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Nouvelles confirmées : L'arrivant XI
Publié par Loriane le 19-07-2012 16:00:00 ( 938 lectures ) Articles du même auteur
Nouvelles confirmées



L'arrivant XI

Nous avons regagné la voiture lentement, les enfants étaient calmes, le retour fut silencieux. Chacun avait fait provision d'émotions et continuer de faire vivre ses rêves.
"Maman, quand je serai grand je veux être marin de Bounty"
"oui bonhomme, bonne idée"
La nuit résonnait encore et résonnerait certainement jusqu'à l'aube du vacarme heureux de la fête, de la "bringue" Tahitienne, cette puissante et charmante institution locale de fête, la bringue battait son plein dans beaucoup de fares, la visite du Bounty était une opportunité à ne pas ignorer.
Nous croisâmes Bernadette,une voisine.
"Vous venez faire la bringue avec nous ?"
"Non, merci, tu sais demain il y a école"
Mais tout au long de la nuit, dans un demi-sommeil, agitée par la musique je me demandai si ce refus était bien judicieux, car avec le bruit il fut difficile de trouver le sommeil, nous n'aurions pas moins dormi en nous joignant à eux.
Gaston le têtu, sous son escalier dormait.
Aussi le lendemain en fin de matinée avant de remonter à la maison, je refis une deuxième fois une visite à RFO pour passer de nouveau une petite annonce.
Cette fois encore, comme la première fois, sitôt l'annonce passée, juste quelques heures plus tard, je reçus un appel téléphonique, Gaston avait un nouvel adoptant..
Et là encore les personnes intéressées proposaient de passer immédiatement.
C'est parfait pensais-je, mais je vais bien les mettre en garde. On va bien finir par régler ce problème tout de même !
Les assiettes étaient encore sur la table quand un couple de jeunes gens se présenta à la grille.La jeune femme était tahitienne et lui était un Farani.
"Voici, Monsieur Gaston, mais je vous préviens il faudra que vous le surveillez bien."
Je racontais les exploits de Monsieur le fugueur et de son idée fixe de revenir à la maison. Je les mettais bien en garde.
"Oui mais il est beau, il a l'air très gentil et ce serait bien pour nos enfants, il a l'air d'être habitué aux petits"
Ils décidèrent donc de le prendre et de le garder pendant les premiers jours, enfermé dans la maison, puis de le laisser dans le jardin qu'après une période d’adaptation.
"Bonne idée, et quand il aura adopté vos petits, tout ira bien"
C'était la bonne solution, je me sentais enfin rassurée, ces deux jeunes gens étaient sympathiques, ils seraient des bons maîtres. De plus ils faisaient preuve de compréhension.
" Tu vas avoir des amis-enfants, Gaston, tu seras très bien".
Gaston rassuré par toutes ces caresses était monté tranquillement dans leur voiture. Je voyais bien qu'il avait accepté ses nouveaux maîtres.
Rodéric debout entre mes jambes, secoua sa petite main envers le chien assis dans la voiture.
"Au revoir Gaston à tout à l'heure "
" Ah non Rodéric, cette fois il ne revient pas, si tu veux on ira le voir, le monsieur nous a invité à aller chez lui"
Rodéric rêveur, pipine dans ses bras, me regardait songeur.
"Les enfants, débarrassez la table s'il vous plait"
Aucune réponse ne me parvint, où sont passés ces enfants ? disparus ?
"Qui vient avec moi au marché ?"
"Moi, moi, moi, ..."
"Tiens, tiens, voilà les absents qui reviennent !!"
Clhoé bougon, allait vers la cuisine avec une assiette à la main.
"Bel effort cléo, tu as pris l'assiette la plus lourde ?"
"J'en ai marre, c'est toujours nous qui faisons tout, Matthieu y fout rien "
Et voilà, c' était parti, le scénario est inchangé, je le connais par cœur, je ne le trouve pas génial, mais j'ai déjà vu cette scène chez d'autre amis.
C'est un classique de la vie de famille, qui plait beaucoup aux enfants, mais bien moins aux parents.
"Oh! ça va la feignante, ça te fera du bien de bouger, ça te fera maigrir, t'as vu tes fesses " riposta Matthieu
"STOP"
Virginie, dans son coin, assise sur les marches de l'escalier se tenait le ventre, elle réagit à mon regard.
"J'ai mal au ventre, Oh ! la la !"
"D'accord c'est grave, j'appelle le samu tout de suite ?"
