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Nouvelles confirmées : Ma Vérité, sixième partie
Publié par dominic913 le 14-12-2013 11:41:13 ( 511 lectures ) Articles du même auteur
Nouvelles confirmées



En attendant, je me souviens parfaitement du jour de ma sortie définitive Siouville. Le matin, avant de quitter le Centre de Rééducation, Maman, Dominique, et moi, avons rencontré l’Assistante Sociale qui m’y suivait depuis mon arrivée. Surprise et décontenancée, Maman nous a alors informé qu’elle avait elle même prit rendez-vous avec une autre Assistance Sociale rattachée au CARSAT de Valognes. Nous devions la voir, tous les trois, à notre appartement un peu plus tard dans la journée. Dominique et moi avons été surpris, mais sur le moment, nous n’y avons pas fait plus attention que cela.
L’Assistante Sociale de Siouville a débuté l’entretien en déclarant que j’allais bien. Elle a expliqué qu’en parallèle aux Rééducateurs, elle m’avait vu plusieurs fois au cours de mon séjour, et que comme eux, elle avait constaté que j’avais totalement récupéré ma motricité. Elle m’a conseillé de poursuivre mes séances de Kinésithérapie, une fois de retour chez moi. Elle a estimé qu’en fonction de ce qu’elle avait vu – je lui avais parlé de ce souci qui me tenaillait -, une mise sous tutelle était, à l’heure actuelle, inutile. A ses yeux, mon état de santé ne le justifiait pas.
Je tiens fermement à préciser qu’à cet instant précis, Maman a parfaitement entendu et compris les arguments de cette dernière. Elle a été satisfaite et est ressorti de cet entretien décidée à ne plus entamer de démarches dans ce sens. Nous étions d’ailleurs, tous les uns autant que les autres, heureux de la tournure des événements. Et je me suis sentie soulagée de voir le spectre de la mise sous tutelle s’éloigner.
Quelques heures plus tard, la seconde Assistante Sociale est venue nous rencontrer chez nous. Maman était également présente. Et là, changement de ton : Maman et elle, a commencé à discuter entre elles de mon cas. Dominique et moi étions condamnés à écouter leur dialogue sans que nous ayons la possibilité d’intervenir. Maman monopolisait l’échange. Nous ne pouvions pas placer un mot afin de donner notre avis. Puis, l’Assistante Sociale a déclaré qu’elle était plutôt favorable à ma mise sous tutelle. Maman en a profité pour faire part de ses inquiétudes, et pour dramatiser les choses. J’ai eu le sentiment d’être tombé dans un traquenard. Car Maman expliquait exactement le contraire de ce qu’elle avait dit le matin même.
Dominique et moi avons été abasourdis par ce retournement de situation. Nous avons aussitôt senti le piège se refermer sur nous. J’ai malgré tout timidement essayé de faire entendre ma voix. J’ai expliqué que je ne voulais absolument pas de cette mise sous tutelle ; sous aucun prétexte. J’ai insisté sur le fait qui plus est, notre conversation du matin avec l’autre Assistante Sociale en démontrait l’inutilité. Mais Maman a fait la sourde oreille ; elle a poursuivi son argumentation, avec l’approbation tacite de son interlocutrice.
Il est vrai qu’une fois encore, comme c’est toujours le cas devant Papa ou Maman, je n’ai pas osé hausser le ton. Intimidée par la forte personnalité de Maman, je n’ai pas eu le courage de me confronter à elle. Dominique a bien tenté de m’épauler en expliquant que je ne désirais pas que mes Parents se lancent dans ce genre d’initiative. Là encore, Maman a fait comme si elle n’avait rien entendu. Déterminée à décider ce qui était le mieux pour moi, elle nous a muselés. Elle a ignoré tout ce que nous pouvions dire allant à l’encontre de ses jugements.
Finalement, au bout d’une heure environ, l’Assistante Sociale du CARSAT et Maman ont décidé de se revoir ultérieurement hors de ma présence. Et elles ont convenu de se retrouver pour remplir le dossier de mise sous tutelle à renvoyer au Tribunal.

C’est à ce moment là que l’idée de nous PACSER a germée dans notre esprit. Et nous avons immédiatement entrepris les démarches en ce sens afin que celui-ci devienne effectif dans les plus brefs délais.
