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Accueil >> newbb >> Défi du 09-05-2015 [Les Forums - Défis et concours]

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Défi du 09-05-2015
Plume d'Or
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Hello les Loriens !

Cette semaine je vous propose un défi qui a fait phosphorer des générations de psychanalystes depuis Freud, des millions de lecteurs de science-fiction dès Jules Verne, et qui amène des centaines de nouveaux patients au célèbre Docteur Maboul. Même Stan Lee, icone du célébrissime Marvel Comics Group, père du Surfer d'Argent et de l'Homme Araignée, s'est un jour posé la question. On chuchote d'ailleurs, dans les méandres de la décision hollywoodienne, que Brad Pitt veut en faire un film avec Julia Roberts, Matt Damon et George Clooney, sous la direction des inimitables frères Cohen.

Prêts à affronter vos démons intérieurs, à comprendre le pourquoi de vos erreurs passées, à discuter avec l'Éternel ou Les Yeux Dans Le Ciel ?

Le thème: Vous faites tranquillement vos courses au marché quand soudain vous tombez nez-à-nez avec vous-même. Racontez cette rencontre inattendue, que ce soit en prose, en vers, en chanson.

Alléluia, mes sœurs et mes frères !

Frère Donald

Posté le : 09/05/2015 09:50
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Re: Défi du 09-05-2015
Plume d'Or
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Double double


Cheum le Ô sortit de sa cabane et se dirigea vers le centre du village. Chaque samedi matin, il profitait de ses courses au marché pour rencontrer du monde, rester en contact avec le reste de la société au lieu de s’enfermer dans son existence sans saveur. Il aimait discuter avec les boutiquiers, surtout les bouchers et les charcutiers, des gars simples comme lui, des adeptes de la bonne cuisine familiale et des plats en sauce. Nec plus ultra, il pouvait voir son amour secret, la belle Barbarara, une grande femme blonde en charge du stand des associations catholiques. Elle était la princesse charmante et lui le crapaud d’un conte de fées imaginaire mais fertile d’épisodes dans ses rêves les plus fous.

Cheum le Ô commença par l’indispensable, le remède à sa vie dénuée de fantaisie. Il acheta trois bouteilles de vin rouge, une production locale bien alcoolisée, le sésame pour des songes en couleurs où il deviendrait le beau prince blond tant vanté par des générations de conteuses. Barbarara serait une fois de plus la captive du chevalier noir, un méchant venu des lointaines contrées désertiques, le maléfique instigateur de la traite des blanches, l’ennemi de la France éternelle. Heureusement, lui, le héraut des valeurs ancestrales, remporterait encore le combat contre les forces occultes, rayant de la carte des hordes fanatiques de barbus menaçants. Il délivrerait la preuse Barbarara, au prix d’une bataille sanglante entre ses troupes chrétiennes et les suppôts sataniques du honni chevalier noir.

Cheum le Ô bifurqua ensuite vers le coin charcuterie. Il choisit une demi-douzaine de petits saucissons secs, quelques terrines de sanglier et un peu de museau de porc, son plat préféré. Le vendeur, un grand gaillard rougeaud connu sous le doux patronyme d’Ogrum le Kaz, lui servit ses meilleures plaisanteries entendues maintes fois dans les allées du marché mais jamais démodées. D’un naturel peu courageux, Cheum le Ô le gratifia d’un petit rire grave, un héritage de son enfance heureuse à la ville, avant son entrée chez les adultes et le début des problèmes.

Cheum le Ô continua au rayon boucherie où il prit de la bonne viande rouge, estampillée limousine, la base de son régime alimentaire. Enfin, il termina chez le boulanger, parce qu’un repas digne de ce nom se déclinait à coups de baguettes de pain et de brioches sucrées. Désormais, Cheum le Ô était paré pour l’épreuve ultime : parler avec l’inaccessible Barbarara, quitte à lui acheter des livrets religieux, des cassettes de chants liturgiques ou des babioles de Lourdes. Il connaissait le rituel et s’en accommodait sans broncher. Sa cave, son grenier et son garage étaient bourrés d’objets inutiles, témoignages de ses nombreuses tentatives d’approche auprès de Barbarara.

