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Nouvelles confirmées : La maison en coquillages 14
Publié par Loriane le 10-02-2012 19:10:00 ( 756 lectures ) Articles du même auteur
Nouvelles confirmées



La maison en coquillages 14

Les enfants traversèrent et reprirent la route de la maison en ordre dispersé.
" t'as pas mangé ton quatre heure ?"
demandait Anita
"j'lai oublié chez moi"
répondit Christiane
Linette aimait le quatre heure.
Elle mangeait avec grand plaisir, ces gros morceaux de pains beurrés, saupoudrés de poudre de chocolat "Meunier".
Meunier car, "c'est le meilleur" disait maman.
Contrairement aux autres enfants, la fillette aimait la grosse croûte bien dure des tourtes de pain de campagne que papa exigeait pour "tailler" sa soupe. Ce pain de paysan ferme ne se liquéfiait pas comme des limaces, aimait-il à dire, lorsque l'on versait sur les grosses tranches taillées par lui, le bouillon de légumes dans lequel avait cuit les couennes poilues, abhorrées de Linette. Le tout était souvent agrémenté de graisse de canard rapportée de la ferme de son Périgord natal où la famille passait les trois mois d'été.
"Tu viens à la sortie paroissiale le mois prochain"
"J'voudrais bien, j'ai envie d'y aller" répondit Linette
"moi, j'y vais, mon grand frère va peut-être venir avec nous"
ajouta Christiane.
Une fois par mois, les prêtres, sœur Thérèse et Chef Denise la chef des âmes vaillantes organisaient une grande sortie en car, à laquelle les parents étaient conviés et servaient souvent d'encadrement pour le surveillance des enfants.
"y'avait des devoirs pour demain ?"
"ben oui, t'as rien fait ?"
Linette ne répondit pas. La question était sensible.
"Tu sais que c'est bientôt la fin du monde, ils l'ont dit à la radio"
Cela faisait très longtemps que cette information revenait sur les ondes et Linette avait très peur.
"qu'est-ce qui va se passer ?"
"j'sais pas... pt'ête que c'est le jugement dernier, pt'ête qu'on va voir Dieu "
" tu crois ? "
" pt'ête que la terre va exploser et que on va tous tomber sur la lune"
"mais comment elle fait la terre pour rester en l'air ?"
"elle est pt'ête posée sur une table..."
"mais la table elle, elle tombe pas ?"
" ben non, si elle est sur une chaise, ou alors la terre est sur une grande chaise, qui est sur la table, et ... ben, j'sais pas !!"
"mais elle va tomber, la terre, elle tient pas en l'air toute seule !!..."
Les grandes interrogations physiques et métaphysiques, les grands mystères de l'univers occupaient beaucoup les petites filles qui devisaient en rejoignant leurs familles.
Quand soudain, les trois fillettes sursautèrent, et Anita poussa un hurlement en portant sa main à la tête.
La petite fille tirait avec les doigts sur ses courts cheveux noirs brillants, là, où un gros bubble gum rose venait d'atterrir sèchement.
Deux gros éclats de rire satisfaits explosèrent dans leurs dos, et dans la lueur du réverbère, deux ombres pliées en avant, se faufilèrent en courant comme des flèches.
On entendait les rires de Serge et Daniel qui heureux de leur joli coup venaient de se réfugier derrière le gros poteau électrique du coin de leur rue.
Les affreux tenaient avec fierté, braqués sur les filles leurs lances pierres de fabrication "maison" et dont ces deux brigands étaient très fiers.
Anita de rage et de colère, se mit à pleurer, les mains accrochées à la grosse boule rose, elle hurlait, et menaçait :
"tu vas voir ce que tu vas prendre par maman et papa !, tu vas voir, idiot!! "
Linette soudain d'humeur vengeresse, démarra aussitôt à toute vitesse et se mit à courir après Daniel pour lui tirer les cheveux, mais le gamin partit le plus vite possible et sans attendre.
Pendant ce temps, Christiane compatissante essayait de détacher des cheveux d'Anita, le gros chewing-gum malabar au parfum de fraise.
Quelques mètres plus loin, quand le petit groupe arriva devant la maison en coquillages les parents étaient aux fenêtres :
"qu'est-ce que vous avez à crier comme ça, Serge qu'est-ce que tu as fait ?
Serge, arrivé le premier montait vite les marches menant au perron et rentrait chez lui le lance pierres sur le ventre, accroché fièrement dans sa ceinture.
" rien, j'ai rien fait du tout "


Lydia Maleville

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Par une aquarelle de Tchano

Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
.

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