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Nouvelles confirmées : La maison en coquillages 7
Publié par Loriane le 07-02-2012 18:20:00 ( 713 lectures ) Articles du même auteur



la maison en coquillages 7



La maison en coquillages 7

Leurs mains dans les poches les trois petites marchaient en papotant. Elles connaissaient si bien le chemin que leurs pieds les conduisaient sans qu'elles regardent beaucoup autour d'elles. Il faut dire que l'hiver était encore là et que les haies des jardins ainsi que les arbres n'avaient pas encore de feuilles et n'offraient pas encore un spectacle coloré, la riche terre noire du bassin parisien, cette belle terre de maraichers était nue et les oiseaux n'étaient pas encore apparus. Le ciel Parisien était comme de coutume en cette saison couvert et gris. Les rues étaient vides et elles étaient, en de nombreux endroits, décorées de marelles dessinées à la craie. Le peu de passants étaient soit à vélo, soit marchaient vivement vers la rue de la ferme où se trouvaient les premiers arrêts du bus 153 qui les mèneraient au centre de Saint-Denis où aux portes de Paris, puis au carrefour Pleyel où se trouvait le métro qui menait au centre de Paris, aux grands magasins, où place du Tertre où habitait la grand mère de Linette.
Mais Les petites, elles allaient de leurs bons pas, en empruntant, la rue Berthelot, puis la rue de la ferme où un vieux pont passait au dessus la vieille mer. Cette modeste rivière traversait Saint Denis et partait là-bas loin, sans que personne autour des enfants ne puissent leur dire où elle allait.
"y'a un monsieur "qui s'appelle TOTO et qui est président "
les éclats de rire raisonnaient dans la rue. Linette insista en riant.
"je vous l'jure c'est vrai, c'est dans la Yougoslavie, ils l'ont dit au poste, ça vient d'arriver, demande à ton père"
"mon père y s'en fout"
"Toto, celui qui fait derrière l'église ?"
"t'es bête, il est dans un pays pas loin et c'est lui le roi, ou le président j'sais plus bien !"
"moi, j'voudrais pas m'appeler comme ça"
"d'abord, j'te f'rais dire que c'est vrai ! "
Insista Linette
"mon chat, il a failli se faire écraser" 
Christiane était songeuse, le roi Toto ne l'intéressait pas du tout. 
Il passait 4 voitures par jour dans leur rue et les chats et chiens libres n'étaient pas habitués à ces bolides.
"Ton père y va s'acheter une voiture, Linette ?"
"j'sais pas, y z'ont parlé de voiture avec mon tonton Jean, j'sais pas pourquoi"
"c'est quand le temps pascal ?" 
Christiane avait son cheminement de pensée personnel, visiblement elle révisait son catéchisme, Linette, elle, avait conscience d'être dépassée et avait abdiqué toute prétention à savoir sa leçon, on verra tout à l'heure était souvent sa devise.
Apprendre ses leçons ou faire ses devoirs était impensable, et son emploi du temps ne le permettait pas, papa et maman non plus n'auraient pas permis.
C'était comme ça. 
Elle ne revendiquait rien et savait qu'elle devait apprendre pendant la leçon, après, il ne fallait pas y penser.
"j'sais pas c'est p'tète à la saint Pascal " suggéra Anita.
Elle venait de s'arrêter pour remonter ses chaussettes et se tenait sur un pied quand elle se sentit poussée par derrière en même temps que des cris d'indiens en guerre sautaient aux oreilles des gamines;
Accroupis dans une encoignure de porte Serge et Daniel les avaient attendus pour maintenant leur sauter dessus et leur faire très peur.
Ils riaient comme des diables contents de leur exploit.
Car attaquer et faire peur aux filles faisaient partie des plaisirs de ces deux là. Ils pouvaient disparaitre une partie de la matinée pour réapparaitre en hurlant au moment le plus inattendu.
"abrutis, saleté, vous z'étes des imbéciles..."
