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Défi du 27 mai
Plume d'Or
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Bonjour à toutes et à tous,

Je ne sais pas vous concernant, mais moi j'ai le chic pour attraper des paroles de chansons au vol, qui deviennent un leitmotiv dans ma tête.

Ce soir, j'irai danser le Mambo
Au Royal Casino, sous les lambris rococo
La nuit viendra me faire oublier
Tu me feras rêver
Comme les chansons d'été

Le pire, c'est que ça vient comme ça, sans prévenir. Certaines de ces chansons sont très connues, d'autres échappent à mes souvenirs et me semblent venir d'une autre dimension.

C'est l'amour à la plage (aou cha-cha-cha)
Et mes yeux dans tes yeux (aou aou)
Baisers et coquillages (aou cha-cha-cha)
Entre toi et le bleu (aou aou)


Et, ce qui me fait le plus mal, c'est que je ne connais pas l'origine de ce mal, ou le pourquoi cette chanson est entrée dans ma tête. Il n'y a nul besoin d'avoir son voisin de palier en train de la chanter pour qu'elle m'envahisse. Je ne peux accuser personne.

La mer, quand vient le temps des vacances
C'est le temps de la danse
Entre tes bras, toutes les nuits


Alors, est-ce que telle mésaventure vous arrive ? S'il vous plait, dites-moi que je ne suis pas seul, en poème, en nouvelle, mais surtout pas en chanson.

Entre tes bras, toutes les nuits
Et si j'ai le cœur tout retourné
Là je t'embrasserai
Jusqu'à la fin de l'été


A bientôt,

Donald


Posté le : 27/05 10:38
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Re: Défi du 27 mai
Plume d'Or
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Cher Donald,

Je ne résiste pas au désir de te proposer à nouveau ce poème au cours duquel quelques chansons et musiques m'avaient obsédé et que j'avais intégrées.
Mais je te promets, je te proposerai un autre poème répondant encore mieux à ton défi.


Je suis étonné de me voir près du laurier,
Tenant dans la main une fleur de genévrier.
Es-ce donc bien l’enfant que je fus à sept ans?
N’en doute pas me dit-il, en me taquinant,
« Je me suis fait tout petit », et pour bien t’instruire,
Ecoute maintenant ce que j’ai à te dire.

https://youtu.be/jlHh_Opj090

Regrette tu les temps si doux de ton enfance,
Où, en Algérie, tu coulais une existence,
Entre guerre et paix, sans penser au lendemain,
Mais au milieu de quelques soucis, de chagrins,
Dont tu ne connaissais pas vraiment la noirceur.
Tu ne préférais voir, des fleurs, que leurs senteurs!
Je ne voulais déjà admirer que le beau,
Sans doute avec le regard d’un petit agneau!
Reconnais- le donc! Dans ce temps de ton enfance,
Devant les horreurs, vues avec indifférence,
Tu voulais te faire tout petit, être secret,
Et te réfugier dans ton univers discret.

Le laurier s’efface, un lagerstroemia prend place,
Je vois alors un adolescent sans audace,
Qui me regarde, sans désir d’être loquace.
Avec un regard fuyant, il dit à voix basse :
O tendre jeunesse, où est donc mon allégresse,
Qui a été remplacée par une détresse.
Je regrette vraiment, avec effervescence,
Les jours heureux de l’enfance à l’adolescence.

https://youtu.be/M-ByYTeYr3Q

Après ces quelques mots, il retourne au silence,
Et me scrute intimement avec connivence.
Et puis sans plus rien me dire, il s’évanouit,
Et laisse la place à une femme qui me séduit.
Je m’attendais sûrement à voir un jeune adulte
Me révéler mes traumatismes si occultes.
Il n’en est rien! J’en serais donc pour mes frais!
C’est alors qu’avec grâce, la femme me dit :
Et si tu n’existais pas, … pourquoi j’existerais ».

https://youtu.be/qmqruqnj99M

Ces mots m’encouragent à m’éloigner du non dit.
Les souffrances ont été brûlées par ce soleil
Qui m’a fait cheminer vers un nouveau réveil.
Les ailes de mes chimères ont bien disparu,
Et mon âme a crié : l’amour m’est apparu.
J’ai tant voulu inventer l’amour avec toi,
Me dit-elle, avec une voix fleurie d’émois.
Notre amour était si tendre et intemporelle
Nous entraînant dans quelque passion charnelle !
Je me vois alors dans ce temps et je lui libelle :
Auprès de toi, j’ai l’impression d’être un grand roi,
De galoper comme un chevalier d’autrefois.