Nous pensions alors que le fait d’être Pacsés enrayera la machine que Maman était sur le point d’enclencher. J’étais terrorisée à l’idée d’être mise sous tutelle. Je voulais absolument y échapper. En même temps, je me disais qu’en nous Pacsant, Dominique et moi, cela officialiserait notre relation aux yeux de la loi, mais surtout, aux yeux de Papa et de Maman. Puisqu’ils avaient fait valoir cet argument lors de mon hospitalisation, je voulais leur faire voir ma détermination d’unir définitivement mon existence à celle de mon compagnon. Cela devenait désormais nécessaire et urgent. Nous avons tenu notre PACS secret durant les semaines suivantes. La seule personne à laquelle nous en avons parlé, c’est au Docteur LeBiez. Il en a été, évidemment heureux pour nous, et nous a félicités. Et il en a conclu que l’éventualité de me mettre sous tutelle n’avait plus lieu d’être.
Dans la foulée, Dominique et moi avons écrit, chacun, une lettre à Papa et à Maman. Nous y avons décrit en détails de quelle façon nous voyions notre avenir ensemble. Nous les avons informés que nous nous étions Pacsés. Je leur ai expliqué que le Docteur LeBiez était au courant que nous nous étions Pacsés. Je leur ai dit qu’il en était heureux pour nous, et que dans ces conditions il ne voyait plus l’utilité d’une mise sous tutelle. J’ai souligné qu’il était rassuré que le PACS, officialise aux yeux de la loi le fait que je ne sois pas seule dans la vie. Car c’était la principale inquiétude, il faut le répéter, de mon Médecin si un jour Papa et Maman disparaissaient. Je leur ai dit que je me sentais diminuée, humiliée infantilisée par leur action. Et j’ai réaffirmé que, s’ils poursuivaient dans leur choix de me l’imposer, je me battrais de toutes mes forces pour essayer d’y échapper.
Je suis consciente que ces lettres n’ont pas dû faire plaisir à Papa et à Maman. Elles les ont certainement blessés. Mais, elles ont été la seule solution afin qu’ils nous écoutent. Puisqu’il était impossible de nous faire entendre, il fallait bien trouver un autre moyen. Puisqu’ils restaient arc-boutés sur leurs positions, je n’avais pas d’autre méthode à ma disposition. Je suis sûre qu’ils ont été désarçonnés par ce que j’y ai relaté. En fait, ils n’ont pas cru que ces mots venaient de moi. Ils se sont convaincu que le « coupable » de cette atteinte à leur rôle de parents était Dominique. Ils n’ont jamais envisagé que je puisse, moi aussi, utiliser l’écrit pour affirmer ma position. Aujourd’hui encore d’ailleurs, plus d’un an après, ils sont toujours aussi certains que ces propos ne peuvent pas être les miens. C’était peut-être la première fois de ma vie que j’osai ne pas aller dans leur sens. C’était peut-être la première fois de mon existence que je m’opposai à eux. Pour eux, c’était inenvisageable. Dominique était donc celui qui tirait les ficelles. A leurs yeux, j’étais soumise à lui, telle une esclave. Leurs rancœurs à son encontre, leur dureté, est devenue, à partir de ce moment là, sans limites.
Il y a une chose que je sais, aussi : c’est que je n’aurai jamais été capable de m’exprimer aussi ouvertement devant eux. Si j’avais osé le faire, jamais ils ne m’auraient permis d’aller jusqu’au bout de mes propos. Ils auraient immédiatement monopolisé la conversation. Ils m’auraient sans arrêt coupé la parole afin de réorienter celle-ci sur ce qu’ils auraient voulu entendre. Ils auraient formulé les questions et les réponses à ma place, auraient décidé quelle devait être mon opinion. Et je n’aurais pas eu le droit de m’exprimer.
Avec le recul, je me rends compte que ces lettres n’ont pas eu l’effet escompté. Elles ont profondément heurté Papa et Maman. Elles ont creusé une fois de plus creusé le fossé qui les séparait de Dominique. Mais leur réaction épidermique et rancunière m’a aussi montré qu’ils ne souhaitaient pas évoluer sur leur façon de considérer mon couple. Leur attitude a accéléré ma volonté de prendre des distances avec eux. Car, le plus important pour moi était désormais de sauvegarder mon indépendance et mon existence aux cotés de mon compagnon. Je suis persuadée que c’est en lisant ces lettres qu’ils se sont aperçu que je n’étais plus cette petite fille d’une dizaine d’années dont ils conservaient le souvenir. Ce constat les a surement terriblement affectés. Et ils ont tenté de l’effacer de leur Réalité de toutes leurs forces.