Cheum le Ô se sentit en veine. Le stand des associations catholiques n’affichait pas la foule habituelle. Au lieu d’une dizaine de fidèles, de croyants et de militants des causes vaticanes, seul un homme discutait avec Barbarara. Cheum le Ô l’observa avant de décider d’une stratégie. Vu de dos, l’inconnu ne semblait pas vraiment terrifiant : de taille moyenne voire en-deçà, rondouillard, habillé de vêtements communs et informes, rouquin aux cheveux courts, il écoutait les explications de Barbarara, ponctuant ses dires d’interjections ou de gloussements rauques. La grande femme blonde le dépassait d’une tête, se penchant pour lui montrer ses produits, souriant pour appuyer sa vente et hochant du menton à chaque remarque de son client. « Je vais me débarrasser de cet abruti ! » ragea Cheum le Ô dans son for intérieur, peu enclin à voir un concurrent empiéter ses plates-bandes.

Cheum le Ô se plaça à côté de son rival. Barbarara ne changea pas d’attitude, continuant de discourir avec le gros roux, sans prêter d’attention au nouvel arrivant. Cheum le Ô essaya une diversion d’abord en toussant puis en feuilletant des ouvrages religieux. En vain. Personne ne remarqua son manège, comme s’il était devenu tout à coup invisible, immatériel. Cheum le Ô ne voulut pas s’attirer les foudres de son amour secret, aussi choisit-il une approche indirecte. Il bouscula son voisin.
— Excusez-moi de ma maladresse, monsieur, dit-il fermement, avec le ton d’un homme sûr de lui.
— Il n’y a pas de mal, monsieur répondit l’autre sans se retourner.
— Je m’appelle Cheum le Ô. A qui ai-je l’honneur, monsieur ?

La scène passa du vaudeville au fantastique. L’inconnu effectua un quart de tour sur la gauche, dans le but évident de toiser son interlocuteur. Cheum le Ô faillit s’étrangler : en face de lui se tenait son sosie, une copie parfaite de lui-même, aux vêtements près.
— Mon nom est Lainve le Î, répliqua son duplicata, surpris à son tour de leur étrange ressemblance.
— Nous sommes nous déjà rencontrés, monsieur Lainve le Î ? Ici ou ailleurs ?
— Je n’en ai pas souvenir, monsieur Cheum le Ô.

Barbarara se mêla à la discussion. Visiblement, la situation l’amusait, surtout à la lumière des sentiments nourris par Cheum le Ô à son égard, un fait connu de tout le village, une sorte de légende rurale dans ce coin perdu du Limousin profond.
— On dirait deux frères. C’est impressionnant !
— Je n’ai pas de jumeau, objecta Cheum le Ô.
— Moi non plus.
— Vous n’êtes pas d’ici, attaqua Cheum le Ô. Je le saurais.
— C’est vrai. Je me suis installé hier. Je démarre un nouvel emploi de chef découpeur à Plouezennec-sur-Bozon.
— Chez Raymond & Raymond ?
— Oui. Vous connaissez ?
— Et comment ? C’est notre concurrent. J’ai d’ailleurs commencé ma carrière là-bas.
— On ne m’a pas parlé de vous.
— C’était il y a des années.
— Vous étiez marié à l’époque, non ? C’est ce qu’on raconte, demanda Barbarara, de plus en plus joueuse.
— Exact. Avec une inspectrice du Trésor Public.
— Que s’est-il passé ?

Cheum le Ô n’aimait pas s’épancher sur sa vie d’avant. Avouer la relation adultère de son ex-épouse avec un collègue de travail, la suite dans un divorce difficile et la fin si classique où ses enfants ne voulaient plus le voir, tout ceci lui coûtait trop. Il avait tourné la page. Pourtant, la voix de Barbarara le charmait, l’envoutait, au point de lui confesser ses pires actes.
— Ma femme m’a trompé avec un frimeur, un fils à papa, le genre diplômé et dragueur.
— Elle vous a quitté ?
— Je ne voulais pas mais elle est tombée sous la coupe de ce richard. La garce m’a enlevé mes enfants.
— Vous avez la garde, non ?
— Oui, en théorie. Seulement, elle a déménagé à Tahiti avec mes deux filles et son mariole.
— Vous n’y allez jamais ?
— C’est trop cher. En plus, je n’ai pas les moyens de me payer le voyage.
— Quelle tristesse, dit Lainve le Î. Comme je le dis toujours, il faut se méfier de ses potes et des collègues de sa femme.
— J’ai été naïf, avoua Cheum le Ô.
— Et vous, monsieur Lainve le Î, quelle est votre histoire ? Je suppose que vous n’êtes pas venu tout seul dans notre belle région, dit Barbarara plus commère que bonne catholique.
— J’ai fait le ménage autour de moi. Ma femme est enceinte de notre troisième enfant. Elle a d’ailleurs arrêté de travailler et se consacre à nos deux petites. Nous avons acheté une maison dans ce village.
— Que faisait-elle avant ?
— Inspectrice au Trésor Public.