https://youtu.be/LCbvF55VMmY

Te souviens-tu, me dit-elle, de nos prouesses?
Du kamasutra, pratiqué avec adresse!
Que d’ébats floraux fécondés tout en finesse :
La lavande bleue avec beaucoup de tendresse,
Le tournesol, la position enchanteresse,
Le chrysanthème qui a créé tant de liesse,
La renoncule qui nous amène à l’ivresse,
La campanule qui offre tant de largesse,
La rose pourpre où je me comportais en ogresse,
Et le camelia, me faisant devenir diablesse.
Oh, oui, que je t’ai tant aimé avec passion
A en perdre radicalement la raison.

https://youtu.be/nQsF2hH5q8w

Mon âme sensuelle était couverte d’or.
Que tes notes florales d'agrumes et fruités,
M'ouvraient la voie des délices sans ubiquité.
En partant, la femme me dit avec raison :
Jacques, l’amour qui dure n’est pas la passion.
Sa voix s’adoucit et j’entends le mot souffrances,
Mais qu’avait-elle voulu dire, avec assurance?
J’entends alors une voix douce qui me parle
Je regarde autour de moi et ne vois personne.
Je suis là me dit-il, dans ta glace centrale,
Ne me vois-tu pas, je te fais signe en personne.
J’ai tant à te dire des souffrances de l’amour.
C’est donc de toi que venait ce mot, sans détour.
De moi, de la femme, de toi, me répondit-il,
Avec perfidie, tout en fronçant les sourcils.
Si l’amour peut te conduire à l’extase, dit-il,
La mort d’un être très cher t’envoie dans l’exil
D’une souffrance égoïste et si pernicieuse.
Te rappelles-tu du décès de tes parents,
Dont la proximité t’avait paru odieuse.
Pourquoi les avoir aimé d’un amour ardent,
Et connaître ainsi des émois inconsolables?
Je les tant aimé, en suis-je donc blâmable.
« Mes yeux se sont voilés à force de pleurer »

https://youtu.be/tEGGvlLTuh0

Si aimer, c’est devoir souffrir, alors sangloter
Doit faire partie de nos désirs, sans nous blâmer.
Et puis aimer est si doux à notre équilibre,
Ne le pensez vous pas, mon double si fébrile!
Loin de mon aimée, je suis en langueur sans elle,
A chercher en bien des évènements querelle.
L’amour aurore construit un bel avenir,
L’amour au zénith appelle des souvenirs.
De souvenirs en souvenirs, il n’y a que toi,
Loin de toi, je ne connais que le désarroi,
Je ferme les yeux et je vois ton seul visage
Qui est de mon affection pour toi le présage.

https://youtu.be/hlk0T9GSlKc

Eloigne toi de moi, mon double, qui se trompe,
Certes les souffrances peuvent altérer l’amour,
Qui connaîtra des hauts et des bas, certains jours,
Mais la culture d’un amour don sans artifice,
Peut le conduire à de puissants feux d’artifice.

https://youtu.be/GyBl-EQ1hn0

Je veux un amour coloré en jaune, en rouge,
M’abandonner librement à sa force ultime,
Et qu’au fond de mon âme, dans mon cœur tout bouge,
Comme dans la musique où tout est si intime.

Je regarde dans la glace et ne vois personne.
Je me dis à moi-même : je suis là en personne.

Je te souhaite un magnifique week end.

Amitiés de Beaulieu.

Jacques

Posté le : 27/05 17:37
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Re: Défi du 27 mai
Plume d'Or
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Je me devais de répondre à mon propre défi par une chanson dédiée à Muriel Moreno, la chanteuse du fameux groupe Niagara, l'égérie de nombreux adolescents de mes jeunes années.

Niagara mon amour

Je ne sais pas d'où sort cette musique
Chantée par une poupée de plastique,
La sculpturale Muriel Moreno
Et son look plus starlette que sténo.

