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Accueil >> newbb >> Défi du 30/08/2014 [Les Forums - Défis et concours]

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Défi du 30/08/2014
Plume d'Or
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Bonjour,

Voici le nouveau défi de la semaine.

Nous avons tous eu un personnage favori lors de nos lectures d'enfance. Depuis, nous sommes devenus des adultes et la vie nous a façonné, différemment. Imaginez ce qu'est devenu ce compagnon imaginaire, avec votre perspective de grande personne, dans le monde réel où vous vivez maintenant.

Bonne chance,

Donald

Posté le : 30/08/2014 00:35
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Re: Défi du 30/08/2014
Plume d'Or
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J'inaugure ce défi. Voici donc ma mouture, orientée SF, pour changer.

Diplomatie lunaire.


Le Secrétaire Général Bolten commençait à perdre patience ; les grandes nations se battaient comme des chiffonniers et, même à l'ONU, ce comportement faisait tâche. Le président russe, Raskolnikov, tapait sur la table avec son soulier, imitant l'un de ses illustres prédécesseurs, tandis que son homologue américain, Simpson, vociférait des propos bellicistes. Les Chinois observaient la réaction des Indiens d'un œil circonspect et les Britanniques comptaient les points. Seuls les Français et les Allemands restaient calmes. Bolten savait pourquoi et il lui fallait désormais leur donner la main pour dénouer cette situation inextricable.
— Mesdames, messieurs, je vous demande d'écouter la requête de la France, émise au nom de l'Union Européenne, lança Bolten.
— Depuis quand les Européens ont-ils leur mot à dire sur la situation lunaire ? Ils ne sont déjà pas capable d'envoyer correctement un satellite dans l'espace, ironisa Simpson.
— Néanmoins, ils font partie des membres permanents du Conseil de Sécurité, tout comme les États-Unis, et à ce titre ils ont le droit de s'exprimer, précisa le Secrétaire Général.
En cela, il avait parfaitement raison. Depuis la réforme des institutions mondiales, suite à la Troisième Guerre du Golfe, l'ONU siégeait en conseil restreint sur toutes les questions traitant de la sécurité et de la paix sur la planète. Le nombre de sièges étaient limités et quelques strapontins avaient été gracieusement offerts à des fédérations continentales. Évidemment, les États-Unis, la Chine, la Russie et la Grande-Bretagne trônaient en maîtres et ne laissaient à la France qu'un rôle de spectateur. Cependant, les Européens avaient obtenu un fauteuil supplémentaire, au titre de leur puissance économique, et étaient représentés par l'Allemagne. Ils disposaient ainsi d'un double droit de vote sur les questions importantes. Les strapontins, représentés par l'Inde, le Japon, l'Australie, le Brésil et l'Afrique du Sud, concernaient des zones continentales unifiées. Seul le Moyen-Orient manquait à l'appel et pour cause : il avait été rayé de la carte par un conflit nucléaire.

Voulon de la Bisse, le président français, saisit l'invitation de Bolten et prit la parole.
— Mesdames, messieurs, vous n'êtes pas sans savoir que nous avons construit une proposition alternative à l'inévitable confrontation militaire qui se dessine sur la Lune. Les Non-Humains, comme se plaisent à les nommer ainsi nos alliés américains, sont présents depuis des décennies sur la face cachée de notre satellite mais ne souhaitent pas siéger à l'ONU. Selon eux, nous sommes trop primitifs.
— On va bien voir s'ils trouvent nos missiles aussi primaires, cria Simpson.
Le Français leva la main, en signe de silence. Raskolnikov hocha la tête à l'intention du belliqueux américain, lui rappelant ainsi qu'il n'était pas dans son Springfield natal à haranguer une foule décérébrée au son de l'hymne national. Simpson baissa les yeux et laissa l'orateur terminer son discours.
— Nos derniers renseignements résument notre capacité militaire globale à un pour cent des forces en présence, rappela Voulon de la Bisse. En bref, nous sommes des nains comparés à l'armada extra-terrestre. S'engager dans une bataille, nucléaire ou tactique, se terminerait invariablement en une défaite cuisante, au prix de milliards de morts sur les cinq continents.
— Devons nous abandonner le territoire lunaire à ces moujiks de l'espace ? La Lune a été déclarée zone neutre et démilitarisée par ces mêmes instances internationales, objecta Raskolnikov.
— Certes oui, reconnut le Français, mais reconnaissez quand même qu'en 1979 nous étions loin de penser à l'existence d'une civilisation plus avancée que la notre et située à des années-lumière de notre monde adoré. Aujourd'hui, nous savons que la Lune est occupée depuis des décennies par des forces non-humaines ; ces dernières refusent de travailler avec nous et ont décidé de façon unilatérale d'exploiter les richesses minières de la face cachée.
— Vous ne répondez pas à ma question, hurla le Russe.
— La réponse est un peu plus complexe qu'un simple oui ou non. Dans l'esprit de ces nouveaux arrivants, une planète vide de toute construction représente une zone à conquérir. Ils l'ont fait et ils ont bâties des habitations souterraines, des usines et que sais-je encore. Vous êtes d'ailleurs au courant, ainsi que vos homologues américains et chinois, de cette situation et ce depuis fort longtemps, lança le Français. Les représentants des Non-Humains nous l'ont confirmé et nous ont fait parvenir les documents confidentiels en attestant.

