pas à vous inquiéter. Les seules personnes qui sont au courant pour vous, sont le ministre, l'agent Lopez et moi-même. Et cela doit rester ainsi.

- D'accord, mais... Mais, hésita Alyssa.

À ce moment-là, il dépassèrent le panneau Saint Fontaine.

- Vous voulez bien me déposer à l'hôpital pour que je puisse voir mes parents ? Demanda la brune.

- Bien sûr. Mais, en aucun cas, vous devez leur révéler qui vous êtes. C'est ce que vous vouliez me dire, non ?

- Oui, dit-elle timidement. Je ne leur ai jamais rien caché. Je...

Michael arrêta brutalement la voiture. La jeune fille dut se retenir au tableau de bord. Il se tourna vers elle.

- Je vais me répéter, mais en aucun cas, vous ne devez leur dire. Vous devez le garder pour vous quoiqu'il arrive pour vous protéger, mais surtout les protéger.

- Je comprends, mais ce que vous me demandez est trop dur.

- Vous êtes têtue. Je vous demande juste de réfléchir avant de faire quoi que ce soit. Ok.

- D'accord.

Michael prit une grande inspiration puis reprit la conduite jusqu'à l'hôpital. Alyssa se sentait mal. Elle n'osait plus regarder l'agent.





000





Michael attendait patiemment dans la voiture. Alyssa revint une demi-heure plus tard. Il vint lui ouvrir la portière sans un mot, mais avec un petit sourire.

Il démarra et se dirigea vers la demeure de la famille Gérard. Un silence pesant s'était installé dans l'habitacle étroit. Alyssa ouvrit la vitre. Un air frais s'insinua dans le véhicule.

S'apercevant qu'ils étaient dans sa rue, Alyssa ramassa son sac et se prépara à sortir.

L'automobile s'immobilisa devant un portail marron. Avant que la jeune fille n’ait pu ouvrir la portière, Michael réalisa le geste. Elle descendit et se retrouva en face de l'agent.

- Je ne leur ai rien dit. Je vais réfléchir, annonça-t-elle.

- C'est une sage décision, répondit Michael avec une légère risette.

Il porta sa main dans sa poche intérieure de sa veste et en sortit une carte blanche.

- Voici ma carte avec mon numéro. Vous pouvez m'appeler de jour comme nuit.

Alyssa prit la carte, l'examina un instant puis la glissa dans son sac.

- Merci.

- Surtout n'hésitez pas. Je suis là pour vous aider.

Pour simple réponse, Alyssa lui sourit puis remonta l'allée jusqu'à sa porte d'entrée. Avant de pénétrer dans la demeure, elle se retourna une dernière fois sur l'agent, qui avait repris sa place derrière le volant.





000





Alyssa monta dans sa chambre, jeta son sac sur le lit puis se changea rapidement. Elle opta pour un court short rouge et un débardeur noir. Elle chaussa des baskets noires puis attacha ses cheveux en un chignon maladroit. Elle descendit au sous-sol et pénétra dans une salle conçue spécialement pour la danse. Le mur du fond était fait de grands miroirs. Sur la droite, on avait placé des barres horizontales contre le mur. Et sur la gauche se trouvait une grande chaîne hifi noire ainsi qu'une armoire remplie de CD, de serviettes et de bouteilles d'eau. Des baffles étaient accrochés, en hauteur, aux quatre coins de la pièce. L'adolescente mit un CD dans la chaîne et la pièce fut envahie d'une musique douce. Alyssa se plaça au centre de la salle et commença à faire quelques pas non réfléchis. Puis se laissa aller au rythme de la musique. Plus rien ne comptait pour elle. Souplesse, agilité se révélèrent. La jeune fille avait acquis tout cela depuis sa plus tendre enfance. La musique se termina. Alyssa se retrouvait au sol. Un flot de sanglots l'envahirent, se souvenant des révélations de cette journée. Ses parents qui avaient assisté à cette scène, se précipitèrent sur elle. Victoria la prit dans ses bras et la berça enfin de la calmer. Andrew avait éteint la musique et lui avait servi un verre d'eau. Leur fille essayait, en vain de dire quelques mots, mais seuls des sons étouffés sortaient de sa bouche. Tous les trois se levèrent et se dirigèrent vers le salon. Les tremblements d'Alyssa se réduisaient ainsi que ses larmes. Ils l'installèrent dans un fauteuil avec une couverture et chacun prit place sur un des accoudoirs, attendant qu'elle veuille bien leur dire ce qui se passait. Après s'être mouchée à plusieurs reprises, avoir essuyé son visage, Alyssa se réinstalla confortablement puis débuta son récit. Elle ne te tint pas compte de conseil de l'agent Sullivan et révéla tout à ses parents, qui en restèrent effarés.

La seule phrase que la jeune fille avait retenue, avant de monter dans sa chambre était "quoi que tu décides, tu pourras toujours compter sur nous, ma chérie". Ses paroles lui firent chaud au cœur. Elle savait parfaitement qu'elle pouvait compter sur ses parents, raison principale pour laquelle elle leur avait tout dévoilé, sans réfléchir aux conséquences de son acte.

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Auteur Commentaire en débat
Loriane
Posté le: 19-09-2013 19:53  Mis à jour: 19-09-2013 19:53
Administrateur
Inscrit le: 14-12-2011
De: Montpellier
Contributions: 9132
 Re: La combattante : révélations (chapitre 4)
ton récit avance
La suite ...
Une fofote:
Citation :
On est au milieu de nul part


Nulle part.
Mes préférences



Par une aquarelle de Tchano

Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
.

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