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Accueil >> xnews >> Le prince Yoruba et le poète de nulle part - Poèmes confirmés - Textes
Poèmes confirmés : Le prince Yoruba et le poète de nulle part
Publié par emma le 30-07-2015 15:00:00 ( 569 lectures ) Articles du même auteur




Au temps où les Wolofs avaient l’empire Djolof
Au temps où les califes occupaient Cordoba
Au temps où l’ile de Man avait son roi Olaf
L’Etat d’Ifé avait son prince Yoruba

Et du fleuve Niger jusqu’au plateau de Jos
Tirant sa puissance d’Oduduwa lui-même
Ce maitre d’univers régnait en roi féroce
En digne descendant de l’Orisha suprême

Tuant, brûlant les champs et violentant les femmes
Le prince était cruel, le prince était tyran
Son peuple mourait jeune, faute de mil ou d’igname
Mais que peut-on y faire ? Disait-on, soupirant

Ainsi allait la vie sur les terres du prince
Chacun allait dolant, perclus de sa douleur
Et la vie était dure et le ciel était mince
On allait à la mort en appelant son heure

Il était un homme seul : un poète, un griot
Venu tantôt d’Egypte, tantôt de Tombouctou
Un homme à moitié sage, un homme à moitié sot
Parlant un peu de rien, parlant un peu de tout

Partout où il allait dans le royaume d’Oyo
Les villageois l’oyaient de leurs simples oreilles
Et parfois l’on riait aux ineptes fabliaux
Où l’on entrevoyait d’autres monts et merveilles

« Qui est ce fabuliste, cet affabulateur ?
Qui distrait mes sujets de leurs vies quotidiennes ? »
S’indigna le despote du haut de sa hauteur
« Qu’on cesse de leur chanter d’idiotes cantilènes »

« - Mais ce n’est qu’un pauvre homme qui vit de charité !
Qui conte des histoires d’ailleurs ou de naguère
Ce n’est qu’un akalat qui ne fait que chanter !
Ce n’est qu’un peu de vent ! Que des paroles en l’air ! »

Et plus la populace soutenait son champion
Plus l’inique Alaafin sentait monter son ire
Afin de faire taire ce vent de sédition
Dans la ville capitale, l’aède on fit venir

Sur la grande esplanade dominant la cité
Sous un grand Karité, arbre digne et austère
Lui, le pauvre poète on fit exécuter
Et pour toujours sa voix, sa pauvre voix fit taire



Mais les grands dominants épris d’ordre public
Devraient se méfier des murmures rémanents
Persistance des têtes qu’on plante sur des piques :
Le peuple se leva, et tua son tyran

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Les commentaires appartiennent à leurs auteurs. Nous ne sommes pas responsables de leur contenu.
Auteur Commentaire en débat
EXEM
Posté le: 30-07-2015 16:46  Mis à jour: 30-07-2015 16:46
Plume d'Or
Inscrit le: 23-10-2013
De:
Contributions: 1480
 Re: Le prince Yoruba et le poète de nulle part
Encore un poème superbement écrit et don't j'aime le thème. On ne peut tuer la pensée humaine ! Cela rejoint ce que Dumont a dit dans son dernier poème. Emma utilise la forme qui lui réussit : "Fantasy et contes". Comme toujours les noms qu'elle choisit me ravissent, et sa façon de nous raconter l'histoire est fascinante.
Ce poème nous démontre aussi la culture et l'érudtion de notra chère amie de l'Orée, notre prolifique Emma. Un grand poème réussi.
Bises.
dumont011
Posté le: 30-07-2015 18:18  Mis à jour: 30-07-2015 18:18
Plume d'Or
Inscrit le: 10-02-2012
De: tunisie
Contributions: 308
 Re: Le prince Yoruba et le poète de nulle part
gare à tous ceux qui tentent d'étouffer la voix du poète
quel merveilleux poème et quelle magistrale leçon et d'histoire et d'engagement
merci emma
Marco
Posté le: 30-07-2015 19:14  Mis à jour: 30-07-2015 19:14
Plume d'Or
Inscrit le: 17-05-2014
De: 24
Contributions: 691
 Re: Le prince Yoruba et le poète de nulle part
Ce sont les paroles les plus simples, les plus justes
qui accaparent les oreilles du peuple, fût-il sous le joug d'un tyran.

On exécute un Homme ; ces paroles auront encore plus de résonance.

Ton poème est fabuleux, Emma !
Je suis émerveillé par ton écriture.

Amitiés

Marco

PS : Je tiens à te remercier pour ton commentaire (fillette c'est la fête)
Ermite
Posté le: 30-07-2015 20:18  Mis à jour: 30-07-2015 20:18
Plume d'Or
Inscrit le: 31-03-2014
De:
Contributions: 1499
 Re: Le prince Yoruba et le poète de nulle part
Je sors de ma grotte et je ne regrette pas : quelle histoire !
Quelle clarté !
Merci Emma .
Amitiés, Louis.
Mes préférences



Par une aquarelle de Tchano

Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
.

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