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Nouvelles confirmées : Les gens sont méchants
Publié par Loriane le 16-05-2012 21:40:00 ( 791 lectures ) Articles du même auteur
Nouvelles confirmées



Les gens sont méchants.

C'est décidé, je n'aiderai plus personne.
Je regarde le tram que je viens de quitter, il s'éloigne de la station en direction de la place de la comédie. Alors que la rame descend vers la gare, je repars d'un pas rapide, le soleil m'aveugle, je lui tends mon visage avec gourmandise et bonne humeur, Bon voilà une bonne chose de faite, me dis-je restant dans mon quand-à-soi.
En montant dans la voiture du tramway, quinze minutes plus tôt, je m'étais assise, comme souvent, prés de la fenêtre. La petite fille en moi n'est pas morte et je me régale toujours du spectacle de la rue.
Lorsque l'homme vint s'asseoir à côté de moi, j'en fus avertie sur le champ.
Avertie, je le fus une première fois par un contact non sollicité, Je sentis en effet un postérieur généreux mais surtout volontaire pousser le mien avec force et, je dois préciser que je n'en tirais absolument aucun plaisir. Puis avertie, je le fus une seconde fois, par une odeur intense de ménagerie, ménagerie où l'on aurait depuis toujours nourri les fauves avec de vieilles chaussettes jamais lavées.
Je me refermais donc sur moi même en jetant un oeil détecteur de places libres.
Bien sûr, le tram était plus complet que mon tiroir de bureau, celui que je ne peux ouvrir sans introduire un doigt dedans pour le décoincer.
Bon, c'est pas grave me dit ma voix de dedans, celle que j'utilise le plus souvent dans ce cas, ce n'est pas grave, nous ne sommes pas dans le transsibérien, il descendra bientôt ce bel homme de cro-magnon.
En apparence résignée, Je fis soudain un saut involontaire dans l'espace qui me restait, lorsque le bruit tonitruant sorti de la poche de mon gentil voisin.
Le rire de fou hystérique, que faisait sa poche, cessa lorsque gentil voisin, réussi à sortir de sa veste son téléphone portable.
Mais, ceci vous le saviez ?, cette extraction se fît avec un geste si doux qu'il me valut, cette fois, un méchant coup de coude dans le ventre.
Pourtant mon malheureux "aie !" de douleur, tomba à l'eau, si j'ose dire.
"Allo"
Mon charmant voisin parfumé parlait à n'en pas douter avec la chine, ou le fond de l'Amérique, Ushuaia, une ile perdue de Malaisie, la lune, Mars, je ne sais mais c'était loin, très, très loin.
Ce " allo" musclé, me fit faire de nouveau un bond, mais un tout petit bon, un mini bond, puisque j'étais limitée par l'espace qui m'était accordé.
Nous dirons que la conversation entre particuliers qui s'engagea alors, était particulière, car, elle se faisait à la cantonade.
"Ouais, j'suis tout seul qu'est-ce tu veux encore ?"
"...."
"Non, pas question, ......, j'fais c'que j'veux"
"....."
"Et alors!, qu'est ce que tu veux que ça me foute ?
"......'
" Ben! vas-y !, tu couches avec qui tu veux, j'en ai rien à foutre, tu me donnes mal au ventre ....."
C'est là que j'ai profité d'un silence, juste une respiration pour intervenir gentiment, et faire entendre ma voix si compatissante
" Vous avez mal au ventre ? Vous souffrez beaucoup;? Vous avez la colique, ou vous êtes plutôt coincé ?"
Les têtes qui avaient soigneusement décidées de ne rien voir, ne rien entendre, se tournèrent toutes vers moi, puis vers mon voisin devenu rouge de colère:
"Oh, mais de quoi tu te mêles toi ?, j' te parles pas connasse !."
Calme, le plus angélique que je puisse être je lui répondis doucement :
"Oh, vous n'êtes pas gentil, comme vous parliez avec nous, je voulais juste vous aider, je connais des médicaments pour la colique, est-ce que vous êtes allé ce mat...."
"Oh, mais ta gueule toi..!, Tu me fais chier "
"Ah bon ! alors ça va vous n'êtes pas constipé, vous avez juste la diarrhée et vous risquez de vous oublier dans votre cul.. "
"Mais ta gueule, morue "
La voix de stentor explosa dans mes oreilles.
Il me crachait presque dessus, et tenait son téléphone à la main, de celui-ci maintenant une voix de femme suraiguë sortait distinctement:
"Allo, allo, avec qui tu es ?, allo..."
"Mais avec personne, mais non, j'te dis que j'suis tout seul.........."
"........"
" Ouais, j'suis dans le tram, et alors ?
"QUOI ?, tu parles de nous comme ça devant tout le monde ?"cria le téléphone.
La voix de femme, maintenant, hurlait, elle était montée soudain de plusieurs octaves, chaque mots étaient à présent bien audibles, compréhensibles.
" Mais non, personne n'a rien entendu, mais calme toi, non, mais gueule pas comme ça........."
Cro-magnon tentait un appel au calme mais les hurlements reprirent de plus belle et c'est là que je me suis fais la belle, que je suis descendue, en m' extrayant calmement, discrètement de mon coin, et que je suis descendue sous les regards des voyageurs rigolards, et en lançant comme ça pour le plaisir, juste un petit bonus;
" Les gens sont vraiment méchants, voilà quand vous voulez rendre service, vous vous faites insulter. Je ne rendrai plus jamais service!"

Lydia-Loriane Maleville

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Auteur Commentaire en débat
Bacchus
Posté le: 16-05-2012 23:54  Mis à jour: 16-05-2012 23:54
Modérateur
Inscrit le: 03-05-2012
De: Corse
Contributions: 1186
 Re: Les gens sont méchants
Tu te rends compte qu'il y a des gens qui prétendent qu'il ne leur arrive jamais rien !
Si tu es comme moi, ce qui me semble, il y a des centaines de petites anecdotes de chaque jour qui méritent d'être savourées avec humour. J' ai même eu un fou-rire, avec une copine, à une veillée funèbre !
Rire ou pleurer, nous n'avons qu'un bref instant pour choisir.
Mes préférences



Par une aquarelle de Tchano

Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
.

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