| A + A -
Connexion     
 + Créer un compte ?
Rejoignez notre cercle de poetes et d'auteurs anonymes. Lisez ou publiez en ligne
Afficher/Cacher la colonne
Accueil >> xnews >> La maison en coquillages N°6 - Nouvelles confirmées - Textes
Nouvelles confirmées : La maison en coquillages N°6
Publié par Loriane le 05-02-2012 18:16:35 ( 896 lectures ) Articles du même auteur



La maison en coquillages 6

Anita et Linette accéléraient le pas en entrant dans la cour de la maison en coquillages.
Debout au milieu, la maman de Linette parlait avec Madame Hervé, elles portaient toutes les deux, en bonne ménagère, leurs tabliers de devant.
La maman de Linette un manteau jeté sur les épaules, portait sa petite sœur dans les bras. La petite était à cheval sur son épaule et dormait la tête pendante dans le dos de sa mère. Cette petite sœur avait bien de la chance, elle, d'être normale avec ses cheveux bien noirs. Madame Hervé, un pied sur la première marche de l'escalier, s'appuyait sur ses deux mains, posées l'une sur l'autre sur le haut du pilier, point de départ de l'escalier qui menait à ses chambres. Celles-ci étaient situées au premier étage, et donc il fallait passer par la cour pour y accéder. 
Les deux voisines commentaient l'affaire Dominici. 
"vous me direz pas, Lily, je suis sûre que c'est le vieux qui a fait le coup !"
disait Madame Hervé
"Vous croyez Jeanette ? mon mari dis que c'est pas sûr" 
Linette avait souvent entendu son père en colère dire que c'était ce misérable vieux qu'on accusait juste parce que ce n'était qu'un pauvre, un paysan, mais que c'était une "grosse légume" qui avait tué les Anglais et que ça ne se saurait jamais.
Linette n'en savait rien, mais savait seulement, qu'il y avait quelque part une famille très triste et elle ressentait comme toujours cette forte pitié pour les gens dans le malheur.
"grouillez vous, les deux pipelettes" 
cria maman aux deux petites qui s'engagèrent rapidement dans l'escalier échelle.
Linette rangea les commissions dans le petit garde-manger grillagé placé sous la fenêtre de la cuisine, vite, elle accrocha le filet des courses à son clou et fila dans la chambre.
Elle attrapa le polochon par un bout et en levant haut les bras, elle le souleva vigoureusement pour faire glisser le remplissage et pour rétablir la garniture, elle tapota pour lui redonner un gonflant bien réparti, puis vite, elle tira fort les draps avec soin et borda les côtés bien droits en prenant soin de soulever le matelas pour bien coincé draps et couvertures en dessous, comme l'exigeait maman. Elle se dépêchait mais il valait mieux faire bien les choses afin d'éviter un orage maternel.
Les deux lits refaits, elle remis son manteau.
"Tu viens" cria-t-elle à Anita qui feuilletait en l'attendant le Mickey de Daniel qui trainait sur la table.
La grosse radio crachait ses informations, et commentait le procès des nazis qui avaient martyrisés et tués les habitants de Oradour sur Glane. Ils donnaient des détails terribles qui faisait trembler Linette
La description de ces faits de guerre la faisaient toujours frissonner de peur, et lui serrait le cœur.
"tu as trop d'imagination, c'est pas normal" 
s'agaçait maman devant ses grimaces et ses angoisses.
Linette referma la porte sans serrure, alors que l'on entendait Juliette Gréco chanter "l'homme du tramouay"
La petite en glissant dans l'escalier pensait qu'elle n'aimait pas cette chanteuse avec sa grosse voix de garçon.
Dehors il faisait froid, et des plaques de verglas brillaient encore dans le caniveau. 
Devant la maison de Christiane la voiture de sa marraine avait disparue.
Sur le trottoir, devant la grille, les petites appelèrent Christiane.
La maison était une des plus jolie de la rue.
Sur l'avant il y avait un escalier qui menait à une porte qui restait toujours fermée. L'accès se faisait par l'arrière, une fois la grille franchie, on devait contourner le pavillon jusqu'à l'arrière où se trouvait le jardin , ses fleurs, ses légumes et un ou deux arbres fruitiers. 
Dès la porte franchie on se trouvait dans une cuisine en entresol dont la fenêtre donnait sur la rue.
Au milieu de la pièce se trouvait la table ronde au milieu de laquelle la maman de Christiane déposait à chaque repas, et presque d'un bout de l'année à l'autre, un grand saladier plein des laitues du jardin.
La famille de Christiane comme celle de Anita, occupait seule leur maison.
Le papa et la maman de Christiane étaient des gens affables et réservés, et Linette les trouvait très gentils ainsi que la vieille grand mère qui restait calme et souriante dans son coin regardant par la fenêtre. La maman de Christiane comme la maman de Anita ne bavardait jamais dans la rue avec les voisines.
Christiane n'avait qu'un grand frère, assez vieux, il avait au moins dix ans de plus que sa sœur.
Toujours bavardant devant la maison les deux petites virent leur copine arriver et ouvrir la grille.
Elle avait à peu près la taille de Linette et tout comme elle, ses longs cheveux dorés étaient attachés en queue de cheval dans une grosse barrette. Elle avait un joli visage et des yeux noisettes qui semblaient souvent réfléchir. C'était une enfant calme et équilibrée, heureuse de vivre.
"t'as appris ton catéchisme ?" lui demanda Anita
"oui, et vous ? "
"oui, moi aussi" dit Anita
" ben euh, fallait apprendre quoi ?" s'inquiéta Linette
Les six petits pieds étaient en route, et les trois petites langues aussi.

Lydia Maleville


Article précédent Article suivant Imprimer Transmettre cet article à un(e) ami(e) Générer un PDF à partir de cet article
Les commentaires appartiennent à leurs auteurs. Nous ne sommes pas responsables de leur contenu.
Auteur Commentaire en débat
Mes préférences



Par une aquarelle de Tchano

Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
.

Connexion
Identifiant :

Mot de passe :

Se souvenir de moi



Mot de passe perdu ?

Inscrivez-vous !
Partenaires
Sont en ligne
46 Personne(s) en ligne (15 Personne(s) connectée(s) sur Textes)

Utilisateur(s): 0
Invité(s): 46

Plus ...