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Accueil >> newbb >> Défi du 12-09-2015 [Les Forums - Défis et concours]

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Défi du 12-09-2015
Plume d'Or
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Atmosphère, atmosphère, est-ce que j’ai une gueule d’atmosphère ?

Sur cette célèbre tirade d’Arletty dans le film « Hotel du Nord » où Louis Jouvet essaie de lui expliquer, sans trop la vexer, qu’il va la quitter, imaginez une situation similaire, quand un personnage A essaie de faire passer subtilement un message à un personnage B mais ne réussit finalement qu’à provoquer le résultat qu’il voulait éviter.

En bonus, la célèbre scène de ce film de Marcel Carné, sorti en 1938 : https://www.youtube.com/watch?v=6DKI0EP-RMA

Bonne atmosphère,

Donald

Posté le : 12/09/2015 11:00
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Re: Défi du 12-09-2015
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Ah!!!!quel bonheur de retrouver les défis de Couscous, ceux ci m'ont tellement manqué pendant ma trêve estivale!!!
Ma folie est intacte, et mes ''a peu prés'' toujours aussi peu,...... prés!!

Je vous embrasse ,vous les défieurs de tous poils, et vous impose à nouveau,mes diatribes si peu littéraires!!
Allez, c'est parti:


Ils étaient fort âgés et chaque après midi,
Ensemble ils parcouraient les routes du village,
C’était leur promenade, teintée de nostalgie
Sentiment bien présent chez les vieux de cet âge.

Leurs souvenirs d’antan, étaient déjà trop loin,
Le temps est une lime qui travaille sans bruit,
Ils recherchaient hier, ils en avaient besoin,
Pour remettre leurs pas, dans ce ‘’jadis’’ enfui :

L’école communale, ou ils s’étaient connus
Le café du marché, ou ils s’étaient aimés,
La place de l’église, rendez vous convenu,
Ou les doux mots d’amour, étaient ici semés.

Par un après midi, passant devant l’école
Sous un banc, posé là, se trouvait un sac d’or,
Que le vieillard saisi, sans plus de protocole
Allons à la police, dit la vieille, dés lors.

Pas question dis le vieux, il faut garder l’oseille,
Nous n’avons rien volé, le hasard à choisi,
D’autre part la police, elle n’a pas son pareil
Pour étouffer la tune, ce sont des mafiosi.

Et le bonhomme alors, se prénommant Autan,
D’accrocher au grenier le fruit de sa rapine,
Comme disait une amie qu’on nommait La Martine,
‘’Oh !!temps suspend ton vol’’, moi j’en ferai autant ! ( heu, là j’ai un peu honte !!! )

La police, pourtant, vint lui rendre visite,
Et la vieille d’annoncer en gueulant au charron,
C’est là dans le grenier, allez, montez y vite,
Vous trouverez le fric, et il sera marron !!!!.

Ma femme, dit le vieillard, à ce jour est souffrante,
Je suis bien malheureux, sa mémoire défaille,
Son esprit s'imagine en1940
Et pense que nous sommes toujours en bataille !!!

Pas du tout hurla-t-elle, c’est un fieffé menteur
C’était en revenant tous les deux de l’école,
Que nous avons trouvé, un sac, y a pas erreur,
Juste devant les classes, et je ne suis pas folle.

Pauvre femme, pensa, le pandore atterré
Se songer écolière à cet âge avancé,
Je vous plains mon ami, et vais me retirer,
Annonça t-il au vieux, sans forme de procès .


Posté le : 12/09/2015 18:07
_________________

Le bonheur est une chose qui se double,..…..si on le partage …

Titi
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Re: Défi du 12-09-2015
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Sacré kjtiti,

Au début, je ne voyais pas du tout où tout ceci allait arriver puis les deux dernières strophes ont résonné à la lecture, telle une évidence biblique.

Excellent !

J'ai bien ri, même de ta vanne sur Lamartine.

Bravo ! Le défi est lancé de fort belle façon.

