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Poèmes confirmés : Ils y étaient
Publié par tchano le 11-11-2015 09:10:00 ( 275 lectures ) Articles du même auteur



Il y avait Thérésius,
Il y avait Anselme,
Et les trois François et les six Joseph,
Il y avait Baptistin et Paul et Valérien,
Tous ils y étaient.
Ils y étaient pour le compte,
Compte à rebours de mort,
Mort à compte d’état.

Ils auraient du mourir par moins de fracas.
Moins de fracas de fer, moins de fracas de chair,
Moins de foudre de poudre,
Moins de lumières brûlantes,
Moins de cette peur bleue,
Cette peur bleu-vareuse pugnace comme leur gale.

Ils auraient du mourir plus vieux, plus malade.
Plus vieux de quelques heures,
D’un long reste de vie.
Brutalement peut être ou d’une lente souffrance.
D’un mal plus concevable.
Un simple coup de faux dans leurs vies ancestrales.
Un simple coup de faux au lieu d’un coup de feu,
La différence en somme se nomme "fratricide".

Ils n’auraient pas du mourir ainsi,
Mais on ne refait pas l’histoire,
L’histoire de chaque bougre,
On ne refait pas l’histoire on ne refait que la guerre.

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Auteur Commentaire en débat
Istenozot
Posté le: 11-11-2015 12:05  Mis à jour: 11-11-2015 12:05
Plume d'Or
Inscrit le: 18-02-2015
De: Dijon
Contributions: 1988
 Re: Ils y étaient
Bonjour Tchano,

J'ai aimé ce poème qui prend une dimension émotionnelle très forte en ce jour du 11 novembre.
Il nous rappelle l'absurde et le carnage de la guerre 14-18, où les tranchées sont devenues les tranchées de la mort.

Lorsque je visite une commune, un village, je prends toujours le temps de m'arrêter devant le monument aux morts, par simple désir d'honorer ces morts mais aussi de faire vivre la mémoire historique.
Les listes sont toujours très longues. Je ne peux m'empêcher de penser aux femmes et aux enfants qui ont perdu un être cher. Je ne peux m'empêcher de penser à l'hécatombe humaine ainsi générée dans toutes les communes de France. J'en reviens toujours avec une profonde tristesse et un grand abbatement.

Tu as bien raison. La guerre demeure parce la violence demeure; la violence mimétique demeure. Cela me fait penser à la disparition de René Girard, le 4 novembre dernier, qui en parlait si bien.

Merci à toi pour ce très beau texte.
Porte toi bien.

Amitiés de Dijon.

Jacques
tchano
Posté le: 12-11-2015 20:10  Mis à jour: 12-11-2015 20:10
Plume d'Or
Inscrit le: 18-01-2012
De:
Contributions: 293
 Re: Ils y étaient
Bonjour Jacques,

C'est par simple curiosité, en regardant les noms gravés sur le monument aux morts d'un village alpin, que ce texte m'est venu.
Je partage effectivement tes réflexions concernant les vies et les familles anéanties par cette absurdité meurtrière, mais plus que de l'abattement c'est de la colère que je ressens.
Merci pour ton commentaire

Tchano
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Par une aquarelle de Tchano

Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
.

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