Barbarara éclata de rire. Rencontrer deux hommes aussi semblables au point de les confondre, c’était déjà inhabituel. Qu’en plus ces deux personnes ne se connaissent pas et ne partagent aucun gène, cela devenait vraiment exceptionnel. Alors, constater qu’ils avaient des parcours similaires, tous les deux découpeurs de viande chez Raymond & Raymond, mariés et pères de deux enfants, tenait de l’ironie du sort, de la blague divine, de la farce du destin.
— Vous trouvez ça drôle ?
— Désolé, Cheum le Ô. Avouez le : la situation est cocasse. Vous découvrez votre double ici, sur le marché où vous venez tous les samedis matin. Cerise sur le gâteau, il travaille là où vous avez débuté. En plus, son épouse faisait le même métier que votre ex-femme.
— C’est peu commun, en effet.
— Vous pouvez le dire. Il existe une théorie sur ce type de situation : nous aurions tous un double parfait. Il vivrait une vie quasi-similaire à la notre.
— Il y a quand même une différence entre nous, objecta Lainve le Î.
— Je vous écoute, répondit Barbarara.
— Je ne suis pas cocu, moi !

Cheum le Ô prit l’argument de plein fouet. Non seulement Lainve le Î draguait sans vergogne Barbarara mais en plus il le traitait de bête à cornes, de dindon de la farce. Même si c’était avéré, le tribunal ayant statué depuis longtemps sur la posture adultère de l’ex Madame Cheum le Ô et la banalité de la chose au regard de la loi, il avait toujours cette trahison en travers de la gorge. Pour lui, les femmes n’étaient désormais plus fiables, pas dans une relation sentimentale en tout cas. Jusqu’à la découverte de la preuse Barbarara, la perfection féminine, à la fois amante, mère, sœur et confidente. Depuis leur premier regard, Cheum le Ô l’avait mise sur un piédestal, érigée en divinité. Elle était devenue la seule, l’unique, celle pour qui il pourrait combattre les félons, le chevalier noir et les hordes de barbus sataniques.

Pour la première fois de sa pitoyable existence, Cheum le Ô décida de ne pas se laisser rabaisser, de ne plus se contenter du rôle de crapaud mort d’amour. Il se jeta sur son double et l’étrangla de rage. Barbarara cria, appela au secours, sans toutefois essayer de séparer les deux combattants. La suite devint un fait divers local, rapidement relégué dans les chroniques judiciaires des journaux limousins. Cheum le Ô fut condamné à la perpétuité pour homicide volontaire sans circonstances atténuantes. Madame Lainve le Î quitta la région avec ses trois enfants et son amant secret, un jeune inspecteur du Trésor Public.

Posté le : 13/05/2015 11:09
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Re: Défi du 09-05-2015
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‘’Voici pour cent francs du thym de la garrigue
Un peu de safran et un kilo de figues’’
J’avais, ce samedi, en la tète cette stance
De Bécaud nous vantant les marches de Provence.

Pendant que plaisamment regardant les étals
Je rêvassais du temps, ou alors sous les Halles,
Boutique je tenais, nommée : le beau Titi
Vendant force gigots, escalopes et rôtis.

L’enseigne était précise, nullement mensongère,
Le Titi que j’étais, plaisait aux ménagères,
Appréciant mon physique, mon regard enchanteur
D’une moule de bouchot, mise en auto cuiseur.

J’étais à cette époque un sportif convaincu,
Sans savoir par ailleurs, qui donc était vaincu ???
Pour la première syllabe, par contre pas d’erreur
Les copains avançant que j’étais le meilleur !!!!

