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Textes d'Auteurs : Lamentations d'un poil de ...
Publié par Loriane le 21-04-2015 17:00:00 ( 1150 lectures ) Articles du même auteur



Tout public ?


Il est dur lorsque sur la terre
Dans le bonheur on a vécu
De mourir triste et solitaire
Sur les ruines d’un vieux cul.
Jadis dans une forêt vierge
Je fus planté sur le versant
Qu’un pur filet d’urine asperge
Et parfois un filet de sang.

Alors dans ce taillis sauvage
Les poils poussaient par les sillons
Et sous leur virginal ombrage
Passaient de jolis morpions.
Destin fatal! Un doigt nubile
Un soir par là vint s’égarer
Et de sa phalange mobile
Frotter, racler et labourer...

Bientôt au doigt le vit succède
Et dans ses appétits ardents
Appelant la langue à son aide
Il nous déchire à belles dents.
J’ai vu s’en aller nos dépouilles
Sur le fleuve des passions
Qui prend sa source dans les couilles
Et va se perdre dans les cons.

Hélas l’épine est sous la rose
Et la pine sous le plaisir.
Bientôt au bord des exostoses
Des chancres vinrent à fleurir
Les coqs de leur crête inhumaine
Se parent dans tous les chemins
Dans le département de l’Aine
Gambadent les jeunes poulains.

Mais quand le passé fut propice
Pourquoi songer à l’avenir?
Et qu’importe la chaude-pisse
Quand il reste le souvenir?
N’ai-je pas vu tous les prépuces
Avoir chez nous un libre accès
Alors même qu’ils étaient russes
Surtout quand ils étaient français.

J’ai couvert de mon ombre amie
La genette de l’écolier
Le membre de l’Académie
Et le vit du carabinier
J’ai vu le vieillard phosphorique
Dans un effort trop passager
Charger avec son dard étique
Sans parvenir à décharger...

J’ai vu – mais la motte déserte
N’a plus de flux ni de reflux
Et la matrice trop ouverte
Attend vainement le phallus.
J’ai perdu depuis une année
Mes compagnons, déjà trop vieux,
Et mes beaux poils du périnée
Sont engloutis dans divers lieux.

Aux lèvres des jeunes pucelles
Croissez-en paix, poils ingénus,
Adieu, mes cousins des aisselles!
Adieu, mes frères de l’anus!
J’espérais à l’heure dernière
Me noyer dans l’eau des bidets
Mais j’habite sur un derrière
Qu’hélas on ne lave jamais !

Il eût longtemps parlé encore
Lorsqu’un vent vif précipité
Bruyant mais non pas inodore
Le lança dans l’éternité.
Ainsi tout retourne à la tombe
Tout ce qui vit, tout ce qui fut
Ainsi tout change, ainsi tout tombe
Illusions... et poils du cul




Lamentations d’un poil de cul de femme
poème, 1854
par
Jules VERNE
1828-1905

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Les commentaires appartiennent à leurs auteurs. Nous ne sommes pas responsables de leur contenu.
Auteur Commentaire en débat
emma
Posté le: 21-04-2015 17:40  Mis à jour: 21-04-2015 17:40
Modérateur
Inscrit le: 02-02-2012
De: Paris
Contributions: 1494
 Re: Lamentations d'un poil de ...
Hi hi hi !

ça sent le souffre (au sens propre comme au figuré...)

Merci pour cette étonnante découverte !!!
EXEM
Posté le: 21-04-2015 18:01  Mis à jour: 21-04-2015 18:01
Plume d'Or
Inscrit le: 23-10-2013
De:
Contributions: 1480
 Re: Lamentations d'un poil de ...
Et dire que l'on m'accuse parfois de trahir ma poésie pour des textes aussi poilus que celui de J. Verne.
Je saurai me defender la prochaine fois. (MDR)
Marco
Posté le: 21-04-2015 18:27  Mis à jour: 21-04-2015 18:27
Plume d'Or
Inscrit le: 17-05-2014
De: 24
Contributions: 725
 Re: Lamentations d'un poil de ...

Ah il est loin, Le Tour du monde en quatre-vingts jours !

ça fleure bon la nature, dans le coin !

Marco
tchano
Posté le: 22-04-2015 19:04  Mis à jour: 23-04-2015 16:20
Plume d'Or
Inscrit le: 18-01-2012
De:
Contributions: 297
 Re: Lamentations d'un poil de ...
ou le voyage d'un poil
"De la lune à la terre".
Mes préférences



Par une aquarelle de Tchano

Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
.

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