Cette dernière révélation porta le coup fatal aux arguments bellicistes des nations dominantes ; les Russes, les Américains et les Chinois s'étaient taillés la part du lion dans la conquête spatial en particulier sur la Lune et ils n'avaient laissé que des miettes aux autres pays. Ils se croyaient donc investis du pouvoir suprême de décider de tout en matière d'espace.
Le Secrétaire Général de l'ONU en profita pour reprendre la main.
— Aujourd'hui, la situation est critique, conclut-il. Les Non-Humains revendiquent la face cachée et nous n'avons pas les moyens militaires de les en dissuader. Pour reprendre les discussions dans un climat apaisé, il nous est indispensable de les amener à la table des négociations, ici à Washington.
— Comment est-ce possible ? Ils refusent d'expliquer leur position et de traiter avec nous, demanda le président Li, chef de l'état chinois.
— Ils ont contacté les Européens et ont concédé sur un point, répondit Bolten. Ils acceptent d'être représentés par quelqu'un de la Terre, une personne impartiale.
Devant une telle information, les Russes, les Chinois et les Américains ne pouvaient qu'écouter la suite des débats ; ils n'avaient pas les moyens de s'opposer à une solution, fut-elle présentée par les Européens. Les autres nations n'auraient pas accepté de poursuivre dans la voie belliciste.
— Nous avons discuté des options entre Européens, à la demande de la partie adverse, expliqua Voulon de la Bisse. Je laisse au Secrétaire Bolten le soin de les détailler. Je vous ferai part de notre proposition à la fin de son exposé.
Simpson regarda Raskolnikov et Li puis sonda les Indiens et les Japonais, ses alliés naturels. Il comprit alors qu'il ne disposait d'aucune marge de manœuvre et que toute tentative de forcer le vote aboutirait à un échec cuisant pour la diplomatie américaine. Il hocha la tête en signe de soumission.

Le Secrétaire Général Bolten, aguerri à l'exercice, savait qu'il gagnerait l'auditoire en présentant les options les plus conservatrices et en les démontant à l'aune de la logique diplomatique.
— Nous avons d'abord pensé au Vatican, commença-t-il. En effet, il représente la neutralité militaire et son aura rassemble un quart de notre population. Malheureusement, le pape Innocent XIII a décliné notre offre, pour une raison légitime : il reste plus de la moitié de l'humanité qui ne le reconnaît pas. Il ne souhaite pas relancer des querelles intestines ou des guerres de religion sur un sujet aussi brûlant.
Les Chinois, les Indiens et les Japonais applaudirent les mots de Bolten ; le monde avait assez souffert des conflits religieux et les terres irradiées du Moyen-Orient en attestaient fortement.
— Une autre personnalité spirituelle nous apparaissait possible mais il nous a semblé que nos alliés de Pékin poseraient leur véto : il s'agissait du Dalai-Lama.
Voulon de la Bisse apprécia la fourberie rhétorique ; ce faisant, Bolten avait mis dans sa poche le président Li pour qui le dirigeant tibétain représentait un sujet de discorde avec Washington et Moscou.
— Finalement, nous avons orienté notre réflexion vers le champ non religieux, dit Bolten. La notion de spiritualité diffère selon les peuples et c'est encore plus flagrant quand on ajoute la dimension extra-terrestre. Les Non-Humains la voient comme l'émanation du bon sens paysan ; pour eux, un esprit spirituel est simple avant tout, dénué d'arrières pensées calculatrices. Ils nous ont d'ailleurs soufflé la solution quand nous avons discuté avec eux de notre culture, de ce qui nous faisait rêver quand nous étions enfants, des valeurs propres à l'humanité vue sous son meilleur jour.
Bolten arrêta son exposé à ce stade ; il devait passer le relais à Voulon de la Bisse dans un scénario bien huilé et répété depuis des jours.