Donc je me dirigeais vers le banc du boucher,
Ou j’espérais chiner, quelques morceaux cachés,
D’araignée ou d’onglet, de vaches charolaises
Que je me promettais de griller sur la braise…………

Quand en levant les yeux, je crus à un mirage,
J’avais là, devant moi, mon corps et mon visage,
Le boucher c’était moi !!!, l’homme au tablier blanc,
C’était le beau Titi, J’étais comme deux ronds d’ flan !!!

La surprise passée je passais ma commande,
A moi-même, me demandant que je me vende,
Le morceau préféré du boucher…. que j’étais,
Me surveillant, doutant de mon honnêteté !!!

Au moment de régler, je déposais mes sous
En me disant merci, me demandant c’est tout,
Voulez vous autre chose, me trouvant fort pesant
M’étant donné réponse à cette question avant…..

Lorsqu’a mon domicile, à ma tendre moitié,
J’ai relaté la chose, elle m’a balbutiait :
Sois tranquille, t’es unique, et çà c’est déjà trop,
Pour vaincre tes délires, arrête l’apéro !!!

Posté le : 13/05/2015 14:15
_________________

Le bonheur est une chose qui se double,..…..si on le partage …

Titi
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Re: Défi du 09-05-2015
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Une version sociale de la réponse à ce défi, en vers s'il vous plait !
Une fois de plus, je me suis bien marré en lisant ton poème, mon cher kjtiti.
Bon, sur ce, l'heure de l'apéro a sonné quelque part dans le monde. Allons trinquer à nos amis étrangers !

Donald 1
PS: Donald 2 est encore au lit en train de comater.

Posté le : 14/05/2015 09:25
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Re: Défi du 09-05-2015
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Copie conforme

Nous sommes la veille de la fête des mères et j’arpente nonchalamment les allées du marché hebdomadaire à la recherche d’un joli bouquet fleuri. Je me faufile à travers la foule dense, me rappelant pourquoi je ne viens jamais ici. En dépassant une petite mamie toute courbée sur sa tribune, je me retrouve face à une jeune fille. Mes yeux croisent les siens qui deviennent fuyants. Une sensation étrange m’envahit soudain. Je sais que je ne suis nullement physionomiste mais là, son visage m’est sans conteste bien connu car on dirait le mien. J’eus un court instant l’impression d’avoir fait face à un miroir, comme je le fais chaque matin dans ma salle de bain, sauf que, là, je ne suis pas nue ! Je me retourne et mon clone n’est plus dans mon champ de vision, avalé par la foule d’inconnus. Je me précipite dans la direction où mon double a disparu. Il faut que j’en aie le cœur net. Je me faufile, avec un peu de violence parfois, entre les badauds locaux et d’outre-frontière. Une chevelure brune attachée en queue de cheval et qui adopte une allure équine, ce doit être elle. Je presse le pas et crie « Mademoiselle, attendez, s’il-vous –plaît ! ». Mais ma requête lui fait accélérer la cadence. Je finis au pas de course et l’attrape par l’épaule. Elle s’arrête enfin et se retourne.

Je n’ai donc pas rêvé, elle est mon parfait sosie. Tout de suite, une foule d’hypothèses me traversent l’esprit. Mes parents m’auraient-ils caché une jumelle, maléfique si cela se trouve ? Mon père aurait-il fauté, à moins qu’il ait été donneur de sperme sans que je le sache ? La nature aurait-elle manqué d’imagination et repris un modèle existant ? Troublée, j’entame la conversation en bégayant :

– Bon… bonjour. Je… enfin… c’est trop bizarre !

La jeune femme baisse les yeux et rougit. J’ai donc l’occasion de détailler les traits de son visage. À part quelques cicatrices qui me sont propres, c’est mon portrait craché. Je continue.

– Vous avez remarquez notre ressemblance, je suppose ? C’est troublant, vous ne trouvez pas ?
– Non.

Non ?! Elle rigole de moi ? Elle continue à fuir mon regard et je déteste cette attitude. A-t-elle quelque chose à cacher ? Elle semble avoir la réponse à mon interrogation mais se refuse à me livrer la vérité.

– Regardez-moi, je vous en prie.

Elle s’exécute péniblement, comme si soutenir mon regard lui était la chose la plus difficile au monde.

– Vous constatez que l’on est pareilles…
– Oui, un peu.
– Plus qu’un peu ! J’ai l’impression d’être devant mon miroir.
– Je suis désolée !