"Je sais que vous avez peu dormi, vous allez faire une sieste, j'irai au marché toute seule "
"Mais on a rien dit nous regimbèrent Sacha et Florian. Virginie se releva, après ma proposition, son état de santé semblait s'être bien amélioré.
" maman on peut emmener notre argent de poche ?"
J’acquiesçai en me disant que nous allions encore faire toutes les boutiques de chinois, ces petits magasins sombres et souvent sales.
Les commerces de chinois étaient nombreux en ville, c'était presque toujours des petits espaces sans lumière et encombrés, des vrais foutoirs, où l'on pouvait trouver tout et n'importe quoi. Ils étaient souvent si mal rangés qu'ils ressemblaient plus à des entrepôts qu'à un magasin.
Bien sûr c'était pour les enfants la caverne d'Ali-baba, remplie de trésors et d'objets aussi inutiles qu'inattendus, pas beaux soit, mais pas cher.
Il régnait en général dans ces bazars une odeur de renfermé et d'humidité déplaisante mais qui ne gênait visiblement pas nos enfants.
Les chinois avaient le sens du commerce mais contrairement aux tahitiens, ils ne possédaient pas tous le goût de la propreté.
J'avais garé la voiture derrière le centre Vaïma, pas loin de l'usine de bière Hinano.
Pour le plaisir, nous nous promenâmes en moment sur le bord de mer où s’alignaient les belles boutiques de Tahiti.
On trouvait en ce lieu les magasins de marques, le Luxe, et aussi les magasins de souvenirs, les colliers de corail, les perles noires, trésor sublime, les grands coiffeurs, les beaux restaurants, enfin la vitrine des merveilles qu'offrait l'archipel.
Avec ma petite troupe je me dirigeai vers le grand marché couvert, le ventre de Papeete.
Je commençai mes achats par les légumes, plus faciles à conserver et je finis par le poisson que je porterai immédiatement acheté, dans la glacière, prévue à cet effet, dans le coffre de la voiture.
La quantité et la variété de poissons vendus au marché central était fabuleuse, Ils étaient vendus à la criée le matin, lorsque les bonitiers, barques de pêche polynésienne, rentraient au port.
Les poissons les plus petits étaient vendus accrochés sur un fil comme des perles sur un collier. Il était ainsi facile de les transporter. Le thon, la bonite, le baracuda, le requin.. etc, les gros poissons étaient eux débités à la demande.
Lorsque l'on arrivait sur l'île, "la ménagère", mère de famille était souvent décontenancée devant tous ces poissons nouveaux et inconnus. Mais pour le néophyte de la cuisine locale il était facile d'être conseillé sur le choix, sur les qualités gustatives ou sur la cuisson.
La gentillesse des Tahitiens était à la disposition de tous, la gentillesse mais aussi leur côté blagueur, farceur ou même moqueur.
A notre première visite en ce lieu, dès son arrivée JF avait été très entouré de Tahitiennes charmantes, éclatant de rires pour un rien, la joie facile, elles le courtisaient ouvertement ce qui au début ne cessa pas de me surprendre. Il était au milieu de toutes ces vahinés comme un coq en pâte, heureux d'être ainsi fêté et il parlait avec toutes.
"C'est quoi ce poisson ?"
"C'est un taetae"
Et tout le monde était mort de rire,
"Qu'est-ce que ces gens sont joyeux !!! Bon, donne moi quatre taetae"
La grosse tahitienne qui nous servait riait tellement, qu'elle s'écroula assise derrière son étal, Jf décontenancé, mi-figue, mi-raisin, attendait silencieux.
" Teiva, viens vite le Farani, veut quatre taetae, faut que tu l'aides "
Tout le marché était secoué de rire.
" ils sont toujours comme ça ou ils se foutent de not' gueule ?" m'interrogea mon mari.
Sitôt arrivé à son travail JF eut la réponse auprès d'un collègue tahitien.
Le taetae désigne un sexe de femme dans un langage assez cru.
La réponse est claire : "Ils se foutaient bien de sa gueule"
JF a retenu la leçon, la méfiance le retenait et il ne posait plus désormais ce genre de question qu'à des personnes qu'il connaissait, il savait maintenant la propension des tahitiens à rire aux dépends de celui qui ne sait pas. Les polynésiens pratiquent ce sport avec tous, entre eux bien sûr, mais c'est plus jubilatoire avec les popa'as. Il faut juste le savoir ou être assez sage pour en rire avec eux, laissant sa susceptibilité au silence.