Je crois aussi qu’ils n’ont pas apprécié les vérités qui nous sont chères, à Dominique et moi. Ils ont toujours estimé qu’ils étaient les uniques détenteurs de ce qui était le mieux pour moi. Jusqu'à ce que Dominique vienne remettre en cause leurs certitudes, jamais je n’aurai cru que c’était possible de m’affranchir de leur tutelle. Je pensais que ce ne l’était pas, jusqu'à ce qu’il ose exprimer des opinions différentes des leurs, ce que je n’ai jamais eu le courage de faire. Il m’a montré qu’il était possible d’aller jusqu’au bout de ses pensées, quitte à blesser sans le vouloir, ce que j’ai toujours cru insensé. Il m’a montré qu’il était possible de leur révéler des pans de sa personnalité, ce que j’étais incapable de leur dévoiler. Leurs rancœurs à l’égard de Dominique se sont donc multipliées. Leur réaction vis-à-vis de ces lettres n’ont fait que le confirmer.
Je me souviens d’ailleurs qu’un jour, Papa s’est exclamé qu’écrire des lettres afin de s’expliquer était une attitude de lâche. Personnellement, je ne le pense pas. Pour moi, chacun à une façon bien à lui de s’exposer. J’ai appris de Dominique cette méthode qui me convient parfaitement. Il est vrai que ce dernier étant un littéraire, il m’a donné l’envie de communiquer de cette manière. Cela m’est même apparu très vite comme une évidence. Et je la préfère à celle de Papa et de Maman, qui se manifeste par l’intimidation ou la violence verbale.
Finalement, au fil des mois suivants, ces lettres sont devenues le point d’appui principal de Papa et de Maman. Et ils y ont concentré tous leurs griefs, toute leur colère, et tous leurs ressentiments.

J’ai très vite réalisé que nos lettres n’avaient eu aucun effet sur Papa et Maman. Ils n’avaient pas l’intention d’en tenir compte. J’ai su qu’ils avaient de nouveau eu un rendez-vous avec l’Assistante Sociale du CARSAT. Et qu’en sa compagnie, ils avaient effectué toutes les démarches concernant ma mise sous tutelle. Puis, ils avaient envoyé leur dossier de demande auprès du juge concerné. Considérant que je n’avais pas mon mot à dire dans toute cette affaire, je m’en suis d’autant plus sentie humiliée. Pensant que, si l’Assistante Sociale du CARSAT jugeait cette démarche nécessaire, ils n’avaient pas à s’y opposer. Estimant que si le Médecin qui m’avait fait subir mon test neuropsychologique y était favorable, ils n’avaient pas à remettre en cause son diagnostic.
Or, Papa et Maman n’avaient revu ce dernier qu’une ou deux fois depuis. Mais c’était le Docteur LeBiez qui encadrait tous les autres intervenants s’occupant de mon cas. Ils ne l’avaient plus rencontré ensuite. Ils ne savaient pas qu’il estimait maintenant cette démarche sans objet.
Pourtant, dans la lettre que j’avais adressée à Papa et Maman, je les avais informés que le Docteur Lebiez avait changé d’avis. Je leur avais suggéré d’entrer en contact avec lui, afin qu’il leur explique ses raisons. Dominique a, de son coté, tenté de leur faire entendre raison. Mais, ils l’ont une fois de plus pris à parti. Ils l’ont incendié. Pire encore : ils ont affirmé haut et fort qu’ils n’avaient pas besoin d’autres détails. Leur jugement était fermement établi, inébranlable. Ils m’ont rétorqué qu’ils étaient déterminés à aller jusqu’au bout de leur action. Et qu’ils étaient à même de décider à ma place de ce qui était le mieux pour moi.
Leur attitude s’est donc révélée de plus en plus intransigeante. Mais surtout, j’ai réellement pris conscience qu’il fallait absolument que je me préserve de leur emprise. Dès lors, une des ultimes aides vers laquelle nous pouvions nous tourner, Dominique et moi, était l’Assistante Sociale nous suivant de temps en temps depuis plusieurs années. En effet, à plusieurs reprises, celle-ci nous a secondés pour un certain nombre de démarches administratives. Elle nous avait notamment épaulés lorsqu’il avait fallu que nous remplissions les dossiers de renouvellement d’Allocation Adulte Handicapée.
A quelques jours de là, nous nous sommes empressés de la rencontrer. Nous lui avons expliqué que j’étais atteinte de Sclérose en Plaques. Nous lui avons dit de quelle manière mon séjour à l’Hôpital Pasteur et au Centre de Rééducation Fonctionnelle de Siouville s’était déroulé. Nous lui avons détaillé de quelle manière nos relations avec Papa et Maman s’étaient dégradés. Evidemment, nous avons évoqué la volonté de Papa et de Maman de me mettre sous tutelle. Nous avons souligné que le Docteur LeBiez n’en voyait désormais plus l’utilité. Et, finalement, nous lui avons fait part d’une idée que nous avions eu : qu’elle convoque Papa et Maman hors de ma présence pour qu’elle restaure le dialogue entre eux, Dominique et moi. Malgré tout, nous ne souhaitions pas que Papa ait la possibilité de s’en prendre à Dominique, verbalement ou physiquement.