Elle m'invite à danser avec elle,
Son cha cha cha attaque ma cervelle,
Descend plus bas à me rendre dingo,
Jusqu'au point où fusionne mon ego.

Elle me parle d'amour à la plage,
Tord sa bouche de fille pas très sage,
Brille de tous les feux du mascara,
Et me noie dans le fleuve Niagara.

Cette mélodie va me poursuivre
Et je vais errer tel un bateau ivre,
Hors de ce monde de seconds couteaux,
Mon univers réel et ses oripeaux.

Allez, je n'hésite pas, je me lance,
Lève haut les bras et mets l'ambiance,
D'abord timide, dansant crescendo
Devant mes collègues sans libido.

Je connais la fin, et surtout sa claque,
Quand mon patron me traitera de braque,
De forte tête ou fana du disco,
Et décrétera la fin du fiasco.


Posté le : 27/05 20:28
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Re: Défi du 27 mai
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Cher Donald,
Chères amies et chers amis,

Voici ma réponse sans doute une peu émouvante au défi de ce jour. C'est le jour de la fête des mères. Alors je vous avouerais que l'émotion m'a un peu saisi et je la partage avec vous.

Le titre de ma réponse au défi de la semaine est : Maman merci.


En ce jour où tant d’enfants fêtent leur maman,
J’entends la musique de ton âme, de ton cœur.
Elle est une colombe au vol annonciateur.
De tous ses souvenirs, je fais des talismans.

Ils s’éloignent et reviennent ma chère Maman.
Tu es un rêve éveillé dont je suis l’auteur.
Ainsi tu me manques moins dans ma vive ardeur
De voir notre vie intérieure être un roman.

Entends tu monter en moi la chanson Mama,
Elle dit bien ce que je ressens, sans cinéma.
Elle me conquiert, elle m’envahit et elle m’émeut

Merci ma chère maman pour ce que je suis
De rêve en rêve, avec toi, j’ai beaucoup acquis.
Souffle en moi le vent de ces mots : Jacques le peut !

https://youtu.be/Utm4T6lT7pE

Amitiés de Dijon.

Jacques

Posté le : 28/05 19:24

Edité par Istenozot sur 29-05-2017 09:03:43
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Re: Défi du 27 mai
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Donald, est ce bien sérieux et responsable de ''chauffer'' ainsi le lecteur lambda???


Pour autant ,il et vrai que l'amour à la plage!!!!!!!!!! si ce n'était pas le sable dans les interstices intimes.......!!



Tu vois, ma mémoire, au contraire d' autres organes........, fonctionne encore très bien ....


On ne peut pas être et avoir été comme disait, d'ailleurs le quidam poète.

-Erreur lui rétorque son contradicteur: Regarde, nous deux, cela fait 30 ans que l'on se connaît, eh bien il y a 30 ans t'étais cocu, et aujourd'hui tu l'es encore!!

Allez Bonne soirée ,mon bon Donald, et si tu vois Cazeneuve, donne lui le bonjour de Mélenchon!!!

Titi


Posté le : 30/05 20:20

Edité par kjtiti sur 01-06-2017 11:25:25
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Re: Défi du 27 mai
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Délicieux, délicat et terriblement vrai mon cher Isté.

La tendresse du Bourguignon apparaît sous son vrai jour, et comme cela fait du bien!!!

“ est-ce que j’ai quelque chose à moi, Maman qui ne soit pas à vous ?” disait Zola,


Si tous les hommes de la terre avait la tendresse des Mamans,sans doute notre monde serait plus affable et plus doux.

merci Isté pour ce merveilleux hommage à celles qui restent dans nos cœurs , et pour lesquelles une fois qu'elles nous ont quitté, nous font regretter de ne pas leur avoir suffisamment dit combien on les aimait!!!

Amitiés Jacques.

Posté le : 30/05 20:31

Edité par kjtiti sur 01-06-2017 11:29:07
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Re: Défi du 27 mai
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A l’instant où Donald, ce défi, nous posât
Dès lors c’est Maitre Georges qui de suite s’imposa
Avec ce doux cantique, destiné aux plus cons
Que moi, et c’est peu dire !!!!!, tant j’ai l’esprit abscons :

Quand on n'est pas d'accord avec le fort en thème
Qui, chez les sorbonnards, fit ses humanités,
On murmure in petto : "C'est un vrai Nicodème,
Un balourd, un bélître, un bel âne bâté."
Moi qui pris mes leçons chez l'engeance argotique,
Je dis en l'occurrence, excusez le jargon,
Si la forme a changé le fond reste identique :
"Ceux qui ne pensent pas comme nous sont des cons."