Donald

Posté le : 12/09/2015 19:37
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Re: Défi du 12-09-2015
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Titi est de retour !

Autan a bien suspendu sa rapine pour faire hommage à Lamartine ! (warf warf)

Seraient-ce le même couple de vieux qui a déjà desservi d'autres de tes histoires truculentes ?

Ravie de te revoir en forme olympique.

Bises

Couscous

Posté le : 13/09/2015 08:42
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Re: Défi du 12-09-2015
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Une sombre histoire de famille


Omlet descendit du carrosse, congédia son valet Igor puis entra dans le poste de police.
— Je viens vous déclarer un meurtre, déclara Omlet au planton de service.
— Qui est la victime ?
— Mon père, Omlet le Premier, prince des Hautes Terres.
— De quand datent les faits ?
— Mon père est mort il y a deux mois.

A ces mots, le fonctionnaire de police leva les yeux de son écran d’ordinateur et fixa Omlet d’un regard de psychothérapeute. Il remarqua alors l’air fiévreux du plaignant, sa tenue d’une autre époque et le crâne osseux qu’il tenait dans la main.
— Deux mois, ça fait long, objecta le planton.
— Je sais. Nous avons tous pleurés Omlet le Premier. Ses funérailles ont été dignes de son rang.
— Qu’a déclaré, à l’époque, la médecine légale, sur l’origine du décès ?
— Une cirrhose du foie, avec des complications pulmonaires.
— Vous n’êtes pas d’accord avec ces conclusions ?
— Plus maintenant.
— Pourquoi ?
— Parce que mon père, Omlet le Premier, m’a révélé son assassin.

Le fonctionnaire de police activa son système de sécurité psychique, en appuyant sur un petit bouton rouge dédié aux cas trop difficiles pour le personnel de base. Cette histoire de meurtre, déclaré par le fils d’un défunt, deux mois après les faits, commençait à sentir l’embrouille, le compliqué. Rien, dans le manuel du parfait policier, ne l’obligeait, lui, Tiburce Dugommeau, à rentrer dans les méandres obscures d’un déclarant excentrique. La procédure était claire : dès que le cas dépassait son seuil de compétences, l’agent des forces publiques devait impérativement en référer à sa hiérarchie et transmettre le dossier aux autorités responsables.
— Monsieur, votre affaire mérite toute l’attention d’un officier. Je vais vous demander de me laisser votre nom, vos coordonnées, et vous assoir dans la salle d’attente prévue à cet effet.
— Omlet le Second, prince des Hautes Terres. Vous trouverez mon adresse exacte au cadastre royal, répondit le plaignant. Je ne bougerai pas d’ici tant que ma plainte n’aura pas été officiellement enregistrée.
— Ce n’est pas la procédure en vigueur, monsieur Omlet le Second.
— La peste soit de la procédure !

L’agent Dugommeau évalua les risques de voir l’impétrant transformer un banal acte administratif en controverse inutile. Il décida alors d’accélérer le processus. Cinq minutes plus tard, son chef de service, le capitaine Régine Cruchette, entra dans l’arène.
— Capitaine Régine Cruchette, commença la gradée. Que puis-je pour vous, monsieur Omlet le Second ?
— Je viens vous signaler un meurtre, déclara Omlet, celui de mon père, le prince Omlet le Premier.
— Veuillez me suivre. Nous allons étudier l’affaire ensemble.

Omlet s’exécuta. Il accompagna Régine Cruchette dans le labyrinthe du commissariat, jusqu’à son bureau.
— Prenez une chaise et racontez-moi les faits depuis le début, ordonna l’officier.
— Mon père a été assassiné.
— Quand ?
— Il y a deux mois.
— Où ?
— Dans son château.
— Comment ?
— Empoisonné.
— Par qui ?
— Son frère, mon oncle Glaudius.