Notre Assistante Sociale a très vite rencontré Papa et Maman. J’en étais heureuse, car j’espérais ainsi qu’elle réussisse à leur faire entendre raison. J’espérais aussi qu’elle ait plus de force de persuasion que moi. Je m’imaginais qu’elle leur ferait entendre ma voix. Or, j’ai été surprise quand, moins d’une semaine après, j’ai reçu un coup de téléphone de sa part : elle me demandait de la rejoindre à son bureau le jour suivant. Selon elle, Papa et Maman souhaitaient m’y voir afin que nous puissions parler des lettres que Dominique et moi leur avions envoyées.
Dominique n’était pas très emballé par cette idée. Il a fallu que j’insiste pour le convaincre que je devais aller à ce rendez-vous. De mon coté, j’étais évidemment heureuse de revoir Papa et Maman. J’espérais renouer le dialogue avec eux. J’étais contente d’évoquer devant eux ce qui était écrit dans les lettres. Je n’avais qu’un seul but, en fait : qu’ils m’écoutent et entendent ce que j’avais à leur dire.
Le jour suivant, Dominique et moi, accompagnés d’un couple de voisins, sommes allés jusqu’au bureau de notre Assistante Sociale. Dominique a insisté pour que ce dernier vienne avec nous parce qu’il était inquiet à l’idée que Papa s’en prenne à lui physiquement.
Malheureusement, l’entrevue avec l’Assistante Sociale a été un échec. Tout d’abord, dans la salle d’attente, l’atmosphère a été glaciale. Puis, l’échange dans son bureau m’a complètement déstabilisée. Il m’a totalement désorienté, et il m’a fallu plusieurs heures et tout le soutien de Dominique, pour m’en remettre. Car, à ma grande surprise, et contrairement à ce que m’avait affirmé l’Assistante Sociale au téléphone, Papa et Maman n’étaient pas là pour discuter des lettres. Ils étaient présents afin de justifier leur demande de mise sous tutelle. Ils ont tout de suite monopolisé la conversation, comme ils savent si bien le faire dans ce genre de circonstances. Ils ont posé les questions et ne m’ont jamais laissé l’opportunité de répondre. Et, comme je suis lente et que je bégaye, il m’a été impossible de prendre la parole.
Cette initiative m’a fait beaucoup plus de mal que de bien. Le choc de cette confrontation a été très rude à encaisser. Les heures suivantes, j’ai été très malheureuse : une fois de plus, Papa et Maman n’avaient rien perçu de ma souffrance. Blessée parce qu’à aucun moment ils ne m’avaient laissé l’opportunité de m’exprimer, je n’avais pas pu revenir sur ces lettres qui me tenaient tant à cœur. Et j’ai réalisé que leur seul but était de me contraindre à accepter leurs décisions.
Au point que, dans la foulée, ils ont tenté une dernière démarche : lors de notre entretien avec l’Assistante Sociale, le fait que je sois suivie par une Infirmière-Psychiatre a été soulevé. Je ne sais plus si c’est elle, Papa ou Maman, qui m’a demandé quand j’allais la voir, de quoi je parlais avec elle, etc. En tout état de cause, quelqu’un m’a dit qu’il serait éventuellement intéressant qu’ils la rencontre aussi. Ne me doutant de rien, je lui ai téléphoné afin de l’informer de leur démarche éventuelle à son encontre. Je lui ai expliqué de quelle manière s’était déroulé mon rendez-vous avec eux et avec l’Assistante Sociale. Je lui ai avoué qu’ils y étaient allés uniquement pour se justifier. Mon Infirmière-Psychiatre m’a donc dit que s’ils ne voulaient la voir que pour avoir son appui, ce n’était pas la peine. Elle m’a rétorqué que le but des dialogues que nous avions, étaient de m’aider dans mon existence personnelle. Ce qu’attendaient Papa et Maman d’elle n’entrait pas dans le cadre de ses compétences. Et ils n’avaient pas à l’utiliser pour atteindre leurs objectifs.
Lorsque Papa et Maman ont été mis au courant de cela, ils ont été furieux. Car ils auraient voulu son appui pour faire pression sur moi. Et cette fois-ci, ça n’a pas fonctionné.

