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Accueil >> xnews >> Procrastination (défi du 23/9/17) - Nouvelles confirmées - Textes
Nouvelles confirmées : Procrastination (défi du 23/9/17)
Publié par couscous le 24-09-2017 10:17:47 ( 54 lectures ) Articles du même auteur



Qu’elle est jolie la petite maison que je viens d’acquérir ! Bon, elle n’est pas neuve mais je m’y sens bien. Il y a quelques petits travaux à effectuer mais rien de bien important. Et puis il faudrait que j’achète du matériel comme une tondeuse à gazon pour le jardinet à l’avant et puis une caisse à outils digne de ce nom. Ma mère n’a pas oublié de me rappeler d’acheter une serpillère et un seau. Je suis un jeune homme qui vient de quitter le cocon familial, il faut me laisser le temps de m’adapter à ma nouvelle vie.

– Tu ne peux pas te contenter d’un aspirateur pour nettoyer !
– Mais si ! Ça marche très bien. Ne t’inquiète pas, maman. Je mets cela sur ma liste des choses à acheter.

Dans un premier temps, l’important est d’avoir la télédistribution, une bonne connexion Wifi et un frigo plein. Après avoir pris ma douche, j’entends un bruit de gouttes provenir d’en-dessous du bac. Une fois séché, je retire la plaque qui masque le dessous du système d’évacuation de la douche. Je constate qu’un tuyau fuit légèrement : une goutte tombe régulièrement. Je place une bassine juste en-dessous et referme le tout. Je m’en occuperai dès que j’aurai investi dans ma boîte à outils.
Les journées commencent à se raccourcir, l’hiver approchant à grands pas. Chaque soir, je suis content de retrouver mes pénates. Les hautes herbes ont eu le temps de l’automne pour envahir le carré de verdure devant ma porte d’entrée. J’ai juste un passage pour me faufiler. Cela attendra le printemps et l’achat d’une bonne tondeuse.
Nous sommes dimanche et je siffle sous ma douche. Soudain, un craquement résonne dans la pièce avant que je ne me voie chuter d’une dizaine de centimètres tout en restant dans le bac de douche. S’en suit une explosion de tuyau d’eau giclant dans toute la pièce. Nu et mouillé, je cherche désespérément le robinet pour stopper l’inondation mais sans succès. Seule solution : couper au compteur ! Je me remémore la visite des lieux et situe celui-ci dans un coin de mon jardinet avant, bien caché par les hautes herbes.
J’enfile rapidement mon peignoir, attrape un couteau de boucher dans ma cuisine avant de me précipiter devant. Comme un explorateur dans la jungle, j’avance en jouant de mon coupe-coupe de fortune. Enfin, j’atteins la boîte grise qui renferme mon compteur d’eau. Je tente de l’ouvrir mais le système est grippé. Je rentre à la maison, regrettant amèrement de ne pas m’être acheter une pince ou autre tenaille. Pendant ce temps, l’eau coule le long de mon escalier, inondant toute l’entrée. Et mes parents qui sont en vacances en Afrique ! J’ai envie de pleurer comme un petit garçon.
Il faut que je me dépatouille de cette situation sinon elle va s’empirer. Je décide de demander de l’aide à ma voisine. C’est une dame d’une cinquantaine d’années dont le mari est décédé il y a une dizaine d’années. J’espère qu’elle a conservé ses outils. Je sonne, elle ouvre la porte et de grands yeux ronds en me voyant en peignoir devant chez elle. J’ai droit à un bonjour enjoué et amusé. Sans réfléchir, je lui demande :

– Votre mari était bien outillé ?
– Euh… Disons qu’on a tout de même eu quatre enfants, jeune homme. Alors, oui, il avait ce qu’il fallait.

Je ne pige pas de suite que nous n’avons pas la même notion d’outillage alors j’enchaîne avant que ma maison ne se transforme en piscine.

– Avez-vous des pinces ?
– J’ai une pince à sucre, à cheveux…
– Non, plus du genre que l’on trouve dans une caisse à outils.
– Ah ! Oui, venez. Mais ne restez pas trop longtemps. Ça risque de jaser dans le quartier si on vous voit traîner chez moi en peignoir un dimanche matin !
– Ne craignez rien. Je nierai tout !

Elle me sort une belle boîte à outils bien rangée. Je m’exclame :

– Je vois que vous avez tout ce qu’il faut !
– Là où il faut !
– Votre mari prenait soin de ses outils.
– Oh non ! Il n’avait que de vieux trucs rouillés. J’ai tout remplacé après sa disparition et c’est moi maintenant qui bricole. Fini l’image machiste du bricolage.
– Je suis très heureux de l’apprendre. J’aurai très vite besoin de vous.
– À ta disposition mon enfant.

Je file dans mon jardin et parviens à débloquer la porte du compteur. Je peux enfin fermer le robinet qui alimente la maison en eau. Je pousse un soupir de soulagement. Mais ce sentiment est vite balayé lorsque je constate les dégâts : le couloir est inondé et la salle de bain n’est plus qu’une mare avec un trou béant dans lequel la douche s’est enfoncée de guingois. Ma voisine pourra peut-être m’aider à la réparer.
Faute de serpillères et de seau, je prends mes draps, mes essuies de bain pour éponger. Je passe plus de deux heures à tout nettoyer. Je suis en nage et sans la possibilité de prendre une bonne douche !
Cela m’apprendra à tout reporter à plus tard. Un dicton nous dit : « Après, le refrain des paresseux ». Je me jure dès aujourd’hui de ne plus reporter à plus tard les choses à faire. Procrastination, c’est fini pour moi ! J’enfile mon pantalon et ma chemise pour aller chercher outils et serpillères, bien décidé à appliquer ma bonne résolution. Mais c’est dimanche aujourd’hui et les magasins sont fermés. Je vais devoir attendre demain… mais ce n’est pas de ma faute cette fois !

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Par une aquarelle de Tchano

Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
.

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