Régine Cruchette ouvrit un formulaire de déclaration d’homicide. Elle en renseigna les champs obligatoires puis rédigea un compte-rendu fidèle des dires d’Omlet le Second. Une fois ces premières informations formellement enregistrées, Régine Cruchette entama la seconde phase prévue dans la procédure.
— Bien. J’ai ouvert un dossier à votre nom. Maintenant, je vais devoir vous poser des questions plus précises sur les circonstances de l’affaire.
— Vous avez mon oreille.
— Si j’en crois mes fiches, le médecin légiste, le docteur Glouque, a déclaré le décès de votre père sous la rubrique « Causes naturelles ». Selon ces informations, il s’agit des suites d’une longue maladie, la cirrhose du foie, terminée en œdème pulmonaire. D’ailleurs, votre mère, la princesse Gertrude, a signé les papiers et autorisée la procédure d’inhumation.
— Je sais tout ça.
— Pourtant, deux mois après, vous venez ici et changez la version de l’histoire. Est-ce le cas ?
— Oui, vous avez bien compris.
— Monsieur, dans ce type de situation, il est de mon devoir de confronter les déclarations du plaignant à des faits avérés, de les passer au révélateur des preuves ou indices mis à disposition, qu’ils soient anciens ou récents. Comprenez-vous ?
— C’est clair.
— Quels sont les nouveaux éléments qui vous ont amené à conclure au meurtre de votre père.
— Comme je l’ai déjà dit à votre agent, mon père, Omlet le Premier, a désigné son meurtrier.
— Comment ? Je vous rappelle qu’il est mort voilà deux mois de ça.
— Il m’a parlé hier, pendant la nuit.

Régine Cruchette pensa aux nombreuses affaires ouvertes par des hallucinés, sur la base de tables qui tournaient, de marc dans le café ou d’entrailles de poulets. Visiblement, Omlet le Premier ne dérogeait pas à la règle des attaqués du bulbe, des théoriciens du paranormal, envers et contre toute logique cartésienne.

Omlet le Premier sembla discerner un soupçon de doute policier chez son interlocutrice. Il décida de clarifier ses propos, d’entrer dans les détails, d’apporter du tangible à ses dires.
— Le spectre de mon père m’est apparu pendant que je dormais, commença-t-il. Au début, j’ai cru à une illusion d’optique, à une hallucination liée à la fatigue. Ensuite, quand j’ai reconnu la voix de mon père, j’ai écouté.
— Qu’avez-vous entendu ?
— Je cite de mémoire : « Ce fourbe de Glaudius, ton oncle, m’a empoisonné, dans le vil objectif de me voler mes terres, conquérir ma femme et te spolier, toi mon fils ! »
— C’est tout ?
— C’est déjà beaucoup, il me semble.
— En avez-vous parlé à quelqu’un d’autre ?
— Oui ! D’abord à notre conseiller familial, un homme de toute confiance.
— Quel est son nom ?
— Polonium ! Il est au service de notre famille depuis avant ma naissance. Sa fille, Ophélia, est, de surcroit, ma fiancée.
— Que vous a répondu le dénommé Polonium ?
— Il a paru embarrassé, a tenté de minimiser les circonstances.
— Quels ont été ses arguments ?
— Ma fatigue, ma tristesse, mon envie d’en vouloir à quelqu’un et non à la fatalité.

Régine Cruchette s’imagina la scène. Elle vit un notable d’âge mur essayer de raisonner un jeune homme perturbé par la disparition de son père.
— C’est la première explication possible dans quatre-vingt-dix-neuf pour cent des cas, confirma l’officier.
— Nous sommes dans l’exception, insista Omlet.
— En quoi ?
— Polonium est désormais le conseiller de mon oncle Glaudius. Il gère ainsi le domaine des Hautes Terres, comme il le faisait du temps de mon père.
— A cela, rien d’exceptionnel !
— Ecoutez la suite ! Glaudius a demandé ma mère en mariage. De ce fait, il récupèrera l’intégralité des biens familiaux.
— Qu’a répondu votre mère à cette dernière demande ?
— Elle a accepté, sur les conseils de Polonium.

