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Nouvelles confirmées : L'arrivant XL
Publié par Loriane le 04-10-2012 12:20:00 ( 720 lectures ) Articles du même auteur
Nouvelles confirmées



L'arrivant XXXX

J'étais restée silencieuse, sans réaction, je ne savais comment gérer cette violence.
Comme toujours dans ces cas je refermai mes écoutilles et je rentrai en moi-même pour mobiliser toute mon énergie.
Mon enfance avait été marquée par la violence de mon père, et chaque fois que je rencontrais des comportements que je vivais comme dangereux, je me sentais désarmée, en stupéfaction, c'était une terrible souffrance.
Cette haine extrême je ne pouvais pas la comprendre, elle me choquait profondément, et pas uniquement parce que j'en étais l'objet, car quand bien même elle eut été adressée à un autre j'aurais ressenti ce sentiment de déraison, d'inutile gâchis.
La conséquence ce matin là était ce malaise général qui ajoutait encore à mon désarroi.
Ceci fit que la nuit ne m'apporta aucun oubli, je restai éveillée, le sommeil que l'on dit réparateur m'abandonnait. A côté de moi JF dormait tranquille.
Mais comment fait-il ?
La question incessamment tournait dans mon esprit avec tous ces souvenirs inoubliés de Marthe et de ses autres exploits passés, de ses mêmes désordres semblables à celui-ci.
La famille entière craignait ce dragon en jupon, qui nous imposait sa loi et semait la peur, si bien qu'une règle non écrite, un consensus lâche décrétait qu'il fallait se taire et ne pas déclencher les foudres de la harpie, et tous faisaient pression pour que chacun s'en accommoda, et donc il ne faisait pas bon s'opposer ou même seulement se défendre car en cas de réponse, l'agressé devenait immédiatement le coupable.
Il fallait dans cette famille apprendre à caresser la queue du dragon.
Marthe était une femme fortement perturbée, que certains, moins délicats disaient folle, et on était prié de faire avec cette démence sans déranger le groupe familial et discrètement si possible, les étrangers n'avaient pas à avoir connaissance de cela au nom de cette maxime qui veut que le linge sale se lave en famille.
Cependant l'ennui était que cette emmerdeuse, forte du privilège de son impunité s'ingéniait avec malice à exploser de préférence en public.
Marthe avait pour le confort du groupe familial reçut naguère le statut de "personne difficile", la cause étant entendue , elle était derechef dispensée de toutes responsabilités et de tout effort.
J'avais toujours proclamé que j'étais d'un avis contraire, l'évidence prouve que lorsque l'on se refuse à construire des digues solides, il ne faut pas être surpris d' être submergé par les flots
Fille unique et naturelle, elle était tout comme l'était JF, "la faute" d'une pécheresse, un objet de honte dans cette famille profondément catholique.
Aussitôt qu'elle eut conscience de cette particularité, elle investit le rôle, la double casquette de "caliméro" et de "la vengeance de Caliméro". Elle imposa dés lors ses agressions, mais fut toujours excusée.
Elle avait été pourtant exclue de la famille de son père en raison de ses débordements haineux, elle été restée célibataire, sans enfant et elle considérait JF comme sa propriété sans partage.
Elle me vouait, pour cela une haine déclarée, qu'elle était incapable de contrôler, elle clamait haut et fort " je la déteste " en parlant de moi, et l'annonce de la naissance de Rodolphe avait déclenché chez elle une scène qui m'avait laissée coi.
Elle hurlait "encore un ! c'est une catastrophe et elle avait disparu"
Allongée dans mon lit, malgré moi mes pensées tournaient et ne me laissaient pas de paix, mes mouvements dans le lit ne réveillèrent pas JF, mais mon malaise était trop grand, je sortis du lit et je m'assis dehors, devant la maison, face au lagon.
La lune était restait aussi ronde que la nuit précédente, et je m’apprêtai à lui conter mes peines, quand la silhouette de Rosina, se dessina dans l'ombre.
"Tu dorrrs pas ?"
Elle chuchotait et s'assit près de moi.
"Non, j'ai pas sommeil, je t'ai réveillée ? j'ai pas fait de bruit j'espère ?"
"Mais non, t'inquiète pas, pourrrquoi tu dis rrrien à cette folle ?
"Mais ça ne servira à rien, elle est comme ça depuis toujours, je ne sais pas ce qu'il faut faire"
"Mais j'ai jamais vu ça, tu dois lui casser la gueule"
Je réprimai un éclat de rire, l'accent, la voix traînante, la conviction de Rosina, pour elle c'était une évidence, la seule solution envisageable pour elle, était pour moi si cocasse !
Je me voyais décocher un coup de poing dans la figure de Marthe, j'imaginai la scène un instant et à mon grand étonnement cela me fit rire et me soulagea.
