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Nouvelles : Voyage en terre sacrée
Publié par Vadnirosta le 10-03-2023 20:36:51 ( 18 lectures ) Articles du même auteur



Voyage en terre sacrée








Un jour, je vous emmènerai sur la Santa Maria, le fameux bateau de Christophe Colomb amarré quelque part dans le port de Barcelone, et nous partirons loin, très loin, de l'autre côté de ce vaste Océan...
Nous serons nus comme au temps du Péché Originel...
Il faudra vaincre la peur et le regard haineux des squales que l'on rencontrera au hasard des sauts d'humeur de Poséidon...
Il faudra bien penser à emporter les tonneaux de vins afin de parler le plus près possible des étoiles. Sachez que l'ivresse des amants demeure sacrée et qu'elle participe à l'Ascension des âmes pures vers un absolu qu'il s'agit de couver soigneusement...
Le temps presse ma toute belle: il nous est compté.
Vous avez les cheveux fous et le vent vous les déraisonne encore davantage au bonheur de mes yeux...
Venez affronter avec moi les marées furieuses et les vagues pyramidales effrayantes du détroit de Magellan.
Car bientôt le Nouveau Monde apparaîtra derrière les rideaux de tempête avec ses Cités couvertes d'or, ses indiens aux vêtements colorés par des soleils superbes...
Je vous prendrai à la nuit tombante, au clair de lune, comme on cueille la framboise. Délicatement. Avec juste le cœur qui bat. Et le verre de vin à la main en guise d'aphrodisiaque...
Il faudra gravir la Cordillère des Andes jusqu'au Vieux Pic, au milieu des enfants apeurés et pourtant éblouis par vos beautés...
Il faudra ne jamais baisser les yeux devant ces merveilles qui nous attendent au sortir de nos vies teintées de gris. Il faudra oublier les lances de pluies qui tombaient sur nos villes aux mille chagrins...
Il vous faudra écouter le chant de la mer dans les coquillages que l'on trouvera sur une plage de la côte péruvienne.
Croyez-moi, vous n'oublierez jamais ce périple en pays inca, maya, olmèque, aztèque...
Tout n'est ici qu'enchantement, soleils éternels et royaumes de lunes pittoresques à dénuder...
Nous arriverons à Villahermosa: vous serez impressionnée par les stèles sculptées, des « autels » comme on les a appelées et les fameuses têtes colossales aux traits somatiques curieusement négroïdes et aux lèvres charnues et ourlées... Il faudra là-bas participer aux danses frénétiques, aux mutilations sanglantes, à la consommation de drogues afin de se transformer en way et entrer en contact avec les divinités ainsi que le faisaient les chamans d'autrefois...
Puis, nous nous rendrons dans l'Oaxaca à Monte Albán... Depuis l'édifice J, nous irons nous aussi suivre la course de l'étoile Capella de l'endroit où elle se lève jusqu'à son passage au zénith... Dans le Monument des Danseur, nous dévorerons d'un regard brillant le long bas-relief avec ces hommes représentés de façon étrange, peut-être des danseurs sexuellement mutilés...
Vous contemplerez à Palenque dans le Chiapas ce magnifique masque de Jade, celui du roi Pacal, dont les yeux sont en coquillage, nacre et obsidienne!
Vous plongerez vous aussi dans l'Inframonde en descendant le fameux escalier du Temple des Inscriptions menant à cette chambre funéraire aux mille éclats de jade et de cinabre...
Vous serez émerveillée par le sarcophage monolithique protégé par une immense dalle de plusieurs tonnes ornée de bas-reliefs... Oui vraiment, ces mayas avaient le génie d'embellir la mort, le génie de la magnifier afin de la dompter, de la rendre moins effroyable...
Laissez-moi vous dire à l'oreille, ô ma toute belle, que nous devrions finir nos jours par ici pour une véritable cure de Jouvence; nous guéririons parmi ces effluves de vie éternels, ces mondes souterrains enchanteurs et mystérieux, célébrant élégamment la Camarde, un peu comme dans l'Egypte antique et sa Vallée des Rois...