Régine Cruchette élabora un profil sommaire d’Omlet le Second. Dans son esprit, au vu de sa longue expérience en matière de successions familiales, il n’y avait rien de douteux dans les intentions de Glaudius, encore plus si la princesse Gertrude avait accepté son offre. Qu’Omlet le Second eut du mal à digérer la mort de son père, le remariage de sa mère avec son propre beau-frère, restait dans les standards des histoires de famille, celles des aristocrates du cru.
— A part le sieur Polonium, en avez-vous parlé à une autre personne ?
— Oui, à Ophélia ma fiancée, la fille de Polonium.
— Qu’en pense-t-elle ?
— Elle m’a conseillé de ne pas en parler à ma mère, de venir directement au commissariat de police pour ouvrir une enquête.
— J’en déduis qu’elle vous croit.
— Plus ou moins.
— Comment ça ?
— Elle souhaite également que je consulte un médecin.
— A quel sujet ?

Omlet sentit l’impair, la phrase de trop. Evoquer le sujet médical, les craintes d’Ophélia quant à sa santé mentale, attirerait invariablement les soupçons sur sa version. Il chercha, en vain, une voie de sortie, une issue diplomatique.
— Je vous demande simplement de me préciser la raison de ce conseil, lui souffla Régine Cruchette. Je ne vous juge pas. Souvent, après un décès, surtout celui d’un parent proche, les survivants éprouvent des crises d’angoisse, développent des symptômes paranoïdes et vont même jusqu’à expérimenter des phénomènes hallucinatoires.
— Je ne suis pas fou, cria Omlet.
— Je ne dis pas ça.
— Polonium veut m’enfermer. Glaudius aussi. Ophélia les écoute. Ma mère également.
— Vous n’êtes pas seul. La preuve : je suis ici, à vous écouter, à enregistrer vos déclarations sur mon ordinateur.
— Glaudius a assassiné mon père. Il vole mon héritage, épouse ma mère, pour l’argent, et manipule Polonium. C’est ce que vous devez écrire dans votre rapport. J’exige une enquête, l’exhumation du corps et une nouvelle autopsie.
— Ce n’est pas aussi simple. Nous avons besoin de preuves tangibles, sinon le juge d’instruction ne validera jamais l’ouverture d’une investigation.
— Convoquez Glaudius ! Interrogez Polonium ! Si ça se trouve, ils sont complices depuis le début.
— Ce sont des suppositions, des hypothèses. Tout ceci reste à prouver.
— Rien ne vous en empêche.
— Certes !

Régine Cruchette jugea la situation compromise. Elle n’avait plus rien à attendre d’un jeune homme habitée par une folie passagère, une paranoïa galopante. Le règlement lui intimait l’ordre de prévenir le prince Glaudius, le conseiller Polonium et la princesse Gertrude des risques qu’ils encouraient. Omlet le Second devenait un danger, pour lui-même et ses proches, à cause de son délire paranoïde, de son manque de discernement et du ressentiment vis-à-vis de son oncle. Elle mit donc fin à l’entretien.
— J’ai bien noté votre témoignage, monsieur Omlet le Second. Vous recevrez un courrier officiel du palais de justice, notifiant la suite donnée à cette affaire.
— Vous ne convoquez pas les suspects ?
— Pas aujourd’hui. Le juge d’instruction en décidera, une fois qu’il aura analysé le dossier.
— Que dois-je-faire ?
— Rentrez chez vous, prenez une bonne douche froide puis allez vous promener, histoire de décanter tout ça.
— Vous me croyez fou ?
— Loin de moi cette idée, monsieur.
— Alors, faites quelque chose, agissez, sinon il va m’arriver un malheur. Glaudius va me faire enfermer, voire pire. Il a le bras long, ses sbires sont partout.
— L’agent Dugommeau va vous raccompagner, conclut Régine Cruchette en décrochant son téléphone fixe. Au revoir monsieur !

