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Poèmes confirmés : Cauchemar d'adolescent
Publié par dominic913 le 27-09-2014 12:07:28 ( 513 lectures ) Articles du même auteur
Poèmes confirmés



De là où je suis, entouré de mes livres et de mes manuscrits, j'observe en permanence ce monde qui m'a autrefois mené sur les chemins de la disgrâce et de la déchéance. Or, parmi toutes les souffrances dont je suis l'objet, parmi toutes les peurs qui m'ont animées depuis mon adolescence, il y en a une en particulier qui me ronge aujourd'hui encore : je suis, depuis cette époque, la proie de violences qui, si elles ne sont pas physiques, n'en sont pas moins destructrices.
Nombre d'hommes et de femmes que j'ai croisé au cours de ma vie, ont été, à mon égard, animés d'une violence inouïe. Que cela ait été par leurs mots, leurs gestes ou leur comportement, j'ai toujours été sidéré par leur comportement bestial envers moi. Souvent, lorsqu'ils manifestaient leur agressivité à mon encontre, j'avais l'impression de remonter le temps. J'avais l'impression d’être revenu à l'Aube des Ages ; en une époque où l'Homme et l'Animal n'étaient pas encore dissociés ; où celui-ci n'usait pas de son intelligence pour s'affranchir de la sauvagerie qui, en lui, sommeillait ; et qu'il n'avait pas entamé sa lente Evolution vers la Civilisation et ses - soi-disant - bienfaits.
Je suis d'une extrême sensibilité, tous ceux et toutes celles qui me connaissent ou qui lisent les nombreux textes que je publie - ici ou ailleurs – l'ont certainement depuis longtemps compris. C'est pour cette raison que je suis particulièrement vulnérable à ces multiples formes de violence. Je les ai subi, le plus souvent sans pouvoir, contre elles, me défendre. Chacune d'elles, je les ai vécu comme des viols intérieurs dont je ne me suis jamais véritablement remis. Je me souviens encore des moqueries dont j'ai été l'objet lorsqu'enfant, on me regardais comme un phénomène de foire parce que je possédais une tache de vin sur un partie de mon visage. Je me souviens de ces jeunes femmes qui me considéraient comme un moins que rien. Je me souviens de leur regard empreint de pitié et de dégoût lorsqu'elles avaient le malheur de me croiser. Je me souviens de leur fierté liée à leur charme et à leur séduction. De leur fierté de voir mes camarades se battre comme des chiens enragés afin d'avoir l'honneur et le privilège de se tenir à leurs cotés. Je me souviens quand j'étais systématiquement mis à l'écart : à chaque fois que des équipes devaient être formées, j'étais le dernier - et avec regret - vers lequel on se tournait. Je me souviens de mes "amis" qui sortaient entre eux en discothèque, ce dont je n'étais jamais informé ; ou aux « Boums » auxquelles je n'étais jamais invité.
Chaque jour, je déjeunais seul ; je ne parlais à personne. Si j'avais l'audace de me manifester, ces jeunes gens me regardaient comme un intrus qui n'avait pas sa place au sein de leur collectivité. Si j'avais l'outrecuidance de leur parler, ils faisaient comme si j'étais invisible à leurs yeux. Et, évidemment, ils ne me répondaient pas ; ils s'éloignaient nonchalamment du lieu où je me tenais. Ils poursuivaient leurs échanges, indifférents à ma proximité. Combien de fois m'ont-ils pris comme souffre-douleur, comme tète de turc en me malmenant, en me grimaçant ? Des centaines, des milliers de fois, tout le long de ma scolarité ? Je ne saurai le dire en vérité ?