Depuis j’ai ce refrain qui trotte dans ma tête,
Et joignant les paroles aux actes, je m’entête
A contester quiconque s’oppose à mes idées,
Qui bien souvent sont creuses…., mais c’n'est pas le sujet !!!

Ainsi quant au bistro un ‘’érudit’’ avance :
‘’Les gens ne parlent plus, entre eux c’est le silence’’
Je dis :’’ Pourtant si tous les cons voulaient se taire
Tu s’rais le mime Marceau, un muet salutaire

Si un quidam m’affirme avec juste raison,
Qu’une femme président ce serait de saison,
Je rétorque :’’ Henri IV avec sa poule au pot
L’avait fort bien compris, il n’y a rien de nouveau !!!

Et le con qui évoque un cancer du poumon,
Pour le réconforter je lui dis:’’ pas d’mouron
Sait tu que certains ont la tumeur au cerveau ??
Toi tu ne risques rien, car c’est vide là-haut !!!

Pour ce mauvais écrit recevez mes excuses
D’enfreindre cette pensée au final je m’accuse :
‘’Mon exquise grand-mère, quand elle se taisait
Les mots tus, pour autant, respiraient la bonté’’


Posté le : 30/05 20:32

Edité par kjtiti sur 31-05-2017 09:45:55
Edité par kjtiti sur 31-05-2017 17:41:22
Edité par kjtiti sur 31-05-2017 17:44:49
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Re: Défi du 27 mai
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Sacré Serge,

Encore une fois, ta verve m'a bien fait marrer; je devrais plus souvent balancer ce genre de défi à la noix (de pécan, mmm) parce qu'ils semblent inspirer les poètes.



Bon, je vais aller voir ce que nous a pondu l'ami Bourguignon dans le défi du 3 juin; je sens qu'on va toucher un collector.

PS: quelqu'un a revu Arielle, depuis son passage par le Triangle des Bermudes ?

Donald, ôh !

Posté le : 03/06 19:58
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Re: Défi du 27 mai
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Cher Jacques,

Quelle belle chanson ! Je ne la connaissais pas. Tu as rendu un vibrant hommage à celle qui t'a donné la vie et plus encore.

Merci

Cher Donald,

Je ne te savais pas fan de cette chanteuse. Elle m'évoque aussi ma jeunesse mais apparemment pas de la même manière... ;)

Merci

Cher Serge,

La chanson du grand Georges reste imtemporelle, comme toi !

Merci


Je vous embrasse tous !

Couscous

Posté le : 04/06 14:42
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Re: Défi du 27 mai
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Bon, je suis à la bourre mais mieux vaut tard que jamais !!