Sa phrase me laisse perplexe. De quoi s’excuse-t-elle ? De m’avoir caché son existence de jumelle ? D’appeler mon père « papa » en cachette ? Ou pour Mère Nature qui a manqué d’imagination ?

– Pourquoi êtes-vous désolée ? Vous avez une explication ? Moi, je suis perdue…
– Je suis votre plus grande fan !

Là, mes yeux se transforment en boules de billard, ma bouche devient béante malgré moi me donnant un air ahuri. Comprenant implicitement que j'attends une quelconque explication, mon double se met à table :

– J'ai vu le reportage à la télé suite à la sortie de votre roman "Haut les mains !" et depuis je rêve de devenir… vous ! Vous aviez l'air si à l'aise, sûre de vous et vous êtes si jolie. J'ai toujours rêvé d'écrire un livre à succès.
– Je suis loin d'être célèbre pourtant. Mon succès fut très relatif, vous savez. Mais comment avez-vous fait pour obtenir cette ressemblance ?
– Avec de la chirurgie esthétique, une coloration des cheveux, des lentilles, un bon régime et le tour est joué. Je savais que vous détestiez le marché et je n'étais pas censée vous y croiser.
– Là, c'est moi qui suis désolée… Et, vous avez vu un psy récemment ?
– Non, pourquoi ? Je me sens beaucoup mieux depuis que je suis… vous.

Là, mon cerveau se déconnecte quelques secondes de la réalité. J'ai l’impression de rêver, ou plutôt de cauchemarder. Discrètement, je me pince la fesse droite. La douleur vive me signifie que je suis bien éveillée et consciente. Bon, je décide de prendre cela comme un comportement flatteur. Qui aurait cru un jour que j'aurais une fan ?

– Et comment vous appelez-vous ?
– Joséphine.
– C'est de naissance ou il y a eu aussi de la chirurgie sur votre prénom ?
– J'ai payé cinq cents euros pour le modifier. Mes parents m'ont prénommée Gertrude.
– Là, vous avez en effet gagné au change ! Allez, je vous invite boire un café.

Malicieusement, je l’amène jusque chez ma mère. Lorsque celle-ci nous ouvre, son regard passe de mon visage à celui de mon invitée avec des points d’interrogation dans les yeux. C’est avec amusement que je lui demande :

– Tu nous offres un café, Maman ?

Nous pénétrons jusqu’au salon avant qu’elle ne prenne la parole.

– Ce n’est pas Halloween ! Je ne comprends pas. Tu veux que j’aie une attaque ?
Elle détaille les traits de Gertrude comme si elle était plus poupée de cire que personne.
– C’est incroyable ! On ne voit même pas que c’est un masque. Du beau travail !

J’éclate de rire face à l’embarras de Gertrude.

– Mais non ! Ce n’est pas un masque. Elle a voulu sciemment me ressembler grâce à la chirurgie. Du coup, je ne suis plus fille unique… dans tous les sens du terme. Je te présente Joséphine II, enfin Gertrude pour les intimes.
– Enchantée. Vous voulez un petit café ?

Autour de nos boissons fumantes, Gertrude explique à nouveau sa démarche et toute l’admiration qu’elle me voue. Je ne peux nier que mon ego se gonfle, enfle jusqu’à être au bord de l’explosion.

Finalement, ma plus grande fan est devenue ma meilleure amie. Peu à peu, elle a laissé la nature reprendre ses droits. Ses cheveux ont repris leur couleur rousse, les lentilles ont fini dans la poubelle et elle a pris quelques kilos. Nous nous sommes amusées à écrire un roman à deux. Il n’a eu qu’un succès mitigé mais il lui a permis de passer à la télé, à son tour !

Posté le : 14/05/2015 15:40
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Re: Défi du 09-05-2015
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Donald,

N'aurais-je pas déjà croisé ce Cheum quelque part ? Ou son double peut-être....

J'adore cette théorie du clone quelque part sur terre. Je pense que je vais partir à la recherche du mien pour qu'il devienne mon meilleur ami !

Des personnages croustillants comme je les aime. Pauvre Cheum ! Personne ne l'a compris.

Merci mon canard

Couscous

Posté le : 14/05/2015 17:06
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Re: Défi du 09-05-2015
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Cher Titi,

Comme toujours, Madame est la voix de la sagesse !