Omlet sortit du bureau, escorté par un Tiburce Dugommeau peu amène. Régine Cruchette le regarda s’éloigner, soupira puis sortit un portable de son sac à mains. « Je voudrais parler au prince Glaudius, au sujet de son problème familial » dit-elle à son interlocuteur, avant d’effacer des tablettes la déclaration d’homicide.

Posté le : 13/09/2015 10:47
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Re: Défi du 12-09-2015
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Éros au supplice




« Madame ! Madame ! Je vous aime tant !
Que je tuerais surement le moindre de vos amants
Je m'allongerais sans vie au seuil de votre porte
Pour un sourire de vous qu’un long frisson colporte

Quant à votre mari : Ah ! Ce vilain cloporte !
Il ne mérite pas si belle Cléopâtre
Et la vie vous doit mieux qu’un triste feu dans l’âtre
Soyons fous et heureux, ma mie, je vous exhorte !

Vous ! Ô vous ! Muse des temps antiques
Vos courbes sont mon suave supplice tantrique
Éprouvant mille fois ma faible volonté
Rêvant d’être tout près, tout prêt à vos côtés

Être si loin de vous, non rien ne me console
Et ma poitrine est prise d’une double camisole
Loin de vos charmes rien ne peut paraitre beau
Les ocres du crépuscule ? Quel triste placébo !

Toutes ces femmes sans joie à la fadeur létale
Ne sont que pis-aller, nourriture d’hôpital !
C’est à votre seul Léthé que je voudrais téter
Ce presqu’ avant goût d’un temps d’éternité

Et je brule qu’un jour vous soyez ma déesse
Régnant ferme sur mon âme au royaume d’Hadès
Rien n’arrêtera jamais ma dive foi d’Amour
Pas même l’âpre exile de ma plus haute tour… »


Elle se saisit de cette lettre infâme qui n’était à ses yeux qu’un tissu de cochonneries. Elle l’imbiba d’alcool à brûler et l’immola en vitesse.
Un peu rassérénée, elle composa le numéro qu’elle connaissait désormais par cœur.
« Passez-moi le directeur d’hôpital ! C’est encore madame Duverger. Votre érotomane a encore trouvé moyen de me poster ses obscénités ! »





Posté le : 13/09/2015 15:27
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Re: Défi du 12-09-2015
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Subtiles suggestions

Matthieu, la quarantaine bien sonnée, est ce que l’on appelle un vieux jeune homme. Il a croisé la route de Nathalie sur un site de rencontre. Ce ne fut pas le coup de foudre du siècle mais les deux célibataires se sont plu et des liens se sont peu à peu tissés.
Mais notre Roméo des temps modernes est resté très proche de sa maman, entretenant avec elle une relation fusionnelle. Il ne sait pas comment lui annoncer qu’il a enfin trouvé l’âme sœur, celle qui a su prendre la place libre dans son cœur d’homme. Il craint sa réaction après toutes ses mises en garde sur les femmes qui n’en veulent qu’au portefeuille ou qui sont volages. Son adage préféré est « Mieux vaut être seul que mal accompagné ». À force de l’entendre, Matthieu s’était fait une raison ; ce qui n’était pas pour déplaire à sa maman. Il redoutait maintenant qu’elle ne se fâche et qu’elle refuse sa relation.
Après mûre réflexion, il décide de tenter de lui faire comprendre par un biais détourné. Ainsi, dans le linge qu’il lui donne à laver chaque semaine, il glisse une fois une culotte en dentelles, une autre fois un T-shirt rose à paillettes. Plus tard, une jupe plissée se mêla à ses pantalons. Le jour où elle lui rendit la manne avec le soutien-gorge violet, elle n’y tint plus :