Le Français se leva et regarda ses interlocuteurs ; il choisit de ne pas adopter une posture théâtrale mais de frapper fort, une seule fois.
— Les Non-Humains ne nous connaissent pas vraiment, précisa-t-il. Ils ne savent de nous ce qu'ils ont appris de la littérature ou du cinéma et non de notre histoire ou de la géopolitique mondiale. Ils sont donc prêts à accepter toute personnalité mise en avant par nos vecteurs culturels. C'est la raison qui nous a conduit à proposer une figure légendaire : Oui-Oui.
La réaction de l'assistance dépassa les espérances de l'orateur. Simpson se retint de rire tandis que Raskolnikov et Li se regardèrent sans comprendre. La chancelière allemande Hagen et le Premier Ministre Britannique Taylor furent les premiers à réagir.
— Il est vrai qu'Enid Blyton a vu ses œuvres traduites dans quarante langues, mieux que Lenine et presque aussi bien que William Shakespeare, admit Taylor. A ce titre, ses personnages de fiction valent autant que nos grands dirigeants du passé et, au nom de la Grande-Bretagne, je ne peux que m'enorgueillir d'un tel choix. La question est : comment allez-vous faire avaler à une civilisation avancée que leur représentant à l'ONU puisse être le héros de contes pour enfant ?
Ce à quoi Voulon de la Bisse répondit par le rappel des nombreuses couleuvres avalées par l'humanité depuis des siècles, de l'existence du Christ au crash de Roswell en passant par les mensonges de la NASA au sujet de la non-présence d'extra-terrestres sur la face cachée de la Lune.
Devant un tel coup de maître, Simpson, Li et Raskolnikov, experts en manipulation de masses, ne purent que s'incliner. La résolution fut votée à l'unanimité des participants. « Il ne reste plus qu'à trouver un acteur suffisamment doué pour se faire passer pour un pantin de bois affublé d'un bonnet bleu à grelot et le tour est joué. » se dit Voulon de la Bisse en souriant.

Posté le : 30/08/2014 18:01

Edité par Donaldo75 sur 05-09-2014 14:26:36
Edité par Donaldo75 sur 05-09-2014 14:27:51
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Re: Défi du 30/08/2014
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Le ton solennel et le développement sérieux est en total décalage avec la solution proposée. J'ai vraiment été surprise à l'annonce du héros proposé. Trop drôle ! Oui-oui était ton personnage de prédilection je vois. Très bon choix. Son taxi jaune pourrait être très utile à Arielle. Touche-lui en un mot.


Merci Donald

Couscous

Posté le : 30/08/2014 19:58
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Re: Défi du 30/08/2014
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Martine

Assise à mon bureau, je consulte mon agenda. Un rendez-vous a été fixé à neuf heures avec une certaine Martine Delahaye. Je prends sa fiche de renseignement qui a été complétée lors de sa présentation à une de nos permanences afin de solliciter une médiation de dettes : une dame de soixante ans, veuve depuis peu et qui a accumulé quelques retards dans ses factures et son crédit. Bref, un profil relativement classique. Face aux accidents de la vie, les budgets se fragilisent et ceux qui étaient sur le fil du rasoir basculent dans l’endettement.

Un coup de téléphone m’annonce que la dame est arrivée en salle d’attente. J’emporte mes feuilles, un stylo et ma fidèle calculatrice puis pars à la rencontre de mon rendez-vous. Elle me suit jusqu’au bureau d’entretien où nous nous installons face-à-face. Son visage m’est étrangement familier. Elle est brune, les cheveux attachés en queue de cheval, de grands yeux noisette, un sourire amical et des joues rebondies. Comme je la dévisage silencieusement, elle m’interpelle :