Les deux garçons la face réjouie par la farce qu'ils venaient de faire aux filles, joignirent un moment leurs pas à ceux des trois petites. 
Ils étaient arrivés sur le pont et tous les cinq s'arrêtèrent un moment accoudés au parapet. Ils regardaient l'eau qui coulait et s'émerveillaient des belles couleurs de la rivière. Celle-ci leur servait souvent de lieu de baignade. 
Cela les changeait, bien sûr de la piscine municipale où ils apprenaient à nager comme tous les petits Dyonisiens scolarisés. 
Chaque semaine, un car municipal les conduisait prendre une leçon de natation d'une heure. Linette avait très peur et redoutait cette leçon, elle avait souvent des malaises et avait même dû subir un contrôle cardiaque. Il faut dire que le moniteur de natation trouvait à cette époque, pédagogique de leur plonger de force la tête sous l'eau avec force pour les punir et "leur apprendre à avoir peur ", quand il ne les attrapait pas tout simplement par un bras et une jambe pour les jeter, comme un quelconque objet, dans le grand bain.
Mais bien sûr il faisait ça l'esprit léger, exempt de toute culpabilité, puisque les enfants avaient autour du corps la ceinture de sauvetage, donc tout allait pour le mieux !
C'était comme ça.
Sur le pont, penchés au dessus de la vieille mer, les enfants regardaient l'eau s'écouler vers ? ils ne savaient où.
Il faisait trop froid pour la baignade, mais le printemps revenu ils iront sur la butte, un peu plus loin enlever leurs vêtements et comme ils ont l'habitude de le faire, ils sauteront en petite culotte, dans l'eau aux coloris uniques. Car leur "Vieille Mer" était toujours de couleurs incroyables : rouge foncé, rose, vert foncé ou bleu marine parfois violet ou jaune canari. Sur cette rivière arc-en-ciel flottaient toujours et venaient, dont on ne savait où, des nappes brillantes et irisées qui se déplaçaient à la surface sans ride. Il fallait également faire très attention aux pieds et éviter les tubes de fer, les vieilles bicyclettes, les bidons, les vieilles pierres évier, les vieux carrelages cassés, les poêles rouillées etc ... qui flottaient au fond. Il n'y avait là aucun pêcheur, aucun poisson, aucun têtard, c'était comme ça, et ce n'était pas un problème.
"faut s'grouiller, on va arriver les derniers"
Anita, s'écartait du parapet.
"bof! nous on s'en fout, les filles elles z'ont peur de tout"
"Ouh ! ouh!..."
Les deux zouaves, la goutte au nez, coiffés comme des bottes de foin, les chaussettes en accordéon, bousculaient leurs sœurs en les poussant dans le dos.
"les filles à la vanille, ouh ouh, les filles à la vanille !"
"crotte !" 
leur asséna linette en se dégageant pour reprendre tranquille sa route.
Ils passèrent en petit groupe devant la maison de Lysiane, et arrivèrent en bas de la rue de l'église.
Ils voyaient, droit devant eux, à une petite centaine de mètres, le presbytère, la grille, les marches et le porche de leur église.
Une galopade derrière eux, et ils furent rejoints par d'autres retardataires. Olivier et sa bande de "casse-pieds" leur hurlaient dessus, quelques coups de pieds partir et des " saloperie" bien envoyés résonnaient dans la rue calme. 
A ce moment la vieille "sorcière" qui habitait semble-t-il toute l'année, dans l'encadrement de sa fenêtre, calma tout ce petit monde turbulent en ouvrant la vitre et en les menaçant d'une voix aigre : 
" celui qui crie ou qui continue, je le mets dans ma culotte !!!"
La menace fut très opérante, le programme proposé par la "vieille sorcière" n'attirait pas du tout, du tout, et le calme revint immédiatement, l'arrivée au catéchisme se fit alors en ordre et en silence.

Lydia Maleville

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Par une aquarelle de Tchano

Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
.

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