Alignements discrets

Date 14-07-2023 19:52:15 | Catégorie : Poèmes confirmés


Alignements discrets

Héritage du silence,
Un faisceau de brume
Ondule sur la plage du matin.
L’azur se fait voile au large de tes yeux
Où miroitent l’envie;


Envie de terre,
Amplifiant le refrain
Où se cachent des oiseaux de myrtilles
Qui peuplent les collines de fraîcheurs miniatures.


Envie de lumière,
Soulignant le regain des lunes anciennes,
Celles que tu guettais le soir,
Quand les tiens s’étaient assoupis.

Envie de souvenirs,
Tu sais ,
Ceux d’une époque sablonneuse
Donnant à tes pas le support d’un écrin.

Envie d’ailes,
Celles qui te donneraient un jour
La fragilité des alizés,
Le don des courbes altières
Esquissées sur l’ombre d’une pluie de murmures,
Pluie sauvage
Bientôt bruissant sur le toit des prêles .


Envie de couleurs,
À l’aube,
Quand les mondes exquis se parlent
En marge du soleil,
Là,
L’océan se fait miroir,
Mot de jade,
Minute de cire,
Accueillant l’ombelle de tes cascades intérieures
Pleurant l’ancêtre du vent
et la vague initiale des tempêtes.

Envie de senteurs minimales,
Roulant en horizons cendrés
Sur la ligne d’un nouveau sud
Là ,
Meurent les fragrances subtiles des étangs mordorés .



Envie de sourire,
Les masques animaux sont encore trop apeurés
Pour que sourde l’étincelle d’une rencontre.


Envie de peau,
Pour recouvrir l’esprit virginal des forêts,
Brocéliandes de bruyères matinées de philtres musqués;
Au loin,
Des musiques boréales s’écoulent aux abords de ton visage
des visiteurs égarés, cette nuit-là, te convièrent
Au sabbat des jouvencelles ,
Celles qui savent lire les rayons de lune
Pour annoncer aux tiens
Le profil racé des licornes d’après-demain.


Envie de lenteur ,
Nécessaires
Pour que tes amis des plaines immenses
Aient le temps de migrer vers le fleuve audacieux
Qui coule en bas,
Vers le Maldoror du vide,
Embusqué au sein d’ austères confluences.

Envie de solitude,
Car tes tribus te pèsent parfois,
Quand tu éprouves le besoin de peindre
D’étranges silhouettes
Sur les parois des calcaires innocents,
Dans le ventre des grottes hyalines,
Tu sais,
Celles qui résonnent des chants éperdus
Des époques lointaines.

Envie de pollen,
Quand tu étais abeille solitaire,
Saupoudrant de givre et de mica
Les corolles magnétiques
De diaphanes esquisses
Destinées aux champs d’étoiles…


Envie de rôder
Aux abords de la lune,
Pour y deviner l’étendard discret des chamanes.

Envie de compléter la gamme des bruissements animaux:
Carabes de vermeil,
Sauterelle d’argent
En passe de devenir perles nuageuses ,
Descendant vers la page radieuse
D’une nuit précieuse et vulnérable.

Envie de rouler dans les ruisseaux ,
Comme une larme de rubis
Attendant l’aube,
Pour éclore en un éventail sucré
Jalousé par les oiseaux-lyres
Venus des continents où psalmodient
Les oracles d’un matin rare,
Instable encore...


Ton sillage entraîne avec ses strophes kaolines
Le devenir des paysages novices,
Sur lesquels se posent en hésitant
Le vaisseau de ton ombre,
Annonciatrice de gestes bleutés
Par le silence,
Par les elfes des sous-bois,
Qui finissent en riant
Le dessin futuriste de tes caravelles,
À la recherche d’un rivage ocre
pour y accoster enfin ,

Là,
Tu le sais ,
Les iguanes savants répondront à tes questions ….



14 Juillet 2023




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