J'espère que ce commerçant n'aura pas profité de ton émoi pour te vendre du pelé au prix du filet pur !

Merci

Couscous

Posté le : 14/05/2015 17:10
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Re: Défi du 09-05-2015
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Chère amies, chers amis,
Cher Donald,

J'ai cru comprendre que tu aimais la musique. J'ai mis un peu de temps à répondre à ton défi afin de pouvoir te proposer une réponse à la fois poétique et musicale.
Chacune et chacun est libre de faire ce qu'il veut, de lire le poème sans écouter la musique, de lire le poème puis d'écouter la musique, ou de lire la poésie et la musique en même temps. Je vous le concède; cela vous prendar du temps. Les morceaux de musique sont de véritables les "canons" musicaux qui l'illustrent et complètent ma pensée.
J'espère que vous y prendrez un plaisir similaire à celui que j'ai éprouvé.

J'ai appelé ce texte : La rencontre avec moi-même

Je suis étonné de me voir près du laurier,
Tenant dans la main une fleur de genévrier.
Es-ce donc bien l’enfant que je fus à sept ans?
N’en doute pas me dit-il, en me taquinant,
« Je me suis fait tout petit », et pour bien t’instruire,
Ecoute maintenant ce que j’ai à te dire.

https://youtu.be/jlHh_Opj090

Regrette tu les temps si doux de ton enfance,
Où, en Algérie, tu coulais une existence,
Entre guerre et paix, sans penser au lendemain,
Mais au milieu de quelques soucis, de chagrins,
Dont tu ne connaissais pas vraiment la noirceur.
Tu ne préférais voir, des fleurs, que leurs senteurs!
Je ne voulais déjà admirer que le beau,
Sans doute avec le regard d’un petit agneau!
Reconnais- le donc! Dans ce temps de ton enfance,
Devant les horreurs, vues avec indifférence,
Tu voulais te faire tout petit, être secret,
Et te réfugier dans ton univers discret.

Le laurier s’efface, un lagerstroemia prend place,
Je vois alors un adolescent sans audace,
Qui me regarde, sans désir d’être loquace.
Avec un regard fuyant, il dit à voix basse :
O tendre jeunesse, où est donc mon allégresse,
Qui a été remplacée par une détresse.
Je regrette vraiment, avec effervescence,
Les jours heureux de l’enfance à l’adolescence.

https://youtu.be/M-ByYTeYr3Q

Après ces quelques mots, il retourne au silence,
Et me scrute intimement avec connivence.
Et puis sans plus rien me dire, il s’évanouit,
Et laisse la place à une femme qui me séduit.
Je m’attendais sûrement à voir un jeune adulte
Me révéler mes traumatismes si occultes.
Il n’en est rien! J’en serais donc pour mes frais!
C’est alors qu’avec grâce, la femme me dit :
Et si tu n’existais pas, … pourquoi j’existerais ».

https://youtu.be/qmqruqnj99M

Ces mots m’encouragent à m’éloigner du non dit.
Les souffrances ont été brûlées par ce soleil
Qui m’a fait cheminer vers un nouveau réveil.
Les ailes de mes chimères ont bien disparu,
Et mon âme a crié : l’amour m’est apparu.
J’ai tant voulu inventer l’amour avec toi,
Me dit-elle, avec une voix fleurie d’émois.
Notre amour était si tendre et intemporelle
Nous entraînant dans quelque passion charnelle !
Je me vois alors dans ce temps et je lui libelle :
Auprès de toi, j’ai l’impression d’être un grand roi,
De galoper comme un chevalier d’autrefois.

https://youtu.be/IOlHPIC4opA

Te souviens-tu, me dit-elle, de nos prouesses?
Du kamasutra, pratiqué avec adresse!
Que d’ébats floraux fécondés tout en finesse :
La lavande bleue avec beaucoup de tendresse,
Le tournesol, la position enchanteresse,
Le chrysanthème qui a créé tant de liesse,
La renoncule qui nous amène à l’ivresse,
La campanule qui offre tant de largesse,
La rose pourpre où je me comportais en ogresse,
Et le camelia, me faisant devenir diablesse.
Oh, oui, que je t’ai tant aimé avec passion
A en perdre radicalement la raison.