Non loin de Mexico, à Teotihuacan, vous écouterez d'une oreille attentive le chant de la « Grande Déesse » depuis les cavernes et les montagnes. Sachez que je vous protégerai des fureurs du « Dieu de l'Orage », celui-là même qui règne sur l'eau et l'orage...
Il faudra vous agenouiller devant le génie des bâtisseurs de la Pyramide du Soleil, de la Pyramide de la Lune, du Temple du Serpent à Plumes (Pyramide de Quetzalcóatl) et ne jamais fermer les yeux sur la magie architecturale des lignes, des volumes, dont les tours se basent sur le profil atypique du « talud-tablero ». Vous ne cesserez de le reconnaître fièrement au hasard de nos pas dans ce Royaume féerique. Ce dernier nous enfantera véritablement en déteignant sur nos yeux ses splendeurs inouïes, ses sueurs passées, ses pierres éclatantes au charme sans pareil...
Nous monterons les 63 mètres de hauteur de la Pyramide du Soleil. Sous le socle, nous déambulerons dans le tunnel artificiel partagé en petites salles et creusé pour accueillir les rites cultuels... Nous gravirons aussi les marches de la Pyramide de la Lune, au bout de la voie des Morts
et nous imaginerons le faste qu'a dû représenter cette demeure des gouvernants de la Cité des dieux.
Vous n'aurez pas la moindre peur au Temple, devant ces coiffures de Serpents Guerriers sévères, vus de face, flottant au-dessus des ondulations d'un Serpent à plumes, car je saurai vous prouver que l'on peut déjouer leurs plans belliqueux. Comment donc, me direz-vous?
Par les vertus libératrices de l'Union des Lèvres, Celles qui attendent impatiemment d'être enfiévrées par la Passion amoureuse...
Mais le voyage sera loin d'être fini: nous gravirons ensuite les neuf degrés du Temple I de Tikal, comme on gravit successivement les neufs nuées menant à l'Inframonde, juste au-dessus d'une jungle hostile et luxuriante...
Ici plus qu'ailleurs, nous aurons l'impression d'approcher de très près les dieux tant l'élan vertical et les surprenantes dimensions de l'architecture sont poussés à l'extrême...
Il ne faudra pas omettre de nous rendre à Chichen Itzá, capitale du Yucatán, avec son Caracol (Observatoire circulaire aux fenêtres percées), et « El Castillo » (pyramide de plan carré dédiée au dieu Kukulkán).
Il faudra visiter avec moi de fond en comble et sans jamais s'essouffler le Temple des Guerriers, ses colonnades d'or serpentiformes dressées hiératiquement comme des sommeils par nos regards réveillés et ses Chac mool, sculptures de guerriers allongés élégamment qui tiennent sur leur poitrine un récipient servant aux offrandes sacrificielles...
Tout sera couvert d'or véritable... On pourra peut-être même écouter d'en bas le cri du Grand Condor venu nous ramener toute notre enfance, cette insouciance dont la voix se tait depuis tant d'années... Voici le tableau que j'ai peint il y a quelques années de cela mais j'ai oublié à l'époque d'envisager que l'on pouvait tous deux s'y donner la main...
En fixant ces édifices, nous revivrons effrayés le culte horrible de Cenote qui consistait à sacrifier au dieu de la pluie Chac-Tláloc des victimes que l'on jetait dans les eaux troubles et profondes d'un puits d'origine karstique.
Puis, repus de lunes et de soleils enfouis comme des trésors, nous irons plus au sud de ce vaste continent, en longeant la Cordillère des Andes depuis Chavín de Huantar jusqu'à Tiahuanaco...
Dans le Collejòn de Huaylas, sur le versant oriental de la Cordillera Blanca nous parviendrons à Chavìn de Huantar. Nous resterons en admiration devant le monolithe Lanzòn se trouvant au cœur du Castillo, le Vieux Temple de la Cité...
Il ne faudra pas vous laisser impressionner par la monstruosité de la plus ancienne divinité du sanctuaire sculptée sur ce monolithe massif et pointu; il faudra plutôt le vénérer au même titre que le dieu des Chrétiens auquel vous croyez tant...