– Mon chéri, je pense qu’il faut qu’on parle…
– Oui. Qu’y a-t-il, Maman ?
– J’ai bien remarqué des changements dans ton comportement.
– Ah bon, lesquels ?
– Tu es plus joyeux, tu fais attention à ton poids, tu vas plus souvent chez le coiffeur.
– Oui, je me sens mieux dans ma peau.
– Je comprends que tu n’oses pas m’en parler directement.
– J’avoue avoir eu peur de ta réaction.
– C’est vrai que c’est un bouleversement.
– Un grand changement dans ma vie d’homme ! Il fallait que cela arrive un jour.
– Mais je ne pensais pas que cela arriverait à toi !
– Tu vois que si ! Il était temps… j’ai quarante ans tout de même !
– Je sais. La crise de la quarantaine. J’en ai longuement parlé avec ma copine Jeanine. Elle me dit qu’il faut accepter. Alors ne t’inquiète pas ! J’ai compris !
– Oh, je suis soulagé ! Et en plus tu prends cela avec philosophie.
– Je t’accepte tel que tu es ou plutôt tel que tu es devenu.
– Comment ça « devenu » ?
– Ben oui, avec ces vêtements féminins que tu m’as donnés à laver, j’ai compris que tu tentais de faire ton « coming out » comme on dit.
– Euh…
– Ah, tu croyais ta vieille mère « has been », pas dans « le move » ! Ça t’en bouche un coin !
– Je suis sans voix.
– Et tu as quelqu’un dans ta nouvelle vie ?
– Oui…
– Comment s’appelle-t-il ?
– Nathalie…







Depuis plus de vingt ans, Matthieu travaille comme comptable au service financier de la marque de prêt-à-porter Chamaille. Il n’a jamais reçu d’augmentation salariale, à part l’indexation périodique. Pourtant, c’est lui qui établit les tableaux comparatifs entre les diverses succursales, qui veille à la santé financière de la boîte, qui n’hésite pas à tirer la sonnette d’alarme lorsque les ventes chutent. Il est un élément indispensable au bon fonctionnement de l’entreprise. Peut-être suffirait-il juste qu’il sollicite le patron pour obtenir une augmentation. Son collègue, lui, a osé et bien lui en a pris car il est ressorti avec des chèques vacances et un joli supplément de salaire.
Mais notre Matthieu est un grand timide. Lui vient l’idée d’employer une méthode subtile pour exprimer la nécessité de lui octroyer un peu plus de revenus. Après une longue cogitation et quelques fouilles dans le grenier familial, il se lance.
Il commence par ressortir le vieux costume en laine de son père, bouffé par plusieurs générations de mites. La veste arbore dans le dos et aux manches plusieurs trous. Chaque fois que le grand patron passe, Matthieu se poste non loin de lui. Il voit les regards intrigués mais vite fuyants. Ensuite, il sort de vieilles paires de chaussures dont il découpe le bout, à l’exception de la semelle, laissant apparaître ses orteils. En réunion, il ne cesse de remuer les pieds jusqu’à attirer l’attention du boss. Il décide aussi de ne plus se raser. Très vite, il arbore une barbe touffue et sombre. Ensuite, il adopte les pantalons trop courts de sa jeunesse qui donnent l’impression qu’il vient de sortir d’une inondation. Il troque ses T-shirts contre les chemises de flanelle de son grand-père bûcheron canadien dont les boutons manquant sont remplacés par d’autres de toutes formes et de toutes couleurs.
Un jour, il est convoqué chez le patron. Le cœur battant et plein d’espoir, il arrive dans le grand bureau ovale où, à l’instar d’un autre sur le continent américain, se prennent de grandes décisions.

– Asseyez-vous, Matthieu. Comment allez-vous ?
– Oh… les temps sont durs.
– Je comprends. Je vois bien que vous avez changé.
– Par la force des choses.
– Il arrive dans une carrière qu’on ne se sente pas toujours valorisé. On se dit que c’est mieux pour d’autres.
– Oui, c’est tout à fait juste.
– Je vous ai compris !

Les yeux de Matthieu se mettent à briller de joie.

– Vraiment ?!
– Oui. Je constate que vous n’êtes plus bien dans le secteur financier et que vous cherchez à lancer de nouvelles idées créatives. Alors je vous transfère dès aujourd’hui au département créatif. Vous devrez recommencer au bas de l’échelle avec le SMIG mais je suis persuadé que vous gravirez rapidement les échelons. Bonne chance !

