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Nouvelles confirmées : La maison en coquillages 15
Publié par Loriane le 10-02-2012 19:21:11 ( 688 lectures ) Articles du même auteur



La maison en coquillages 15

La maman de Linette était sur le balcon avec comme toujours, la petite sœur, dans ses bras.
"qu'est-ce que vous avez fait ?"
"C'est pas moi" 
répondit immédiatement Daniel en rentrant aussi vite que possible et en claquant la porte derrière lui.
"Linette qu'est-ce qui se passe ?" hurla maman.
" c'est serge qui nous embête"
Linette fit la bise à ses copines, en leur souhaitant bonne nuit et rentra après un grand "au revoir à demain".
Lorsque Linette entra, maman venait de refermer la fenêtre du balcon et se rasseyait derrière la table, en gardant la petite sœur sur les genoux. 
Elle reprit ses aiguilles et le tricot qu'elle était en train de terminer. 
Clic, clic, les aiguilles filaient vite et ce spectacle fascinait Linette. 
La petite avait appris à tricoter au patronage, et tricotait elle-même, mais se sentait très mal à l'aise, car maman riait et se moquait en la regardant faire. 
La maman de Linette répétait à loisir à tout le monde, que cette pauvre petite n'était qu'une pauvre fille avec des grosses pattes, qu'elle était gauche, balourde et maladroite, et qu'elle avait l'air d'une poule qui tient un couteau. Chaque geste que Linette faisait la mortifiait et elle craignait plus que tout le regard de sa mère.
Aussi elle regardait, remplie d'admiration, le cliquetis rapide et sûr des aiguilles qui finissaient de rallonger l'ancien cardigan de sa petite sœur. 
Maman, comme beaucoup de mamans, avait tricoté à chacun de ses enfants de beaux tricots.
Daniel, la petite sœur et Linette avaient maintenant, tous les trois un cardigan à rayures horizontales et régulières, jaunes et marrons foncées. 
Tatie Paulette, la sœur du papa de Linette, cette vilaine riait en les regardant, et disait que comme ça, ils ressemblaient tous les trois à de grosses abeilles.
Linette aimait beaucoup écouter le poste de radio. Elle entendait malgré les grésillements, des chansons d'amour, elle aimait beaucoup la musique. 
Le poste était allumé comme toujours, Linette reconnu la voix du chanteur André Claveau.
Daniel s'était assis par terre les jambes croisées dans la position du lotus et riait en lisant le journal de Mickey que Jean-Pierre lui avait prêté.
"Daniel tu sais que ton père, n'aime pas te voir lire ça, va le rendre à Madame Hervé où lis le chez eux".
Le journal de Mickey n'était pas le bienvenu sous le toit de papa. Ce journal d'origine "Américaine", à la philosophie capitaliste, n'était pas en odeur de sainteté et il était personæ non gratta car il risquait de polluer la moralité, et risquait de dénaturer leurs esprits d'enfants d'ouvriers.
Il ne fallait pas qu'ils oublient à quelle classe sociale ils appartenaient, il ne fallait absolument pas qu'ils oublient qu'ils étaient le plus bas du peuple, et que la guerre s'exprimait partout dans la lutte des classes.
Linette sentait l'omniprésence, en tout, des pensées politiques, avec la même évidence qu'elle avait conscience de l'air qu'elle respirait:impossible d'y échapper.
"Va faire chauffer de l'eau"
Linette se leva, dans l'évier blanc ébréché, se trouvait la grande cuvette remplie des linges de maman qui trempaient dans leur sang, avec du gros sel.
"enlève la cuvette, mets là sur la table de la cuisine, je vais m'en occuper quand le gros sel aura fini de faire dégorger mes serviettes" 
cria maman.
Linette ne discutait pas, elle avait déjà il y avait quelque temps essayé de demander ce qu'étaient ces morceaux de tissus sanguinolents, qu'elle voyait régulièrement, et qui l'intriguaient tant, mais la réponse fut claire et appuyée d'une bonne claque :
"Tu poses trop de question, ma petite fille, tais toi, tu comprendras quand tu seras grande !"
Elle ne pouvait pas comprendre, c'était comme ça.
Le "ma petite fille" était toujours sifflé avec rage et une colère, dans lesquelles Linette ressentait un sentiment de rejet qui la laissait honteuse.
L'eau était sur la cuisinière, quand un coup tapé à la porte, juste là dans son dos, la fit sursauter. Mais qui avait bien pu monter silencieusement l'escalier sans qu'elle l' entende ? 
C'était incroyable, alors que les murs étaient si minces qu'elle entendait le chien de Madame Hervé se retourner en bas dans sa niche. Le coup sur la porte l'avait surprise et l'avait sortie de sa rêverie.
"Merde, qui c'est qui vient encore nous emmerder à cet'heure ci ? !"
Hurla à pleine voix maman.
Immédiatement la fillette se dirigea vivement dans la chambre.
"Linette va ouvrir "
"euh, non, maman, je peux pas "
Derrière la porte de la chambre, en repli, d'une petite voix discrète, Linette affirma sans honte qu'elle était en train de se déshabiller.
" ah tu refuses d'obéir, attends, tu vas me le payer, petite salope, hurla maman en allant ouvrir"
Linette savait le prix à payer, mais elle avait fait son choix, et n'irait pas faire face à ce malheureux visiteur confus et honteux qui attendait derrière la porte.
Cette fois ci, quand maman lui ordonnera d'aller chercher le martinet pour la fouetter, elle saura pourquoi.

Lydia Maleville

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Par une aquarelle de Tchano

Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
.

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