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Nouvelles confirmées : La maison en coquillages 19
Publié par Loriane le 16-02-2012 13:57:24 ( 659 lectures ) Articles du même auteur




La maison en coquillages 19



La maison en coquillages 19
Linette se retrouva avec plaisir dehors, dans sa rue, loin du bruit des néons brutaux, des cris de ces braillards au trognes rougies par des années d'alcoolisation, et surtout loin des verres de vin, de pastis, et des jeux de cartes qu'elle exécrait au delà de tout.
Elle marcha lentement, elle aimait être seule, parfois.
Elle rentrait en elle, et se trouvait bien dans ses mille pensées, ses interrogations et toutes ses sensations venues du spectacle de ce qui l'entourait.
Elle, réputée, si bavarde en classe, trop animée semble-t-il, dégustait le calme et le silence.
De sa toute petite enfance dans la campagne Périgordine, de ses premières années dans la ferme isolée natale, elle ramenait cette absence de la peur du noir, cette absence de la peur de la nuit, en revanche elle gardait l'amour des espaces vides et de ses méditations rêveuses.
Elle était redevenue la Linette campagnarde et leva la tête pour chercher les étoiles, la lune, là-haut entre les toits, au dessus des arbres du champs de course de la Courneuve, cet immense parc, ces merveilleux hectares d'espace de verdure laissés à l'état sauvage et qui longeaient sa rue.
Elle se recula jusqu'au carrefour des deux rues, là où, l'espacement des petites maisons basses, découvrait un grand morceau de ciel sombre.
Dans la nuit obscure et bleutée, le ciel et ses lumignons brillants apparaissaient aisément. Les lampadaires économes, illuminaient avec parcimonie des pans de trottoirs, et ne polluaient pas la belle vision céleste. Quelques nuages clairs et effilochés couraient rapidement sur un ciel maintenant presque noir.
Linette le nez en l'air jouait à assister à leur course et attendait qu'ils s'étirent puis, s'écartent quelques instants, pour offrir au yeux de l'enfant la brillance des étoiles. Elle surveillait ces clairières brumeuses qui lui permettaient durant quelques minutes de chercher et trouver la grande ourse, plus loin au dessus de la boutique rouge, le petit chariot ou petite ourse, puis ses deux conducteurs, elle en prenait visuellement l'écartement, et elle comptait cinq fois cet espacement, et voilà l'étoile polaire, toute fine, faible et pourtant permanente, Petite, mais toujours là.
Une étoile qu'elle aimait plus que toutes les autres, une étoile à la brillance discrète, sans gloire, une étoile faible mais une étoile indétrônable, indispensable, toujours à sa place et sur laquelle on pouvait compter de façon sûre lorsque, navigateur ou voyageur on était perdu en détresse, que l'on soit sur la vaste mer, sur les hautes montagnes, ou égaré dans les sombres forêts de la terre.
Linette cherchait l'astre, elle regardait dans cette direction, ses yeux perçants, fixaient patiemment l'obscurité, le néant. Son regard fixe traversait l'ombre ne voyait encore rien, mais s'accoutumait, jusqu'à, enfin, la merveilleuse apparition de l'éclat lointain de la brillance blanche et mouvante de l'astre salvateur, autour duquel pour elle tout s'organisait. L'étoile du Nord lui permettait de retrouver sa route céleste, pour situer les amas d'astres que maman en Dordogne, lui avait appris à reconnaitre.
Elle avait le nez planté dans ses étoiles, lorsqu'elle sursauta.
Un cri déchirant de chatte amoureuse vrilla soudainement dans ses oreilles, le bond de l'animal sur le trottoir ne fit presque pas de bruit et elle vit la silhouette féline poursuivit par un gros matou, s'enfuir rapidement et sauter par dessus la grille du jardin des "Coré".
Ça c'est Cricri, le chat de Anita qui court après une chatte.
Cricri était le chouchou de Christiane, et Christiane était la chouchoute de Cricri. Les manifestations d'amour entre la petite fille et le gros chat ne manquaient pas. La petite chaque matin avant de partir à l'école, n'oubliait jamais de le prendre dans ses bras, et de le caresser un long moment, avant de partir.
Ces câlineries laissaient toujours des traces sur le manteau bleu marine de Christiane qui arrivait régulièrement en classe avec des poils partout sur ses vêtements.
Linette regardait les chats se poursuivre et disparaître en miaulant et en crachant.
Le quartier était tranquille et les lumières filtraient doucement des volets, les ampoules avares éclairaient les salles à manger, dans lesquelles Linette pouvait facilement imaginer les familles voisines attablées.
Les postes de radio étaient discrets et rares.
La petite ouvrit la grille du pavillon, traversa lentement la cour et s'engagea dans l'escalier.
Je vais me faire disputer parce que je ne sais pas quand papa rentrera, se disait-elle.
Bon c'est comme ça !
Elle monta l'escalier-échelle, et en ouvrant la porte, elle entendit le début des informations, et compris soudain pourquoi maman voulait que papa rentre maintenant. Outre le fait qu'un long séjour au café avait souvent une issue dramatique, il se trouvait que ce jour était un jeudi et que maman, tout comme elle d'ailleurs, voulait, avait très envie d' écouter ce soir "le théâtre Omo" à la radio.

Lydia Maleville

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Par une aquarelle de Tchano

Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
.

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