Puis, nous irons fouler d'un pas curieux la Huaca del Sol et la Hauca de la Luna, cœur politique, religieux et peut-être administratif du « royaume » Mochica. Je saurai vous faire apprécier les fresques vivement colorées et aux contours bien marqués sur fond blanc de la pyramide de la Lune... Mmmmmh! Quel régal!
Nous poursuivrons notre voyage à Chanchàn, capitale chimù. Nous serons frappés par le raffinement architectural: sur les murs d'enceinte, des fresques, des bas-reliefs, des niches. Il faudra se faire tout petits face à ces superbes motifs décorés liés au monde marin -tel que ces poissons- ou encore ces oiseaux, ces divinités anthropo-zoomorphes, ces élégants dessins géométriques...
Puis, nous prendrons l'avion sans jamais prendre congé l'un de l'autre. Nous survolerons la vallée désertique d'El Ingenio, située sur la côte méridionale du Pérou, au pied de la Cordillère des Andes... Et nous verrons ces lignes extraterrestres, ces lignes de Nazca représentant ces grands oiseaux, ce singe, ce colibri, ces spirales, etc...
C'est alors que notre enfance nous remontera au cœur comme un cygne: nous reverrons le Grand Condor atterrir sur une longue flèche tracée ici sur le plateau.
Ô Esteban! Ô Zia! Ô Tao! Qu'êtes-vous devenus? Reste-t-il un lambeau de rêve intact dans ce corps vicié jusqu'au cœur? Oui vraiment, vous me paraissez si loin, mes compagnons d'enfance, si loin derrière ma marche qui vous fait dos, cette marche inexorable de l'Aiguille des Horloges pour la Panne venant à grands pas.... Reste-t-il encore un lambeau de cartable pour rêver encore de Solaris et de sa fantastique voile solaire ou encore de l'énigmatique Empire de Mû, ou encore de la fabuleuse cité de Tseila protégée par la déesse de la Terre-Mère Pachamama?
Ô mes petits lutins venus d'un autre monde tout bleu, étrangement peu manichéen...
Je revois cet océan aux mille papillons d'or que vous avez traversé et j'ai envi de le boire entièrement, à même le téléviseur; je revois vos folles nuits passées dans l'archipel des Galápagos au milieu des iguanes et des tortues géantes... C'est là-bas, tapi dans un dédale souterrain, que dormait le Fabuleux Vaisseau du peuple de Mû, celui qui allait conduire mes amis aux abords d'une côte péruvienne avant de s'autodétruire sous la menace des canons espagnols de la San Miguel...
Je revois le Bouclier Fumant peuplé d'affreux Olmèques aux oreilles pointues et aux yeux globuleux, dont le but premier était de perpétuer leur race en captant la force solaire... Eux aussi cherchaient la Mystérieuse Cité d'Or avec leur terrible aéronef mené par l'effrayant Ménator...
Je revois le visage masqué du Prophète Voyageur, le Gardien de la Cité, celui qui connaissait par cœur les histoires millénaires sur la rivalité entre deux continents engloutis: l'Atlantide et l'Empire de Mû...
Je le revois périr avec la Cité d'Or; avant de partir, il ne dévoila jamais à Esteban qu'il avait été répudié par les Incas pour avoir fait un enfant à une vestale du Soleil et qu'il était tout simplement son propre père...
Je revois le merveilleux la Titicaca avec ses villages flottants incas qui essayaient en vain de rivaliser avec les géants de la tribu des Urubus... avant bien sûr que Tao l'inventeur dénichât une idée géniale dont lui seul détenait secret...
Je revois ces femmes guerrières que rencontrèrent les enfants, ces Amazones tenues en laisse par la grande Prêtresse Omoro. Cette vieille fourbe connaissait la science du peuple de Mû et s'en servait pour justifier auprès de la Reine ses sacrifices incessants au Dieu de la Pluie...
Ah cette Omoro, quelle garce! Nos héros auraient pu y passer; leurs têtes auraient pu être tranchées et posées là, sur l'autel, réduites à la taille d'une pomme pourrie!

