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Essais : Mes sentiments partagés...
Publié par malhaire le 08-10-2013 17:20:00 ( 777 lectures ) Articles du même auteur



« A des heures perdues, il m’arrive d’imaginer ce que pourraient devenir la planète et l’humanité dans quelques centaines ou même dizaines d’années. Mes scénarios ne sont jamais très heureux.
Aujourd’hui, au train où vont les choses, on peut facilement imaginer que la population humaine sera beaucoup trop importante quant aux ressources de notre planète, et qu’il faudra par je ne sais quelle abominable manière envisager la régulation de notre espèce beaucoup trop envahissante.
Avec des idées comme celles-ci, je ne peux m’empêcher de porter un regard diabolique sur mes congénères et moi-même.
Je nous vois alors comme une espèce animale impure et bien à part, métissée peut-être de gènes, de fourmis et de rats…
Pourquoi les fourmis ?
Parce que tous nos faits et gestes me semblent conditionnés, pensés pour, et bien souvent par des semblables. Nous sommes convaincus que ce que nous faisons sur cette terre est essentiel, comme si nous étions grands et importants. Les fourmis ne semblent pas comprendre qu’elles ne sont que de passage, que les grandes choses qu’elles s’obstinent à bâtir n’ont qu’une seule finalité ; la pérennisation ou la survie de l’espèce. Elles paraissent bien incapables de se projeter.
Et les rats me direz-vous ?
Pour leur capacité à s’adapter à bien des environnements, à tout envahir insidieusement, mais aussi, à tout dévorer.

Assurément, pour moi, dans ces moments-là, l’Homme n’est rien d’autre qu’un animal qui sans doute donne à sa vie une importance démesurée.
Sous couvert d’une intelligence certaine, mais prétentieuse, il s’imagine tout en haut d’une pyramide, ne présageant pas qu’il en sera le premier déchu.
L’Homme à des valeurs et des principes. Il sanctifie la vie humaine, nous parle d’Amour et de fraternité.
Avec mes idées tordues, la Vie ne me semble pas aussi grande, et les costumes que nous endossons, me paraissent bien trop amples, trop impudents.

Et si, dans toutes ses formes, la Vie n’était qu’un vice, un fléau qui peut-être n’aurait que pour seul objectif, notre propre anéantissement, une extinction programmée ?
Au fond, Vivre ne pourrait-il pas simplement se résumer ainsi ; envahir, grignoter, avilir, prendre de l’espace, de la lumière et de l’air ?
Tout cela pourrait ne pas paraître si dramatique si Vivre n’était pas en quelque sorte, subsister coûte que coûte aux dépens d’autres…

Aujourd’hui, il nous est aisé de penser que la nature est belle puisqu’aucun prédateur ne vient nous menacer. Observer toutes ces vies s’ébattent dans cette apparente harmonie maîtrisée pourrait bien sûr nous suffire…
Pourtant, nos lointains ancêtres ont sans doute ressenti les choses différemment.
La nature s’est sans doute montrée parfois plus cruelle…
Mais fort heureusement, pour surpasser la cruauté naturelle du monde des vivants et se séparer de cette embarrassante part d’animalité, depuis, l’Homme a créé le concept de « l’Amour ».
Au gré des sentiments amers que je nourris parfois, l’Amour ne devient pour moi rien de plus qu’un prétexte farouche, égoïste et hypocrite, qui ne permet au fond qu’une seule chose : l’assurance de notre besoin viscéral de filiation.
Ce que l’Homme semble nommer pour lui, l’Amour, n’est-il pas au fond, cette préoccupation bestiale qui encourage on ne sait trop pourquoi, ni comment, la perpétuation de notre espèce, celle que nous accordons plus généreusement à bien des espèces animales ?
Comment expliquer cette chose qui au fond de nous, nous fait tant « Aimer » nos enfants, au point de ne souhaiter parfois que leur réussite exclusive?
N’est-ce pas là encore cette préoccupation vitale de propagation ou de contagion qui nous pousse à ce point à ambitionner les meilleurs horizons pour nos progénitures ?
En prônant si fortement cet « Amour filial », la conséquence au final n’est-elle pas, le mépris absolu du reste de l’humanité ?

Mes sentiments sont partagés…

Mais alors, est-ce ma part d’animalité, pure et souveraine, qui m’amène parfois à troubler l’idée de la soi-disant bienveillance d’une part factice d’humanité ?
N’est-ce pas plutôt une part d’humanité, perfide et réfléchie, qui vient altérer mes dispositions à la compréhension, ou même, ma compassion envers mes semblables ? ».