https://youtu.be/yig8Fmv4nIk


Mon âme sensuelle était couverte d’or.
Que tes notes florales d'agrumes et fruités,
M'ouvraient la voie des délices sans ubiquité.
En partant, la femme me dit avec raison :
Jacques, l’amour qui dure n’est pas la passion.
Sa voix s’adoucit et j’entends le mot souffrances,
Mais qu’avait-elle voulu dire, avec assurance?
J’entends alors une voix douce qui me parle
Je regarde autour de moi et ne vois personne.
Je suis là me dit-il, dans ta glace centrale,
Ne me vois-tu pas, je te fais signe en personne.
J’ai tant à te dire des souffrances de l’amour.
C’est donc de toi que venait ce mot, sans détour.
De moi, de la femme, de toi, me répondit-il,
Avec perfidie, tout en fronçant les sourcils.
Si l’amour peut te conduire à l’extase, dit-il,
La mort d’un être très cher t’envoie dans l’exil
D’une souffrance égoïste et si pernicieuse.
Te rappelles-tu du décès de tes parents,
Dont la proximité t’avait paru odieuse.
Pourquoi les avoir aimé d’un amour ardent,
Et connaître ainsi des émois inconsolables?
Je les tant aimé, en suis-je donc blâmable.
« Mes yeux se sont voilés à force de pleurer »

https://youtu.be/tEGGvlLTuh0

Si aimer, c’est devoir souffrir, alors sangloter
Doit faire partie de nos désirs, sans nous blâmer.
Et puis aimer est si doux à notre équilibre,
Ne le pensez vous pas, mon double si fébrile!
Loin de mon aimée, je suis en langueur sans elle,
A chercher en bien des évènements querelle.
L’amour aurore construit un bel avenir,
L’amour au zénith appelle des souvenirs.
De souvenirs en souvenirs, il n’y a que toi,
Loin de toi, je ne connais que le désarroi,
Je ferme les yeux et je vois ton seul visage
Qui est de mon affection pour toi le présage.

https://youtu.be/VWJhR9gbV78

Eloigne toi de moi, mon double, qui se trompe,
Certes les souffrances peuvent altérer l’amour,
Qui connaîtra des hauts et des bas, certains jours,
Mais la culture d’un amour don sans artifice,
Peut le conduire à de puissants feux d’artifice.

https://youtu.be/GyBl-EQ1hn0

Je veux un amour coloré en jaune, en rouge,
M’abandonner librement à sa force ultime,
Et qu’au fond de mon âme, dans mon cœur tout bouge,
Comme dans la musique où tout est si intime.

Je regarde dans la glace et ne vois personne.
Je me dis à moi-même : je suis là en personne.

Posté le : 14/05/2015 18:46
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Re: Défi du 09-05-2015
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Petite participation qui me donne à penser que je suis à point pour une psychanalyse !!!
amitié à tous !




Un ouragan de cinq minutes

Comme tous les mercredis ont fait les courses avec les gamins dans le grand Auchan de la zone industrielle.
C’est bien, les courses le mercredi car y a pas la foule des week-ends. On se retrouve entre familles affublées des gamins et ça me permet de me moquer des mégères qui ne savent pas y faire avec leurs mômes.
Il faut les voir- les mômes - en crise parce qu’ils ont faim, soif, la couche sale, parce qu’ils sont frustrés qu’on les ait pas laissés fureter au rayon des jouets… Pour moi c’est tordant à se rouler par terre !!!

Non pas que les miens - d’enfants - ne soient en permanence de saintes petites icônes auréolées de sucre d’orge, loin de là ! Néanmoins, en matière de supermarché, j’ai depuis longtemps trouvé la parade qui tue en m’inspirant des méthodes psychologiques à la pointe du progrès : je veux parler de cette géniale méthode de l’apprentissage pavlovien. En résumer : comportement exemplaire de l’enfant = une glace ou une crêpe. Scandale dans les rayons = pas de sortie l’après midi + privé de dessert et de télé + des devoirs supplémentaires... Résultat de mon dressage acharné : je suis souvent montrée en exemple par mes congénères à deux doigts de la crise de nerf. « Mais regarde donc le petit qui a ton âge ! » Chuchotent exaspérées les ménagères au bout du rouleau. Moi qui parvient à maitriser ma marmaille sans violence ni haussement de la voix, on me demande souvent le secret de ma réussite. Je reste évasive. C’est un secret, vous comprenez…

Comme d’habitude, je parcours les rayons pétrie d’autosatisfaction quant à ma belle réussite éducative. On approche de 12H30 et la tension des ventres vides est palpable. Je suis aux nues.
Je m’arrête un instant au rayon librairie. Sachant que mes gosses ne vont pas broncher, je m’accorde la lecture paisible de quelques quatrièmes de couverture.