La susceptibilité n'est pas de mise ici, si quelqu'un se paye notre tête la seule réponse est le rire et "Aeta pea pea" (pas grave, on s'en fout )
Pendant notre promenade je senti chez moi comme chez les enfants un manque d'énergie, j'étai "fiu", je souhaitais rentrer vite, il y avait certainement des devoirs à faire et du travail à terminer.
Malgré cela je ne fus pas dispensée du long tour dans les nombreuses boutiques des petites rues derrière le marché.
Aussi, peu adepte du lèche-vitrine et bien fatiguée de cette longue flânerie, c'est avec soulagement que je vis le dernier achat se conclure.
"C'est fini , allez on rentre, Oh non ! mais c'est quoi cette horreur ?"
Sacha ramenait fièrement un horrible tiki en plastique, Virginie, elle, avait acheté son énième collier en coquillages, Matthieu fier de son acquisition portait sur le front un bandeau de pirates, Quand à Florian et Clhoé, ils avaient fait le plein de bonbons de toutes les couleurs, des bonbons translucides, mous comme des méduses en caoutchouc mais bien plus colorés !
"Berk, berk !!"
"Mais c'est bon maman"
"Si tu le dis "
Je n'avais jamais beaucoup aimé les bonbons mais ces cochonneries qu'ils enfournaient comme des ogres, c'était pour moi un mystère que pour le coup je ne comprenais vraiment pas.
"Maman moi, aussi je veux des bonbons"
"Mais mon Rododo je croyais que tu préférais des fri fris "
"Oui, mais c'est pour Gaston "
"Bon, Rodéric, Gaston est parti, il a d'autres papa et maman, et il est très content"
Je m'étais arrêtée pour m'accroupir devant mon bonhomme, et lui parler gentillement les yeux dans les yeux, je voulais qu'il accepte ce départ, je lui fis un gros baiser en le serrant contre moi.
"Tu as compris mon cow-boy ? "
Pas de réponse, Rodéric me regardait avec un regard buté. Il resta silencieux tout le long du chemin de retour excepté le traditionnel "bing bang".
J'étais pressée de rentrer, je descendis rapidement notre chemin et je ne perdis pas de temps à garer la voiture devant le grille.
Dans le jardin, devant la maison, je vis surprise, Marcel assis sur ses fesses et tournant le dos au portail, il avait la tête levée, le regard vers la terrasse, j'eus un moment de grande 'inquiétude.
Ah ! non, qu'est-ce qui se passe ? !
Je montai les marches de la terrasse rapidement, quand je vis surgir Lionel, un copain de Matthieu.
Il attendait assis sur le banc de la terrasse dont le portillon était bien fermé, il avait l'air bouleversé au bord des larmes.
"Qu'est-ce qui se passe Lionel ?"
"Oh ! je suis content que vous arriviez, je vous attendais, j'ai rapporté le livre de Matthieu et les cours qu'il m'a passé, j'attends depuis 3 heures et je ne peux pas ressortir, Marcel ne veut pas que je parte, il veut me mordre quand j'essaie de descendre l'escalier !!! Ma mère m'attends, elle va s'inquiéter !"
"Hein, il te retiens prisonnier ? et pourtant il te connait bien"
"Oui, il m'a laissé rentrer, mais il m'attaque quand je veux redescendre"
Les larmes n'étaient pas loin, Lionel était complètement bouleversé, Matthieu compatissant soutint immédiatement son copain et tenta de le consoler.
" T'inquiète pas, Maman va appeler ta mère, allez viens dans ma chambre"
Devant le désarroi de Lionel je n'osai lui avouer mon immense soulagement en apprenant son aventure, j'avais tout simplement cru un instant que ... enfin j'avais redouté que Gaston soit revenu.
"Oh ! les chiens deviennent pénibles en ce moment, Gaston qui joue les intrus, le parasite, et Marcel qui se montre méchant maintenant !
Je trouvais que trop c'est trop.
"C'est parce que Marcel est pas content, il est en colère, il veut Gaston, il attend qu'il revienne"
Et voilà Rodéric avait trouvé l'explication. La gente canine était décidément ingérable en ce moment, et avait trouvé au moins un allié.
Rodéric devait parler couramment le chien et avait dû avoir une communication avec eux ce matin.

Lydia Loriane Maleville

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Par une aquarelle de Tchano

Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
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