C'est à cette époque où j'ai commencé à me replier sur moi-même. Le seul refuge à ma disposition s'est très tôt avéré être le monde du livre et de la connaissance. C'est à cette époque où j'ai découvert qu'il existait un autre univers où j'étais davantage chez moi que parmi mes semblables. Et pourtant, Dieu sait combien, dès cette époque, - et bien que celai ait été rarement réciproque - j'ai aimé la plupart des gens que je fréquentais. Combien j'ai aimé partager avec les hommes et les femmes qu'il m'est arrivé de côtoyer. Dieu sait que, toute mon existence durant, j'ai cherché leur compagnie. Lorsque je l'ai pu, le les ai écouté, je les ai conseillé. J'ai toujours essayé, dans la mesure de mes moyens et de mes possibilités, d’être présent pour les aider. Les jeunes femmes que j'ai connu et apprécié sont venu me conter leurs déboires sentimentaux ; les jeunes hommes m'ont abreuvé de leurs vantardises et de leurs conquêtes féminines aisées. Mais aucun d'eux, aucune d'elles, ne se souciait de savoir à quel point je souffrais. Pire encore, lorsque je leur montrais qu'ils me blessaient, qu'ils me bousculaient, qu'ils me violentaient, ils étaient surpris ; je les dérangeais. Ils me fuyaient, ne comprenant pas pourquoi je ne me contentais pas de quelques miettes qu'ils me jetaient du haut de leur tablée.
Pendant longtemps, j'ai subi toutes ces contraintes, toutes ces violences quotidiennes, insidieuses, qui torturaient mon corps et mon esprit. Jusqu'au jour où j'ai réalisé que, si je désirais survivre, il était vital que je fuis ce monde où je n'étais pas le bienvenu. J'ai compris que je me devais de laisser derrière moi cet univers de souffrances et de malheurs permanents.
Il y a une chose, pourtant, que je peux révéler aujourd'hui: malgré tout ce que ces jeunes femmes m'ont infligé, malgré qu'elles m'aient a d'innombrables reprises repoussé, mon cœur a battu pour elles avec ardeur et abnégation. Et jamais je ne les ai condamné. Souvent, pour ne pas être, par elles, davantage trahi ou blessé, je me suis contenté, de loin, de les admirer. A chaque fois que j'ai pu, dans l'ombre et le silence de ma demeure évanescente, je les ai soutenu, aidé, guidé. Bien entendu, jamais elles n'en n'ont rien su ; jamais elles n'ont soupçonné que je tentais l'impossible pour leur apporter joie et félicité. Je n'attendais d'elles ni honneur ni bienveillance. Ma seule ambition était de les vénérer, de les aduler. Mais je ne peux nier ma souffrance de ne pas avoir le droit de les approcher, de ne pas avoir le droit de les prendre dans mes bras, de ne pas avoir le droit de les aimer.
J'ai donc progressivement réalisé que je n'étais, à leurs yeux, qu'un monstre, qu'une parodie d’être humain. J'ai donc maintes fois déchiré mon âme et mon cœur. J'ai repoussé à maintes reprises ce que, pour moi, elles représentaient. J'ai pleuré, j'ai hurlé, je me suis flagellé, pour combattre les sentiments passionnés, irrésistibles, qu'en moi, sans cesse, elles éveillaient. Et, épuisé, anéanti, par des années de luttes, j'ai fini par me murer au sommet de ce donjon solitaire et abandonné. Je me suis plongé le plus possible dans mes écrits, dans mes livres, qui m'ont jadis aidé à ne pas sombrer dans la folie ; et qui aujourd'hui encore, me permettent de survivre à cet éternel désespoir, à cette interminable souffrance dont je suis depuis lors emplis. Lesquels sont ravivés à chaque fois que je croise le regard de l'une de ses déesses qui me font, ici, fugitivement vibrer ; puisqu’elles apparaissent quelques instants, quelques heures, quelques jours, quelques mois éventuellement, au sein de mon existence ; avant d'en disparaître tout aussi rapidement ; me laissant anéanti et tourmenté.
C'est pour toutes ces raisons, ici présentées, que je suis recroquevillé, aujourd'hui, sur moi-même. Et que seuls mes écrits, mes livres, et mes manuscrits, me permettent de survivre à cette démence quotidienne. Il y a si longtemps que celle-ci s'est emparée de mon esprit, que c'est le seul moyen qu'il me reste pour ne pas sombrer définitivement à cette folie destructrice qui me poursuit...

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Par une aquarelle de Tchano

Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
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