Oui, a mon grand étonnement cette simple image eut un effet thérapeutique, je me calmai, Rosina avec simplicité avait dédramatisé cette scène honteuse.
Nous bavardâmes très longtemps, calmement.
Rosina m'écoutait, je lui confiai tout ce que je n'osais jamais dire, mon père, la peur de la violence, Marthe, la peur de blesser les enfants, de faire du mal à la famille, mes interrogations, mes hésitations...
Je baillai à plusieurs reprises et je savais qu'enfin le sommeil revenait.
"Rosina , tu es un amour, un ange, merci de ton écoute, de ta gentillesse"
"Mais non, je suis trrrriste pourrr toi, mais toi tu devrrrais pas la laisser fairrre, il faut que tu lui casses la gueule"
Je ne pus m'empêcher de rire à nouveau, et après une bonne heure de bavardage je retournai dormir le sourire aux lèvres.
Ce n'est pas le bruit qui me réveilla, ce n'est pas non plus le soleil qui était maintenant levé, mais ce fut l'odeur du café qui venait envahir de son odeur puissante la chambre.
La grande pièce était calme, tous était autour de la grande table, les enfants me sautèrent dessus.
"Maman, maman, tu es malade ?"
"Non, mes poussins chéris, mais j'avais beaucoup sommeil"
Je fis des bisous à tous mes bébés, les petits et les deux grands qui prenaient eux, depuis quelques temps, leurs distances avec les câlins de maman.
Nathalie assise, à côté de Marthe, collée à Marthe ne se dérangea pas.
Je fis le tour de la table et lui fis un baiser sur le front, elle resta de marbre, Marthe lui prit la main comme pour la soutenir.
JF tranchait un gros pain, il s'affairait comme je ne l'avais jamais vu le faire.
"Ben dis donc tu en écrases ce matin, ça va?"
Une camionnette passa sur la route suivi d'aboiements furieux.
Rosina soupira et le regarda au travers de la grande baie.
"Il change pas ton chien, toujours aussi anti-voiture ?
" C'est un con ! un jourrr il serrra écrrrasé !"
Je ne pensais pas que ce gros caniche noir risquait quoi que ce soit, il y avait des années qu'il pratiquait ce sport de poursuite contre toutes les voitures, et cela en toute impunité.
"C'est le frère de Gaston"
La petite voix aiguë de Rodolphe perça les bavardages et les bruits du repas, et voilà que son sujet favori était lancé.|
Il fallait bien admettre que les deux chiens se ressemblaient physiquement mais certainement pas dans le comportement.
Ce chien était un hyper actif, un excité permanent alors que Gaston était d'un calme sans pareil.
"C'est qui Gaston ?"
La question de Jimmy ranima l'activité verbale et l'ambiance que le choc d'hier soir avait refroidi.
"Nous on ne le connait pas depuis qu'on est arrivées il est parti, mon fils l'a donné, il est à Moorea, mais d'après ce que les enfants disent il est beau et très gentil."
"Mais je ne comprends pas toutes ces histoires, il y a déjà Marcel, un chien de plus ça n'aurait pas été un problème, mais c'est JF qui décide."
Les deux grands-mères, en grands maîtres du barreau familial votaient à l'unanimité l'adoption et la clémence pour Gaston, je ne fus pas surprise, mais maintenant il était à Moorea et JF quand bien même ces deux femmes usaient de leur influence, qui était forte, et savaient le convaincre, il n'accepterait jamais d'aller le rechercher, il était donné et ne pouvait être repris.
Mathias et Clotilde firent un récit à deux voix des exploits passés, de Monsieur Gaston, et je sentis dans leurs explications et dans leurs mots plus que de l'amusement, ainsi je découvris, que nos enfants soucieux de ne pas prendre parti devant la détermination de JF, avaient gardés en secret pour eux-mêmes, l'affection qu'ils éprouvaient pour ce curieux chien, un attendrissement que leur récit nous démontrait maintenant.
Bientôt, voilà que tout le monde parlait ensemble, les esprits s'échauffaient, Gaston était un tupapa'u, Rosina Jimmy, les filles, les cousins, tout le monde étaient formels, leur conviction était fondée, indiscutablement Gaston était un esprit bénéfique, il était venu pour nous protéger, il nous avait choisi et ...et ...
JF était inconscient, ignorant de sa grande méprise, il avait mal appréhendé la situation et la nature spirituel de Gaston lui échappait ... et ...et ...
"Ce chien n'est pas à nous, il est à Moorea et il y est très bien !!"
Après ce verdict ferme dit avec fermeté, et qui était assurément une démonstration de force, JF se leva et sortit de la maison.
Jimmy interrompit le silence qui suivit.
"On va sur le motu ? on mangera là-bas "
"Ouais, Ouais !!! tout le monde dans la pirogue et on part.

Loriane Lydia Maleville

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Par une aquarelle de Tchano

Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
.

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