Les semaines suivantes, Maman a effectué un certain nombre de démarches auprès de la Mairie de Valognes. Elles avaient pour but de me faire bénéficier de l’appui d’une Aide-ménagère dans les actes de la vie quotidienne qui m’étaient devenus difficiles. Mais j’ai été soulagée lorsque Nadine – l’Aide Ménagère – m’a expliqué qu’elle était là pour intervenir en fonction de mes besoins. De fait, nous avons organisé, Dominique, elle et moi, ses attributions. Et, à partir de ce moment là, ses principales taches ont été de faire le ménage, le repassage, de nous accompagner au supermarché pour nos courses, etc. A mon grand soulagement, il n’a pas été question qu’elle prépare mes repas. Par ailleurs, lorsque la question du renouvellement de son intervention s’est posée, Dominique et moi avons fait en sorte qu’il nous concerne tous les deux ; et non plus seulement moi.
Parallèlement, nous avons secrètement pris des dispositions qui nous semblaient appropriées. Nous sommes allés voir nos voisins qui avaient emmenés Dominique me voir à Siouville plusieurs fois, afin de leur demander conseil. Nous nous sommes appuyés sur certaines des recommandations de notre entourage proche – plusieurs membres de ma famille ou de celle de Dominique, amis, etc. Quelques personnes se sont proposées de jouer les intermédiaires afin d’apaiser les tensions entre Papa, Maman et Dominique. Une ou deux d’entre elles leur ont même téléphoné dans ce but. Hélas, j’avoue que cette initiative a été une erreur qui n’a fait qu’attiser le conflit.
Nous avons aussi pris rendez-vous avec le Maire de Valognes. Nous désirions connaître nos possibilités si un jour Papa mettait ses menaces d’agression physique envers mon compagnon à exécution. Ce dernier restait en effet profondément choqué, déstabilisé, effrayé par elles. Elles le hantaient quotidiennement au point que ses crises d’angoisse ont pris l’ampleur qu’elles ont aujourd’hui. Le Maire nous a rassurés. Il nous a expliqué qu’il pouvait éventuellement intervenir auprès de magistrats, si Papa faisait mine de vouloir s’en prendre à lui. Il a dit que s’il perdurait dans son intention, il avait le droit de le faire convoquer à la Gendarmerie. Les Gendarmes lui remettraient alors les points sur les « i ». Enfin il a bien insisté sur le fait que son comportement, que ses menaces, même si dans son esprit elles ne prêtaient pas à conséquences, étaient très graves.
Dominique et moi avons encore pris contact avec des professionnels du réseau SEP. Il s’agit de spécialistes de la Sclérose en Plaques regroupés en association. L’un d’eux m’a rencontré à l’appartement quelques jours plus tard. Il m’a expliqué en détails les tenants et les aboutissants de ma maladie. Il a confirmé le diagnostic du Docteur LeBiez quant à son évolution éventuelle. Il a évoqué de quelle façon fonctionnait son association : cette dernière suivrait régulièrement ma Sclérose en Plaques en parallèle aux interventions de mon Médecin. Au cas échant, si j’en avais besoin, elle me rapprocherait de professionnels susceptibles de soigner ses symptômes. Il a toutefois insisté sur le fait qu’elle venait uniquement en complément du protocole médical normal ; et seulement si j’en éprouvais le besoin. Je rajouterai que j’ai tout de suite informé Papa et Maman que j’étais désormais en contact avec cette association. Je leur ai dit que, s’ils désiraient avoir des renseignements sûrs et valables concernant ma maladie, ils pouvaient lui téléphoner. Je leur ai aussi dit que cela était susceptible de les rassurer.
Je pense sincèrement qu’approcher le réseau SEP aurait été bénéfique pour Papa et Maman. Malheureusement, ils ont rejeté cette idée avec force. Ils ont estimé qu’ils en savaient assez sur le sujet. Ils m’ont fait comprendre qu’ils souhaitaient rester arc-boutés sur leurs positions. Ils étaient fixés sur l’idée que Dominique était responsable de tout. Depuis, ils n’ont jamais modifié leur point de vue.
Enfin, j’ai commencé des séances de kinésithérapie. A raison de deux par semaines, je me suis rendu au cabinet du kinésithérapeute le plus proche de chez nous. Il se trouve à moins d’une centaine de mètres de notre domicile, et dans la même rue. Une fois le Mardi, une fois le Vendredi, j’y ai débuté des exercices me permettant d’entretenir ma motricité. Je dois quand même avouer que ceux-ci m’épuisent régulièrement. Mais, ils m’ont aussi permis de me rendre compte quelles étaient mes limites.

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Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
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