Posté le : 13/09/2015 17:34
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Re: Défi du 12-09-2015
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Cher Donald,

La parole, "les premiers seront les derniers" s'appliquerait-elle à moi?
En fait, je suis rassuré, je suis assez souvent le dernier.

M'assumant sans m'assommer, cher Donald, chères Loérennes, chers Loréens, et néanmoins cher(e)s ami(e)s, je vous propose ma réponse que j'ai appelé "l'homme malade et les deux docteurs" :

Un homme souffrant en silence tristement
Se résolut à voir deux docteurs bonnement.
Avant que la grande faucheuse ne l’agite,
Il alla, d’un brillant médecin, dans le gîte.

Eh, lui dit-il, peux-tu en très bon camarade,
Faire cesser dans mon bas ventre la mascarade
Qui m’empêche vraiment d’uriner à façon ?
Et ne voulant pas finir la vie comme un con,
Je veux pouvoir mûrir de rire mais pas de peur,
Et si je dois mourir. Pas à toute vapeur !
Nenni, lui dit l’Académie avec brio,
Ne t’offusque pas de ne plus aller au pot,
Je te ferai y retourner assurément,
Grâce à la chirurgie du laser sûrement.
Mon ami, c’est la prostate qui t’est mesquine,
Lui répondit-il, avec une humeur taquine.
Après avoir été touché en haut et en bas,
L’homme décida de ne pas baisser les bras.

Il alla voir, comme prévu, un second docteur.
La prostate le gênait bien dans ses ardeurs,
Mais pas au point de la griller sous un laser.
Devant le second, il fit part de sa colère.
Je le trouve bien empressé à tant vouloir
Me charcuter, lui dit-il, ému au point de choir.
La prostate, la prostate, elle a bon dos,
Qui me dit que ce diagnostic est à propos !
Ne vous enflammez pas ainsi à cette idée,
Lui dit le second. Laissez vous examiné.
Un diagnostic complet, je vais vous proposer !
C’est une folie chez vous à tout médicaliser,
Lui dit l’homme, devenu très embarrassé,
Devant ce nouveau médecin très empressé.
La prostate est chez vous tous une vraie obsession,
Ne la poussez pas ainsi à la démission !
Ne pensez vous pas qu’il y aurait autre chose.
C ‘est très exactement ce que je vous propose
Lui dit le représentant de l’Académie.

Après quelques mois d’examens et d’accalmie,
Notre homme revient chez le second, sans ardeur,
Tant désireux d’être sorti de sa candeur.
Alors Docteur, lui dit-il, quel est le destin
De ma prostate ? Qui en fera un festin,
Le laser, où les coups violents du bistouri ?
Mon cher ami, ne soit pas pris par les soucis,
Arrête de faire en ton esprit ces calculs
Et fais chasser ceux qui sont en toi, sans recul !
Je souris à cette belle idée, me dit-il,
Car le tout premier médecin que tu as vu
Devra lyser tes calculs ainsi apparus.
Ne te fais aucun souci, ne sois pas ému,
Vraiment, Il ne touchera pas à ta prostate.
Et disons nous avec humour : prosit, prostat !

Après mes humeurs physiologiques et médicales, je vous souhaite un bon début de semaine.

Amitiés de Bourgogne.

Jacques

Posté le : 13/09/2015 18:24
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Re: Défi du 12-09-2015
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Chère Emma,

Je ne savais pas du tout où cette poésie fort classique allait nous emmener, dans le cadre de ce défi atmosphérique. La chute m'a surpris, abruptement, et j'en rigole encore.

Bravo !

Donald

Posté le : 13/09/2015 18:25
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Re: Défi du 12-09-2015
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Donald,

Cette Cruchette, elle est pas nette. Il est partout notre ami Dugomeau. Omlet, y a que toi pour la trouver celle là.

Merci mon canard.

Bises

Couscous

Posté le : 13/09/2015 18:44
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Par une aquarelle de Tchano

Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
.

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