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Nouvelles confirmées : La maison en coquillages 12
Publié par Loriane le 08-02-2012 14:20:00 ( 699 lectures ) Articles du même auteur




La maison en coquillages 12

Lorsque la petite troupe d'enfants passa devant la maison de la sorcière à la culotte menaçante, la fenêtre était fermée et la vieille dame absente.
"elle est pas là, c'est rare"
s'étonna Anita
" elle est peut-être allée faire la sieste"
suggéra Christiane.
Un timide rayon de soleil s'essayait à percer le ciel de nuages gris, qui gardaient prisonnier l'air froid.
Les enfants passèrent devant le presbytère et contrairement au matin, il ignorèrent le grand escalier du parvis face à eux, pour se diriger à droite et longer l'église vers l'arrière.
"bonjour monsieur l'abbé"
"Bonjour les mômes"
Le père Hervieu, venait de terminer la construction d'un muret, sur lequel il avait travaillé depuis le début de l'hiver. Ce muret haut d'environ un mètre longeait la large allée, presque ruelle, qui de ce côté de l'église, menait du presbytère au grand espace herbeux derrière celle-ci.
Le prêtre était maintenant en train de faire des trous énormes, tout au long du muret, pour planter des peupliers qui pour l'heure étaient couchés sur le sol en attendant de trouver leurs places.
La haie ainsi formée avait la longueur de l'église et abritait une partie du grand champ qui occupait tout l'arrière du presbytère.
Les petits pieds marchaient vivement sur le sol de l'allée, et une fois l'église dans leur dos, ils se trouvèrent face à la grande statue de la vierge qui trônait au centre du grand espace derrière le bâtiment.
La haute vierge en manteau bleu, leur tendait les mains, elle avait à ces pieds un petit jardinet fait de plantes diverses, de fleurs, et de grosses pierres.
Derrière, tout au fond du terrain se cachait un adorable jardin de curé, clos d'une vieille barrière de bois couverte de lierre, avec ses plantes vivrières, ses arbustes, mais aussi ses nombreuses fleurs pour l'autel.
A gauche une jolie prairie, où les garçons jouaient souvent au ballon avec ou sans les prêtres, selon la disponibilité de ceux-ci.
Des prêtres qui devenaient pour un moment, des copains de jeux.
Tout à fait à droite de cet endroit, il y avait un long et modeste baraquement sans étage, divisé en deux grandes pièces, réservées aux âmes vaillantes pour l'une et aux cœurs vaillants pour l'autre.
Et adossé à l'arrière de l'édifice religieux lui-même une très grande salle construite en dur par les prêtres eux-mêmes, qui servait de salle de réunion, et qui faisait surtout office de cinéma de quartier.
Les prêtres toujours dévoués et actifs avaient trouvé judicieux de projeter chaque semaine des films assez récents qui faisaient le bonheur des modestes habitants de ce petit coin de banlieue, dont les distractions étaient bien peu nombreuses.
Ce jeudi la salle de cinéma fut vite remplie, le climat en cet hiver n'était pas assez doux pour que les jeux d'extérieurs attirent les petits. Les filles avaient bien sûr des jupes de tissus épais, mais une grande partie des garçons portaient leurs culottes courtes et si tous les pieds étaient bien au chaud dans de grosses chaussettes de laine, tricotées et reprisées par les mamans, les cuisses elles prenaient souvent une triste couleur violette qui n'était pas des plus seyantes.
"qu'est-ce qu'on va voir m'sieur l'abbé ?"
demanda Serge
"j'sais pas encore, on va voir, on avait demandé un film mais avec le verglas, ils ne l'ont pas livré "
"vas t'assoir et sois sage"
Pendant que les enfants s'installaient le père Jankovich, lui, avait ses superbes yeux bleus fixés sur les bobines rangeaient dans un grand placard.
C'était un prêtre relativement jeune, tout comme le père Hervieu qui était le champion des bricoleurs, les mains toujours dans le ciment ou la peinture, le marteau éternellement à la main et des clous dans la bouche.
Le plus jeune était le père Turk, un amour de grand frère qui venait de prononcer ces vœux dans l'église même.
Le plus âgé était le curé Rodemack, un géant maigre qui se pliait longuement pour rentrer dans sa vieille quatre-chevaux, sous les regards médusés des enfants qui pensaient que le curé qui tient dans une si petite voiture est déjà une sorte de miracle, et surtout un spectacle à ne pas rater.
La cinéma était rempli maintenant de tous les gamins réfugiés dans la grande salle. Le silence régnait, les yeux étaient fixés sur l'écran vide et les bouches ouvertes dans l'attente du spectacle qui les réjouissait par avance.
Le curé éteint les lumières.
"chouette !! oui, oui, ça commence !"
"chut, chuuut"
Dans la salle sombre, l'écran s'animait.
Et voilà Tintin et Milou qui couraient sur la toile blanche.
"où sont-ils passés"
lisait le père Turk qui faisait le rôle de Tintin,
ouah! ouah ouah !
aboyait le père Hervieu
"Vous croyez qu'ils sont sur l'île ?"
répondait le curé-capitaine.
" ouah, ouah, ouah !"
aboyait l'abbé.
les éclats de rire des petits spectateurs étaient clairs et joyeux, ils résonnaient dans la salle.
Les enfants riaient heureux, ils participaient au spectacle en pouffant et en poussant de temps à autre des cris de peur, de soulagement ou de satisfaction selon les aventures des héros.
Les prêtres devaient assumer chacun plusieurs rôles et le faisaient, Linette, le pensait, avec gentillesse, mais aussi avec plaisir, tant ils y mettaient de l'implication et du cœur.
Le froid était bien dehors et dans la salle noire, il y avait du plaisir et même du simple bonheur, mais aussi et surtout une foison de souvenirs tendres en création.

Lydia Maleville

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Par une aquarelle de Tchano

Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
.

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