Un air en tête

Tout a commencé subitement. La secrétaire m'appelle en me déclarant :
– Ton rendez-vous est là !
– Merci.
Je raccroche et dans ma tête résonne « Rendez-vous, rendez-vous au prochain règlement, rendez-vous, rendez-vous aux prochaines règles » de Stromae. J'invite un homme grisonnant à entrer dans un bureau d'entretien. Il s'assied et sort ses documents en me disant :
– J'ai plein de papiers !
Et là, Régine me crie dans l'oreille « Laissez parler les petits papiers ». L'homme enchaîne :
– Et plein de problèmes !
« J'ai un problème je sens bien que je t'aime » me susurre Sylvie Vartan. Mais je ne l'aime pas ce gars.
– J'ai acheté ma maison…
« Dans sa maison un grand cerf regardait par la fenêtre… » et vous connaissez la suite de cette chanson enfantine. Qu'est-ce qui se passe ? Tous ces airs m'empêchent d'écouter cet homme. Je le scrute mais dès qu'il parle, ses mots sont transformés en paroles qui résonnent dans ma tête comme si les musiciens et l'interprète avaient installé leur studio entre mes deux oreilles. Je suis incapable de mener à bien mon entretien. Je prends rapidement les justificatifs de ce pauvre homme et m'enfuis dans le local de la photocopieuse. Là, il n'y a aucun bruit, ni dans ni hors de ma caboche. Je souffle un peu.
Je retourne voir mon client. Dès qu'il ouvre la bouche, ça recommence. Je ne peux que mettre un terme à notre conversation en m'excusant d'un malaise passager, prête à lui crier « Je suis malaaaade, complètement malaaade ».
J’évoque une vilaine migraine à ma chef afin de pouvoir partir plus tôt.
Dans la voiture, je coupe de suite la radio, il ne faut pas aggraver mon mal. Je me rends directement chez mon médecin. La salle d'attente est comble ! Je me pose sur le dernier siège libre, à côté d’une maman et son jeune enfant qui lui dit doucement :
– Le docteur va regarder ton bobo.
« Allô maman bobo, qu’est-ce que t’as fait ? J’suis pas beau. » chante Souchon. Je sens que l’attente va être pénible. En face de moi, un homme lit un magazine qui titre : « Torremolinos, destination préférée des belges »… « Tous tous tous à Torremolinos ! » m’exhorte Sttellla. Je finis par baisser le regard et me boucher discrètement les oreilles. Je le fais si bien que lorsque c’est mon tour, une dame me touche discrètement le bras pour me le signifier. Je la remercie sèchement avant de me précipiter vers le praticien qui me fait entrer dans son cabinet.
– Comment ça va ? Me demande-t’il naturellement.
« Comment ça va, comment ça va, Comment ça va pour vous ? Parce que pour moi, oh oui pour moi, Ça va pas, mais pas, mais pas du tout. » Patrick a si bien résumé la situation.
– J’en peux plus ! Vous devez m’aider !
– Bien sûr. Quel est votre problème ?
– Je sens bien que je t’aime… Mais non ! Je deviens totalement folle. J’ai toujours des chansons et des paroles qui m’envahissent la tête. Je ne parviens plus à me concentrer.
– Je vois. Vous êtes atteinte d’un mal assez rare.
– Vous avez eu des cas similaires ?
– Un seul dans toute ma carrière.
– Et comment a-t’il guéri ?
– Jamais !
– Pardon ?
– Il vit avec. Mais il y a moyen d’atténuer les symptômes.
– Comment ?
– En participant à des karaokés.
– C’est une blague ? Cessez de vous moquer.
– Je ne me moque pas. D’ailleurs, la victime de ce mal dont je vous parlais, c’est moi !
– NON ! Et comment s’appelle-t-il ?
– Je m’présente. Je m’appelle Henri. J’voudrais bien réussir ma vie, être aimé !
– Ah je vois. Sinon le mal, il s’appelle comment ?
– La chansonite aigüe.
– Cela ne fait pas très sérieux.
– Est-ce que ce monde est sérieux ? vous dirait Francis (en mimant un jeu de guitare)
Je fonds en larme.
– Ne pleure pas, non, ne pleure pas. Tu as toujours les yeux d'autrefois. Ne pleure pas, non, ne pleure pas.
– Merci Hugues. Mais que dois-je faire ?
Le médecin scribouille sur un papier qu’il me remet.
– Voici ma prescription. Rendez-vous ce soir à vingt heures au Hiboux Hurlant. Je vous ai noté l’adresse.
Je trouve l’établissement indiqué. C’est une ancienne boîte de nuit transformée en karaoké. Le parking est rempli et l’intérieur est bondé. Dans un coin, je remarque mon médecin qui m’invite à sa table.
– Qu’est-ce que vous buvez ?
– Une menthe à l’eau.
Et d’une même voix, nous chantons : La fille aux yeux menthe à l'eau, Hollywood est dans sa tête, Tout' seule elle répète.
– Maintenant va falloir vous lancer pour combattre le mal par le mal.
– Mais je suis trop timide !
– Je vais vous accompagner. Je suis malaaade !
– OK, on y va.
Nous entamons alors un duo sur « Besoin de rien, envie de toi ». Je commence avec pudeur puis je gesticule, prise par la chanson puis terminer par embrasser fougueusement mon partenaire.
Voilà ! Vous l’aurez compris. Plusieurs fois par semaine, je me rends au Hiboux Hurlant pour ma thérapie. J’y suis obligée, c’est prescrit pas mon médecin et il surveille si je suis bien mon traitement.

Posté le : 05/06 19:17
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Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
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