« Obsession, cette poésie Obsidienne » : c’est le titre d’un recueil de poème fin comme le petit doigt et qui semble attendre tranquillement mon regard du haut de son rayonnage.
Le titre m’interpelle, me choque même ! C’est le nom (mot pour mot) que j’avais donné à un recueil de poésies de jeunesse. Après deux ou trois tentatives d’édition, j’étais bien sûr passée à autre chose. Je suis une personne pragmatique, un peu terre à terre, pas le genre à vivre dans un monde d’illusions. Quand une porte ne veut pas s’ouvrir, je passe paisiblement à autre chose… Il n’empêche qu’il était là, le livre que j’avais enfanté !
Je l’attrape en toute hâte, le triture. Mes premiers soupçons sont confirmés : c’est bien mon livre. Mon livre à moi : les mêmes textes dans le même ordre. Il y a de quoi devenir fou ! Un peu démente, je tourne violemment les pages pour découvrir la biographie de l’auteure, une certaine « Ammé ».

« Ammé a renoncé à tout : mariage, enfants, tout ce qui fait l’apanage de la « normalité », pour se consacrer entièrement et uniquement à son Art et à son ambition : devenir la voix et le chant de son siècle… »

Je fulmine, je bouillonne ! La voix de son siècle ? Tu parles ! Imposteur! Voleuse ! La voie de la voirie, oui ! En voilà une qui a fait habilement les poubelles pour me voler ma créativité ! Pour me voler mon œuvre ! Pour me voler… Ma vie !
Qu’est ce qu’il faut faire dans ces cas là ? Porter plainte ? Prendre un avocat ? Je suis paumée ! J’ai trop de pensées en même temps. L’idée qu’il faille acheter un exemplaire de MON livre comme pièce à conviction me répugne…
Soudain je me retourne comme mue par un sixième sens : mes gamins ont profité de mon moment d’inattention pour mettre à sac le rayon librairie : des livres éventrés, piétinés, déchirés, coloriés (mais où ont-ils trouvé tous ces crayons de couleurs qui trainent là partout ???) tout cela git autour de moi telle une honteuse calamité…

Bien sûr, dans ces cas là, on ne trouve l’aide de personne. Il me faudra débourser 63€90 et m’atteler pendant une heure à tout remettre en ordre, pour venir à bout d’un ouragan de cinq minutes !

Posté le : 14/05/2015 21:38
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Re: Défi du 09-05-2015
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Hello Couscous,

Ton histoire fait peur quand on y pense.
Devenir fan à ce point, ça pourrait être tragique le jour où Gertrude décide de remplacer Joséphine parce que cette dernière ne correspond plus à l'image qu'elle s'en faisait.
Rien qu'à y penser, ça fait froid dans le dos.
Bises
Donald 2 (le 1 est en train de lire le texte d'Istenozot et le 3 écoute sa musique).

Posté le : 15/05/2015 07:32
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Par une aquarelle de Tchano

Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui bat d'une aile à dessiner
Qui bat d'une aile à rédiger
Par une aquarelle de Folon
Il vole à moi un vieux cahier
Qui dit les mots d'anciens poètes
Les couleurs d'une boîte à crayons
Il souffle des mots à l'estrade
Où il évente un émoi rose
A bord de ce cahier volant
Les animaux font des discours
Et les mystères vous font la cour
A bord de ce cahier volant
Un âne triste monte au ciel
Un enfant soldat dort la paix
Un enfant poète baille à l'ourse
A bord de ce cahier volant
Vénus éteint la douce brune
Lune et clocher vont bilboquer
L'eau le soleil sont des amants
Les cages aux oiseux sont ouvertes
Les statues font des farandoles
A bord de ce cahier volant
L'hiver soupire le temps passé
La porte est une enluminure
Les croisées des lanternes magiques
Le plafond une aurore polaire
A bord de ce cahier volant
L'enfance revient pousser le temps.
.

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