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Poèmes confirmés : Vide intérieur :
Publié par dominic913 le 12-12-2013 13:58:39 ( 770 lectures ) Articles du même auteur
Poèmes confirmés



J'aimerai tant être différent. J'aimerai tant ne pas avoir besoin de me cacher derrière cet écran anonyme, derrière mes mots poétiques, afin de dire ce que je ressens. J'aimerai tant pouvoir vous parler directement. J'aimerai tant avoir le droit de poser mes yeux sur votre visage luminescent. J'aimerai tant partager avec vous ces mille émotions qui se bousculent au fond de mon âme et de mon cœur. J'aimerai tant évoquer ce lourd Passé dont je suis toujours dépendant. J'aimerai tant vous dévoiler cette Culture livresque que je ne montre aux autres que trop rarement. J'aimerai tant vous exposer cette insatiable curiosité, cette avidité d'apprendre, de comprendre, d'aller au-delà des limites de l'Espace et du Temps.
Mais c'est impossible. Je ne suis que très rarement en capacité de me faire entendre. Je suis souvent condamné à être muselé par ceux qui, autour de moi, sont présents. Je suis obligé de me soumettre aux conventions de personnes qui me considèrent comme un importun, quelqu'un de gênant. Je suis un obstacle qu'ils se doivent, coute que coute soumettre et enchainer à leur ignorance.
Alors, souvent, je me retire hors de ce monde qui ne m'offre aucun plaisir, aucun espoir. Je me cache au sein de mon antre, au milieu de mes livres, de mes récits, de mes poèmes, de mes romans. Je m'abandonne totalement à l'Art d'écrire ; c'est le seul moyen que j'ai à ma portée pour faire entendre ma voix. Et j'attends... j'attends longtemps des réponses quasi-inexistantes. Je m'entretiens parfois brièvement avec l'un d'entre vous de sujets que j'espère intéressants.
J'ai parfois des échanges enfiévrés avec certaines femmes auxquelles je voue un culte véhément. Je me donne, je m'offre, entièrement, mais toujours respectueusement, en leur faisant comprendre que, pour moi, elles sont les plus belles, les plus enchanteresses, les plus éblouissantes, créatures au monde. Certaines acceptent mes élans passionnés, mon lyrisme inconsidéré, cette façon toute personnelle de les vénérer. Que les autres, qui ne saisissent pas pourquoi j'ai, à leur égard, de tels emportements, me pardonnent : c'est le seul que je connais. C’est le seul qui me permet de leur montrer qu'elles me touchent l'âme, qu'elles la dévorent, qu'elles l'incendient, et que ne pas être capable de leur la offrir me tourmente. D'autant qu'au sein de cette Réalité quotidienne à laquelle la Toile n'a pas accès, je suis incapable de me livrer aussi aisément.
Jamais je n'oserai y approcher une de ces femmes qui me plait autant. Je les fuirai, plutôt que de me confronter à leur beauté, à leur magnificence ; et je ne parle pas là uniquement de leur esthétisme flamboyant. Leurs traits, leur silhouette, leurs formes, aussi sublimes soient t'ils, ne dévoilent pas entièrement ce qu'elles sont réellement : des êtres, à mes yeux, à la perfection sans égal, que mon état d'ermite perdu aux fins fonds de son Antre livresque, ne permet pas d'atteindre.
Combien d'entre vous, déjà, se sont détourné de moi parce que je ne correspondais pas aux canons de la masculinité aboutie. Combien d'entre vous, déjà, durant mon adolescence ou mes premières années d'adulte, se sont ri de moi parce que je les aimais ? Combien d'entre vous m'ont tant et tant répété "tu es un ami, je t'apprécie beaucoup, tu es intelligent, cultivé, intéressant ; mais n'attend rien de plus de moi." ? Combien de vous m'ont délaissé, attirées que vous étiez par des hommes qui vous ont ensuite profondément blessé, ou par d'autres qui n'hésitaient pas à vous tromper ? Combien de vous ont déchiré mon cœur, mon âme, dévasté mon corps, sans remords ni regrets ?
C'est pour cette raison qu'aujourd'hui je fuis cette Réalité qui m'a toujours nui. C'est pour cette raison que je me réfugie ici et que j'écris quotidiennement, effleurant de ces quelques mots journaliers mes songes de dément. Oui, de dément, puisque je n'ai que ce moyen de vous les formuler sans être troublé plus que de raison. Puisque ce n'est qu'à cette condition que je n'ai pas de gouttes de sueur qui dégoulinent de mon visage tendu à l'extrême. Puisque ce n'est qu'ainsi que je ne suis pas saisi de spasmes terrifiants issus de mon impossibilité à vous tenir dans mes bras afin de partager avec vous la sincérité de mes sentiments. Puisque je hurle intérieurement de ces mille douleurs à ne pas avoir la possibilité de savourer chaque instant en votre compagnie. Puisque je reste figé à l'idée que mes émotions soient fustigées, emprisonnées, et condamnées à cet infâme Néant. Tout cela, et bien plus encore, parce que ma Destinée est de ne pas connaitre cette joie, ce bonheur, de vous côtoyer au sein d'une Réalité qui ne veut pas de moi.
C'est donc ici, et par ce moyen, que je m'exprime librement. C'est ici et par ce moyen que je vous révèle qui je suis vraiment ; ce que je souhaite, ce dont je rêve, ce que nos échanges m'apportent. Mais aussi, combien je suis malheureux, triste et blessé lorsque vos silences sont assourdissants. Qu'ils m'abattent autant que des millions de cohortes déchainées ; qu'ils font couler de mon corps meurtri des flots de larmes sanglantes. Et me vident de toute mon énergie combattante...
Dominique

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Auteur Commentaire en débat
emma
Posté le: 14-12-2013 20:00  Mis à jour: 14-12-2013 20:00
Modérateur
Inscrit le: 02-02-2012
De: Paris
Contributions: 1494
 Re: Vide intérieur :
Je suis sensible, comme toujours, à cette humanité vibrante.

Combien d'entre nous ont si souvent l'impression de passer à côté d'eux-mêmes au nom des conventions sociales qui obligent à nous conformer à une certaine facette de la "normalité"?
Mes préférences



Par une aquarelle de Tchano

Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
.

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