« Mon visage ne vous est pas inconnu ?
– En effet. Mais je ne parviens pas à déterminer d’où je vous connais.
– Je suis Martine, La Martine !
– Lamartine ? Je ne vois pas le lien avec le poète…
– Non, l’héroïne de bandes dessinées.
– Le personnage crée par Gilbert Delahaye ?
– Oui, c’était mon père. Il s’est inspiré de mon enfance pour écrire ses albums.
– C’est fou ! J’ai lu tous ses livres. Vous êtes une vraie célébrité.
– Oui, tout allait bien tant que j’étais petite. À l’adolescence, je suis devenue une sorte de hippy, ce qui ne correspondait plus du tout à l’image de la petite fille bourgeoise parfaite. Mon père a donc pris un autre modèle, la fille de nos voisins qui était plus jeune. Nous avons alors perdu notre complicité. Nous ne nous comprenions plus. Pourquoi laissait-il son personnage figé dans une réalité édulcorée, utopique alors que la société changeait ?
– Et qu’êtes-vous devenue ?
– J’ai fait des études de marketing et j’ai naturellement été engagée par les éditions Casterman pour m’occuper de la promotion des livres de mon père et des autres. Mais à son décès, c’est le fils de l’illustrateur qui a pris le relai et j’ai été écartée de leurs projets. Mais je touche encore des droits d’auteur.
– J’ai une petite question personnelle. Dans l’histoire, le petit Simon était amoureux de vous. Existait-il ?
– Bien sûr et nous nous sommes mariés. Nous avions partagé tant de choses pendant l’enfance, qu’une grande complicité nous unissait. Plus tard, mon père s’est inspiré de notre petite fille pour quelques unes de ses histoires. Nous avons eu une vie de couple sans histoire jusqu’à sa disparition il y a quelques mois. C’est lui qui gérait nos comptes et je me sens perdue face aux factures qui s’accumulent.
– Bon, voyons cela ensemble. »

Nous commençons par analyser son budget. Ce dernier fait état d’un poste « loisirs » assez élevé. Lorsque je fais la remarque Madame Delahaye, elle me répond :

« Oui, j’avoue avoir toujours conservé le même train de vie que dans ma jeunesse. Vous vous souvenez de Martine prend l’avion, Martine monte à cheval, Martine en voyage, Martine à la montagne, Martine en bateau, Martine fait de la voile ? Et bien, rien n’a changé ! Je pratique encore toutes ces activités.
– Mais avec votre seul revenu, vous ne pouvez plus tout assumer. Il va falloir faire des choix. »

Après une longue discussion, nous mettons en place des solutions pour que le crédit de la décapotable, les dernières factures de téléphone et les impôts puissent être payés par mensualités.

Quelques mois plus tard, je reçois un colis. Il contient un album dédicacé de la main de Martine ainsi qu’un ticket pour visiter une exposition consacrée à l’œuvre de Gilbert Delahaye. Je remets le livre à ma petite de dix ans, qui l’ajoute à sa collection et nous programmons le jour de notre visite à l’exposition. Voilà des cadeaux d’une valeur inestimable, souvenirs d’une rencontre pour le moins inattendue.



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Posté le : 30/08/2014 20:58
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Re: Défi du 30/08/2014
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Martine continuant à mener le même train de vie que dans les romans ? Il fallait la trouver celle-là.
Bravo Couscous !

Posté le : 31/08/2014 17:43
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Happiness is a warm gun - 1968 - The Beatles
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Re: Défi du 30/08/2014
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Il pleut, on est dimanche, je me cale sur mon canapé. Télécommande en main, je décide de visionner quelques épisodes de Thierry la Fronde. C’est une série que je regardais quand j’étais toute petite, avant même d’aller à l’école. Thierry était beau, courageux et gentil. A l’époque, je pensais qu’un jour je me marierais avec lui. Ca ne faisait aucun doute !

Voici l’histoire : nous sommes en 1360, Jean II Roi de France a été fait prisonnier par les Anglais. Le Prince de Galles, Edward, occupe notre beau pays. Thierry de Janville décide de combattre les envahisseurs, mais il est trahit par Florent de Clouseaules, et fait prisonnier. Il s’évade, et continue son combat, accompagné par des gentils hors la loi : Bertrand, Jehan, Pierre, Judas, Martin, Bousicault et Isabelle. Son arme favorite est la fronde, avec laquelle il est très habile.

Le premier épisode commence avec la musique qui me remet aussitôt un demi-siècle en arrière.
http://www.dailymotion.com/video/x7cka_thierry-la-fronde_music
Ça parait à peine croyable ! Je regarde les premières images, et j’ai trois ans à nouveau !