Puis, nous monterons en altitude (3600 mètres!) à Tiahuanaco. Nous gravirons les 17 mètres du haut de l'Acapana, la fabuleuse pyramide tronquée de sept terrasses en terre, argile et graviers et superposées... Il faudra « s'emprêtriser » en déambulant tout en haut, dans la cour en contrebas dallée d'andésite et entourée de multiples salles...
A l'angle nord-ouest du Kalasasaya, vous sentirez soudain des bribes d'enfances vous remonter jusqu'au Rêve... Car c'est ici que se dresse la merveilleuse Porte du Soleil qui est restée célèbre pour sa structure mégalithique... Nous nous questionnerons face aux figures ailées sculptées sur les frises de son linteau: démons? Créatures mythiques? Et puis nous demeurerons stupéfaits devant le personnage anthropo-zoomorphe couronné de serpents et qui tient dans chaque main un sceptre serpentiforme: Viracocha! Le dieu créateur! Oui ma chère, vous ne vous trompez pas! Il s'agit bel et bien de cet édifice que des Japonais dessinèrent si bien au début des années 80 dans ce générique de dessin animé... Le temps est venu de s'évader, ma toute belle! Il faut laisser l'émotion gagner vos yeux et perler sur votre visage, ce visage où je lis l'enchantement et la fuite de l'ensommeillement...
Puis, nous nous rendrons à Cuzco, le Nombril de la Terre. Nous visiterons, revisiterons sans jamais nous lasser le Coricancha, le fabuleux temple d'Hurin Cuzco, la ville basse. Nous pleurerons d'un âge à jamais enterré car avant les pillages des conquistadores espagnols, ses murs étaient dorés à la feuille et entouraient un jardin dont toutes les statues -qui figuraient des animaux et des plantes- étaient revêtues d'or!
Dans la « Vallée Sacrée des Incas », nous parviendrons à Pisac et nous serons éblouis par les andenes, ces terrasses artificielles creusées dans le flanc de la montagne et entourées de murs de retenue en pierres. Quelle maîtrise! Quel raffinement des techniques constructives!
Vous écarquillerez les yeux devant la majesté des monuments, devant l'Intihuatana, qui signifie « Amarrage du Soleil » avec ses palais d'apparat, ses temples, ses entrepôts, ses structures fortifiées, ses observatoires, ses rues, ses passages, ses galeries et ses chemins baignés de soleil...
Nous finirons notre périple au Vieux Pic, au Machu Picchu, la Cité dans les nuages que l'architecte américain Hiram Bingham découvrit en 1911.
Nous écouterons depuis les nues le fabuleux El condor pasa interprété par Los Incas et leurs envoûtantes quena et autres flûtes de Pan...
Je vous entends déjà vous ébahir: « Comment, comment toutes ces pierres ont-elles pu être menées jusqu'ici? Comment ont-elles pu être ajustées à flanc de montagne avec une telle maîtrise, avec une telle capacité à s'adapter à l'environnement? »
Je vous écouterai ne pas en croire vos yeux:
« Que de terrasses! Que de terrasses! Et ces blocs admirablement encastrés comme les pièces d'un puzzle! »
Tout ici vous paraîtra fortifié, inexpugnable et inaccessible tant le Vieux Pic est entouré de précipices et de parois rocheuses...
Vous écouterez les voix des dieux depuis les magnifiques monuments religieux et les temples qui s'offrent à foison...




Et l'on repartira, sans mot dire; on retournera docilement au chagrin puant de notre pauv' cité sans splendeur... Non vraiment, il ne s'est rien passé et il ne se passera jamais rien car ce n'est guère que dans les livres ou par le verbe que je puisse véritablement m'évader... (sniff!)


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Par une aquarelle de Tchano

Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
.

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