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Nouvelles confirmées : Tic Tac (défi de Titi)
Publié par couscous le 16-09-2017 20:26:16 ( 19 lectures ) Articles du même auteur



N'hésitez pas à (re)venir participer à nos défis :http://www.loree-des-reves.com/module ... t_id=12103#forumpost12103

Je suis née dans les mains d’un artisan, maître horloger suisse, au cœur de la Forêt-Noire en Allemagne au début du vingtième siècle. Achetée par un belge que j’ai séduit, j’ai été amenée dans son pays, au cœur de sa famille. Une fois posée sur le mur du salon, mon acquéreur a remonté lentement mes deux poids, l’un pour les aiguilles, l’autre pour le petit oiseau que je dissimule en mon cœur. J’ai découvert les yeux d’un petit garçon, émerveillé chaque fois que mon petit coucou chantait joyeusement pour annoncer l’heure nouvelle.
J’ai connu les débuts de l’éclairage autre que la lampe à pétrole ou la bougie. Ce fut d’abord des lampes à gaz puis celles fonctionnant à l’électricité. De là, tout a évolué assez vite. Les diverses générations de ma famille ont défilé, toujours dans la même demeure. J’ai été témoin de disputes, de réconciliations, de moments de joie intense et d’extrême tristesse.
Mais maintenant, on ne remonte plus mes poids. L’heure est désormais donnée par une horloge fonctionnant à piles : un gros chat dont la queue balance pour rythmer les secondes. Je suis devenue une simple décoration à l’instar d’une reproduction de Magritte et des photos de famille. On m’appelle désormais la pendule à coucou de Grand-Papy René.
Un jour, alors que j’étais au sein de la quatrième génération de propriétaires, un homme inconnu avec de grosses lunettes s’est arrêté face à moi. Il m’a scruté un long moment, détaillant du regard mes moindres détails avant de griffonner sur une feuille de papier. J’ai entendu le mot « trésor » résonner dans la pièce et le visage de la maîtresse de maison s’est illuminé. Peu de temps après, l’homme à lunettes est venu me décrocher du mur pour me déposer dans un camion avec une grande minutie au beau milieu de toutes sortes d’objets anciens.
Placée sous vitrine, j’ai vu défiler des dizaines de visages jusqu’à ce qu’on m’amène dans une salle remplie de personnes munies de pancartes avec des numéros. J’ai entendu « Début des enchères à deux cents euros. ». Là, tout a été très vite jusqu’à un coup de marteau décisif de la part d’un barbu chauve : « Adjugé à trois mille cinq cents euros ! » L’argent a été remis à mon ancienne famille, la mine soulagée. J’ai compris que je venais de changer de mains. Une dame âgée, à la chevelure violacée, s’est approchée de moi et m’a admirée avec les yeux d’un enfant, les mêmes que celui du petit garçon de mon premier propriétaire.

« Quel travail magnifique ! Tu es une pièce rare ! »

Depuis lors, je trône fièrement sur la cheminée d’un salon style Louis XV, dans un château en Touraine. Mes poids sont remontés régulièrement et je vois l’horloger chaque année. Ses instruments me chatouillent les entrailles. Le temps passe, j’en suis un peu le gardien et son serviteur mais il semble ne pas avoir de prise sur moi. Les visages qui me regardent se rident et moi je reste là, inchangée. Tic Tac… coucou coucou…

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Par une aquarelle de Tchano

Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
.

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