Mon héros est poursuivi par les vilains Anglais, il ne sait plus où se cacher.
Tout à coup, le beau Thierry s’arrête.
- Attention tu vas te faire attraper !
Je crie comme quand j’assistais aux spectacles de marionnettes à la maternelle.
Il regarde en haut, en bas, sur les côtés. Il semble me fixer. Comme il est beau ! Il s’approche, enjambe l’écran et se retrouve dans mon salon !

- Vite, où puis-je me cacher ?

J’éteins la télévision.

- Ne t’inquiète pas Thierry, tes poursuivants ont disparu.

Il court dans l’entrée et monte les escaliers quatre à quatre. Je pars à sa suite, et je le rattrape, juste avant qu’il ne saute par la fenêtre de la salle de bain. La dame de la maison d’à côté est à sa fenêtre. Elle regarde ce beau jeune homme en collant moulant et tunique verte, et moi qui lui dis :

- Non, je t’en prie Thierry, ne saute pas !
Elle secoue la tête et referme son rideau. Elle doit se dire que sa voisine divorcée a un nouvel amant qui veut se suicider pour ses beaux yeux. Je passe sur la tenue du bellâtre, encore une perversité… Bonjour la réputation !

- Thierry, descends, s’il te plaît, tout le monde nous regarde !

Le pauvre garçon semble perdu, il vient d’apercevoir les voitures garées dans la rue.

- Qu’est-ce que c’est que ces drôles de charrettes ?

Il fronce les sourcils et s’écrie :

- Ce sont des Anglais !

Il ajuste sa fronde et balance un caillou dans la vitre de la Mercedes de Johnny, le dealer du bas de la rue.

- Bien joué ! Quel idiot ! Tu n’es pas assuré en plus ! Johnny va être furieux.

- Je suis très assuré au contraire ! Johnny doit retourner au Royaume d’Angleterre. Je ne les laisserai pas envahir la France !

Bien sûr… On est mal partis, comment lui expliquer ?

- La guerre est finie Thierry, les Anglais sont repartis chez eux, ce sont nos amis maintenant. Et Johnny n’est pas anglais, tu lui as cassé sa voiture, il faut te calmer maintenant. Il n’y a pas de danger, d’accord ?
Par où commencer ?

- Tu as fait un bond dans le temps, tu es passé du 14ème au 21ème siècle, tu comprends ? Je ne sais pas comment c’est possible, mais regarde autour de toi, rien n’est pareil qu’à ton époque.

Thierry voit bien que quelque chose ne va pas. Il regarde la route goudronnée, les réverbères, les drôles de maisons, ce qui meuble ma salle de bain. Il a l’air sonné. Nous redescendons et je lui montre la télévision.

- Je vais l’allumer et tu vas mieux comprendre.

La série réapparaît à l’écran, Thierry voit ses compagnons courir dans les bois et se cacher dans les arbres. Il est encore plus beau qu’à la télévision. Il a des cheveux très noirs, une peau parfaite et un sourire, un sourire ! Hum, il sourit parce qu’il a vu la belle et jeune Isabelle, je ne suis qu’un vieux tromblon pour lui. C’est le monde à l’envers décidément ! N’oublions pas que ce cher Thierry a quand même pas loin de sept cents ans ! En même temps, je me dis qu’au 14ème siècle, à trente ans, on était un vieillard, avec les dents pourries et une espérance de vie à cinq ans. En réalité, il doit penser que j’ai vingt-cinq ans ! Je me redresse, un peu ragaillardie.

- Ecoute Thierry, si tu dois rester ici quelques temps, il va falloir changer de vêtements.

Son collant moulant est très seyant, mais pour sortir, ça va être un peu voyant. Il se lève. Il a les fesses musclées juste ce qu’il faut, il est trop craquant.

- Viens avec moi, on va bien trouver des fringues dans l’armoire de mon fils.

Je lui sors un jean slim, et un tee-shirt blanc. Il est sublime !

- Où se trouve le château ?


- Quel château ?

- Le château de ton seigneur ! Cette maison est étrange, mais je serais curieux de voir la forteresse.

Il n’a pas été long à voir que j’étais une manante. Je lui montre une photographie de l’hôtel de ville, en lui disant que nous avons choisi notre seigneur, et que nous ne travaillons pas pour lui, c’est lui qui travaille pour nous.