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Les commentaires appartiennent à leurs auteurs. Nous ne sommes pas responsables de leur contenu.
Auteur Commentaire en débat
Loriane
Posté le: 09-10-2013 19:02  Mis à jour: 09-10-2013 22:49
Administrateur
Inscrit le: 14-12-2011
De: Montpellier
Contributions: 9121
 Re: Mes sentiments partagés...
Ta vision est partagée par la communauté scientifique de notre planète qui nous voit condamnés à très court terme.
"L'humanité va disparaître, bon débarras" dit Yves Paccalet
Nous sommes des singes bien trop destructeurs et nos comportements moutonniers, notre choix d'une mondialisation qui mène droit à une grande fourmilière nous mènent plus vite encore dans le mur.
Chaque jour, des espèces animales, végétales, sont définitivement éliminées et nous appauvrissons la richesse, la diversité planétaire, et idem pour la nôtre, la diversité humaine se réduit comme peau de chagrin, soumise à la dictature de quelques penseurs utopistes qui pensent en surface, qui pensent peu : "en se mélangeant, on va s'aimer plus !!!", ânerie triste, simpliste mais surtout bien dangereuse.
L'humanité est une grosse bête idiote qui n'agit pas mais réagit sans réflexion ni analyse.
Nous croyons être des êtres intelligents alors que plus de 80 % de nos actes ne sont pas cérébraux, mais sont dictés par des réflexes animaux, que nous ne contrôlons pas, mais que pour avoir une bonne image de nous-mêmes, nous rationalisons après coup nous classant ainsi faussement dans une espèce pensante.
Notre animalité contrôle nos choix, nos "choix" induits par des réactions imposées par nos cerveaux limbiques, et notre cerveau reptilien, la reproduction est l'antidote à notre peur de la mort.
Mais puisque cela est, pourquoi ne pas le vivre avec amour, l'amour et l'art son les seuls justificatifs à notre présence sur ce pauvre caillou que nous détruisons.
La terre existe depuis 4,5 milliards d'années, la vie est apparue il y a 3,5 milliards d'années, nous sommes là depuis 4000 ans environ, notre espèce homo sapiens existe depuis 230 000 ans et nous avons déjà foutu un bordel, une destruction irrémédiable. Notre prolifération est exponentielle, une personne qui a des bêtes qui se reproduisent comme ça dans sa cave, n'a plus qu'à tout faire sauter. Nous sommes une maladie pour les planètes et nous sommes d'une telle immodestie que nous avons inventé une histoire avec une désolante, une indécente vision centraliste de notre espèce : sur une minus planète, d'un minus système solaire, à la périphérie d'une petite galaxie, dans la banlieue lointaine de la voie lactée, parmi des milliards et des milliards d'objets stellaires, invisibles et insignifiants, des virus dangereux qui se la pètent.
Notre survie éventuelle nous contraindra à essaimer dans les planètes proches, et en attendant que cela soit possible, par un abandon sans délai de nos comportements agressifs, il faudra faire taire la testostérone pour laisser la parole à nos cellules grises.
Nous sommes des poussières d'étoiles, faits de la même chair, et c'est déjà pas si mal.
Merci
malhaire
Posté le: 09-10-2013 20:33  Mis à jour: 09-10-2013 20:33
Plume d'Or
Inscrit le: 20-05-2012
De:
Contributions: 335
 Re: Mes sentiments partagés...
Merci pour ce commentaire, je me sens moins seul à présent... J'avais un peu peur en publiant ce texte de ce qu'on allait pouvoir en penser; j'en avais même un peu honte. Votre commentaire traduit peut-être mieux encore ce que je voulais exprimer. Merci.
Grenouille
Posté le: 09-10-2013 21:48  Mis à jour: 09-10-2013 21:48
Plume d'Or
Inscrit le: 22-01-2012
De: Alsace
Contributions: 317
 Re: Mes sentiments partagés...
Merci Malhaire pour ce texte car j'ai aussi ces pensées et je suis la seule dans mon entourage.
Lorsque je tente d'aborder ce sujet, j'ai toujours la même réponse: " Mais pourquoi t'inquiéter pour ce genre de choses puisque de toute façon tu ne peux rien faire, il y a de par le monde des personnes qualifiées pour y réfléchir, ce n'est pas ton niveau, alors pense à ceux que tu aimes, profite de la vie, sois heureuse et aies confiance en l'Homme "
Mais justement, ma confiance en l'Homme est limitée !

Je me sens moins seule. Merci
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Par une aquarelle de Tchano

Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
.

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