- Quelle drôle de peinture, dit-il en caressant la photo. Votre seigneur travaille pour vous ? C’est impossible ! Tu veux dire qu’il vous protège.


- Non, c’est la police qui nous protège. Nous payons des impôts, il touche une indemnité, de l’argent, et décide des travaux qui vont être faits dans notre ville.

- Tu veux dire que votre seigneur est pauvre ?

- Euh non, on le paye décemment tu sais !

- Mais vous êtes riches ?

Il regarde l’intérieur de ma maison bizarre. Ce décor n’est pas celui qu’il espèrerait d’une maison riche.

- Non plus. On travaille, et on paye des impôts, c’est tout.

Une sonnerie le fait sursauter, il se lève et regarde de tous côtés, prêt à utiliser sa fronde. J’ai reçu un sms…

- Tiens Josy m’invite à un barbecue samedi, son mari est anglais, mais il est très gentil, rassure toi !

Le pauvre Thierry est incrédule.

- Où est ton mari ?

- Il m’a quitté il y a longtemps déjà.

Il regarde par la fenêtre.

- Où sont tes légumes ? Tu as des champs, des chèvres, une vache ?

Je souris.

- Quelques framboises dans le jardin, et j’ai préféré prendre un chat comme animal de compagnie.

- Ce monde est très étrange, je vois que les Anglais sont repartis chez eux, et ça me rassure, mais je n’aime pas ton monde, il sent mauvais. Tes vêtements ne sont pas confortables, et j’ai envie de courir dans les bois. Comment faire pour retourner dans le passé ?

Mystère et boule de gomme mon petit chéri !

- On va essayer quelque chose.

Je l’approche de la télévision qui est restée allumée. Ses amis sont dans une espèce de taverne, en train de boire et de manger.

- Essaie de toucher l’écran pour voir. Si ça marche dans un sens, ça doit marcher dans l’autre.

Thierry s’approche, Isabelle lui sourit, il repasse à travers le poste de télévision. Il ne me reste que sa tunique et son joli collant !



http://www.dailymotion.com/video/xyam ... pagnons-de-thierry_webcam

Posté le : 05/09/2014 10:04
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Re: Défi du 30/08/2014
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Quand j'ai vu le nom de Raskolnokov, j'avoue que j'ai eu un peu peur, mais le changement de "i" en "o", m'a fait penser que ce n'était pas lui qui t'avait le plus marqué Donald. Par contre je n'aurais jamais pensé à Oui Oui ! Toi un grand gars sérieux, admirateur de Oui Oui !!! Je dois avouer que c'est un très bon choix pour l'ONU, j'espère que tu leur en as touché un mot.

Couscous et Martine c'est une évidence. Heureusement qu'elle est venue te voir parce que je ne m'étais pas rendue compte que tous ses loisirs étaient aussi onéreux. Je la pensais plus raisonnable, on se trompe parfois sur les gens...

Vous m'avez fait bien rire tous les deux.

Posté le : 05/09/2014 10:14
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Re: Défi du 30/08/2014
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Salut Arielle,
J'ai corrigé le texte et remis le 'i' à la place du 'o'. Cependant, tu a raison, ce n'est pas le héros de Crime et Châtiment qui m'aurait marqué et quitte à apprécier un héros de Dostoievski autant que ce soit un des frères Karamazov (je te laisse deviner lequel, sœur Arielle).
Bon, je m'en vais lire ta version.
Bises
Donald.
PS: Savais tu que Oui-Oui avait pris un râteau avec Nan-Nan ?
http://donaldghautier.over-blog.com/2 ... ui-rencontre-nan-nan.html

Posté le : 05/09/2014 14:31
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Re: Défi du 30/08/2014
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C'est la poupée qui dit nan !

Posté le : 05/09/2014 17:19
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Re: Défi du 30/08/2014
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Arielle,
Tu avais fumé la moquette et de la bien épaisse le jour où tu as pondue cette histoire. J'ai bien failli croire que tu allais nous le déniaiser, le Thierry la Fronde mais heureusement pour la bienséance tu as préféré en rester là. Quoique, je reste persuadé que tu ne nous as pas tout dit.
A quand la version longue et non coupée par la production ?
Donald

Posté le : 05/09/2014 17:47
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Par une aquarelle de Tchano

Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
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